Robert Redford : l’adieu à une légende du cinéma et d’un homme marqué par les drames

GALA VIDEO - Mort de Robert Redford : l’acteur avait 89 ans (1)

Ce mardi 16 septembre, le monde du cinéma s’est réveillé sous le choc. Robert Redford, figure iconique d’Hollywood, s’est éteint paisiblement dans son sommeil à l’âge de 89 ans, dans sa résidence de l’Utah. Derrière lui, il laisse une carrière exceptionnelle, jalonnée de chefs-d’œuvre, mais aussi une vie personnelle profondément marquée par les drames et la perte de plusieurs de ses proches.

Une étoile éternelle d’Hollywood

Acteur, réalisateur et producteur, Robert Redford a traversé plus de six décennies de cinéma avec une élégance rare. Star de films cultes tels que Out of Africa, Butch Cassidy and the Sundance Kid ou encore L’Arnaque, il incarnait à lui seul une certaine idée du charme et de la liberté. Mais derrière l’image du séducteur aux yeux clairs, se cachait un homme sensible, façonné par des épreuves douloureuses qui ont profondément marqué son existence.

Marié depuis plusieurs années à Sibylle, de 21 ans sa cadette, Robert Redford laisse également derrière lui deux filles, Amy et Shauna. Mais au-delà de sa famille immédiate, son héritage se trouve aussi dans les films qu’il a offerts au monde et dans le Festival de Sundance, qu’il a créé pour donner une voix aux jeunes réalisateurs indépendants.Robert Redford Credits His Late Mother for His Success | Closer Weekly

Le traumatisme fondateur : la perte de sa mère

Parmi les blessures qui ont façonné sa vie, la disparition précoce de sa mère, Martha, occupe une place centrale. En 1955, alors qu’il n’avait que 18 ans, Robert Redford perd celle qui fut son premier soutien. Martha est décédée à seulement 40 ans, victime d’une hémorragie liée à un trouble sanguin contracté après avoir perdu des jumelles à la naissance, dix ans après l’arrivée de Robert.

Dans une interview bouleversante accordée en 2018 à l’édition américaine de Closer, Redford confiait combien ce drame l’avait marqué :

« La seule personne qui se tenait derrière moi était ma mère. Elle croyait que, toutes choses considérées, j’avais quelque chose en moi qui allait se passer. »

Cette femme, originaire du Texas, lui avait transmis une énergie positive et un goût pour l’aventure. « Elle avait toujours un sourire ; elle était très, très aventureuse », se souvenait-il avec émotion. Mais son départ brutal a laissé chez lui un sentiment d’injustice et de regrets. « Je l’ai prise pour acquise, comme les enfants à cet âge. Mon regret est qu’elle soit décédée avant que je puisse la remercier », avouait-il, la voix encore chargée d’émotion des décennies plus tard.

Une vie rythmée par les deuils

Malheureusement, la mort de sa mère n’a pas été le seul drame de la vie de Robert Redford. À peine quatre ans plus tard, en 1959, il perd son premier fils, Scott, à l’âge de cinq mois. Le nourrisson, né de son mariage avec Lola Van Wagenen, est emporté par le syndrome de la mort subite du nourrisson.

Redford avait alors 21 ans, et sa femme seulement 20. « Nous commencions à peine notre vie, je commençais ma carrière à New York. Bien sûr que c’était traumatisant », racontait-il en 2017 au magazine Esquire. Malgré le temps, cette douleur n’a jamais totalement disparu. « Quelque chose comme ça n’est jamais complètement rejeté. Cela réapparaît probablement de diverses petites manières dont vous n’êtes même pas conscient », expliquait-il avec lucidité.

Comme si cela ne suffisait pas, le destin s’est encore montré cruel plusieurs décennies plus tard. En 2020, Redford perd son deuxième fils, James, à l’âge de 58 ans. Réalisateur et militant environnemental, James succombe à un cancer rare des voies biliaires dans le foie. Ce décès plonge à nouveau l’acteur dans une profonde tristesse.

Ainsi, en plus de sa mère, Robert Redford a dû faire face à la perte de deux de ses enfants. Des drames qui auraient pu briser bien des hommes, mais qui, chez lui, ont forgé une résilience remarquable.

L’homme derrière la légende

Robert Redford n’a jamais cherché à se présenter comme une star inaccessible. Derrière son aura hollywoodienne, il était un homme de convictions, engagé, profondément attaché à la nature et à la liberté artistique. Le Festival de Sundance, qu’il a fondé en 1978, illustre à merveille sa volonté de donner une chance aux voix indépendantes, loin des diktats des grands studios.

Son parcours témoigne d’une force intérieure, sans doute héritée de sa mère. Malgré ses blessures intimes, il n’a cessé d’avancer, de créer, d’aimer et de partager. Beaucoup de ses proches affirment que sa sensibilité artistique était intimement liée à ses épreuves personnelles. Ce sont elles qui l’ont poussé à rechercher une vérité dans son jeu d’acteur et une authenticité dans ses choix de réalisateur.

Une vie entre lumière et ombre

Robert Redford and his mother Martha Hart💐, 1940

La disparition de Robert Redford laisse un vide immense dans le monde du cinéma. Mais elle nous rappelle aussi que derrière les projecteurs, les stars traversent elles aussi des tempêtes intérieures. Sa vie aura été un mélange de lumière et d’ombre, d’applaudissements et de chagrins silencieux.

Dans la mémoire collective, il restera le héros romantique de Out of Africa, l’escroc élégant de L’Arnaque, ou encore l’homme libre de Jeremiah Johnson. Mais dans le cœur de ceux qui l’ont connu intimement, il restera aussi ce fils meurtri, ce père endeuillé, et cet artiste habité par un besoin vital de créer et de transmettre.

Robert Redford, réuni avec ses proches

Aujourd’hui, à 89 ans, Robert Redford s’en est allé rejoindre ceux qui ont marqué sa vie de leur absence : sa mère Martha, son fils Scott, et son fils James. Pour ses admirateurs, cette image d’un homme enfin réuni avec ses êtres chers apporte un peu de douceur face à la peine immense de sa disparition.

Son parcours, à la fois extraordinaire et profondément humain, rappelle que même les légendes ne sont pas épargnées par les épreuves. Mais c’est peut-être précisément ce mélange de fragilité et de grandeur qui a fait de Robert Redford une figure aussi universelle et intemporelle.