Filip Nikolic : révélations posthumes, colère des proches et bataille autour de sa mémoire

Filip Nikolic bisexuel ? Sa famille porte plainte après des révélations

Quinze ans après la disparition brutale de Filip Nikolic, ex-leader du boys band phénomène 2Be3, le chanteur continue de susciter passions et polémiques. Alors qu’un téléfilm lui rendant hommage vient d’être diffusé sur TF1, une nouvelle controverse est née à la suite d’un témoignage publié dans Paris Match. Un certain Arnaud, présenté comme un proche du chanteur, affirme avoir entretenu avec lui une relation intime durant les dernières années de sa vie. Des propos qui ont immédiatement fait réagir la famille, les amis et les anciens compagnons de route de l’artiste, scandalisés par ce qu’ils jugent être une trahison et une manipulation.

Un témoignage explosif

Dans les colonnes de Paris Match, Arnaud se présente comme l’amant caché de Filip Nikolic. Selon lui, leur histoire aurait duré plusieurs années et se serait accompagnée d’une véritable vie commune. L’homme, décrit autrefois dans les médias comme le « conseiller financier » de l’ex-idole des ados, raconte avoir emménagé avec lui dans un appartement de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.

Toujours d’après ses confidences, il aurait soutenu Nikolic dans ses moments de fragilité et l’aurait aidé à combattre certaines addictions. Il explique également que le chanteur, alors père d’une petite fille, n’avait pas souhaité rendre publique cette liaison, par crainte de ternir son image. « C’est comme si je disais que la pluie sort du sol », justifie-t-il, en évoquant la difficulté supposée qu’aurait eue Nikolic à assumer publiquement une bisexualité qui, à l’époque, restait encore largement taboue dans le milieu du show-business.

Une réaction immédiate des proches

La famille et les proches du chanteur ont réagi avec force et indignation. Leur avocat, Me Marc-Olivier Deblanc, a annoncé le dépôt d’une plainte pour « violation de la vie privée, atteinte à la vie privée et allégation mensongère ». Pour lui, le problème n’est pas tant l’orientation sexuelle supposée du chanteur que le fait même de révéler des aspects de sa vie intime qu’il n’avait pas choisi de partager publiquement.

« La bisexualité n’est pas un délit, insiste l’avocat. Le vrai sujet, c’est la vie privée dans l’absolu. Si Filip n’a pas souhaité dévoiler cela de son vivant, c’est qu’il n’en avait pas la volonté. »

Selon Me Deblanc, les affirmations d’Arnaud sont par ailleurs entachées d’inexactitudes. « Il est très ambigu. À certains moments il parle d’une relation platonique, puis il le désigne comme son compagnon. Il prétend avoir vécu huit ans avec lui, ce qui est faux : la cohabitation n’a pas dépassé trois mois. » Une manière, selon lui, de manipuler les faits et de profiter de la diffusion du téléfilm pour se mettre en avant.

La colère des anciens 2Be3

La réaction ne s’est pas faite attendre non plus du côté d’Adel Kachermi, membre emblématique du groupe 2Be3 aux côtés de Nikolic et Frank Delay. Sur les réseaux sociaux, il a exprimé son dégoût face à ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la mémoire de son ami disparu.

« Je dénonce avec force ce manque de respect envers sa mémoire, sa famille et sa veuve Valérie. Filip n’a pas besoin de faux récits pour exister dans nos cœurs. Ceux qui témoignent ainsi ne cherchent qu’à nourrir leur ego », écrit-il avec émotion.

Adel, comme d’autres proches, y voit une manœuvre opportuniste et sensationnaliste, destinée à profiter de la lumière médiatique autour du téléfilm.

Arnaud contre-attaqueFilip Nikolic: Sa famille attaque en justice un homme évoquant une relation  amoureuse - 20 minutes

Face aux critiques, Arnaud a tenu à clarifier sa position sur Instagram. Il affirme n’avoir reçu aucune rémunération pour son témoignage à Paris Match et rejette toute accusation d’opportunisme.

« Mon témoignage ne relève d’aucun calcul. J’ai simplement partagé des faits déjà évoqués publiquement, notamment lors d’une émission de TF1 animée par Christophe Beaugrand, où j’étais intervenu en tant qu’ami, au même titre que Valérie était présentée comme ex-compagne », écrit-il.

Il insiste également sur le fait qu’en 2025, la bisexualité n’est plus un tabou. Selon lui, Nikolic vivait cette réalité en toute sérénité auprès de ses proches, même s’il n’avait pas souhaité en faire une déclaration publique. Et de conclure : « Je ne m’exprimerai plus sur ce sujet. Je suis prêt à défendre mes propos devant la justice. »

Une affaire de mémoire et de respect

Au-delà des révélations et des démentis, cette polémique pose une question plus large : que reste-t-il du droit à la vie privée après la mort ? Pour la famille et les amis de Nikolic, il s’agit avant tout de protéger la mémoire d’un homme qui n’avait pas choisi d’exposer ses choix intimes. Pour d’autres, comme Arnaud, témoigner serait une manière de rétablir une vérité passée sous silence.

Mais cette vérité a-t-elle encore sa place dans le débat public ? La frontière entre hommage et indiscrétion, entre souvenir et trahison, apparaît ici particulièrement ténue.

Le poids d’un héritage médiatique

Il faut rappeler que Filip Nikolic, décédé en 2009 à seulement 35 ans, était l’un des visages les plus célèbres de la fin des années 1990. Avec les 2Be3, il a incarné une génération entière d’adolescents et marqué l’histoire de la musique populaire en France. Sa mort soudaine a bouleversé des milliers de fans et laissé derrière lui une famille en deuil.

Dans ce contexte, chaque nouvelle révélation, chaque récit posthume prend une ampleur considérable, tant l’artiste occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif.

Une bataille judiciaire annoncéeFilip Nikolic : son compagnon prend la parole, la famille de l'artiste porte  plainte - Public

La plainte annoncée par la famille pourrait donc inaugurer un nouvel épisode judiciaire. L’enjeu n’est pas seulement de dire si Arnaud a menti ou non, mais de définir jusqu’où l’on peut aller lorsqu’on parle de la vie privée d’une personnalité disparue.

La jurisprudence française reconnaît que la protection de la vie privée s’éteint en principe avec la mort, mais les proches peuvent toutefois se saisir de la justice lorsqu’ils estiment que l’honneur ou la mémoire du défunt sont bafoués. La bataille risque donc d’être longue et médiatisée.

Un débat qui dépasse le cas Nikolic

Cette affaire soulève également un débat plus large sur la manière dont les médias traitent la mémoire des célébrités. Faut-il tout dire, au risque de choquer les proches, ou respecter un silence qui peut paraître frustrant aux yeux du public ? Où se situe la frontière entre information légitime et curiosité malsaine ?

Dans le cas de Filip Nikolic, la question est d’autant plus sensible qu’il incarnait, dans les années 1990, une image de jeunesse, de fraîcheur et de séduction, construite en partie sur un mythe d’hétérosexualité assumée. Remettre en cause cette image, même des années après, peut être perçu comme une tentative de réécriture de son histoire.

Conclusion : une mémoire disputée

Quinze ans après sa disparition, Filip Nikolic continue donc d’être au cœur des passions. Pour ses proches, il reste avant tout un père, un compagnon et un ami dont la mémoire doit être protégée. Pour d’autres, il est un symbole dont la vie privée, même posthume, peut éclairer d’un jour nouveau le rapport des stars à leur image et aux tabous de leur époque.

Entre hommages, révélations et démentis, la mémoire de l’ex-leader des 2Be3 demeure disputée. Il appartiendra désormais à la justice de trancher, mais aussi au public de choisir quelle image de Filip Nikolic il souhaite retenir : celle de l’idole intouchable des années 1990 ou celle, plus complexe, d’un homme resté secret jusqu’au bout.