Un après-midi dans “Les 12 Coups de Midi” : entre culture, éclats de rire et émotions partagées

Il est des instants télévisés qui ressemblent à une réunion de famille un peu déjantée, où le savoir se mêle aux sourires, où la culture côtoie les confidences, et où l’émotion surgit au détour d’un mot, d’un prénom, d’un regard. Ce jour-là, dans “Les 12 Coups de Midi”, tout commence avec une question inattendue : « Quelle légende de la boxe nous a quittés le 21 mars dernier ? » La réponse fuse, claire, assurée : « Foreman. » Et oui, George Foreman. Bonne réponse, applaudissements du public. Mais l’émission, elle, ne s’arrête jamais à une simple bonne réponse.

Dans ce jeu où la culture générale est reine, les questions défilent : « Sur quel drapeau est inscrite la devise Ordem e Progresso ? » Réponse immédiate : « Brésil. » Et l’animateur d’expliquer avec un ton complice : « Ça veut dire ordre et progrès. » L’ambiance est légère, presque joyeuse. On apprend sans s’en rendre compte. Puis viennent les références plus pointues, comme « À quel compositeur doit-on l’opéra Pelléas et Mélisande ? » — réponse : Debussy. Pas simple, mais toujours dit avec bienveillance.

Mais soudain, un nom étrange sème le trouble : Assurbanipal. La question portait sur le royaume qu’il dirigeait. « La Syrie », tente un candidat. Mauvaise réponse. Alors l’animateur, dans un élan presque pédagogique, explique : « Assurbanipal était un roi lettré, injustement sali par les Grecs. Il dirigeait l’Assyrie, un ancien royaume du Proche-Orient. » On apprend, on rit, on est surpris par tant d’érudition glissée dans un jeu télévisé.

Et puis tout à coup, changement de décor : le plateau devient presque intime. L’animateur se tourne vers une participante et lui glisse : « Regardez, il y a votre grand-mère en visio… Mais personne ne me l’avait dit ! » L’émotion perce à travers les écrans. On sent une surprise sincère. Et voilà que deux invités arrivent, porteurs d’un cadeau symbolique. « Celui-là, il est beau, hein ? » Et l’émotion gagne le plateau. « Je vais le mettre sur ma cheminée », répond Yvonne, touchée.

Au milieu de cette atmosphère tendre, Émilien, le grand champion du moment, continue de rayonner. On lui pose une question précise : « À quelle date est-il arrivé dans l’émission ? » Il répond le 24 septembre. Faux. C’était le 25. Rires dans le public, taquinerie bon enfant. Puis vient la question sur le nom de son village : « Pouillé-les-Vignes ». La réponse fuse, juste, et l’animateur en profite pour féliciter un jeune garçon du public, Mathias, à qui il offre les verres associés au jeu. Encore un moment de chaleur, d’humanité, qu’on retrouve rarement à la télévision.

Mais les surprises ne s’arrêtent pas là. Une question people : « De qui Sophie Turner divorce-t-elle après avoir eu deux filles ? » Après plusieurs hésitations — Kit Harington ? Tom Holland ? Michel Jonasz ? — c’est finalement Joe Jonas la bonne réponse. C’est Céline qui l’avait. Et toute cette séquence déclenche une série de rires et de jeux de mots absurdes mais hilarants.

Puis arrive une dernière question : « Quel titre honorifique le Grand Rex s’est-il vu décerner ? » Plusieurs réponses possibles : le plus ancien cinéma du monde ? Le plus beau ? L’animateur et les invités évoquent leurs souvenirs au Grand Rex, leur attachement à ce lieu mythique. La réponse tombe : « Le plus beau cinéma du monde. » Une information culturelle, glissée au cœur de la bonne humeur.

Et c’est là qu’intervient Adrien. Un jeune homme du public, originaire de Pouillé-les-Vignes. L’animateur l’interpelle avec chaleur : « Tu viens ici quand tu veux ! » Et, devant tout le monde, il lui offre un cadeau en direct. Un moment simple, touchant, presque magique. L’amitié se dit à voix haute : « Je t’aime », murmure un ami à Camille. Rires, gêne légère, puis un aveu : « Il est un peu amoureux, comme un ami quoi… »

L’animateur saisit cette confession au vol : « Il faut se dire “je t’aime” dans la vie. C’est important. » Et là, l’émission prend une autre dimension. Ce n’est plus seulement un jeu, c’est une parenthèse humaine, sincère, un miroir de la vie avec ses rires, ses maladresses, ses liens sincères.

Et quand on referme cette parenthèse, on se dit que la télévision, parfois, sait encore faire vibrer juste.