La vie et la triste fin de Mike BRANT

Hommage à Mike Brant : sa nièce en larmes, les photos déchirantes

Mike Brant : La Tragédie Derrière la Gloire de l’Étoile Filante

Le nom de Mike Brant évoque un âge d’or de la musique française, une voix chaude et envoûtante et une allure de dandy qui ont conquis des millions de cœurs. Il était le symbole du succès, du rêve devenu réalité. Pourtant, derrière cette gloire éblouissante se cachait une profonde tragédie, un parcours de vie tumultueux et une fin déchirante, laissant derrière lui de nombreuses questions lancinantes pour ceux qui sont restés. La vie de Mike Brant, d’un jeune garçon timide à une star de renommée internationale, est une épopée à la fois héroïque et douce, mais toujours empreinte d’une solitude indescriptible.

Une enfance silencieuse et l’éveil de la voix

Mike Brant, de son vrai nom Moshé Michaël Brand, est né le 1er février 1947 sur l’île de Chypre. Ses parents, Fischel et Bronia Brand, étaient des réfugiés polonais qui avaient miraculeusement survécu au camp de concentration d’Auschwitz. La vie de Moshé a commencé dans des circonstances difficiles, alors que sa famille luttait pour trouver un endroit où s’établir. Le 29 septembre 1947, la famille Brand obtient enfin un passeport pour la “Terre Promise”, Israël. Cependant, la mère de Moshé ne se sent pas à l’aise dans la vie communautaire et, après un an et demi, ils déménagent à Haïfa. Là, son père trouve un emploi stable à la mairie. C’est à cette époque que la Palestine devient Israël, le 14 mai 1948, et que le petit Moshé fait ses premiers pas.

Le 7 janvier 1950, Moshé accueille un petit frère nommé Zvi. Les deux frères grandissent très proches. Cependant, Moshé a une particularité inhabituelle : il refuse de parler. À trois ans, il ne peut toujours pas dire “papa” ou “maman”, ce qui cause une grande anxiété et un grand chagrin à ses parents. Sa mère, Bronia, l’emmène voir un spécialiste qui la rassure en lui disant que son fils est tout à fait normal et que ce silence n’est que temporaire. Et puis, un jour, alors que le marchand de glaces passe dans la rue, Moshé murmure un seul mot : “Glace”. Des larmes de joie coulent sur les joues de ses parents.

Après avoir commencé à parler, Moshé révèle un talent particulier : il chante. Il chante naturellement, comme pour prendre sa revanche sur ses années de silence. Ses parents comprennent immédiatement que leur fils est un enfant extraordinaire, surtout lorsqu’il leur déclare un jour : “Plus tard, je serai une star ou un clochard.” Moshé est bientôt renvoyé de l’école pour manque de concentration, bien qu’il aime l’histoire et la lecture. Il trouve sa véritable passion dans la synagogue du quartier, où il découvre le monde merveilleux de la musique et du chant.

À 11 ans, Moshé est le seul garçon de la chorale de son école. Ses parents l’envoient ensuite dans un kibboutz de la vallée du Jourdain pour étudier et travailler, au cœur de la nature. Il adore sa nouvelle vie, cueillant des abricots, trayant les vaches, s’occupant de la basse-cour, et chantant toujours à tue-tête. Deux ans plus tard, son père reçoit un télégramme : “Venez chercher votre clown.” Il ramène son fils, devenu berger, qui retourne à son ancienne école à Haïfa jusqu’en 1960. Pour ses 15 ans, Bronia offre à son fils le 45 tours “My Prayer” des Platters. La chanson touche si profondément l’adolescent qu’il en perd le sommeil. On dit que c’est cette chanson qui a déterminé sa future carrière.

Les premiers pas sur scène

Malgré son talent musical, Moshé reste une personne introvertie et tendue. Il subit une opération pour un ulcère à l’estomac dans sa jeunesse, ce qui l’exempte du service militaire, une étape importante de la vie sociale en Israël. Un soir de 1962, il croise son frère Zvi, accordéon à la main, qui se rend à une répétition avec des amis au conservatoire. Le groupe de Zvi est en difficulté, il leur manque une guitare et une voix. Zvi invite Moshé à devenir le chanteur-guitariste. Mike n’hésite pas. À 15 ans, Moshé Brand n’a peur de rien. Il se propose pour animer le réveillon du Nouvel An dans un grand hôtel de Haïfa et est surpris d’être accepté. Pourtant, il manque encore de confiance en lui.

Jonathan Carbon, un grand nom du music-hall israélien, séduit par la voix et le charisme de Moshé, l’invite à partir en tournée aux États-Unis. Cette expérience renforce sa volonté de poursuivre une carrière solo. La grande opportunité se présente en 1968. Mike Brand, qui se produit alors à Téhéran, est repéré par Sylvie Vartan et son secrétaire Carlos, venus se produire dans le même club. Tous deux sont subjugués par sa voix et lui proposent de venir à Paris en 1969.

Carlos le présente à Jean Renard, l’un des compositeurs de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. Mike interprète le classique “Summertime” de Gershwin. Jean Renard et son entourage sont stupéfaits. Très vite, ils lui proposent une chanson : “Laisse-moi t’aimer”. Monique Le Marcis, directrice des programmes de RTL, est la première à croire en lui. Il devient le “chouchou” de la station. Dès la première diffusion de la chanson, le standard de la radio est submergé d’appels. La grande aventure de Mike Brant vient de commencer.

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Cet été-là, Mike sort son deuxième disque, “Un grand bonheur”. En 1970, le public français commence à adopter ce bel inconnu. Juste avant minuit, l’animatrice Jacqueline Caurat présente Mike Brant pour la première fois à la télévision française. Le standard de la chaîne explose. Le coup de foudre est instantané. Le 28 octobre 1970, il conquiert le cœur des téléspectateurs européens en chantant “Mais dans la lumière” et remporte le Grand Prix International RTL. Heureux, il passe le reste de la soirée dans une boîte de nuit avec Dalida. Dalida impressionne beaucoup Mike et devient son amie. Elle lui propose même de se produire dans son prochain spectacle à l’Olympia.

En Israël, les radios et les journaux s’emparent de “l’enfant du pays”. En France, Mike devient l’idole des jeunes. Début 1971, Mike triomphe au Midem. Cependant, le 14 février 1971, il est victime d’un terrible accident de voiture sur la route de Bourg-en-Bresse. Sa voiture cale subitement et un camion qui arrive à toute vitesse ne peut l’éviter. Il subit un traumatisme crânien. Le journal France-Soir titre que Mike Brant a perdu la mémoire, ce qui est faux. Cependant, il est gravement secoué. Monique Le Marcis dira plus tard qu’après l’accident, il n’a peut-être pas été correctement soigné, et que tous ses problèmes ultérieurs en découlaient.

L’apogée de sa carrière et la solitude poignante

Le 23 novembre 1971, Dalida est en tête d’affiche à l’Olympia de Paris, et Mike est la vedette invitée pendant 17 jours. Désormais, Mike n’est plus un inconnu. Sa mère est au premier rang, plus heureuse que jamais, d’autant plus que son fils lui a acheté une maison blanche aux volets bleus à Haïfa avec ses premiers cachets. Cependant, ce passage à l’Olympia va éloigner Mike de son producteur Jean Renard. Pour Jean, l’Olympia arrive trop tôt dans la carrière de Mike, qui n’est pas encore tout à fait prêt.

En 1972, une grande collaboration commence entre Mike et Michel Jourdan. Mike avait découvert la chanson “Qui saura” au festival de la chanson de Sanremo en Italie, interprétée par le chanteur aveugle José Feliciano. “Qui saura” devient l’un de ses plus grands succès. Michel Jourdan en a adapté les paroles, et Claude François ainsi que Richard Anthony avaient envisagé de l’enregistrer, mais c’est finalement Mike Brant qui en fera un immense tube. Le disque ne sortira qu’au printemps 1972, car le producteur Jean Renard avait refusé de le publier. Il faudra attendre l’arrivée du nouveau producteur de Mike, Charles Talar, pour que ce succès voie le jour. “Qui saura” devient rapidement numéro 1 du Hit Parade international. Alain Krief, son ami et confident d’Israël, devient le réalisateur de ses disques.

En 1972, Mike dépasse Johnny Hallyday et Claude François dans le référendum annuel du magazine Hit. Certains fans le poursuivent dans la rue avec des ciseaux pour lui couper une mèche de cheveux. Mike Brant est terrifié par l’enthousiasme de ses admiratrices qui escaladent les barrières et sautent sur scène. Dès lors, Mike Brant ne se déplace plus qu’en Mercedes blindée. Il est véritablement le chanteur numéro un en France.

Mike se lance un nouveau défi : composer lui-même la musique de ses chansons. Il s’enferme des nuits entières, seul avec sa guitare. Sa première mélodie, mise en paroles par Richard Seff, devient “C’était ma prière”, un titre pas si éloigné de “My Prayer” des Platters que Mike aime tant. Ce huitième disque devient numéro un des ventes. C’est un nouveau triomphe.

Une vie personnelle brisée et une fin tragique

Télévision. Mike Brant, une étoile filante sur France 3 : "Sa mort a été un  coup de tonnerre"

Tous ceux qui ont connu Mike Brant disent qu’il avait un grand cœur et une sensibilité à fleur de peau. Mais pour sa carrière, il a sacrifié sa vie privée. Ses appartements successifs à Paris sont toujours presque vides : quelques tableaux peints par lui, quelques coussins, un lit, une guitare, et c’est tout. Ses passions sont les échecs, la peinture et le jazz. Sur le plan sentimental, Mike n’a peut-être jamais connu le grand amour. Pourtant, il est constamment sollicité, traqué par les fans. Pour se protéger, Mike doit sans cesse changer d’adresse et de numéro de téléphone. Sa vie privée devient un enfer.

Sa mère a senti son désarroi, son mal de vivre et ses déceptions amoureuses qu’il chante dans “Tout donné, tout repris”. Pour elle, Mike est un garçon trop sensible et trop fragile pour évoluer dans le monde du showbiz. Pour l’aider, elle propose à Mike de la rejoindre en Israël pour passer du temps en famille. Elle se rend compte que son fils est véritablement perturbé par sa vie de star en France et envisage même de le faire examiner par un spécialiste. Mais Mike refuse. Il se jette à corps perdu dans son métier, où il est toujours l’un des numéros un. Pour rassurer sa mère et lui faire plaisir, Mike et Michel Jourdan écrivent “Elle a gardé ses yeux d’enfant” en 1973.

Mike enchaîne les tournées. Malgré son succès considérable, il n’a toujours pas eu de spectacle en tête d’affiche à l’Olympia et se produit plus en province qu’à Paris. Il confie : “Je fais 250 galas par an. Mon cœur devient une horloge. Je suis heureux mais je n’en peux plus.” Mike perd le sommeil et tombe dans le cercle vicieux des somnifères, surtout après son accident de voiture en 1971. “Trop pur, trop vulnérable,” a écrit Michel Jourdan à son sujet. Complexé et toujours en mal d’amour, Mike est plus que jamais jalousé. Mike Brant se sentira toujours comme un étranger, même dans son pays natal. Son regret de n’avoir pas pu participer à la défense de son pays lors de la guerre du Kippour en 1973 pour des raisons de santé est immense. Alors, Mike part chanter sur le front israélien pour ses compatriotes et visite les hôpitaux militaires.

Mais à son retour, Mike ne va pas bien, et tout le monde s’en rend compte. En 1974, Mike, qui continue de chercher sa voie, change de producteur. Il quitte Charles Talar pour signer avec Simon Wincelberg. Ce producteur connaît le monde entier. Mike n’est pas un homme d’affaires et il se laisse facilement impressionner par Wincelberg, qu’il rencontre un soir dans le club de son ami Danny. Avec ce producteur, Mike, qui cherche à briser sa solitude et à découvrir de nouveaux horizons, découvre un autre monde, encore plus fou : celui des milliardaires, des manoirs en Normandie, des belles aristocrates. Mike a-t-il fait le bon choix ? Ses proches en doutent. Son comportement devient étrange.

Le 4 mai 1974, lors d’un gala à Boissy-Saint-Léger, il s’arrête à la quatrième chanson, laissant 4000 spectateurs médusés, et s’enfuit dans la nuit. Le 11 mai à Cambrai, il brise le miroir de sa loge à coups de poing. Dès lors, il pleure souvent dans sa loge avant de monter sur scène. Mike ne va pas bien, et tout le monde s’en rend compte. Pourtant, Mike n’a jamais été aussi populaire.

Les Tragiques derniers jours de Mike Brant vous feront pleurer

Fin juillet 1974, il part se reposer à La Seyne-sur-Mer près de Toulon, puis à l’automne, il se rend en Suisse, à la montagne, à Saint-Cergue près de Genève. Le 22 novembre 1974, Mike tente de se suicider en se jetant du 5ème étage de l’Hôtel de la Paix à Genève. Il ne doit sa survie qu’à un auvent de l’étage inférieur qui a amorti sa chute. Il s’en sort avec un traumatisme crânien et des fractures aux deux jambes. Ses proches sont inquiets. Sa mère, son frère et sa petite amie Lena se rendent à son chevet. Zvi, son frère, demande conseil à un professeur de Jérusalem qui lui dit que Mike devrait venir se faire soigner en Israël. Mais Mike ne veut pas rentrer au pays et sa famille ne peut pas l’y forcer.

Le 1er février, dans sa petite chambre d’hôpital à Genève, il fête joyeusement son 28ème anniversaire avec sa mère, deux infirmières et son chirurgien. Cependant, le médecin lui annonce une cinquième opération de la jambe gauche, partiellement atrophiée. Mike et ses paroliers travaillent intensément la phonétique des textes de ses chansons pour mieux servir sa voix. Au printemps, Mike Brant enregistre l’adaptation du célèbre tube de Morris Albert, “Feelings”, sous le titre “Dis-lui”. Après avoir écouté “Dis-lui”, Mike est satisfait. Il confie à son complice Michel Jourdan, qui en a écrit les paroles : “Nous irons à l’Olympia avec cette chanson.”

Quelques jours plus tard, Mike doit faire sa rentrée à la télévision chez Guy Lux et à la radio sur RTL, et doit même visiter un appartement avec sa petite amie Lena le vendredi 25 avril. Mais ce vendredi-là, après avoir écouté le premier mixage de “Dis-lui”, Mike Brant se jette du sixième étage d’un immeuble parisien. Lorsque la nouvelle tombe, des milliers de jeunes pleurent la mort de leur idole. Sur toutes les lèvres et dans tous les regards, la même question : “Pourquoi ? Pourquoi un homme si jeune, si beau et si talentueux s’est-il suicidé ?” Lors de la cérémonie religieuse à la synagogue de la rue de la Victoire, il y a une foule immense. Le chagrin qui emplit le cœur des personnes présentes est insoutenable. Le temps s’est arrêté pour toujours.

Moshé Brand, dit Mike Brant, qui rêvait de créer une chorale d’enfants de toutes les couleurs et de tous les pays, est enterré le 7 mai 1975 au cimetière du Camp David à Haïfa. Sa vie, bien que courte, a laissé un immense héritage musical et une histoire tragique, qui restera à jamais un mystère dans le cœur de ses fans.