Ces derniers mois, Anthony Delon, fils aîné du légendaire acteur Alain Delon, s’est illustré non seulement par ses activités artistiques mais aussi par ses prises de position publiques. À 58 ans, l’acteur et entrepreneur semble de plus en plus déterminé à faire entendre sa voix sur des sujets de société qui dépassent le cadre strict de la culture ou du cinéma.

PHOTO - Mort de Nathalie Delon : 2 ans après, le message bouleversant de  son fils Anthony

Le 16 janvier dernier, il a ainsi utilisé son compte Instagram pour réagir à une décision controversée de la maire de Paris, Anne Hidalgo : la fin programmée des trottinettes électriques en libre-service dans la capitale. Cette annonce, largement relayée par les médias, a suscité de vifs débats parmi les Parisiens. Et Anthony Delon, fidèle à son tempérament direct et sans détour, n’a pas hésité à donner publiquement son avis, mêlant défense des usagers et critique acerbe de la gestion municipale.

Dans son message, Anthony Delon a d’abord tenu à rappeler son attachement à ce mode de transport alternatif qui, selon lui, facilite grandement la vie quotidienne dans une ville encombrée comme Paris. « Je suis personnellement pour le maintien des trottinettes à Paris, c’est bien pratique », a-t-il écrit.

 

Il a également souligné un élément important : ces véhicules sont désormais interdits aux mineurs, une mesure qui, d’après lui, répond à certaines critiques formulées depuis leur arrivée. Pour l’acteur, il s’agit donc d’un outil utile et moderne qu’il serait dommage de bannir purement et simplement au nom de quelques dérives.

Mais au-delà de cette défense du service, c’est surtout son ton critique envers la municipalité qui a marqué les esprits. Anthony Delon a pointé du doigt ce qu’il considère comme des incohérences dans la gestion d’Anne Hidalgo et de son équipe. « J’ai vu que la mairie de Paris avait lancé un ultimatum pour la gêne occasionnée », a-t-il rappelé.

 

Et de poursuivre, avec une pointe d’ironie mêlée d’agacement : « Nous, Parisiens, on aurait le droit de faire de même pour la saleté, les travaux inachevés, les poubelles et le bordel que la mairie a mis dans cette ville. » Des mots tranchants qui reflètent un sentiment partagé par une partie des habitants de la capitale, souvent exaspérés par les chantiers permanents, les problèmes de propreté et la circulation chaotique.

Photo : Anthony Delon - Arrivées à la 10ème édition du "Global Gift Gala  2022" au Four Seasons Hotel George V à Paris le 19 novembre 2022. ©  Christophe Clovis / Bestimage - Purepeople

Cette sortie d’Anthony Delon ne doit rien au hasard. Depuis plusieurs années, le comédien s’exprime régulièrement sur des sujets qui touchent son quotidien de Parisien et son rôle de père de famille. Habitué à dire ce qu’il pense sans langue de bois, il incarne une voix différente, parfois dissonante, dans un débat public où les personnalités issues du monde du spectacle prennent rarement position sur des questions municipales. Ce franc-parler peut surprendre, mais il s’inscrit dans la lignée d’un homme qui revendique haut et fort son indépendance, loin de l’ombre écrasante de son père.

La question des trottinettes électriques reste en effet un sujet brûlant dans la capitale. Introduites en 2018, elles ont d’abord été perçues comme une solution écologique et pratique aux embouteillages. Mais leur multiplication rapide, le manque de règles claires au début et les incivilités de certains usagers ont conduit à de nombreuses plaintes.

 

Accidents, trottinettes abandonnées sur les trottoirs, conflits avec les piétons : le climat s’est tendu et la mairie a dû réagir. Après plusieurs années de régulation progressive, Anne Hidalgo a fini par annoncer leur interdiction en libre-service, une décision applaudie par certains mais vivement critiquée par d’autres.

C’est dans ce contexte que l’intervention d’Anthony Delon prend tout son relief. En s’opposant frontalement à cette mesure, il ne se contente pas de défendre les trottinettes : il met en lumière un malaise plus profond, celui du rapport entre les Parisiens et leur municipalité.

 

Ses propos sur la « saleté », les « travaux inachevés » et les « poubelles » ne sont pas seulement des formules : ils reflètent une critique récurrente que beaucoup d’habitants expriment dans les sondages ou sur les réseaux sociaux. La capitale, vitrine de la France, apparaît à certains comme de plus en plus difficile à vivre, et Anthony Delon semble s’être fait le porte-parole, volontaire ou non, de ce mécontentement.

Son intervention illustre également une tendance plus large : celle de personnalités publiques qui utilisent les réseaux sociaux pour s’adresser directement aux citoyens, sans passer par les canaux médiatiques traditionnels. En quelques phrases publiées sur Instagram, Anthony Delon a réussi à lancer un débat et à faire réagir non seulement ses abonnés mais aussi les journalistes, qui ont largement relayé son message. Dans une époque où chaque parole peut se transformer en événement, cette capacité d’influence est significative.

 

Pour autant, il ne faudrait pas réduire la prise de parole d’Anthony Delon à une simple polémique. Derrière ses mots se dessine une vraie réflexion sur le rôle de la ville, sur la mobilité urbaine et sur la qualité de vie des habitants. Il pose, à sa manière, une question fondamentale : à qui appartient Paris ? Aux élus qui décident en fonction de grandes orientations politiques ou aux habitants qui en vivent chaque jour les réalités concrètes ?

La vigueur de sa critique montre aussi combien la gestion d’Anne Hidalgo divise. Réélue en 2020, la maire socialiste a mis en avant une politique volontariste en faveur des mobilités douces, des pistes cyclables et de la réduction de la place de la voiture. Mais cette transformation accélérée de la capitale a engendré des tensions et des oppositions. Pour ses partisans, elle prépare l’avenir en rendant la ville plus écologique et plus respirable. Pour ses détracteurs, dont Anthony Delon semble faire partie, elle dégrade le quotidien par des travaux incessants et une propreté insuffisante.

C'est inadmissible !" : Mathilde et Emmanuelle Seigner fulminent contre la  saleté dans Paris, Anne Hidalgo pas épargnée ! - Purepeople

En fin de compte, cette prise de parole illustre parfaitement le rôle que peut jouer une célébrité lorsqu’elle sort de son domaine habituel pour aborder la vie de la cité. Anthony Delon n’est pas un élu, il ne revendique pas une expertise particulière en urbanisme ou en transport. Mais en tant que Parisien, il fait entendre une voix sincère, parfois provocatrice, qui résonne chez de nombreux habitants. Ses mots, même s’ils peuvent paraître abrupts, posent une question centrale : comment construire une ville qui soit à la fois moderne, écologique et agréable à vivre pour tous ?