La quête bouleversante de la fille d’Harry Boulogne : l’ADN comme ultime espoir de vérité

À seulement seize ans, Blanche, la fille d’Harry Boulogne, se retrouve projetée au cœur d’une affaire familiale et judiciaire qui dépasse largement sa propre histoire. Animée par une détermination rare pour son âge, elle a décidé de poursuivre le combat que son père avait entamé toute sa vie : obtenir la reconnaissance d’Alain Delon comme membre de sa lignée. Cette fois, ce n’est plus devant la justice française mais devant la justice suisse que la bataille s’engage.

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Blanche n’est pas une adolescente comme les autres. À seize ans, elle porte sur ses épaules un héritage à la fois lourd et fragile. Son père, Christian Boulogne, plus connu sous le nom d’Harry Boulogne, est décédé en mai 2023 à l’âge de 60 ans. Sa vie a été jalonnée d’épreuves : une enfance compliquée, des problèmes de drogue, une hémiplégie, et surtout une absence de reconnaissance de la part de celui qu’il considérait comme son père biologique, Alain Delon.

Élevé en partie par la propre mère de l’acteur, Harry avait toujours vécu dans l’ombre de ce lien non assumé. Malgré plusieurs démarches judiciaires, la justice française avait refusé d’aller plus loin. En septembre 2021, la cour d’appel avait déclaré son incompétence territoriale, en raison de la résidence suisse d’Harry. Cette décision avait sonné comme un nouvel échec pour celui qui cherchait avant tout à établir sa vérité.

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Mais la disparition d’Harry n’a pas mis un terme à cette quête. Au contraire, elle a ouvert une nouvelle étape. Sa fille Blanche, épaulée par son frère Charles, a décidé de reprendre le combat. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’un enjeu juridique, mais d’une quête identitaire essentielle. Elle veut savoir, sans doute possible, si Alain Delon est bien son grand-père biologique.

Son avocate, Me Saskia Ditisheim, a déposé en mai 2024 une requête auprès du Tribunal civil de première instance de Genève. La demande est claire : autoriser un prélèvement ADN sur l’acteur, aujourd’hui âgé de 89 ans, afin d’apporter une réponse définitive. L’avocate a insisté sur le caractère urgent de cette mesure, afin d’éviter que des preuves biologiques ne soient compromises par le temps.

La justice suisse au centre de l’affaire

La procédure se déroule désormais sur le terrain du droit helvétique. Contrairement à la France, où l’affaire avait été bloquée pour des raisons de compétence, la justice suisse est parfaitement habilitée à instruire cette demande, Alain Delon résidant officiellement à Genève. C’est donc dans cette ville, qui est à la fois un symbole de neutralité et un foyer de conflits familiaux larvés, que l’avenir de cette affaire se joue.

La requête déposée vise à obtenir ce que l’on appelle une expertise génétique. Concrètement, si la justice donne son accord, des experts seraient mandatés pour comparer l’ADN de Blanche à celui d’Alain Delon, afin d’établir ou non le lien de filiation indirecte. Une telle expertise, en cas de résultat positif, confirmerait qu’Harry Boulogne était bien le fils biologique de l’acteur, et que Blanche est donc sa petite-fille.

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Au-delà de la procédure, cette démarche est avant tout une affaire de cœur et de mémoire. Blanche ne cherche pas à obtenir une part d’héritage, ni à exploiter le nom de Delon. Son combat est d’abord intime : elle veut mettre un terme aux doutes qui ont empoisonné la vie de son père et marqué son enfance. Pour elle, connaître la vérité est un droit fondamental.

Ce besoin de vérité prend une dimension d’autant plus symbolique que la famille Delon traverse déjà une période de turbulences. Depuis plusieurs mois, les trois enfants officiels d’Alain Delon — Anthony, Anouchka et Alain-Fabien — s’opposent sur l’état de santé de leur père et sur la gestion de ses affaires. L’émergence de cette nouvelle demande d’expertise génétique pourrait constituer une onde de choc supplémentaire, ravivant des blessures anciennes et exacerbant les tensions.

Les blessures d’Harry Boulogne

Il est difficile d’évoquer cette affaire sans revenir sur le destin tragique d’Harry Boulogne. Longtemps rejeté par celui qu’il appelait son « père du silence », il n’a cessé de souffrir de cette absence de reconnaissance. Dans un entretien accordé en 1986 à Libération, il avait raconté qu’Alain Delon lui avait lancé ces mots cruels : « Tu n’as pas mes yeux, tu n’as pas mes cheveux, tu n’es pas mon fils, tu ne seras jamais mon fils. »

Ces phrases ont marqué au fer rouge l’existence d’Harry, renforçant chez lui un sentiment de rejet et d’injustice. Sa mort prématurée, conséquence d’une vie marquée par les excès et la douleur, a mis fin à sa quête personnelle, mais elle a ouvert la voie à une quête nouvelle, portée par ses enfants.

Une décision attendue

La justice genevoise devrait se prononcer prochainement. Qu’elle soit positive ou négative, la décision aura des conséquences importantes. Si l’expertise confirme le lien de parenté, Alain Delon serait officiellement reconnu comme le grand-père de Blanche et Charles, ce qui réhabiliterait en partie la mémoire d’Harry. Si, au contraire, le résultat est négatif, ce serait la clôture définitive d’un chapitre douloureux.

En attendant, Blanche reste dans l’attente. À seize ans, elle se retrouve à la croisée des chemins : entre l’ombre d’un père meurtri, la légende d’un grand-père qui l’a toujours niée, et le besoin vital de connaître enfin la vérité. L’affaire, au-delà de son aspect judiciaire, prend la forme d’un drame familial et humain, où se mêlent blessures du passé, quête identitaire et poids de la notoriété.

Peut-être est-ce finalement la science, plus que la parole des hommes, qui apportera une réponse à ces décennies de doute et de souffrance. Pour Blanche, cette vérité représente bien plus qu’une décision de justice : elle est la clé pour se construire pleinement et honorer la mémoire d’un père resté toute sa vie dans l’ombre.