BREAKING : La légende hollywoodienne Robert Redford est décédée à l’âge de 89 ans

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Dans le panthéon scintillant d’Hollywood, peu de noms évoquent autant le charisme, le talent et l’intégrité que celui de Robert Redford. Pendant plus d’un demi-siècle, son regard bleu acier et son sourire ravageur ont captivé les spectateurs du monde entier. Mais réduire cet homme à son statut d’icône du grand écran serait passer à côté de l’essentiel. Derrière l’acteur se cache un réalisateur acclamé, un fervent défenseur de l’environnement et, surtout, un pionnier qui a redéfini les règles du cinéma indépendant. L’histoire de Charles Robert Redford, né en 1936, est celle d’une lutte acharnée contre les stéréotypes, d’une quête incessante de profondeur et d’un engagement indéfectible envers l’art.

L’histoire commence non pas sous les projecteurs, mais dans l’ombre d’une jeunesse tumultueuse. Loin de l’image lisse de ses futurs personnages, le jeune Redford était un adolescent rebelle, un esprit agité cherchant sa place dans un monde qu’il ne comprenait pas toujours. Ayant perdu une bourse de baseball à l’Université du Colorado, il fut ensuite renvoyé pour des frasques liées à l’alcool. Cette période de dérive aurait pu le mener sur une tout autre voie, mais c’est dans cette incertitude qu’il a trouvé sa vocation. Après avoir étudié l’art à Paris et en Italie, il est retourné aux États-Unis et s’est inscrit à l’American Academy of Dramatic Arts. Le théâtre est devenu son refuge, la scène, le lieu où il pouvait canaliser son énergie et explorer les complexités de l’âme humaine. Ses débuts à la télévision et sur les planches de Broadway ont rapidement attiré l’attention. Son talent brut, combiné à une présence magnétique indéniable, l’a propulsé vers le succès, notamment dans la production de “Pieds nus dans le parc”.

Cependant, avec la célébrité est venue une bataille qu’il mènerait toute sa vie. Hollywood, dans sa superficialité habituelle, a rapidement tenté de le cantonner dans le rôle du “joli garçon”, du séducteur blond au sourire facile. Redford, conscient que sa beauté pouvait être à la fois un atout et une prison, s’est montré extrêmement sélectif dans ses choix de rôles dès le début des années 70 et 80. Il craignait d’être typecasté, que son apparence n’éclipse la substance de son jeu. Cette peur est devenue le moteur de sa carrière, le poussant à rechercher des personnages complexes, moralement ambigus, qui défiaient les attentes du public. Il voulait prouver qu’il était bien plus qu’un simple visage sur une affiche de film.

Le tournant décisif de sa carrière est sans conteste sa collaboration avec Paul Newman. Leur premier film ensemble, “Butch Cassidy et le Kid” (1969), n’était pas seulement un succès commercial monumental ; c’était la naissance d’un des duos les plus emblématiques de l’histoire du cinéma. L’alchimie entre Redford, le Sundance Kid charismatique et impulsif, et Newman, le Butch Cassidy pragmatique et réfléchi, était électrique. Le film l’a catapulté au rang de superstar mondiale. Leur second film, “L’Arnaque” (1973), a solidifié son statut d’icône, prouvant que leur succès commun n’était pas un hasard. Ces films ont non seulement défini une époque, mais ont aussi permis à Redford de gagner la liberté de choisir des projets plus audacieux et personnels.

Mais l’ambition de Redford ne s’arrêtait pas à son travail d’acteur. En 1980, il a franchi une nouvelle étape audacieuse en passant derrière la caméra. Son premier film en tant que réalisateur, “Des gens comme les autres”, était un drame familial poignant et déchirant, à mille lieues des films de genre qui faisaient sa renommée. Le film fut un triomphe critique et public, remportant quatre Oscars, dont celui du meilleur film et, pour Redford lui-même, celui du meilleur réalisateur. Cette victoire n’était pas seulement une reconnaissance de son talent de metteur en scène ; c’était la validation ultime de sa lutte contre l’étiquette de “joli garçon”. Il avait prouvé, de la manière la plus éclatante qui soit, qu’il était un artiste complet, un conteur d’histoires capable de sonder les profondeurs de l’émotion humaine. Il continuera à réaliser de nombreux autres films, chacun marqué par sa sensibilité et son intelligence.

Robert Redford, Hollywood legend and founder of Sundance, dies at 89

Pourtant, l’héritage le plus durable de Robert Redford se situe peut-être en dehors des studios hollywoodiens. Profondément attaché à la nature et à la préservation de l’environnement, il a utilisé sa notoriété pour défendre des causes écologiques bien avant que cela ne devienne une tendance. Mais sa contribution la plus révolutionnaire est sans aucun doute la création du Sundance Institute et du Sundance Film Festival. Frustré par le système des grands studios qui privilégiait le profit au détriment de la créativité, Redford a voulu créer un havre pour les cinéastes indépendants. Il a imaginé un lieu où les voix uniques et les histoires audacieuses pourraient être entendues, loin des pressions commerciales.

Ce qui a commencé comme un petit atelier dans les montagnes de l’Utah est devenu le festival de cinéma indépendant le plus important et le plus influent au monde. Sundance a lancé la carrière d’innombrables réalisateurs, de Quentin Tarantino à Steven Soderbergh, et a changé à jamais le paysage du cinéma. En offrant une plateforme aux films qui, autrement, n’auraient jamais vu le jour, Redford n’a pas seulement soutenu l’art ; il a démocratisé le cinéma, prouvant que les grandes histoires pouvaient venir de n’importe où et de n’importe qui.

Tout au long de sa vie, Robert Redford a incarné une philosophie simple mais puissante : toujours regarder vers l’avant. Ne jamais se reposer sur ses lauriers, ne jamais se laisser définir par le passé. “Pour moi, il s’agit toujours de la prochaine étape”, a-t-il souvent déclaré. Cette vision tournée vers l’avenir explique sa longévité, sa pertinence continue et son désir constant de se réinventer. Il a laissé derrière lui non seulement une filmographie exceptionnelle, mais aussi un héritage de mentorat, d’activisme et d’innovation. Il n’était pas seulement une star de cinéma ; il était un architecte du cinéma, un homme qui a utilisé sa lumière pour éclairer le chemin des autres, laissant une empreinte indélébile sur la culture et l’art du XXe et du XXIe siècle.