À 90 ans, Pierre Perret, l’un des chanteurs les plus populaires et les plus attachants de la chanson française, a livré une confession bouleversante qui a glacé le cœur de ses admirateurs. Invité récemment dans une émission de radio, l’interprète du Zizi ou encore de Lily a laissé tomber le masque jovial qu’il porte depuis toujours devant le public. D’une voix à la fois ferme et résignée, il a révélé une vérité intime qu’il avait longtemps gardée sous silence : il est en froid avec ses enfants depuis de très nombreuses années. Une rupture familiale qu’il assume aujourd’hui avec une lucidité désarmante, presque douloureuse. « Je ne sais même pas si j’ai des petits-enfants », a-t-il confié, dans un aveu simple et direct, mais qui résonne comme une plaie béante jamais refermée.

Cette phrase, courte, presque banale en apparence, dit en réalité tout d’un gouffre silencieux : celui d’un père qui ne connaît plus la chair de sa chair, celui d’un homme qui a vu sa vie publique éclater dans les rires et les succès, tandis que sa vie privée se consumait dans le silence, les rancunes et la distance.

Depuis plus de soixante ans, Pierre Perret partage sa vie avec son épouse Maria. Ensemble, ils ont traversé des tempêtes, des joies, des triomphes artistiques et des épreuves plus intimes. Mais sur la question de ses enfants, l’artiste s’est presque toujours montré discret, refusant d’étaler au grand jour les blessures de sa vie familiale. Cette fois, peut-être parce que l’âge invite à une forme de sincérité brutale, il a décidé de parler. Pas pour régler des comptes, pas pour se plaindre, mais simplement pour dire une vérité qu’il porte en lui depuis trop longtemps.

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Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’avait plus de contact avec ses enfants, Perret est resté évasif. « Je suis fâché avec eux depuis très longtemps », a-t-il simplement répondu. Pas d’explication détaillée, pas de récit accusateur. Juste cette constatation amère, comme si le temps avait figé une fracture que rien ne saurait réparer.

Certains évoquent de vieux conflits familiaux, des malentendus accumulés, des blessures anciennes jamais cicatrisées. D’autres parlent d’une incompatibilité profonde entre l’homme public et le père, entre celui qui appartenait à la scène, aux plateaux de télévision, aux tournées, et celui qui aurait dû appartenir à la sphère intime. On dit parfois que les enfants d’artistes paient le prix de la notoriété de leurs parents : l’absence, la distance, l’incompréhension. Peut-être est-ce cela qui s’est joué chez Pierre Perret, mais nul ne le sait vraiment.

Ce que l’on retient surtout, c’est l’immense solitude qui transparaît dans ses propos. Car derrière les chansons drôles, tendres, malicieuses, derrière ce rire généreux et communicatif qui a bercé des générations entières, se cache un homme meurtri. Un homme qui a donné des mots et des mélodies au monde entier, mais qui a perdu les siens.

Il y a, dans cette révélation, quelque chose d’infiniment humain. Qui n’a jamais connu, de près ou de loin, les déchirures familiales, les colères qui s’éternisent, les silences qui s’installent ? Mais entendre ces mots dans la bouche de Pierre Perret, c’est recevoir un choc. Parce qu’il incarnait, pour beaucoup, une forme de légèreté, d’insouciance, une joie de vivre presque inaltérable. On découvre soudain une autre facette : celle d’un homme à l’automne de sa vie, qui porte en lui une blessure intime et irréversible.

Et pourtant, il ne s’effondre pas. Il ne se lamente pas. Au contraire, il assume. Avec une sincérité désarmante, il regarde la vérité en face et la confie au public. Peut-être est-ce sa manière de se libérer, peut-être est-ce une ultime tentative d’envoyer un message à ses enfants, de dire : « Je suis encore là, je pense à vous, même si je n’ai plus de nouvelles. »

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Car le silence, même assumé, reste une douleur. On devine derrière ses mots une tristesse enfouie, une nostalgie de ce qui aurait pu être. Imaginer qu’un homme de 90 ans, riche d’une carrière incroyable, aimé du public, puisse ignorer s’il a des petits-enfants est une idée bouleversante. Cela nous rappelle que la gloire, les succès, les honneurs ne protègent pas des déchirures humaines les plus profondes.

Les blessures familiales, dit-on, ne disparaissent jamais vraiment. Elles s’estompent parfois, se recouvrent d’un voile de quotidien, mais elles ressurgissent toujours, surtout lorsque l’âge rend le temps plus court. Pierre Perret, en avouant cette rupture, semble avoir voulu mettre des mots sur une douleur silencieuse. Non pas pour se faire plaindre, mais pour témoigner : même ceux que l’on croit heureux, même ceux qui chantent la vie, peuvent être brisés à l’intérieur.

À travers cette confidence, c’est aussi un miroir qu’il tend à son public. Chacun peut y voir son propre rapport à la famille, ses propres blessures ou ses propres regrets. Car derrière l’artiste, il y a simplement un père, un homme, qui porte ses failles et ses manques.

Pierre Perret restera sans doute, pour des millions de Français, ce chanteur joyeux qui a mis des sourires dans nos vies. Mais désormais, on le regardera aussi autrement : comme un homme courageux qui, à 90 ans, a eu la force d’admettre que les rancunes familiales ne s’effacent pas, et que même la célébrité ne console pas de l’absence des siens.