28 ans après, le médecin qui a apporté les premiers secours à Lady Diana témoigne sur BFMTV

25 ans après, le médecin qui a apporté les premiers secours à Lady Diana  témoigne sur BFMTV

Il y a des nuits qui changent le cours d’une vie, et des vies qui changent le cours de l’Histoire. Pour le Dr Maillot, médecin urgentiste, la nuit du 31 août 1997 fut les deux à la fois. Alors qu’elle rentrait paisiblement d’une fête d’anniversaire avec son mari, profitant de la douceur d’une fin d’été parisienne, son chemin a croisé celui d’une Mercedes disloquée sous le pont de l’Alma. À l’intérieur, quatre vies brisées, dont celle de la femme la plus célèbre et la plus aimée du monde : la princesse Diana. Pour la première fois, cette femme discrète, projetée malgré elle au cœur du drame, raconte en détail ces heures qui ont ébranlé la planète, sa vérité sur le rôle des paparazzi et le poids des théories du complot qui ont tenté de la salir.

Ce soir-là, le Dr Maillot n’est pas en service. Elle est juste une citoyenne, une médecin qui, par réflexe professionnel et par humanité, s’arrête devant l’horreur. “C’était une scène de chaos”, se souvient-elle. Deux des quatre occupants de la voiture sont déjà en arrêt cardio-respiratoire, leur sort tragiquement scellé. Les deux autres, dont cette jeune femme blonde assise à l’arrière, sont vivants mais gravement blessés. Dans l’urgence, le Dr Maillot ne perd pas une seconde. Elle oublie la carcasse fumante, le bruit, l’agitation. Elle se concentre sur les gestes qui sauvent.

“Je ne l’ai absolument pas reconnue”, confesse-t-elle. Pour elle, cette femme magnifique aux cheveux blonds n’est qu’une patiente, une victime de la route qu’il faut stabiliser à tout prix. Elle ignore qu’elle est en train de toucher une icône, la “princesse des cœurs” que des milliards de gens adulent. Cette anonymat improvisé fut peut-être une chance, lui permettant d’agir sans la pression écrasante de l’identité de sa patiente. Elle lui parle, la rassure, effectue les premiers soins vitaux en attendant l’arrivée des secours officiels.

Mort de Lady Diana : le médecin français qui lui a porté secours par  hasard, toujours traumatisé, ne l'a pas reconnue - Closer

Quelques heures plus tard, à l’aube, la nouvelle tombe, brutale, impensable. Son mari, Marc, la réveille : “La femme que tu as secourue cette nuit… c’était la princesse Diana. Et elle est morte.” Le choc est immense. La victime anonyme du pont de l’Alma a un visage, un nom, une histoire connue de tous. Et le Dr Maillot réalise que sa vie, elle aussi, vient de basculer.

Commence alors un véritable tourbillon médiatique et judiciaire. L’une des premières controverses à éclater concerne le rôle des paparazzi, ces photographes qui traquaient la princesse et qui étaient présents sur les lieux du drame. Les médias du monde entier les accusent d’avoir gêné les secours, d’avoir privilégié leurs clichés à la vie humaine. Mais le Dr Maillot, témoin de la première heure, livre une version différente et nuancée. “Ils n’ont absolument pas entravé mon travail”, déclare-t-elle fermement aux enquêteurs français et britanniques, puis aux médias. “Ils étaient là, ils prenaient des photos, mais ils ne se sont pas mis en travers de mon chemin, ils ne m’ont pas empêchée d’accéder à la voiture ou aux victimes.” Une déclaration courageuse qui va à l’encontre du récit dominant mais qui rétablit une vérité factuelle.

Mais le plus révoltant pour cette femme médecin, dont le serment est de sauver des vies, est de se retrouver au centre des plus folles théories du complot. Certains l’accusent d’être un agent des services secrets britanniques, du MI5, et d’avoir été placée là pour s’assurer que la princesse ne survive pas. Une accusation “ignoble et révoltante”, qui nie l’essence même de son engagement de soignante. Elle, qui a tout fait pour sauver une vie, se voit accusée de meurtre. Heureusement, toutes les enquêtes et les expertises médicales confirmeront que ses gestes étaient parfaitement appropriés et qu’elle a fait tout ce qui était médicalement possible dans de telles circonstances.

Dans ce tumulte, un geste de réconfort viendra de la personne la plus touchée par le drame : la mère de Diana lui enverra une lettre manuscrite, simple et bouleversante, pour la remercier de son courage et de son humanité, pour avoir été là pour sa fille dans ses derniers instants. Une lettre que le Dr Maillot chérit comme une preuve que son action n’a pas été vaine.

L’affaire prend également une tournure politique inattendue avec la “disparition” du président de la République de l’époque, Jacques Chirac, dans les heures qui ont suivi l’accident. Alors que le drame provoque une onde de choc diplomatique mondiale, le chef de l’État est introuvable, créant un flottement au sommet de l’État. Ce n’est que le lendemain matin que son épouse, Bernadette Chirac, se rendra au chevet de la princesse, juste avant que son décès ne soit officiellement annoncé. Ce mystère autour de l’absence présidentielle ajoutera une couche de confusion à un événement déjà chaotique.

Le médecin qui a porté secours en premier à la princesse Diana témoigne :  "je ne la reconnais pas"

Aujourd’hui, des décennies plus tard, le Dr Maillot continue d’exercer son métier d’urgentiste avec la même passion. Le drame du pont de l’Alma a marqué sa vie à jamais, mais ne l’a pas définie. Elle a choisi de parler, non par désir de notoriété, mais par “devoir de mémoire”, pour que son expérience ne soit pas déformée par d’autres. Son témoignage est celui d’une femme ordinaire prise dans une histoire extraordinaire, un rappel poignant que derrière les grands titres et les théories du complot, il y a avant tout des drames humains et des gens qui, dans l’ombre, font simplement leur devoir : celui de tenter de sauver une vie.