Kendji Girac : les blessures secrètes d’un cœur à vif — confidences bouleversantes dans Mi Vida

Un tout petit cercueil blanc" : Kendji Girac abattu , ce bébé qui "a fini  par mourir" à un an - Public

Ce mercredi 1ᵉʳ octobre 2025, Kendji Girac a levé le voile sur l’un des chapitres les plus intimes et douloureux de sa vie. À travers son autobiographie Mi Vida, publiée aux éditions Flammarion, le chanteur se confie comme jamais. Entre drames familiaux, accidents tragiques et renaissance, il retrace un parcours marqué autant par la lumière du succès que par les ombres du destin.

Un artiste entre ombre et lumière

Révélé au grand public en 2014 grâce à sa victoire dans The Voice, Kendji Girac est devenu en quelques années l’une des voix les plus populaires de la chanson française. Derrière son sourire solaire et ses rythmes gipsy qui respirent la joie de vivre, peu de gens imaginaient pourtant les épreuves qui ont forgé l’homme qu’il est aujourd’hui.

Dans Mi Vida, l’artiste de 29 ans raconte sans détour les moments de doute, les blessures, mais aussi les renaissances qui ont jalonné son existence. Un récit sincère et émouvant, écrit comme une thérapie, dans lequel il se livre avec pudeur, mais sans fard.

Le drame qui a failli lui coûter la vie

L’un des passages les plus marquants de son livre évoque l’accident survenu un an et demi plus tôt. Un événement qui aurait pu mettre fin à sa carrière… et à sa vie.
Kendji Girac y raconte comment, un soir, alors qu’il se trouvait avec sa compagne Soraya, il s’est tiré dessus accidentellement. Un geste malheureux, qui a provoqué un immense choc émotionnel et physique.

Les semaines qui ont suivi furent terriblement éprouvantes : rééducation, doutes, culpabilité, peur de ne plus jamais remonter sur scène… Pourtant, comme il le confie dans Mi Vida, c’est justement dans la douleur qu’il a puisé une nouvelle force :

« Ce moment a tout remis en question. J’ai compris à quel point la vie pouvait basculer en une fraction de seconde. Depuis, je la regarde autrement. »

Aujourd’hui, Kendji Girac retrouve peu à peu son énergie et son enthousiasme légendaires. Son retour sur les plateaux de télévision, les interviews qu’il enchaîne et ses nouveaux projets musicaux témoignent de sa détermination à tourner la page, sans jamais oublier les leçons du passé.

Une enfance marquée par la perte

Mais avant ce drame récent, l’artiste avait déjà connu la douleur de la perte. Dans son livre, il revient sur un souvenir d’enfance particulièrement déchirant : la mort de sa petite-nièce, alors qu’il n’était lui-même qu’un enfant.

« J’avais neuf ou dix ans, peut-être, quand j’ai perdu ma première petite-nièce, la fille de ma sœur Sophie », écrit-il avec émotion.

La fillette, née prématurément, souffrait de graves difficultés respiratoires.

« Les mois qui ont suivi sa naissance, elle devait rester dans un centre médical dédié aux enfants malades. J’allais la voir toutes les semaines avec ma mère. J’étais si heureux d’être un si jeune tonton… Je ne comprenais pas vraiment la gravité de sa situation. »

Le jeune Kendji, encore plein d’insouciance, espérait alors pouvoir la voir grandir, rire et jouer comme tous les enfants. Malheureusement, la vie en a décidé autrement.À aucun moment je n'ai pensé mettre fin à mes jours" : un an après son  accident, Kendji Girac rétablit la vérité - Public

Un deuil gravé dans la mémoire

La petite fille n’a pas survécu à sa première année. Un drame dont Kendji parle avec une sincérité bouleversante :

« Elle a fini par mourir, elle avait un an. La vie s’est arrachée d’un coup. »

Le chanteur décrit avec précision cette journée gravée dans sa mémoire : la veillée organisée autour de la caravane familiale, le silence étouffant, les pleurs des femmes, la douleur indicible de sa mère et de sa sœur.

« Je me souviens du silence épais comme un brouillard, des cris des mamàs qui fendaient l’air, des pleurs de ma mère et de la douleur impossible de ma sœur », confie-t-il.

Ces images, Kendji ne les a jamais oubliées. Elles demeurent, quelque part dans un coin de son cœur, comme une cicatrice invisible.

« Le visage endormi de ma nièce, sa dernière tenue, son tout petit cercueil blanc… Cette image ne m’a jamais quitté. »

Le poids des origines et la force de la famille

Pour comprendre Kendji, il faut plonger dans ses racines. Né dans une famille de voyageurs, il a grandi au rythme des traditions gitanes, où la famille, la musique et la foi occupent une place centrale. C’est dans cette culture où la douleur se partage autant que la joie que le chanteur a puisé sa force.

Face aux épreuves, il a appris très tôt à se relever. « Dans ma famille, on avance toujours, même quand la route est cabossée », confie-t-il dans son livre. La perte de sa nièce a sans doute été le premier grand choc de sa vie, une blessure fondatrice qui l’a poussé à grandir plus vite que les autres enfants de son âge.

Une renaissance à travers la musique

Si Kendji Girac a trouvé la lumière, c’est grâce à la musique. Ses chansons respirent la liberté, la fête et la tendresse — autant d’antidotes à la douleur. Chaque note semble être une prière, un hommage à ceux qu’il a perdus, une manière de transformer la souffrance en beauté.

Depuis son accident, il a pris conscience de la fragilité de l’existence. Dans Mi Vida, il exprime son désir de profiter pleinement de chaque instant, de se recentrer sur l’essentiel : sa famille, sa fille, sa compagne, et bien sûr, son public.

« Je ne veux plus gaspiller ma vie. J’ai trop frôlé le pire pour ne pas comprendre la valeur du présent », écrit-il.

Un message d’espoir

Derrière la tristesse et les drames, Mi Vida est avant tout un hymne à la vie. Kendji Girac ne cherche ni la pitié ni la compassion. Il partage son histoire pour inspirer, pour rappeler que, même après la tempête, la lumière finit toujours par revenir.

Son témoignage résonne comme un message universel : celui d’un homme qui, malgré les coups du sort, continue de chanter, d’aimer et de sourire.

Kendji, un artiste plus fort que jamaisKendji Girac : tout s'arrange avec Soraya, un deuxième bébé en route -  Public

Aujourd’hui, Kendji Girac regarde l’avenir avec confiance. Ses nouvelles chansons, imprégnées d’émotion et de sincérité, portent les traces de son parcours. Il n’est plus seulement l’enfant prodige de The Voice, mais un homme accompli, conscient de ses fragilités et fier de ses cicatrices.

Avec Mi Vida, il offre à ses fans bien plus qu’un simple récit autobiographique : un morceau de son âme. Un livre qui parle de résilience, d’amour, de foi et de renaissance.

Parce qu’au fond, Kendji Girac n’a jamais cessé d’être ce qu’il a toujours chanté : un amoureux de la vie. Même quand celle-ci lui a tout pris, il a su lui répondre avec ce qu’il a de plus beau — sa musique.