Meurtre de Lola : 12 ans, était violée et sauvagement assassinée.

Meurtre de Lola : infos en direct sur l'affaire et le procès - Le Parisien

Le 14 octobre 2022, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, une journée d’école ordinaire s’est muée en cauchemar absolu. Il est 15 heures passées, Lola Daviet, 12 ans, quitte le collège Georges-Brassens pour rejoindre son domicile situé à seulement deux minutes de marche. Mais ce trajet familier, qu’elle empruntait chaque jour, sera le dernier de sa courte vie.

Quelques heures plus tard, son corps sans vie sera retrouvé, enfermé dans une malle en plastique, abandonnée dans la cour de la résidence où vivaient ses parents. Une scène d’horreur absolue, qui bouleversera la France entière et marquera au fer rouge la mémoire collective.

Un crime d’une sauvagerie inouïe

Les caméras de surveillance montrent Lola pénétrant dans le hall de l’immeuble, précédée d’une femme brune en legging clair. Puis plus rien. À 17 heures, sans nouvelles de leur fille, les parents s’inquiètent. Le père, gardien de l’immeuble, consulte les images de vidéosurveillance. Il y voit Lola accompagnée d’une inconnue. À 23 heures, un sans-abri alerte la police : une malle abandonnée gît dans la cour.

À l’intérieur, les enquêteurs découvrent l’impensable. Le corps de la fillette est ligoté, bâillonné, recouvert de ruban adhésif sur le visage et les membres. L’autopsie révélera une mort par asphyxie mécanique et des traces de sévices insoutenables. Le crime dépasse la raison, plongeant le pays dans la stupeur.

L’arrestation d’une suspecte au passé trouble

Dès le lendemain, la principale suspecte est identifiée et arrêtée à Bois-Colombes. Il s’agit de Dahbia Benkired, 24 ans, d’origine algérienne, hébergée chez sa sœur dans le même immeuble que les parents de Lola. La jeune femme est alors sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français depuis deux mois.

Les preuves s’accumulent : les vidéos, les témoins, les incohérences dans ses propos. Dahbia Benkired admet avoir croisé Lola ce jour-là et l’avoir emmenée dans l’appartement de sa sœur. Là, selon les enquêteurs, la fillette aurait été contrainte, violentée, puis tuée avant que son corps ne soit placé dans une malle en plastique et transporté jusqu’à la cour de l’immeuble.

Le mobile reste flou. L’accusée parle d’une dispute liée à un badge d’accès à la résidence, évoque des voix, des visions. Mais pour les enquêteurs, rien ne peut justifier un tel déchaînement de violence.

Un esprit instable, mais jugé responsable

Le parcours de Dahbia Benkired révèle une existence chaotique. Arrivée en France en 2016 avec un titre de séjour étudiant, elle vit ensuite de petits boulots, consomme du cannabis, passe d’un hébergement à un autre. La mort de sa mère, survenue un an après celle de son père, semble avoir déclenché chez elle une spirale de déséquilibre.

Ses proches la décrivent comme de plus en plus instable : réveils nocturnes, propos incohérents, crises de larmes. Une amie affirme même qu’elle prétendait « parler à sa mère » décédée. Après son arrestation, elle se montre violente, se rase la tête, se frappe contre les murs. Internée quelques semaines, elle finit par être transférée en unité psychiatrique pour malades difficiles.

Pourtant, trois expertises psychiatriques successives sont formelles : Dahbia Benkired ne souffre d’aucune pathologie mentale abolissant sa responsabilité pénale. Les experts la décrivent comme « consciente de ses actes », avec des traits « narcissiques et psychopathiques marqués ».

Lorsqu’on lui montre les images du corps de Lola, elle reste glaciale. « Ça ne me fait ni chaud ni froid », déclare-t-elle aux enquêteurs. Une phrase qui résume à elle seule l’abîme moral de cette affaire.

Le procès de l’horreur

Trois ans après les faits, ce 17 octobre 2025, s’ouvre devant la cour d’assises de Paris le procès le plus attendu de l’année. Dahbia Benkired comparaît pour meurtre d’un mineur de moins de quinze ans, viol avec actes de torture et de barbarie. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La salle d’audience est pleine à craquer. Les journalistes, les curieux, mais surtout une mère en deuil. Delphine Daviet, la mère de Lola, arbore un t-shirt portant l’inscription :

« Tu étais le soleil de notre vie, tu seras l’étoile de nos nuits. »

À ses côtés, son fils Thibault, adolescent, serre les poings. Le père, Johann, n’est plus là pour assister au procès. Brisé par le chagrin, il est mort d’une crise cardiaque en février 2024. « Elle a détruit tout ce que j’avais », confie Delphine, la voix tremblante. « Ma fille, mon mari, notre travail, notre vie. Tout. »

Une affaire qui bouleverse la France

Le meurtre de Lola a provoqué une onde de choc bien au-delà du drame familial. Il a relancé de vifs débats politiques autour des obligations de quitter le territoire français et de la politique migratoire. Comment une femme sous OQTF a-t-elle pu rester libre sur le sol français ?

Certains y voient la preuve d’un dysfonctionnement systémique, d’autres dénoncent la récupération politique d’une tragédie. Mais au-delà des polémiques, l’affaire Lola rappelle avant tout la vulnérabilité des plus jeunes, même au cœur de la capitale.

Un symbole d’innocence perdue

Meurtre de Lola : retour sur l'affaire qui a ému la France, une semaine  après le drame - ladepeche.fr

Depuis ce jour, le visage de Lola hante la mémoire collective : une enfant souriante, pleine de vie, fauchée par la folie d’une adulte. Des marches blanches ont été organisées dans toute la France. Des milliers de bougies ont été allumées pour elle.

Dans les écoles, les enseignants parlent encore de son histoire. Dans les rues, les passants évoquent son prénom comme un cri silencieux contre la barbarie. Lola est devenue un symbole — celui de l’innocence piétinée, de la sécurité trahie, de la douleur des familles brisées.

Une justice attendue

Les débats s’annoncent longs et éprouvants. Les jurés devront trancher entre la folie et la lucidité, entre la vengeance et le délire. Dahbia Benkired reconnaît certains faits mais nie toute intention meurtrière. Les avocats de la partie civile, eux, réclament la peine maximale : la perpétuité réelle.

Pour la mère de Lola, il n’y a qu’un mot qui compte : justice. « Rien ne me rendra ma fille, mais il faut qu’elle paie pour ce qu’elle a fait. »

Un pays suspendu au verdict

Le verdict est attendu avec une tension extrême. Ce procès n’est pas seulement celui d’une femme, mais d’une société qui s’interroge : comment protéger ses enfants ? Comment éviter qu’un drame pareil ne se reproduise ?

Quand l’innocence d’une collégienne s’efface dans l’obscurité d’une malle, c’est toute une nation qui se regarde dans le miroir de sa propre impuissance.