La dix-huitième saison de L’amour est dans le pré s’est conclue hier soir, dans un mélange de rires, d’émotions et de polémiques. Comme toujours, l’émission a offert son lot de rebondissements, mais cette fois, un agriculteur en particulier, Charles, a retenu l’attention par ses propos, ses confidences et sa manière très personnelle d’aborder l’aventure. Son passage en plateau, face à l’animateur, a donné lieu à un moment à la fois surprenant et révélateur sur les coulisses d’une émission devenue culte.

Dès son arrivée, Charles a rappelé un épisode qui avait marqué les téléspectateurs : celui de sa dent cassée, qu’il avait maladroitement réparée avec de la colle forte après l’avoir brisée en mangeant un simple morceau de pain. Une anecdote cocasse qui avait déjà contribué à construire l’image d’un homme atypique, un peu maladroit, mais attachant. L’animateur, amusé, n’a pas manqué de revenir sur cette histoire, déclenchant les rires du public.

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Cependant, très vite, la conversation a pris une tournure plus sérieuse. Charles, qui reconnaît avoir été heureux de participer à l’émission, a tenu à exprimer son malaise face à la manière dont il a été présenté. « On m’a montré comme quelqu’un de très dur, presque obsédé, alors que ce n’est pas du tout ce que je suis », a-t-il expliqué. Selon lui, le montage de la production a accentué certains propos tenus sur le ton de la plaisanterie, notamment autour du thème du sexe, au point de le faire passer pour un homme uniquement intéressé par les relations charnelles.

L’animateur a diffusé plusieurs extraits de son portrait et de son aventure, dans lesquels on l’entend plaisanter sur la nécessité de « faire l’amour tous les jours » ou encore évoquer ses prétendantes avec un humour grivois. Charles a alors tenté de se justifier : « Ce sont des blagues, j’ai un humour à la Bigard, un peu lourd parfois, mais ce n’était pas méchant. Sauf que la production a choisi de garder surtout ces passages, et ça donne une image qui ne me correspond pas. »

L’agriculteur explique que, dès le départ, il avait posé des conditions pour sa participation. Il avait exigé que Karine Le Marchand vienne tourner son portrait chez lui, dans sa cabane, afin de montrer son mode de vie singulier. « Je ne vis pas comme les autres, je vis différemment, et je voulais que ce soit respecté. » Pourtant, il estime que le montage a effacé la beauté de son environnement, les paysages magnifiques tournés en forêt ou sur la côte sauvage, au profit d’un focus sur ses propos les plus polémiques.

Ce qui le contrarie davantage encore, ce sont les réactions des femmes qui avaient écrit pour lui. « Elles savaient très bien à qui elles écrivaient, elles m’avaient envoyé des lettres, des photos, des mots parfois très explicites. Elles savaient que je n’étais pas un saint. Alors pourquoi, une fois à l’écran, feindre la surprise ? » s’interroge-t-il. Selon Charles, une analyse honnête du courrier qu’il avait reçu montrerait que ses prétendantes recherchaient elles aussi une relation où la séduction physique avait sa place.

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Au fil de l’entretien, il apparaît clairement que ce qui dérange Charles, ce n’est pas l’aventure en elle-même, mais la manière dont son image a été construite. Il parle de « 200 heures de tournage réduites à 25 minutes » et souligne que, dans ce contexte, la production peut assembler les propos comme elle le souhaite. « Si tu dis un jour que tu aimes la soupe, et qu’un autre jour on te demande si tu es un vieux pervers, ils peuvent prendre ton ‘oui’ de la soupe et l’associer à la deuxième question. »

Ce parallèle, qui a fait rire le plateau, met en lumière un problème récurrent dans la téléréalité : la frontière entre authenticité et manipulation. Charles reconnaît qu’il n’est pas parfait, qu’il a parfois fait preuve de maladresse, mais refuse d’être réduit à une caricature. « J’aurais aimé qu’on montre davantage ma passion pour mes chevaux, mon association, la nature autour de chez moi. Au lieu de ça, on a retenu mes blagues lourdes. »

L’échange s’est terminé dans une ambiance mi-sérieuse, mi-légère, à l’image de l’homme lui-même. L’animateur a tenté de détendre l’atmosphère en revenant sur certaines de ses répliques cultes, notamment celle concernant la taille de son sexe, qui avait choqué une partie du public mais qui, selon Charles, n’était qu’une boutade privée avec Karine Le Marchand, sortie de son contexte. « C’était une blague entre nous, pas quelque chose que je pensais voir à la télévision. »

En fin de compte, l’histoire de Charles dans L’amour est dans le pré illustre parfaitement les ambiguïtés de ce type de programme : d’un côté, une formidable vitrine qui permet de donner la parole à des agriculteurs souvent isolés ; de l’autre, une mécanique de production qui, pour capter l’attention, choisit parfois de privilégier le spectaculaire au détriment de la nuance.

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Pour Charles, malgré la déception, l’aventure n’a pas été vaine. Elle lui a offert une visibilité et une expérience humaine unique, même si elle l’a aussi confronté à un miroir déformant. « Je ne regrette pas d’avoir participé, mais je sais maintenant comment fonctionne la télé. La prochaine fois, je réfléchirai à deux fois avant de me lancer. »

Ainsi s’achève le parcours d’un candidat qui, au-delà des polémiques et des moqueries, aura marqué la saison par son franc-parler, son humour singulier et son refus d’être enfermé dans une case. Une preuve, peut-être, que dans L’amour est dans le pré, les plus grandes histoires ne sont pas toujours celles des idylles naissantes, mais aussi celles des personnalités qui osent dire leur vérité face aux caméras.