John Bonham : l’empreinte indélébile d’un maître de la batterie

John Bonham, légendaire batteur de Led Zeppelin a connu la même mort brutale  que Jimi Hendrix - Public

Il y a 45 ans, le monde du rock perdait l’un de ses plus grands génies : John Bonham, le légendaire batteur de Led Zeppelin. Surnommé “Bonzo” par ses admirateurs, il a laissé derrière lui une trace indélébile dans l’histoire de la musique, inspirant des générations d’artistes et redéfinissant ce que pouvait être le jeu de batterie. Même Jimi Hendrix, avec qui il partageait plus que la musique, n’avait d’yeux que pour son talent.

Né avec un rythme dans le sang, Bonham a offert à Led Zeppelin certains des passages de batterie les plus mémorables de l’histoire du rock. Des morceaux comme “Moby Dick”, “Whole Lotta Love” ou encore “When the Levee Breaks” ne seraient rien sans son jeu puissant, imprévisible et hypnotique. Sa frappe, sa rapidité et sa créativité sur les fûts ont marqué non seulement les années 1970 mais aussi l’ensemble du rock moderne.

La tragédie d’un 25 septembre

Le 25 septembre 1980, le destin s’acharnait sur Bonham. À Clewer, dans le Berkshire au Royaume-Uni, il est retrouvé sans vie après une nuit d’excès. La veille, il avait passé plusieurs heures à boire, consommant près de 80 centilitres de vodka en seulement quatre heures, accompagné de médicaments antidépresseurs et d’autres substances. Après s’être couché, il a malheureusement vomi dans son sommeil et s’est étouffé, inconscient.

Ce drame est survenu alors qu’il dormait chez son ami et collègue Jimmy Page, leader de Led Zeppelin, avec qui il préparait une série de concerts aux États-Unis. C’est l’assistant du groupe, Benji Lefevre, qui a découvert le corps sans vie de Bonham. Le choc fut immense : la perte de Bonzo était irrémédiable et, pour les trois autres membres du groupe — Jimmy Page, Robert Plant et John Paul Jones — insurmontable.

Dans un communiqué publié le 4 décembre 1980, ils écrivaient :
“Nous tenons à faire savoir que la perte de notre cher ami et le profond sens de l’harmonie indivisible que nous ressentons, nous-mêmes et notre manager, nous ont conduits à décider que nous ne pouvions plus continuer comme nous étions.”

Led Zeppelin, qui avait marqué l’histoire du rock par son audace et sa virtuosité, se séparait donc, incapable de remplacer celui qui avait donné vie à sa batterie.The critique Jimi Hendrix gave Led Zeppelin's John Bonham

Les rares retrouvailles

Si le groupe a officiellement cessé ses activités en 1980, il ne s’est jamais totalement éteint. Ils se sont produits à quelques occasions exceptionnelles, pour des anniversaires ou des concerts caritatifs. Parmi ces moments mémorables, on peut citer un hommage pour Atlantic Records au Madison Square Garden et une apparition à Live Aid à Philadelphie, où ils ont joué aux côtés de Phil Collins.

En 1995, les membres survivants se sont retrouvés lors de leur entrée au Rock and Roll Hall of Fame. Et plus récemment, en 2007, ils ont accepté de remonter sur scène pour un concert unique à Londres, à l’O2 Arena. Pour cet hommage, Jason Bonham, le fils de John, a pris place derrière la batterie, rendant ce moment encore plus émouvant et symbolique.

Une famille et un héritage musical

Au moment de sa mort, John Bonham laisse dans le deuil son épouse Pat et leur fille Zoe. Son fils Jason, lui, a suivi ses traces dans le monde de la musique, perpétuant l’héritage d’un batteur qui a transformé son instrument en véritable machine à émotions.

Inspiré par le légendaire batteur de jazz Buddy Rich, Bonham a su transposer cette virtuosité dans le rock. Sa manière de jouer, si puissante et imprévisible, a profondément influencé de nombreux musiciens. Dave Grohl, de Nirvana et Foo Fighters, ne cache pas son admiration pour Bonham. Dans un numéro hommage de Rolling Stone, il confie :
“John Bonham tapait sur sa batterie comme quelqu’un qui ne savait pas ce qui allait se passer ensuite, comme s’il titubait sur le bord d’une falaise, style funambule sur son fil de fer. Personne ne s’est jamais approché de ça depuis lors, et personne ne le fera jamais.”

Grohl ajoute :
“Je pense qu’il restera pour toujours le meilleur batteur de tous les temps. Vous n’avez pas idée à quel point il m’a influencé. J’ai passé des années dans ma chambre à l’écouter jouer et à essayer d’imiter son swing, sa façon de frapper, sa rapidité, sa puissance…”

Le triste parallèle avec Jimi Hendrix

Le destin a parfois un cruel sens de l’ironie. Jimi Hendrix, virtuose de la guitare derrière “Voodoo Chile”, “Are You Experienced” ou “Little Wing”, connaissait Bonham depuis 1969. Un an après leur rencontre, Hendrix est mort dans des circonstances tragiquement similaires : asphyxié par son propre vomi à la suite d’un abus de barbituriques et d’alcool, le 18 septembre 1970 à Londres.

Cette coïncidence dramatique préfigure la naissance du tristement célèbre “Club des 27”, ce groupe de légendes du rock mortes à 27 ans, comme Brian Jones, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain ou Amy Winehouse. Bonham, lui, a quitté ce monde à l’âge de 32 ans, mais la violence et la précocité de sa mort rappellent celle de ses illustres pairs.

Une postérité intemporelle

Malgré son départ prématuré, l’influence de John Bonham sur le rock et la musique contemporaine reste immense. Son style, inimitable, est étudié et admiré par les batteurs du monde entier. Chaque coup de caisse claire, chaque roulement de toms ou de cymbales de Bonham semble animé d’une énergie vitale, capable de faire vibrer la terre entière.

L’héritage de Bonzo ne se limite pas à ses enregistrements : il a façonné une manière de percevoir la batterie, comme un instrument à la fois rythmique et expressif, capable de raconter des histoires, de transmettre des émotions brutes et immédiates. Son influence traverse les générations, des années 1970 à aujourd’hui, et continue d’inspirer des artistes comme Dave Grohl, ainsi que des centaines de musiciens qui cherchent encore à comprendre et reproduire sa magie.L'histoire secrète de la mort tragique de John Bonham, le batteur de Led  Zeppelin, à seulement 32 ans : r/ledzeppelin

L’homme derrière le mythe

Mais au-delà de la virtuosité, John Bonham reste un personnage humain, avec ses excès et ses fragilités. Ses excès, souvent dramatiques, ne doivent pas faire oublier l’incroyable talent et la passion qu’il insufflait dans chaque note. Ses proches, sa famille, ses amis et ses fans se souviennent d’un homme généreux, qui mettait tout son cœur dans sa musique.

Aujourd’hui, même 45 ans après sa disparition, John Bonham demeure une légende vivante. Son nom est synonyme de puissance, de créativité et d’audace. Les amateurs de rock continuent de redécouvrir son art, et chaque roulement de batterie évoque un souffle de liberté, une énergie sauvage qui ne s’éteindra jamais.

En somme, John Bonham n’était pas seulement le batteur de Led Zeppelin : il était et reste une référence incontournable, un maître du rythme dont l’ombre plane encore sur le rock et la musique moderne. Sa vie, courte mais intense, son jeu unique et son influence durable font de lui un artiste entré définitivement dans la postérité.