“Je suis dans le coin gabatch” : Pierre Richard installé depuis 40 ans dans un village de 5000 habitants dans l’Aude, il possède un superbe domaine.

Photo : Christophe Duthuron et Pierre Richard - Photocall du film "Fêlés"  lors de la 17ème édition du Festival du Film Francophone de Angoulême  (FFA). Le 28 août 2024 - Purepeople
A 91 ans, c’est loin des strass et des paillettes de la capitale que Pierre Richard se ressource. Depuis maintenant quatre décennies, il passe, avec sa femme, du bon temps dans l’Aude, où il s’est offert un superbe domaine. Confidences sur la vie “dans le coin gabatch”, à savoir montagnard, de la région.

L’affaire du supermarché polémique installé dans le chic 6e arrondissement de Paris avait fait grand bruit. Pierre Richard avait été cité par la presse parmi ceux qui avaient signé la pétition contre l’ouverture de ce Carrefour City. Puis, l’acteur de 91 ans avait pris la parole, démentant l’information : “Je n’habite même pas dans le 6e !” Et en effet, c’est ailleurs qu’il coule des jours heureux avec sa femme Ceyla Lacerda, loin de la capitale.

Direction l’Aude pour Pierre Richard et sa chère et tendre, un ancien mannequin brésilien de 27 ans sa cadette. C’est précisément à Gruissan, petite ville de 5000 habitants située au bord de l’eau, qu’il s’est installé. Et cela, il y a bien longtemps. C’est en 1986 qu’il a eu un coup de coeur pour Le Domaine de l’Evêque, niché entre deux étangs sur ce qui fut par le passé une île. Il s’étend sur 50 hectares de garrigue et de vignes où sont cultivés les crépages traditionnels des Corbières, le vin que produit l’acteur avec son épouse. “Ce n’était pas du tout prémédité. Je n’étais pas venu pour acheter un domaine viticole. Pas même un domaine de rien du tout… Quand je suis arrivé ici, c’était sinistre”, avait-il raconté à La Dépêche. Et depuis, il ne peut plus quitter la région tant il en est tombé amoureux !

Pierre Richard très attaché à l’Aude : il y a tourné son dernier film, inspiré des habitants de son village
Le comédien qui avait été contraint, à 91 ans, de prendre une décision quant à la suite de sa carrière s’y sent si bien qu’il a décidé d’en faire un film. L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme sort en salles le 17 septembre prochain. Un long-métrage qui raconte l’histoire de Grégoire et Michel, pas de la même génération mais unis par l’amitié, l’amour de la nature et une grande affection pour un ours échappé d’un cirque. Le tout, tourné dans ses terres audoises. “Je suis dans le coin gabatch [NDLR : expression de la région qui signifie “montagnard”]. (…) Je suis là depuis 40 ans“, précise Pierre Richard au micro d’Ici Roussillon. Et de poursuivre à propos de son film : “J’ai connu évidemment des gens dans ce village qui m’ont stupéfié par leur drôlerie, leu cocasserie. Aussi leur tendresse, même pour moi. J’ai beaucoup ri avec eux, beaucoup beaucoup ri. Et finalement, un jour je me suis dit : ‘Et si j’écrivais quelque chose sur eux ?’ J’ai même carrément emprunté leurs dialogues qui me touchaient et me faisaient tellement rire. J’ai pensé à ces gens, j’ai commencé à faire ce film puis après je me suis dit que ce n’était pas suffisant un film, ou alors il faut avoir le talent de Pagnol. Quoi que, je n’ai pas le talent de Pagnol mais mes personnages ont le talent des acteurs de Pagnol tellement ils étaient drôles et curieux.” Plus que quelques jours avant de découvrir les images de ce film qui lui tient à coeur.

Je suis dans le coin gabatch" : Pierre Richard installé depuis 40 ans dans un  village de 5000 habitants dans l'Aude, il possède un superbe domaine -  Purepeople

Pierre Richard, acteur iconique du cinéma français, a depuis longtemps choisi de fuir le tumulte de Paris pour une vie plus tranquille et authentique dans le sud de la France. À 91 ans, loin des strass et des paillettes, l’artiste se ressource dans le petit village de Gruissan, niché dans l’Aude, un département de la région Occitanie. Ce coin montagnard, aussi pittoresque qu’apaisant, est désormais son havre de paix, loin des feux des projecteurs.

C’est en 1986 que l’acteur, séduit par la beauté sauvage du paysage, décide de s’installer dans cette petite commune de 5000 habitants. Il y achète le Domaine de l’Evêque, un domaine viticole qui s’étend sur 50 hectares. Un endroit qui n’était pas spécialement un coup de cœur au départ. Comme il le raconte lui-même, le domaine était alors “sinistre”, mais il a su voir le potentiel de cet endroit et, au fil des années, il a su en faire un véritable lieu de vie. Avec son épouse Ceyla Lacerda, ancienne mannequin brésilienne et de 27 ans sa cadette, ils cultivent des vignes produisant un vin de la région des Corbières, un cru qui porte désormais leur signature. Il n’a pas cherché à acheter un domaine viticole, mais, dit-il, “ce n’était pas du tout prémédité.” Cependant, après tant d’années passées dans ce lieu, Pierre Richard ne pourrait plus imaginer sa vie ailleurs. Ce petit coin tranquille de l’Aude est devenu une part essentielle de son existence.

Bien qu’il ait tourné de nombreux films et vécu des aventures passionnantes à travers le monde, l’Aude et sa vie de domaine ont pris une place prépondérante dans son cœur. Pierre Richard est profondément attaché à la région. À tel point qu’il a décidé de faire d’elle le décor de son dernier film, “L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme”, un projet personnel et intime, sorti en salles le 17 septembre prochain. Ce long-métrage raconte l’histoire de deux hommes, d’horizons différents, unis par l’amitié, l’amour de la nature, et la rencontre improbable avec un ours échappé d’un cirque. Le film, tourné dans ses terres audoises, est un hommage à la beauté de la région et à ses habitants, qui l’ont toujours accueilli avec chaleur et bienveillance.

Dans ses propos, Pierre Richard souligne l’impact que les habitants de son village ont eu sur lui. Ils l’ont impressionné par leur sens de l’humour, leur simplicité et leur gentillesse. “J’ai beaucoup ri avec eux, beaucoup beaucoup ri”, confie-t-il. Et c’est cette authenticité, cette tendresse partagée au quotidien, qui l’a poussé à écrire ce film, inspiré des dialogues et des personnalités des gens qu’il côtoie au quotidien. Il a même emprunté certains de leurs mots et de leurs répliques pour donner plus de réalisme et de fraîcheur aux personnages du film. “J’ai pensé à ces gens, et j’ai commencé à faire ce film. Puis après je me suis dit que ce n’était pas suffisant un film, ou alors il faut avoir le talent de Pagnol”, plaisante-t-il, faisant référence à l’un des maîtres du cinéma français qui a su capturer l’âme des habitants du Sud.

Son projet de film, nourri par des années de rencontres et de partage, est une véritable déclaration d’amour à l’Aude, mais aussi à un mode de vie qui lui semble de plus en plus rare. Il espère que ce film touchera les spectateurs autant que les habitants de son village, avec leur spontanéité et leur sens de l’humour, tout en mettant en lumière l’authenticité d’une vie simple, loin de l’agitation des grandes villes.

Le Domaine de l’Evêque, son petit coin de paradis, est devenu bien plus qu’une simple propriété viticole. C’est un lieu où Pierre Richard a choisi de vivre, de créer, et de partager, tout en restant fidèle à ses racines. “Je suis dans le coin gabatch”, dit-il avec tendresse, une expression qui, pour lui, symbolise l’essence même de cette vie de retraité dans le Sud, entre nature, simplicité et authenticité.

Je suis dans le coin gabatch" : Pierre Richard installé depuis 40 ans dans un  village de 5000 habitants dans l'Aude, il possède un superbe domaine : Le  diaporama - Purepeople

Ainsi, à 91 ans, Pierre Richard continue de surprendre, de créer, et de nourrir son amour pour cette région qui l’a adopté. Son film à venir est un testament de son lien profond avec la région, une œuvre qui, espère-t-il, donnera à voir à son public un peu de la beauté et de la chaleur qu’il a lui-même trouvées au cœur de l’Aude.