« Mon père est mort de faim et de soif » : Le témoignage déchirant de Pascal Praud sur la fin de vie et un amour plus fort que tout

“Mourir de faim ou de soif” : Pascal Praud déchirant après la mort de son  père, cette lourde décision prise

C’est une confession qui frappe comme un coup de poing, des mots d’une honnêteté brutale qui fendent le cœur et forcent au silence. « Mon père est mort de faim et de soif. » Cette phrase, lourde de sens et de douleur, n’est pas tirée d’un roman sombre, mais de la plume courageuse d’un des visages les plus connus du paysage médiatique français, Pascal Praud. Dans une chronique poignante publiée dans les colonnes du Journal du Dimanche, le journaliste a levé le voile sur l’un des tabous les plus tenaces de notre société : la fin de vie, ses choix impossibles et l’amour inconditionnel qui guide les décisions les plus tragiques. Loin des plateaux de télévision où il officie avec verve, c’est un fils qui parle, un homme qui raconte avec une sincérité désarmante les derniers jours de son père, Roger Praud, éteint à l’âge de 90 ans.

L’histoire de Roger Praud est celle d’un crépuscule, d’une vie qui s’efface lentement, inexorablement. Pendant près d’une décennie, la maladie avait tissé sa toile, affaiblissant le corps et l’esprit. Un accident vasculaire cérébral (AVC) avait porté le coup de grâce, le contraignant à passer sa dernière année dans un EHPAD, cet acronyme froid pour désigner le dernier refuge de tant de nos aînés. Pour Pascal Praud et sa famille, cette période fut une longue et douloureuse attente. « Nous attendions cette mort », écrit-il, avec une franchise qui peut choquer, mais qui traduit avec une justesse infinie le sentiment ambivalent de ceux qui voient un être cher prisonnier d’un corps qui n’est plus que souffrance. Ce n’est pas un souhait morbide, mais un appel désespéré à la délivrance, une prière silencieuse pour que la paix vienne enfin.

Pascal Praud bouleversé par la mort de son père, son “amoureuse” à ses  côtés dans l’épreuve

Les quatorze derniers jours de la vie de Roger furent un huis clos poignant, une descente dans le silence et l’immobilité. Le vieil homme ne parlait plus, son corps avait abandonné la lutte. La médecine, dans sa sagesse et ses limites, avait offert une dernière solution pour apaiser le calvaire : la sédation. Une décision médicale lourde, prise en accord avec la famille, pour garantir que la douleur, au moins, ne soit plus un tourment. C’est dans ce silence cotonneux, presque irréel, qu’un dernier éclat de vie a jailli. Un instant fugace, suspendu dans le temps, lorsque sa petite-fille, Morgane, s’est penchée pour l’embrasser. À ce contact, à cette preuve d’amour ultime, Roger Praud a ouvert les yeux. Un dernier regard, un adieu muet, une connexion fragile entre deux mondes, celui des vivants et celui de ceux qui sont sur le point de partir.

Puis, le 13 octobre, la famille a été confrontée au choix qu’aucun enfant ne voudrait jamais avoir à faire. Le corps médical a posé la question fatidique, celle de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. Face à un corps qui ne réclame plus rien, face à une vie qui ne tient plus qu’à un fil artificiel, que faire ? Continuer, c’est s’acharner. Arrêter, c’est accompagner la mort, c’est poser un acte d’une gravité absolue. C’est cette décision que Pascal Praud et les siens ont dû prendre, en leur âme et conscience. « Mon père est mort de faim et de soif », martèle-t-il. Il ne cherche pas d’euphémisme, pas de formule édulcorée pour masquer la réalité crue de l’acte. Il nomme les choses, car c’est en les nommant qu’on peut commencer à comprendre, à accepter.

Ce témoignage n’est pas un réquisitoire, ni une plainte. C’est un acte de transparence et d’amour. En partageant cette intimité douloureuse, Pascal Praud brise le silence qui entoure la fin de vie dans notre société. Il donne une voix à des milliers de familles qui, dans l’ombre et la solitude des chambres d’hôpital ou d’EHPAD, sont confrontées aux mêmes dilemmes, aux mêmes angoisses. Il nous rappelle que derrière les débats politiques et les lois, comme la loi Claeys-Leonetti qui encadre ces pratiques en France, il y a des histoires humaines, des larmes, des mains tenues jusqu’au dernier souffle et des cœurs brisés par des choix impossibles.

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La chronique de Pascal Praud est universelle. Elle parle de la relation filiale, de la dette d’amour que nous avons envers ceux qui nous ont donné la vie. Elle interroge notre rapport à la vieillesse, à la déchéance et à la mort. Dans une société qui glorifie la jeunesse, la performance et l’autonomie, la grande dépendance reste un sujet inconfortable, que l’on préfère souvent ignorer. Praud, en exposant sa vulnérabilité de fils endeuillé, nous force à regarder cette réalité en face. Il nous rappelle que l’acte d’accompagner un parent dans ses derniers instants, même lorsque cela implique des décisions aussi déchirantes, est peut-être la plus grande preuve d’amour qui soit.

Ce n’est pas un acte de mort, mais un ultime geste de vie, un geste pour préserver la dignité d’un homme jusqu’au bout. C’est le courage de dire « assez » quand la souffrance devient intolérable, quand la vie n’est plus que survie. C’est la reconnaissance que l’amour, le vrai, n’est pas de retenir à tout prix, mais de savoir laisser partir. En partageant son histoire, Pascal Praud n’a pas seulement rendu hommage à son père Roger ; il a offert un miroir à notre humanité, avec ses failles, ses peurs, mais aussi son immense capacité à aimer, à accompagner et à endurer l’impensable. Son témoignage est un cri de vérité, un rappel poignant que dans le silence des derniers instants, l’amour est le seul mot qui reste.