Zaz : entre renaissance, amour et nouveau souffle artistique

Au concert de Zaz, quatre jeunes Rennaises handicapées en V.I.P.

À 45 ans, Zaz s’apprête à écrire un nouveau chapitre de sa carrière et de sa vie personnelle. Le 19 septembre prochain, elle dévoilera Sains et saufs, un album très attendu qui marque non seulement un retour musical mais aussi une véritable renaissance intérieure. Dans un long entretien accordé à Paris Match, la chanteuse s’est confiée sans détour sur son parcours, ses blessures, ses excès, et surtout sur la sérénité qu’elle a fini par trouver grâce à l’amour et à un travail profond sur elle-même.

Une vie bouleversée par le succès

Révélée au grand public en 2010 avec le titre devenu culte Je veux, Zaz avait alors conquis la France – et au-delà – avec sa voix éraillée et son énergie débordante. Mais ce tourbillon médiatique, aussi grisant soit-il, n’a pas été sans conséquences. La chanteuse reconnaît aujourd’hui que cette soudaine notoriété l’a prise de court. Elle, qui venait d’un milieu modeste et d’une jeunesse compliquée, n’était pas préparée à gérer une telle exposition.

« Je n’ai jamais fait les choses à moitié », confie-t-elle dans les colonnes de Paris Match. Une intensité de vie qui s’est traduite aussi dans ses excès : l’alcool, la drogue, les nuits sans fin. « J’ai tout testé », admet-elle sans fard, évoquant aussi bien la cocaïne que l’héroïne. Un aveu rare dans l’univers feutré du show-business, mais qui illustre à quel point Zaz a flirté avec ses propres limites.

Le confinement comme point de bascule

La crise sanitaire de 2020, synonyme pour beaucoup d’isolement et de remise en question, a été pour Zaz un électrochoc salvateur. C’est à ce moment-là qu’elle décide de dire stop. Stop aux addictions, stop aux dérives, stop à cette fuite en avant. Elle choisit la sobriété, la santé et une vie plus simple.

« J’ai décidé que c’était fini », raconte-t-elle. Ce choix, radical mais vital, devient le socle de sa reconstruction. Une transformation intérieure qui lui permet aujourd’hui de poser un regard plus doux sur son passé, sans renier ce qu’elle a traversé.

L’amour comme boussole

Si Zaz a réussi à tenir le cap, c’est aussi grâce à la présence d’un homme : son compagnon, rencontré en 2019, et qu’elle a épousé depuis. Contrairement aux relations tumultueuses de sa jeunesse, cette union repose sur un équilibre nouveau.

Son mari est sportif de haut niveau, et elle ne manque pas d’humour pour souligner ce qui les rapproche : « L’endurance, il connaît », glisse-t-elle malicieusement, en évoquant son propre tempérament de feu. Mais au-delà de la complicité, c’est surtout une douceur rare qu’elle a découverte chez lui. « Il a une douceur en lui que je n’avais jamais connue », confie-t-elle, visiblement apaisée.

Avec lui, Zaz n’est plus dans la recherche frénétique d’émotions fortes. Elle goûte au contraire la stabilité, la tendresse et l’amour sincère. Et cet équilibre se reflète dans sa musique, plus intime, plus tournée vers l’essentiel.

Un rôle de belle-mère à apprivoiser

L’amour n’arrive cependant jamais seul, et Zaz a dû apprendre à composer avec une nouvelle réalité : celle d’être belle-mère. Son mari est père d’une fille, née d’une précédente union. La petite vit principalement avec sa mère, mais sa présence a obligé la chanteuse à s’adapter.

« Ce n’est pas évident d’être belle-mère, il y a plein de moments compliqués », reconnaît-elle. Elle ne cache pas les difficultés ni les doutes que ce rôle a pu susciter chez elle. Mais, fidèle à sa philosophie actuelle, Zaz a appris à lâcher prise. « Là aussi, j’ai appris qu’il fallait lâcher prise », explique-t-elle, consciente qu’une relation de ce type se construit avec patience, respect et bienveillance.

Sains et saufs, un album miroir

Le nouvel album de Zaz, Sains et saufs, n’est donc pas seulement un projet artistique. C’est un reflet de ce qu’elle est devenue. Sobre, amoureuse, en quête de vérité et de simplicité, elle y met toute son énergie et ses émotions.

Décrit comme une œuvre dédiée à ceux qu’elle aime, ce disque est aussi une déclaration à son mari. Mais pas seulement : « [Il est] pour tous ceux que j’aime », précise-t-elle, comme pour souligner que son cheminement personnel s’accompagne d’une ouverture vers les autres.

L’artiste dit avoir souvent l’impression de mourir et renaître, comme si sa vie était une succession de cycles. « C’est épuisant et, en même temps, c’est ce qui me permet d’avancer », avoue-t-elle. Cette résilience, Zaz la transforme en art.

Une tournée comme un nouveau départ

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Dès le 5 octobre, Zaz reprendra la route pour une tournée qui promet d’être particulière. Après avoir traversé des années d’excès, elle aborde désormais la scène avec une énergie différente, plus maîtrisée mais tout aussi intense. On peut s’attendre à des concerts où l’émotion primera, nourrie par ce nouveau souffle intérieur.

Ce sera aussi l’occasion pour elle de renouer avec son public, qui l’a toujours suivie dans ses métamorphoses. De ses débuts bohèmes aux grandes salles internationales, Zaz reste cette artiste sincère, proche des gens, qui chante la vie avec ses failles et ses éclats de lumière.

Une femme qui renaît de ses cendres

Au fond, l’histoire de Zaz est celle d’une femme qui a frôlé l’autodestruction mais qui a su renaître de ses cendres. Son témoignage résonne comme un message d’espoir : il est possible de se relever, de se réinventer, de trouver l’amour et la paix intérieure, même après des années d’errance.

À travers son parcours, elle rappelle aussi que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais au contraire une force lorsqu’elle est reconnue et assumée. Et que la musique, pour elle comme pour son public, demeure un outil de guérison.

Avec Sains et saufs, Zaz signe donc bien plus qu’un nouvel album : elle offre un fragment de sa renaissance, un cri de vie, une invitation à avancer malgré les épreuves.Zaz mariée depuis quatre ans : rares confidences sur son mystérieux mari  mauricien