Marlène Jobert, actrice iconique du cinéma français des années 1970, a souvent été associée à une image de femme libre, solaire et insaisissable. Mais derrière la carrière flamboyante se cache aussi une vie personnelle riche en émotions, en choix courageux et en histoires familiales. À une époque où elle est au sommet de sa carrière, enchaînant les tournages et les succès, elle croise la route de Walter Green, un chirurgien-dentiste suédois. L’histoire semble presque improbable : une star de cinéma adulée par le public et un homme discret, passionné par son métier et loin de l’agitation médiatique. Pourtant, la rencontre fonctionne, et très vite, elle se transforme en un amour solide, sincère et protecteur.

À peine quatre ans après cette rencontre, alors que Marlène approche de la quarantaine, un grand bouleversement vient illuminer sa vie : elle donne naissance à deux filles jumelles, Joy et Eva. La maternité prend immédiatement une place centrale dans son existence. L’actrice, qui aurait pu continuer à gravir les échelons du cinéma français et international, fait un choix radical, presque déroutant pour l’époque : elle met un frein à sa carrière pour se consacrer à l’éducation et au bonheur de ses filles. Elle avouera plus tard n’avoir jamais regretté cette décision. Car pour elle, être témoin des premiers pas, des premières paroles, des découvertes et des personnalités en formation de ses enfants avait infiniment plus de valeur que les plus beaux rôles de cinéma.

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Très rapidement, un lien d’une intensité particulière se crée entre Marlène et ses jumelles. Joy et Eva grandissent dans un univers où règnent à la fois la douceur, la culture et une grande ouverture sur le monde. Cependant, leurs personnalités vont prendre des directions très différentes. Eva Green, héritant sans doute de l’étincelle artistique de sa mère, se tourne très tôt vers le cinéma. Elle suit des cours d’art dramatique, développe une sensibilité à fleur de peau et s’engage dans une carrière qui la mènera à devenir l’une des actrices françaises les plus reconnues à l’international. Avec des rôles marquants à Hollywood, notamment dans « Casino Royale » ou encore « Dark Shadows », elle impose une identité singulière, mystérieuse et magnétique, qui fait d’elle une actrice à part.

Joy Green, quant à elle, adopte une trajectoire radicalement différente. Bien que brillante, elle ne cherche pas la lumière ni les feux des projecteurs. Après des études de commerce prometteuses, elle décide de tourner le dos à une carrière toute tracée dans le monde des affaires. Elle écoute sa véritable passion : les chevaux. Animée par une force intérieure et un besoin de renouer avec la nature, elle s’installe en Normandie, où elle fonde un haras de pur-sang. Ce choix de vie audacieux, qui peut sembler marginal, est pour elle une source d’épanouissement. Elle se consacre pleinement à l’élevage, au dressage et à la gestion de son domaine, trouvant dans la compagnie des chevaux une sérénité et un équilibre que peu de milieux professionnels auraient pu lui offrir.

C’est en Normandie que Joy fait une rencontre décisive. Elle croise le chemin de Nicola Marzuki Lenzin, un Italien originaire de Toscane. Tout comme Walter Green avait séduit Marlène Jobert par sa simplicité et sa stabilité, Nicola apporte à Joy un ancrage, un amour solide et un horizon nouveau. Issu d’une grande famille de viticulteurs toscans, il perpétue la tradition familiale en produisant l’un des vins les plus réputés d’Italie. Ensemble, ils construisent une vie partagée entre la Normandie et le nord de l’Italie, une existence marquée par la richesse de deux cultures et par le respect de la terre, des traditions et des passions communes.

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De cette union naissent deux garçons, Yoyo et Vittorio, qui incarnent la continuité de cette histoire familiale empreinte d’art, de nature et de transmission. Joy, devenue mère à son tour, applique avec tendresse mais aussi pragmatisme les valeurs héritées de son éducation. Ses enfants grandissent dans un cadre où se mêlent la rigueur cartésienne de leur mère et la fantaisie héritée de leur grand-mère, Marlène. Car en évoquant ses deux filles, Marlène n’hésite pas à dresser des portraits contrastés : Eva, « la tête dans les nuages », artiste instinctive et hypersensible, et Joy, la cartésienne, la pragmatique, celle qui garde les pieds sur terre et fait des choix concrets, souvent en rupture avec les attentes du monde qui l’entourait.

Cette dualité reflète sans doute la richesse et la complexité de la transmission familiale. Marlène Jobert, en se retirant volontairement de la scène cinématographique, a offert à ses filles la liberté de construire leur vie sans le poids d’une image maternelle écrasante. L’une a choisi la lumière, l’autre l’ombre. L’une s’est laissée guider par l’art, l’autre par la nature. Mais toutes deux portent en elles cette même intensité, cette même force héritée d’une mère qui a toujours mis l’amour et la famille au centre de sa vie.

Aujourd’hui, Marlène peut contempler avec fierté le chemin parcouru. Elle a non seulement marqué le cinéma de son empreinte, mais aussi transmis à ses filles un héritage fait de courage, d’authenticité et de choix assumés. Sa vie illustre parfaitement cette idée que l’épanouissement ne réside pas seulement dans les triomphes publics, mais aussi et surtout dans les victoires intimes, celles qui forgent les destins familiaux et laissent une empreinte indélébile dans les générations futures.