Le dernier instant de Johnny Hallyday – La légende solitaire derrière les projecteurs
que je t’aime. Voici le dernier moment de Johnny Holiday. Dans la chambre paisible de sa maison à Marne la coquette, entourée de photos de ses filles, Johnny ne disait plus un mot. Le souffle court, les yeux closs, il semblait flotter entre deux mondes. La France retenait son souffle. Ce 5 décembre 2017, la légende s’éteignait mais derrière le vacarme des hommages, un détail poignant restait en suspend.
Jusqu’au bout, Johnny Haliday était resté cet enfant abandonné à jamais en quête d’un père. Et si l’on regarde attentivement, toute sa vie n’a été qu’une immense tentative de combler ce vide là. On l’a applaudi, on l’a acclamé, mais peu sa combien la solitude le hantait, même sous les projecteurs. Ce n’est pas une biographie que nous allons raconter, mais un retour vers les blessures les plus enfouies de celui qu’on appelait l’idole des jeunes.
Car Johnny n’a jamais été un simple chanteur. Il a été une énigme vivante, un cri de détresse amplifié par des stades entiers. Et aujourd’hui encore, une question nouse. Comment un homme si aimé a-t-il pu mourir en portant toujours en lui la douleur d’un rejet originel ? Il faut revenir au tout début.
Paris 1943, la guerre fait rage. Un petit garçon naî dans un monde troublé de l’union entre une mannequin française Hugette Clerc et un père belge de passage. À seulement 7 mois, il est laissé seul sur une couverture, son lit de bébé vendu par ce père fuyant. Parti, dit-on, avec la crémière du quartier. Cette scène fondatrice, presque irréelle devient le point de départ d’un destin hors du commun.
On pourrait croire à une légende urbaine, mais Johnny lui-même l’a raconté, le regard perdu dans ses souvenirs. Il ne savait pas ce que c’était qu’un foyer. Il ne savait pas ce que signifiait dire papa. Ce mot si banal pour d’autres était pour lui un mystère. Ce vide, il allait passer sa vie à le remplir avec la musique, les excès, les femmes, les drogues, les moto, la scène, les cris du public, tout se va carme pour étouffer le silence originel.
Et pourtant, derrière la voie rque et le cuir noir se cachait un homme brisé. Un homme qui un jour, en plein service militaire en Allemagne, vit apparaître un inconnu en manteau long qui lui dit avec un accent belge : “Je suis ton père.” Et quand l’homme sortit un ours en peluche de sa poche pour la photo, Johnny comprit qu’il avait été trahi une fois de plus.
Ce père ne venait pas par amour, mais contre rémunération pour vendre l’image de retrouvaill artificielle à la presse. Ce fut un second abandon. Pire encore, des années plus tard, Johnny suivrait seul le cercueil de ce père oublié dans les rues vides de Bruxelles. Il n’y avait personne, pas un ami, pas un parent, juste lui et le fantôme de ce qu’aurait pu être une autre vie.
C’est cette scène, ce cortège solitaire qui encore aujourd’hui les mémoires de ceux qui ont entendu Johnny en parler. Ce jour-là, il ne chantait pas. Il murmurait. La voix était la même que celle de l’enfant laissée sur une couverture. Alors, comment ne pas voir derrière les éclats de lumière de sa carrière une vie rongée par un chagrin d’enfance jamais digéré ? Et comment expliquer que tant de ces chansons parlent d’amour perdu, de regret, de solitude, sinon par cette blessure d’origine ? On dira qu’il a tout eu. C’est faux. Il n’a jamais eu
l’essentiel, la tendresse, la sécurité, la certitude d’être attendu quelque part. Dans cette vidéo, nous allons retracer non pas les triomphes d’un artiste adulé, mais les failles d’un homme qui jusqu’à la fin a cherché à être simplement aimé. Le dernier moment de Johnny Haliday n’est pas celui où son cœur s’est arrêté, mais celui où pour la première fois il a pu être père à son tour avec ses filles dans une maison enfin silencieuse sans projecteur ni applaudissement.
Ce moment-là, il ne l’a pas chanté, il l’a vécu et c’est peut être le plus beau refrain de toute sa vie. Johnny Haliday c’est bien plus qu’un nom. C’est une empreinte collective, une icône gravée dans la mémoire de millions de Français. Pendant plus d’un demi-siècle, il a incarné un rêve, une révolte, une époque.
Dès les années 60, il impose un style nouveau, un rock and roll rugueux, inspiré d’Elvis Presley mais chanté en français avec une intensité vocale qui tranche avec les romances sucrés d’alor. À seulement 17 ans, il devient l’idole des jeunes, titre repris par la presse comme une évidence. Tant son pouvoir de fascination est immédiat.
Il hurle la rage, la liberté, l’envie d’aimer et de partir. Une génération entière se reconnaît en lui. À travers des tube comme souvenir, souvenir que je t’aime ou je te promets, Johnny ne chante pas seulement des paroles. Il crie une émotion brute. Sa voixée, puissante, presque animale devient sa signature.

Le public ne l’écoute pas, il le ressent. Sur scène, Johnny est un fauve. Il se tort, il su. Il vit chaque mot, il donne tout. Trop parfois dès ses débuts, il est confronté à une forme d’épuisement physique et psychologique qu’il cache derrière les lunettes noires et les blousons de cuir. Il enchaîne les tournées, les disques, les plateaux télé.
Sa carrière, c’est une fuite en avant. Chaque chanson est une tentative d’oubli. Chaque concert, une guerre contre le silence. Mais derrière l’idole vibrante, il y a Jean-Philippe Schmet, un garçon qui a grandi sans repère stable, balloté entre sa mère absente et sa tante qui l’élève tant bien que mal. Très tôt, il découvre la scène grâce à ses cousins danseurs, les Aliday dont il adopte le nom comme un bouclier.
Ce nom devient son armure. Johnny Hiday, l’homme public et l’homme privé se dissociant dès le départ. Jean-Philippe disparaît dans le mythe qu’il construit. volontairement ou non, à l’époque, peu de gens font la distinction. Pour le public, il est Johnny. Pour les proches, parfois, il ne sait plus très bien qui il est. Il y a aussi le cinéma.
Johnny se rêve acteur. Il joue dans près de 30 films, certains salués par la critique, d’autres oubliés. Mais c’est un rôle avec Jean-Luc Godard qui change sa perception aux yeux des intellectuels. Détective en 1985. Soudain, ceux qu’il avaient toujours regardé de haut commencent à parler de lui avec respect.
Pourtant, Johnny n’a pas changer. Il est toujours ce gamin blessé qui doute, qui cherche à plaire, qui veut exister autrement que dans le regard du public. Durant les décennies suivantes, il devient une figure incontournable de la scène française. Ses concerts au Parc des Princes, à Berily, au Stade de France et même au pied de la tour Effel sont des événements nationaux.
Des foules immenses viennent le voir, l’entendre, le soutenir. Et pourtant, chaque sortie de scène est un gouffre. Johnny le dit lui-même. Il y a une solitude immense après l’adrénaline. Le retour dans la loge, le silence de la chambre d’hôtel, le vertige, beaucoup d’artistes le vivent. Mais chez Johnny, cette solitude raisonne plus fort parce qu’elle est ancrée depuis l’enfance.
Il y a les excès aussi, l’alcool, les drogues, les nuits blanches, les femmes, cinq mariages, des ruptures, des réconciliations, des passions flamboyantes et destructrices. Il vit vite, fort, dangereusement. Il frôle la mort plus d’une fois. Il en parle comme d’une obsession, comme d’un monstre tapis dans l’ombre qu’il tente de donter en le regardant droit dans les yeux.
Il provoque le destin, il joue avec ses limites. À un moment, il va jusqu’à pratiquer la roulette russe et pourtant, il survit encore et encore comme si la mort elle-même refusait de lui voler la scène trop tôt. Mais derrière les apparences, un changement s’opère lentement. À la fin des années 90, Johnny devient père à nouveau.
Il adopte deux filles avec Laéticitia, sa dernière épouse. Et c’est là peut être que pour la première fois, il découvre ce que signifie vraiment aimer, protéger, transmettre. Il se transforme. Il parle de ses enfants avec tendresse, avec fierté. Il se laisse filmer en train de donner un biberon, de chanter pour sa fille Jade. Une autre facette émerge, plus douce, moins tapageuse.
Et dans le regard de ses filles, il trouve enfin le reflet d’un homme qu’il aurait voulu être depuis toujours. Un père présent, aimant, solide. Mais le public ne voit pas tout. Il continue d’applaudir la légende. Il ne soupçonne pas les nuits d’insomnie, les crises d’angoisse, les souvenirs d’un petit garçon abandonné qui ne cesse de remonter.
Johnny est devenu une institution, un mythe vivant. Mais même les mythes ont leurs failles. Et c’est dans ces failles que se cache la vérité la plus poignante. Car pour comprendre la fin, il faut d’abord regarder de plus près ce qu’il a tenté toute sa vie de fuir. Tout commence par une blessure. Une blessure invisible mais béante.
Celle d’un enfant sans père sans racine solide qui grandit dans un monde instable. Très jeune, Johnny comprend que pour survivre, il faut se construire un masque. Il se choisit une voix, une posture, un nom et décide de conquérir la scène comme un refuge. Mais à mesure que le succès s’installe, la fissure intérieure, elle ne se referme jamais.
Le jeune homme devient une star puis une légende, mais reste toujours ce petit garçon à la recherche d’un regard qui rassure. Le monde le regarde, le désire, l’idéalise, mais personne ne le connaît vraiment et lui-même parfois se perd dans son propre reflet. Le premier grand basculement de sa vie intime se produit lors de cette rencontre inattendue à la caserne en Allemagne.
On lui dit “Ton père est là.” Johnny n’y croit pas. Il n’a jamais vu cet homme. Que viendrait-il faire ici dans un camp militaire des années après avoir disparu ? Mais il y va et ce qu’il voit bouleverse tout. Un homme grand au manteau long, à l’accent belge prononcé qui s’approche, sort un ours en peluche de sa poche et pose avec lui pour une photo.
Johnny ne comprend pas immédiatement. Ce n’est qu’après qu’il découvre l’horreur. Cet homme est venu non pas pour renouer mais pour encaisser. La presse People a payé ses retrouvailles. Il est trahi une nouvelle fois. Blessé encore. Cette scène devient un symbole. À chaque fois qu’il pense toucher l’amour, il réalise qu’il s’agit d’un simulacre.
Les années passent, les succès s’enchaînent, mais Johnny reste enfermé dans un cycle dangereux. Il fut le silence par le bruit, la fatigue par l’adrénaline, la solitude par les foules. Il cherche l’amour dans les bras de femmes toujours plus jeunes, plus flamboyante. Il multiplie les mariages. Sylvie Vartan, Babette Étienne, Adeline Blondiot, Latitia.
Mais dans l’intimité, le vide persiste. Le soir, après le concert, il y a cette sensation d’effondrement. Le corps brûle encore du feu de la scène, mais l’âme est glacée. Johnny le dit lui-même. Un artiste, c’est très seul. Même au milieu de 1000 personnes, je me sens seul. À cela s’ajoute une fascination étrange pour la mort.
Il en parle souvent, presque avec tendresse. Il avoue sa peur de s’endormir seul, de se réveiller dans le noir, de sentir le temps qui passe. Ce n’est pas le choc d’un accident qui l’angoisse, c’est l’érosion lente de l’existence. vieillir, voir son corps changer, sa voix se casser, ses proches partir. Il dit un jour ce qui me fait peur, ce n’est pas de mourir, c’est le temps.
Et pour conjurer cette peur, il provoque le destin. Il roule vite, il boit, il fume, il tente tout. Il raconte même avoir joué à la roulette russe avec une vraie balle. Un geste fou, désespéré qui résume toute sa jeunesse. À cette époque, il dit “Je vis vite et je mourrais seul. Mais cette provocation constante cache une douleur plus intime, le sentiment d’être inadéquat, inachevé, incompris.
Johnny est dans le contrôle permanent mais ne contrôle rien de lui-même. Il ment parfois sans raison. Il le dit, c’est un vis. J’aime mentir. J’aime brouiller les pistes. Peut être parce que la vérité est trop dure. Peu être parce qu’il ne veut pas qu’on voit à quel point il est fragile. Derrière le roqueur sulfureux, il y a un homme qui pleure facilement, qui aurait aimé avoir un père comme Jacques Brê qui l’admire infiniment, qui collectionne les moments d’amour avortés, les promesses non tenues, les regrets silencieux. Et puis il y a la paternité.
Un sujet douloureux. Avec David Haliday, son fils aîné, les choses ne se sont jamais réellement réparées. Johnny le reconnaît avec pudeur. Quand David est né, j’avais 23 ans. Je ne savais pas ce que c’était qu’être père. Moi-même, je n’en avais pas eu. Il était trop jeune, trop instable, tropé par sa carrière.
David, lui se souvient surtout du bruit des bottes de son père rentrant à l’aube. Une image triste, froide, militaire et Johnny en est bouleversé. Il comprend tardivement le manque qu’il a reproduit. La boucle infernale. Il a été un fils abandonné. Il est devenu un père absent. Mais un jour, tout change.
Avec Latitia, il adopte deux petites filles, Jade puis Joy. Et là, un miracle discret se produit. Johnny découvre la douceur d’un foyer. Il raconte avec émotion comment Jade a fait ses premiers pas dans la cuisine. Il parle de biberon, de câlins, de contine. Il chante pour elle, il se transforme. Ce n’est plus la scène qui le définit, mais la tendresse.
Il devient ce qu’il n’avait jamais eu, un vrai père. Et c’est peu dans cette rédemption là que se trouve la clé de toute son histoire. À la fin, dans la maison de Marne la coquette, il est entouré de photos de ses enfants, de souvenirs simples. Les cris du public sont loin, le cuir a laissé place au coton.
Les motos rugissantes au silence d’un jardin tranquille. Johnny ne court plus, il ne ment plus. Il attend. Et dans cet instant suspendu, on devine que peu être pour la première fois, il a trouvé une forme de paix. Ce n’est pas une fin tragique, c’est une réconciliation. Il y a des histoires qu’on n’ose pas raconter parce qu’elles dérange, parce qu’elle casse le mythe ou parce qu’elle révèle ce que personne n’a envie de voir.
La fragilité derrière la force, l’enfant derrière le géant. Johnny Holiday toute sa vie a porté un masque, celui du rebelle, de l’amant, du survivant. Mais derrière ce masque, il y avait une blessure qui saignait encore. Et ce n’est qu’en creusant dans ses confidences les plus intimes, souvent livrées à demi-mot, qu’on découvre l’ampleur du vide qu’il portait en lui.
Ce vide, il l’a nommé un jour sans détour. Il n’y aurait pas eu un chanteur abandonné s’il n’y avait pas eu un bébé abandonné. Cette phrase dite sur un plateau de télévision a glacé la salle. Elle résume à elle seule toute la trajectoire de Johnny. Il n’a jamais chanté pour la gloire. Il a crié pour survivre.
Il a hurlé pour qu’on l’écoute, pour qu’on le voit, pour combler ce trou béant laissé par l’absence du père. Et ce manque, il ne l’a jamais comblé malgré les stades, les disques d’or, les femmes, les enfants. Il le portait encore à 74 ans comme une cicatrice que même le temps n’a pas réussi à effacer. Il y a eu des nuits terribles, des insomnies interminables, des réveils en sueur, hanté par cette idée que tout pouvait s’arrêter d’un coup.
Johnny avait peur, pas de la mort violente, non, mais de la lenteur, de la déchéance, du silence. Il disait : “Ce qui me fait peur, c’est le temps. Le temps qui vole les corps, les voix, les amours, le temps qui éloigne les enfants, qui éloigne le public, qui éloigne tout.” Et dans ce combat contre l’ineexorable, il a multiplié les excès pour défier la chute, pour retarder l’effondrement.
Mais plus il courait, plus il s’éloignait de lui-même. Son rapport à la drogue est révélateur. Il a souvent nié avoir été dépendant. Il affirmait que la cocaïne ne l’aidait en rien à créer. Qu’au contraire, elle effaçait les émotions. Et pourtant, dans un entretien rare accordé à son ami Rondo, il a confessé l’avoir utilisé pendant des années.
Pas pour s’inspirer, pour oublier, pour s’anesthésier. Il le dit avec un mélange de honte et de lucidité. La drogue c’est de la merde. Ça fait perdre les sentiments. Ces mots simples, brutaux, sont ceux d’un homme qui a vu ses amis disparaître, qui a frôé la chute et qui sait que certaines blessures ne guérissent jamais. Mais ce qui frappe le plus, c’est l’aveu d’un geste qui aurait pu lui coûter la vie.
Un soir, il joue à la roulette russe avec une balle dans le barillet. Un jeu absurde, dangereux, suicidaire. Un défi lancé à la mort comme pour dire “Je n’ai pas peur” ou “Put être viens me chercher si tu l’oses.” Ce soir-là, la balle n’était pas dans le bon trou et Johnny a survécu encore.
Il en rit des années plus tard. Mais son regard ce jour-là ne rit pas. Il est grave. Il dit tout ce que les mots ne peuvent pas. Ce n’était pas un jeu. C’était un cri. Même son entourage ne saisissait pas toujours l’ampleur de ses douleurs. Beaucoup l’homme public. Le performeur, le monstre sacré peut voyer les moments d’effondrement.
Dans le documentaire qui lui est consacré, on découvre une scène troublante. Johnny, assis seul dans sa loge, encore maquillé de sueur, les yeux dans le vide. Le concert est fini. Le public est parti. Le silence est revenu. Et dans ce silence, il redevient Jean-Philippe, un homme fatigué, usé, qui n’a plus rien à donner.
Ces moments-là, il ne les partageait qu’avec très peu. Parfois Latitia, parfois un musicien fidèle, mais la plupart du temps, il les gardait pour lui par pudeur, par habitude, parce que même entouré, Johnny était seul et puis il y a eu les conflits familiaux. Après sa disparition, le pays tout entier rend hommage.
Un cortège funèbre traverse Paris. Des milliers de personnes se mass sur les champs Élysées. Les chaînes interrompent leur programmes. La nation pleure mais très vite le deuil se fracture. Une bataille juridique éclate entre Latitia Alidé, sa veuve et les enfants aînés David et Laura. Au cœur du litige, le testament de Johnny, rédigé selon le droit californien qui déshérite ses enfants biologiques au profit de Latitia et des filles adoptives.
Un choix qui choque, qui divise, qui s’allie un peu la légende. On accuse, on s’accuse, on expose les blessures familiales au grand jour et dans ce chaos costume, une nouvelle vérité apparaît. Johnny, malgré tout son amour pour ses enfants, n’a jamais su être le père rassembleur qu’il rêvait d’incarner. Il a laissé derrière lui une famille éclatée, des silences, des rancunes.
Le père était là mais il restait des orphelins. Ce détail, cette fracture post-mortem et peu être l’héritage le plus douloureux de Johnny. Il aurait voulu laisser des chansons. Il laisse aussi un conflit. Il aurait voulu être en paix. Il laisse des questions. Mais au-delà du tumulte, une image subsiste. Celle d’un homme qui un soir regarde sa fille marcher pour la première fois dans la cuisine et qui dans ce geste banal trouve une vérité qu’aucun stade ne lui a jamais donné.
L’amour pur, simple, sans condition. Peu être que ce soir-là, Johnny Holiday n’était plus une idole. Il était juste un père et c’était peu être enfin suffisant. Il est tentant de résumer l’avis de Johnny Alidé à une suite de concerts légendaires, d’albums à succès et de scandales médiatiques. Il est facile de n’y voir qu’un monstre sacré du showsiness, un chanteur de rock, un homme aux excès flamboyants.
Mais ce serait oublié que derrière chaque coup d’éclat, il y avait un besoin plus profond, plus douloureux, celui d’exister. Pas en tant qu’icône, mais en tant qu’homme. Tout au long de sa vie, Johnny a construit une muraille autour de lui. Il l’a renforcé avec des cris, des guitares électriques, des motos rugissantes, des lunettes noires, mais parfois des failles laissaient entrevoir autre chose.
Une fragilité désarmante, une mélancolie presque enfantine, une sincérité brute. C’est dans ces moments que Johnny devenait bouleversant. Non pas parce qu’il chantait fort, mais parce qu’il disait vrai. Ce qui frappe en regardant son parcours, c’est la constance de cette solitude. Une solitude jamais vraiment rompue malgré l’amour du public, malgré les femmes, malgré les enfants.
Il y avait toujours ce creux en lui, cette absence initiale, celle du père, celle d’une affection stable, d’un foyer enraciné. Johnny n’a jamais été un homme apaisé. Il a été un homme en fuite, en fuite de son passé, de ses douleurs, de ses silences. Et pourtant, il a réussi quelque chose d’extraordinaire. Il a transformé sa douleur en lumière.
Il a pris cette faille intime et il en a fait une voix. Une voix unique, immédiatement reconnaissable, qui portait en elle tout ce qu’il n’osait pas dire autrement. Quand il chantait, il ne mentait pas. C’était peu être le seul moment où tout devenait vrai. Chaque chanson était un aveu. Chaque refrain, un appel.
Mais peut-on vraiment guérir de son enfance ? Peut-on devenir père quand on n jamais eu de modèle ? Peut-on donner ce qu’on a jamais reçu ? Johnny a essayé. Tard, peu être, mais sincèrement. Avec Jade, avec Joy, il a trouvé un autre rythme, une autre façon d’être en relation, moins spectaculaire, plus silencieuse.
Et dans ce silence, il s’est découvert lui-même. Le dernier Johnny n’était plus celui des stades. C’était un homme qui dit avec sa famille, qui regardait grandir ses filles, qui chantait pour les endormir. Ce Johnny là ne faisait plus la une, mais c’est peu celui qui comptait le plus, celui qui enfin ne jouait plus, celui qui vivait.
Alors oui, l’histoire de Johnny Haliday est celle d’un enfant abandonné devenu légende, mais c’est aussi celle d’un homme qui malgré tout n’a jamais cessé de chercher l’amour et qui peut être l’a trouvé à la toute fin. à sa manière dans un regard, un geste, une chanson murmurait à voix basse. Et vous, qu’en pensez-vous ? Ce destin aurait-il pu être différent si un jour quelqu’un avait simplement pris l’enfant dans ses bras pour lui dire “Tu n’es pas seul ?” Certains départs ne font pas de bruit.
Ils ne s’annoncent pas avec des cris ou des larmes. Ils arrivent doucement comme une brise du soir en portant avec eux les derniers soupirs d’une vie trop pleine, trop intense, trop humaine. Le 5 décembre 2017, dans la maison silencieuse de Marne la Coquette, Johnny Holiday s’est éteint. Non pas comme une star, mais comme un père, un homme, un être fragile.
Enfin au repos, la France s’est figée ce jour-là. Les radios ont interrompu leur programme, les chaînes de télévision ont bousculé leur grill et sur les champs Élysée, une marée humaine s’est rassemblée pour lui dire adieu. Un adieu presque national, presque historique. Mais au-delà de l’hommage, il y avait une émotion plus intime, plus difficile à nommer, celle de perdre quelqu’un qui d’une certaine manière avait toujours été là dans nos voitures, nos souvenirs, nos colères, nos amours adolescentes.
Johnny faisait partie du paysage émotionnel de plusieurs générations. Il était ce frère rebelle qu’on aurait voulu avoir, ce père bruyant, cet ami qu’on a jamais osé approcher. Et le voir partir, c’était perdre une part de notre propre jeunesse. Mais ce que l’on retient aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les chansons, ni les stades pleins, ni les couvertures de magazines.
Ce sont les silences, les entre deux, les regards fuyants, les moments où la légende s’effaçait pour laisser place à l’homme, ce père maladroit qui apprend à aimer, ce fils qui n’a jamais cessé d’attendre une main sur son épaule, ce chanteur qui après tant d’années finit par poser le micro pour simplement écouter battre son cœur.
Dans la cuisine où Jade a fait ses premiers pas, il y avait plus de vérité que dans 1000 concerts. Dans cette maison feutrée, loin du tumulte, Johnny a peu être trouvé ce qu’il cherchait depuis toujours, un endroit où il n’avait plus besoin de prouver, où il pouvait être faible, être doux, être vrai. Et si la vie ne lui a jamais offert la paix, la mort, peu, être lui a donné ce dernier luxe.
Aujourd’hui, il ne reste que des images, des vinyusées, des vidéos granuleuses, une voix qui nous parvient encore comme venue d’un ailleur. Mais derrière tout cela, il y a un murmure, celui d’un homme qui disait : “J’ai vécu vite, j’ai brûlé fort, mais je suis encore là.” Et dans chaque note qu’il a chanté, dans chaque mot qu’il a laissé, il y a une trace de ce combat silencieux, celui d’un enfant perdu qui voulait juste qu’on l’aime.
Certains adieux sont devenus invisibles jusqu’à ce qu’on les raconte enfin. [Musique]
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