Le bruit a couru dans les rues comme une traînée de poudre. Ce lundi matin, un bus de la ligne 42 s’est écrasé contre une barrière de sécurité en quittant le boulevard. Les images, captées par des passants et diffusées aussitôt sur les réseaux sociaux, montraient un véhicule couché sur le flanc, des vitres éclatées, et des passagers hagards cherchant à s’extraire par les issues de secours. Très vite, les rumeurs se sont multipliées. Parmi elles, une question revenait sans cesse : Tess, la jeune fille adoptée de 21 ans au cœur sensible, se trouvait-elle dans ce bus ?

Les premières heures : la confusion totale

Au moment de l’accident, aucune liste officielle des passagers n’avait été communiquée. Les pompiers et le SAMU travaillaient sans relâche pour évacuer les blessés, tandis que la police sécurisait le périmètre. Dans cette atmosphère de panique et de désordre, il était impossible de savoir exactement qui se trouvait à bord. Les réseaux sociaux se sont emparés de l’affaire, amplifiant le doute. Plusieurs témoins affirmaient avoir reconnu Tess parmi les passagers, assise près de la fenêtre de gauche. D’autres, au contraire, juraient ne pas l’avoir vue monter.

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La confusion était totale. Chacun voulait apporter son témoignage, mais les informations se contredisaient. C’est dans ce brouillard médiatique que la rumeur a pris de l’ampleur.

Qui est Tess ?

Pour comprendre l’émotion suscitée, il faut revenir sur le parcours de cette jeune femme. Adoptée à l’âge de deux ans, Tess a grandi entourée d’affection, mais toujours consciente d’avoir une histoire singulière. Étudiante en littérature, passionnée par l’écriture et le théâtre, elle est décrite par ses proches comme une personne sensible, attentive aux autres, capable de transformer ses fragilités en une force créative.

Ces traits de caractère expliquent sans doute pourquoi son nom a circulé si vite après l’accident. Tess, ce n’est pas seulement une étudiante anonyme : c’est une figure attachante, un visage connu de son quartier, une jeune adulte qui incarne, pour beaucoup, une certaine idée de la jeunesse fragile mais lumineuse.

Les témoignages contradictoires

Un passager rescapé, interrogé par une chaîne locale, a affirmé avoir vu une « jeune fille aux cheveux noirs et au regard concentré sur un carnet » quelques minutes avant le drame. Ce détail, frappant, a immédiatement rappelé Tess à ceux qui la connaissent : elle ne se déplace jamais sans son carnet, dans lequel elle note des pensées, des fragments de dialogues, des esquisses de poèmes. Pourtant, un autre témoin a déclaré avec assurance qu’il connaissait personnellement Tess et qu’elle ne se trouvait pas dans le bus ce matin-là, car il l’avait croisée une heure plus tôt à la sortie d’une boulangerie.

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Ces versions opposées ont nourri la rumeur. Était-ce bien Tess que l’on avait aperçue ? Ou bien une simple ressemblance ?

L’attente insupportable

Dans les heures qui ont suivi, ses amis, inquiets, ont tenté de la joindre. Son téléphone sonnait sans réponse. Certains y ont vu la confirmation de sa présence dans l’accident. D’autres rappelaient que le réseau était saturé à cause de l’afflux d’appels dans la zone. Les familles, les proches, les curieux : tous cherchaient à savoir.

L’attente devint insupportable. Les médias relayaient en boucle la question : « Une étudiante de 21 ans, prénommée Tess, figure-t-elle parmi les blessés ? » Mais aucune source officielle ne confirmait ou n’infirmait.

Les autorités tranchent

Ce n’est qu’en fin de journée qu’un communiqué de la préfecture a été publié. La liste des passagers identifiés était rendue publique. Le nom de Tess n’y figurait pas. Soulagement immédiat pour ceux qui la connaissaient. La jeune femme, expliqua-t-on ensuite, avait effectivement pris le bus habituellement chaque lundi matin, mais ce jour-là, un contretemps banal avait changé le cours des choses : un rendez-vous reporté, une fatigue accumulée, et le choix de rester un peu plus longtemps à la maison.

Ironie du sort : ce retard involontaire lui avait probablement sauvé la vie.

La vérité retrouvée

Dans la soirée, Tess elle-même a donné de ses nouvelles sur son compte personnel : « Je vais bien. Je n’étais pas dans le bus. Mes pensées vont à ceux qui ont souffert dans cet accident. » Quelques mots sobres, écrits avec son style habituel, mais qui ont suffi à apaiser l’angoisse collective.

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Ses proches, encore bouleversés, ont compris à quel point le hasard avait joué un rôle décisif. Tess, d’ordinaire ponctuelle, avait échappé de peu à la tragédie.

Ce que révèle cette histoire

Au-delà du soulagement, cette journée a mis en lumière plusieurs réalités. D’abord, la vitesse à laquelle une rumeur peut enfler lorsqu’une figure connue localement est impliquée. Ensuite, la fragilité de nos certitudes en situation de crise : un témoignage, une ressemblance, et soudain, une vie entière bascule dans l’imaginaire collectif. Enfin, l’importance des sources officielles : sans la liste des passagers publiée par la préfecture, le doute aurait persisté encore des heures, voire des jours.

Tess, elle, en ressort plus consciente encore de la fragilité des instants. Dans un texte publié le lendemain sur son blog, elle écrit : « Je me suis demandé ce que j’aurais fait si j’avais été dans ce bus. Peut-être que j’aurais eu peur, peut-être que j’aurais tendu la main à quelqu’un. Finalement, je n’étais pas là, mais j’ai ressenti le besoin d’écrire pour ceux qui y étaient. »

Conclusion

Alors, Tess était-elle dans le bus ? Non. La réponse est claire, confirmée, rassurante. Mais l’épisode laisse une trace : celle d’une peur partagée, d’un frisson collectif, et d’une prise de conscience. Tess a échappé à l’accident, mais son nom restera associé à cette histoire, comme un rappel du hasard qui parfois protège, et de la nécessité de toujours vérifier avant de croire.