Le 6 mai 2014 restera à jamais une date noire dans l’histoire de la Principauté de Monaco et de ses familles les plus influentes. Ce jour-là, Hélène Pastor, femme d’affaires respectée et héritière d’un empire immobilier colossal estimé à près de 12 milliards d’euros, tombait sous les balles d’un tueur à gages à Nice, alors qu’elle venait rendre visite à son fils Gildo, hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Âgée de 77 ans, cette figure incontournable de Monaco, discrète mais immensément puissante, a été victime d’un guet-apens qui allait bouleverser l’opinion publique et déclencher l’un des plus retentissants procès criminels de la décennie. À ses côtés, son fidèle chauffeur, Mohamed Darwich, âgé de 63 ans, trouvait lui aussi la mort, pris dans une fusillade d’une rare violence.

L’affaire a immédiatement suscité une onde de choc, tant la famille Pastor est synonyme de fortune, d’influence et de respectabilité sur le Rocher. Pour de nombreux Monégasques, la hiérarchie locale est claire : il y a le prince régnant, puis juste après, les Pastor. Hélène incarnait l’héritière par excellence, à la tête d’un patrimoine bâti par son père et développé avec une rigueur implacable. Sa disparition tragique a mis en lumière non seulement les convoitises autour de son empire, mais également les fissures au sein de son cercle familial. Car très vite, l’enquête a révélé que l’instigateur du crime n’était autre que son gendre, Wojciech Janowski, compagnon de sa fille Sylvia depuis 28 ans et ancien consul honoraire de Pologne à Monaco.

En 2018, puis de nouveau en appel en 2021, Janowski a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité l’assassinat de sa belle-mère et du chauffeur. Décrit par l’accusation comme un manipulateur froid, cet homme jadis intégré dans la haute société monégasque aurait agi pour des raisons purement financières. Pris à la gorge par des dettes, il aurait vu dans l’élimination d’Hélène Pastor un moyen de s’assurer une partie de son immense héritage.

Lors de sa garde à vue initiale, il avait avoué sa responsabilité, avant de se rétracter, affirmant que ses aveux lui avaient été extorqués par la police. Mais les témoignages, les preuves et les aveux partiels des autres protagonistes — le tireur et le guetteur, eux aussi condamnés à la perpétuité — ont fini par lever les doutes. Le verdict a confirmé la noirceur d’une affaire où l’argent et l’avidité ont balayé toute considération humaine.

Pour Alexandra Pastor, nièce d’Hélène et épouse du chanteur David Hallyday, l’année 2014 a été marquée par une succession de drames. Quelques mois seulement après la mort violente de sa tante, elle perdait également son père, Michel Pastor, emporté par une longue maladie. Michel était considéré comme l’un des hommes les plus influents de Monaco, souvent décrit comme “l’autre prince” en raison de son poids économique et de son rôle central dans la vie de la principauté. Cette double perte a profondément ébranlé Alexandra, déjà très discrète de nature, et a inévitablement rejailli sur sa vie conjugale avec David.

Ce dernier, fils de Johnny Hallyday et de Sylvie Vartan, a toujours vécu sous les projecteurs, parfois malgré lui. Habitué dès l’enfance à voir sa vie scrutée et commentée, il avoue aujourd’hui éprouver une lassitude face à l’omniprésence médiatique et à la déformation des faits, surtout depuis l’avènement des réseaux sociaux. L’affaire Pastor, doublée des conflits judiciaires liés à l’héritage de son père Johnny, l’a confronté de plein fouet à cette brutalité médiatique.

Chaque rebondissement, chaque rumeur, chaque tension a été amplifié, diffusé et commenté, souvent sans nuance. David, de nature réservée, a choisi en grande partie de se réfugier dans le silence, préférant laisser parler sa musique plutôt que de se défendre dans la presse ou sur les plateaux télé.

Ce silence volontaire n’a pourtant pas empêché les rumeurs d’enfler. Ces dernières années, plusieurs bruits de couloir ont circulé sur des tensions dans son couple avec Alexandra Pastor. Si l’intéressé ne dément ni ne confirme, il préfère recentrer son discours public sur ses projets artistiques. Ses interviews, rares, se concentrent presque exclusivement sur ses albums, ses tournées et sa passion pour la musique. De temps en temps, il partage avec ses fans des images de son quotidien apaisé, dans un cadre de vie paradisiaque, loin du tumulte des médias et des polémiques. Ces instants dévoilés laissent entrevoir un homme attaché à sa famille, à ses filles, et à une certaine idée de sérénité retrouvée.

Ses deux filles nées de son union passée avec Estelle Lefébure, Ilona et Emma, sont aujourd’hui adultes et tracent leur chemin. Ilona, aînée du couple, est sur le point de se marier, marquant une nouvelle étape de sa vie personnelle.

Emma, quant à elle, connaît une ascension fulgurante dans le monde de la mode et de la télévision, où sa personnalité affirmée et son charisme naturel lui ouvrent de nombreuses portes. La cadette, Cameron, fille qu’il a eue avec Alexandra Pastor, semble pour sa part héritière du virus de la chanson, montrant un intérêt croissant pour la musique. Une perspective qui ne manque pas d’émouvoir son père, conscient du poids d’un tel héritage artistique mais aussi des joies qu’il peut offrir.

Ainsi, derrière le silence médiatique et les blessures discrètes, la famille Hallyday-Pastor continue d’écrire son histoire, entre drames, reconstructions et promesses d’avenir. David, marqué par les épreuves mais guidé par sa passion musicale, avance avec pudeur, préférant se concentrer sur ce qui fait sens pour lui : sa musique, ses proches, et une vie qu’il tente de garder loin des tumultes. Quant à Alexandra, endeuillée par les tragédies qui ont frappé sa famille, elle s’efforce elle aussi de trouver l’équilibre entre mémoire, résilience et avenir.

Ensemble, ils incarnent une volonté commune de se protéger, malgré le poids des regards et des tragédies passées. Et dans ce chemin semé d’embûches, nul doute que, de là-haut, Johnny Hallyday, figure tutélaire et éternelle, observe avec attention le destin de son fils et de ses petites-filles.