Marguerite : de la Star Academy à la révélation musicale et personnelle

Marguerite (Star Academy) raconte son calvaire vécu durant la tournée : "je  faisais des crises d'angoisse" - Public

Il y a encore quelques mois, le grand public découvrait Marguerite grâce à la dernière édition de la Star Academy. Si elle n’a pas remporté le célèbre télé-crochet – la victoire étant revenue à Marine –, sa participation a pourtant marqué un véritable tournant dans sa vie. Non seulement l’émission lui a offert une visibilité considérable, mais elle lui a également permis de lancer une carrière musicale qui, aujourd’hui, prend une ampleur inattendue.

Son premier single, Les filles, les meufs, a littéralement propulsé la jeune artiste sous les projecteurs. Avec plus de 17 millions d’écoutes sur Spotify, le morceau est devenu un hymne générationnel, à la fois intime et universel, qui continue de séduire un large public. Pourtant, derrière ce succès fulgurant, Marguerite a traversé des moments complexes, notamment lors de la tournée post-Star Ac, où la notoriété et le rythme effréné l’ont fragilisée.


Un titre qui change tout

Les filles, les meufs n’est pas seulement une chanson qui tourne en boucle sur les plateformes de streaming. Pour Marguerite, ce morceau a été une révélation intime, un moyen de s’affirmer et d’assumer pleinement son identité. Dans une interview accordée au magazine Têtu, elle confie :

« Je voulais initialement explorer mon rapport aux deux genres. C’est seulement quand le morceau est sorti que j’ai réalisé que j’avais fait mon coming out à tout le monde ! »

Un aveu spontané, presque involontaire, mais qui illustre bien la manière dont les jeunes artistes d’aujourd’hui vivent leur rapport à la sexualité et à l’intimité. Marguerite insiste : elle n’a jamais souhaité faire de ce coming out un événement médiatique. Pour elle, cette question s’inscrit dans une démarche naturelle, presque évidente :

« Certains de mes proches ne le savaient pas. Petite, je disais déjà que je ne savais pas si j’allais me marier avec un garçon ou une fille. C’était déjà là, très simplement. »

Ce rapport décomplexé et sincère a profondément touché ses fans, qui se reconnaissent dans ses paroles et sa façon de chanter sans filtre ce qu’elle est.

Marguerite donne son avis sur les hits de ses amis de la Star Ac


Un premier EP très attendu

L’histoire ne s’arrête pas à un single. Fort de ce succès, Marguerite s’apprête désormais à franchir une nouvelle étape. Le 26 septembre prochain, elle dévoilera son tout premier EP, composé de six titres inédits. Ce projet représente un défi de taille : après un tel coup d’éclat, les attentes sont forcément élevées.

L’artiste elle-même l’admet :

« C’est plus de pression, puisque ce sont ma musique, mes textes, mon intimité. »

Avec cet EP, Marguerite se livre davantage encore, en s’appuyant sur son vécu et ses émotions. Pour beaucoup, il s’agira de confirmer le talent pressenti à travers Les filles, les meufs et d’affirmer une identité artistique singulière, capable de s’imposer sur la scène française.


La rançon du succès : une tournée éprouvante

Si aujourd’hui Marguerite semble mieux armée pour affronter la notoriété, il n’en a pas toujours été ainsi. Après la diffusion de la Star Academy, la jeune femme a dû participer à la tournée du programme, une expérience qu’elle a vécue difficilement.

Elle se confie sans détour dans les colonnes de Têtu :

« Après l’émission, je n’ai pas compris l’engouement autour de moi. Pendant la tournée Star Ac, je prenais régulièrement des fleurs de Bach car je faisais des crises d’angoisse. Je ressentais un trop-plein d’émotions. »

Ces mots illustrent la face cachée d’un succès qui, de l’extérieur, peut sembler idyllique. Entre les répétitions, les concerts, les rencontres avec les fans et les déplacements incessants, le rythme est infernal.

Elle n’est pas la seule à avoir exprimé ce sentiment. Ses camarades de promotion ont partagé des constats similaires. Maïa, par exemple, évoquait la fatigue physique :

« Quand je sors d’un concert de trois jours avec des doublettes, j’ai des courbatures. On est un peu fatigués forcément… C’est un marathon ! »

De son côté, Ebony soulignait l’absence de temps de repos :

« Il y a à peine 30 minutes de pause entre les deux, et on enchaîne direct avec les rencontres. Le soir, on n’a qu’une hâte : se coucher ! »

Ces témoignages dressent le portrait d’une tournée exigeante, où l’adrénaline et l’euphorie se mêlent à l’épuisement et à l’angoisse.


Une artiste en construction

Si la tournée a représenté un passage difficile, elle a aussi contribué à forger la personnalité artistique de Marguerite. Confrontée rapidement aux réalités d’un métier exigeant, elle a appris à mieux gérer ses émotions et à trouver ses propres ressources.

Aujourd’hui, elle semble prête à apprivoiser cette notoriété nouvelle, consciente qu’elle fait partie intégrante de sa carrière. Les fleurs de Bach et les crises d’angoisse appartiennent, espérons-le, au passé. Mais elles témoignent aussi de la sensibilité d’une artiste qui refuse de masquer ses fragilités.


L’importance d’un modèle

Le succès de Marguerite dépasse le simple cadre musical. En assumant publiquement son identité, en partageant ses doutes et ses moments de vulnérabilité, elle devient malgré elle un modèle pour toute une génération. Sa sincérité et son authenticité résonnent auprès de nombreux jeunes, qui voient en elle un reflet de leurs propres questionnements.

À l’heure où la visibilité LGBTQ+ dans la musique francophone reste encore trop rare, l’émergence d’une artiste comme Marguerite apporte un souffle nouveau. Sans chercher à endosser un rôle militant, elle contribue à normaliser des parcours de vie divers et à ouvrir des espaces d’expression plus inclusifs.


Et après ?

L’avenir de Marguerite s’annonce prometteur. Son EP marquera une étape déterminante, mais tout laisse à penser que son histoire ne fait que commencer. Elle dispose désormais d’une base solide de fans, d’une identité artistique forte et d’une sincérité qui la distingue.

Reste à savoir si elle saura transformer l’essai et confirmer les attentes placées en elle. Mais une chose est certaine : Marguerite incarne parfaitement cette nouvelle génération d’artistes qui refusent les carcans, qui chantent ce qu’ils vivent et qui transforment leurs fragilités en force créative.


Conclusion

De la scène de la Star Academy aux millions d’écoutes sur Spotify, en passant par des moments de doute et d’angoisse, le parcours de Marguerite illustre les contrastes d’une notoriété soudaine. Derrière les projecteurs et les applaudissements, il y a une jeune femme en quête d’équilibre, qui avance pas à pas, en restant fidèle à elle-même.

À travers Les filles, les meufs, elle a offert un hymne sincère et libérateur. Son premier EP, attendu pour le 26 septembre, sera l’occasion de confirmer son statut de révélation musicale. Et si l’on en croit l’engouement qui l’entoure, Marguerite pourrait bien s’imposer comme l’une des nouvelles voix incontournables de la chanson française.