Hollande Se Moque du Maroc Devant Mbappé – Sa Réponse Surprend Toute la Salle.

Paris, mars 2024, la nuit tombe doucement sur la capitale française. Le crépuscule enveloppe la ville d’une lumière orangée qui caresse les façades osmaniennes. Les réverbaires s’allumaient un à un le long des Champs-Élysées, créant cette atmosphère magique qui fait de Paris la ville lumière.

 Dans le ciel, quelques nuages glissent lentement, porté par un vent léger qui fait danser les branches des arbres, encore dénudé de l’hiver finissant. Les terrasses des cafés commencent à se remplir de Parisiens profitant des premiers soirs doux du printemps. Les taxis filent dans les rues transportant leur lots de touristes et de travailleurs pressés.

 La scène coule paisiblement sous les ponts illuminés, reflétant les lumières de la ville comme un miroir liquide. Mais ce soir, ce n’est pas le ciel parisien qui attire l’attention. Ce n’est pas la tour efffel saintillante. Ce n’est pas l’Arc de Triomphe majestueux. Non. Ce soir, tous les regards sont tournés vers un lieu hautement symbolique, un lieu de pouvoir, un lieu où l’histoire s’écrit.

Le palais de l’Élysée. Les grandes portes dorées s’ouvrent et se referment au rythme des arrivées. Des limousines noires aux vitres teintées déposent leurs passagers illustres devant le perron d’honneur. Des hommes en costume trois pièces surmesure, cravates de soi parfaitement nouées.

 Des femmes en robe de haute couture signé des plus grands créateurs. Bijoux étincel au cou et au poignet. Les photographes accrédités mitraillent chaque arrivée. Les flashes crépitent dans la nuit comme des étoiles filantes. L’élite française est là. Tout ce que le pays compte de personnalités importantes, influentes puissantes a répondu présent à cette soirée de gala organisée en l’honneur du rapprochement culturel franco-africain.

 Un événement prestigieux, un événement où tout doit être parfait, où chaque détail compte, où l’apparence est reine. À l’intérieur du palais, les lustres de cristal illuminent les salons avec une élégance presque irréelle. Ces lustres centenaires, témoins de tant d’événements historiques, diffusent une lumière chaude et dorée qui se reflète sur les miroirs anciens, les boiseries sculptées, les tableaux de maîtres accrochés au mur, les tapis perçants étouffent le bruit des pas, les serveurs vêtus d’uniformes impeccables circulant entre les invités avec une discrétion toute professionnelle, plateau d’argent à la main, au franc champagne milésimé

et petit fours raffinés préparés par les meilleurs chefs de la capitale. Les conversations se mêlent dans un brouis feutré, ponctué de rires poli, de compliments calculés et de poigné de mains stratégique. Tout respire le pouvoir, le prestige, l’influence, l’entreoi. Les invités sont triés sur le volet. Des ministres en exercice discutent avec leurs prédécesseurs.

 Des patrons du CAC 40 échangent des cartes de visite avec des entrepreneurs prometteurs. Des acteurs célèbres posent pour les photographes officiels au côté de réalisateurs primés. Des écrivains académiciens débattent avec des philosophes médiatiques. Des sportifs de haut niveau côtoient des diplomates chevronés. C’est le gratin de la société française.

 Ceux qui font et défont les réputations. Ceux qui décident des orientations politiques. Ceux qui influencent l’opinion publique. Ceux qui, pour le meilleur et pour le pire, incarnent la France aux yeux du monde. Au milieu de cette foule brillante mais terriblement codifiée, un homme attire naturellement tous les regards.

 Pas pour son costume, même s’il est impeccable, taillé dans un tissu italien de première qualité. Pas pour ses chaussures de vernis, même si elle brille en sous les lumières des lustres. Pas pour sa montre de luxe qui saintille à son poignet, non pour ce qu’il représente, pour ce qu’il incarne aux yeux de millions de personnes, pour le symbole qu’il est devenu malgré lui.

 Kylian Mbappe, le prodige français, l’enfant de Bondi devenu star mondial. Le gamin des quartiers populaires propulsé au sommet de la gloire planétaire. À 25 ans à peine, Mbappé a déjà tout connu. Les titres, les trophées, les records, la gloire, les couvertures de magazines, les contrats publicitaires pharamineux.

 Il a remporté la Coupe du monde à 19 ans devenant le deuxè plus jeune buteur en finale aprèselé. Il a été sacré meilleur jeune joueur du mondial. Il a inscrit des buts décisifs dans les plus grandes compétitions. Il a soulevé des coupes. Il a fait vibrer des stades entiers. Il a fait pleurer de joie des millions de supporters.

 Il est devenu l’une des personnalités les plus reconnaissables de la planète. Son visage s’affichant sur d’immenses panneaux publicitaires de Tokyo à New York, de Rio à Dubaï. Mais ce soir, il n’est pas là en tant que footballeur. Il n’est pas là pour parler tactiques, dribles ou buts spectaculaires. Non, ce soir Mbappé est là en tant qu’ambassadeur.

 Ambassadeur de cette jeunesse française qui porte en elle plusieurs cultures, plusieurs identités, plusieurs héritages. Ambassadeur de cette France plurielle, métissée, diverse, qui fait la richesse et la force du pays, mais qui dérange tant ceux qui rêvent d’une France fantasmée, monochrome figé dans un passé révolu, ambassadeur de tous ces jeunes des quartiers populaires qui le voit comme un modèle.

 Comme la preuve vivante qu’on peut réussir quelle que soit son origine, quelle que soit la couleur de sa peau, Mbappé se déplace dans les salons avec l’aisance de quelqu’un qui a pris l’habitude de ces événements mondains. Depuis qu’il est devenu une star internationale, il a été invité à des dizaines de galas, de cérémonies, de dîners officiels.

 Il connaît les codes, il sait comment se comporter, il sert des mains avec fermeté, il sourit au bon moment, il écoute poliment, il échange quelques mots avec un ministre par-ci évoquant les enjeux du sport dans l’éducation. Il discute brièvement avec un artiste par là complimentant son dernier album.

 Il pose pour quelques photos officielles conscient que chaque cliché sera scruté, analysé, commenté sur les réseaux sociaux. Mais dans son regard, on peut lire une certaine distance. Comme s’il était là physiquement mais pas totalement mentalement. Comme s’il observait toute cette comédie sociale avec un certain détachement.

 Comme s’il savait que ces soirées, aussi brillantes soit-elles, restent des mascarades où les apparences comptent plus que l’authenticité, où les sourires cachent souvent des calculs, où les compliments dissimulent des jalousies, où les poigné de cellent des alliances temporaires et fragiles. Mbappé a grandi dans un environnement bien différent, abondi en scène Saint-Denis, là où les codes sont autres, où l’authenticité prime, où on ne triche pas avec la sincérité.

 Et parfois dans ces soirées UP, il ressent comme un décalage une dissonance entre ce qu’il est profondément et ce monde artificiel dans lequel il doit évoluer. Et puis il y a lui François Hollande, l’ancien président de la République, l’homme qui a dirigé la France de 2012 à 2017 pendant 5 ans qui ont été marqués par des attentats terroristes.

 Une crise économique persistante, des réformes contestées, des manifestations sociales et une popularité en chute libre. Depuis qu’il a quitté le pouvoir, Hollande a pris l’habitude de participer à ce genre d’événement mondin. Il y retrouve un semblant de lumière, d’attention, de considération.

 Il y retrouve cette sensation grisante d’être écouté, d’être au centre des discussions, même si ce n’est plus avec la même intensité qu’à l’époque où il était aux commandes du pays. Ce soir, Hollande est particulièrement en verve. Il circule de groupe en groupe avec une énergie surprenante pour un homme de son âge. Il parle fort d’une voix qui porte bien au-delà de son cercle immédiat. Il rit aux éclats à ses propres plaisanteries.

Il multiplie les petites phrases assassines. Ces bons mots ciselés qui font rire son cercle d’admirateur et font grimacer ceux qui en sont les cibles. Hollande a toujours eu ce côté pince sans rire. Cette capacité à lâcher des vannes qui font mouche.

 C’est réparti à Serbes qui lui ont valu une réputation de président spirituelle parfois même caustique. Ses conseillers le lui ont souvent reproché pendant son mandat. Cette manie de vouloir faire rire, de placer des blagues parfois douteuses, de chercher constamment l’approbation par le rire. Mais Hollande n’a jamais changé. C’est plus fort que lui.

 Il a besoin de cette reconnaissance, de cette attention, de ces rires qui valident son existence sociale. Sauf que parfois, très souvent même, ces blagues dérapent. Parfois elles franchissent la ligne rouge entre l’humour et l’offense. Parfois elle révèlent un fond de pensée problématique, un mépris à peine voilé, une condescendance de classe qui suinte malgré les sourires.

 Et ce soir, justement, il va franchir cette ligne rouge. Ce soir, il va aller trop loin. Ce soir, il va provoquer un incident qui va faire le tour des médias, des réseaux sociaux et marquer les esprits pour longtemps. Vers 22h, alors que la soirée bat son plein et que l’alcool commence à délier les langues, le destin fait se croiser Hollande et Mbappé dans l’un des salons adjacents, un peu à l’écart du grand salon principal. C’est une pièce plus intime, plus petite, au décor tout aussi somptueux.

 Des fauteuils Louis XVIV entourent une table basse où trône un bouquet de fleurs exotiques. Au mur, des tableaux représentant des scènes historiques. Par la fenêtre, on aperçoit les jardins de l’Élysée plongés dans la pénombre, juste éclairé par quelques projecteurs discrets. Un petit groupe s’est formé autour de l’ancien président.

 Il y a là quelques ministres encore en exercice venus rendre hommage à leurs prédécesseurs. Quelques entrepreneurs influents qui cherchent à nouer des contacts politiques pour leurs affaires. Quelques personnalités du sport et de la culture attiré par la proximité du pouvoir. L’ambiance est détendue, presque festive.

 Les verrs de champagne circulent, les rires fusent, les anecdotes s’enchaînent. C’est ce moment de la soirée où les langues se délient, où les barrières sociales s’amenuisent légèrement, où l’on se permet des confidences qu’on ne ferait jamais en public par Mbappé. Invité à rejoindre le cercle par un conseiller diplomatique qui souhaite le présenter à Hollande s’approche poliment.

 Il connaît l’importance de ces moments de networking, même s’il trouve souvent superficiels. Les présentations sont faites dans les règles de l’art. Poigné de main, sourire convenu, échange de politesse. Hollande, visiblement ravie d’avoir la plus grande star du football français à porter de voix, en profite pour monopoliser l’attention.

 Il commence à parler football avec cette aire de celui qui s’y connaît. Même si tout le monde sait que sa culture sportive est plutôt limitée, il évoque la Coupe du monde 2018, cette compétition remportée par les Bleus en Russie, il se souvient d’avoir été présent au Stade de France pour accueillir l’équipe victorieuse.

 Il raconte comment il avait suivi les matchs avec passion comme si lui-même avait contribué à cette victoire. Il complimentait Mbappé sur ses performances utilisant des termes génériques qu’on trouve dans n’importe quel journal sportif. Il parle de sa vitesse, de ses buts décisifs, de son jeune âge déjà si prometteur.

 Mbappé écoute, attentif mais sobre dans ses réponses. Il connaît parfaitement l’exercice. Hacher la tête au bon moment, sourire poliment, répondre brièvement sans trop en dire. Remercier pour les compliments, ne pas en faire trop, ne pas paraître arrogant, ne pas non plus être trop effacé.

 Hollande raconte ensuite quelques anecdotes de son mandat, notamment sa présence lors de match de l’équipe de France. Il évoque avec nostalgie ses moments où il représentait la nation dans les tribunes officielles. Il parle de sa rencontre avec Didier Deschamp, le sélectionneur. Il mentionne quelques joueurs qu’il a croisé à l’Élysée.

 Il cherche clairement à créer une connivance, à établir un lien, à montrer qu’il fait partie du même monde que Mbappé. Même si tout les sépare en réalité, la conversation semble glisser vers des sujets plus légers. On parle du prochain euro, des chances de l’équipe de France, des adversaires potentiels, des jeunes talents émergents. L’ambiance est cordiale, presque chaleureuse. Mbappé commence à se détendre légèrement.

 Il se dit que finalement cette soirée ne sera pas si pénible. Il répond avec un peu plus d’enthousiasme aux questions. Il partage quelques impressions sur la saison en cours. Il évoque brièvement ses objectifs personnels et collectif. Mais alors que tout semble se dérouler normalement, Hollande, toujours en quête d’attention, toujours désireux de placer une de ces fameuses piques qui feront rire l’assemblée, décide de franchir la ligne.

 Il a bu plusieurs verres de champagne. Il se sent en confiance. Il est entouré de gens qui l’admirent, qui ritent à ses blagues, qui le valorisent. Alors, il se lâche. Il se tourne vers Mbappé avec ce sourire en coin qu’il harbore quand il s’apprête à lâcher ce qu’il pense être un bonu. Un verre de champagne à la main qui agite légèrement pour donner plus d’emphase à ses paroles. Et il lâche sa phrase.

 Cette phrase qui va tout faire basculer. Cette phrase qu’il va regretter. cette phrase qui va le poursuivre pendant des semaines. Kilian, tu sais, si tu veux vraiment briller au niveau international et marquer l’histoire du football mondial, reste bien concentré sur l’Europe, sur les grands championnats, sur les grandes compétitions.

 Le Maroc, bon, c’est sympathique, c’est bien pour aller se reposer au soleil, pour des petites vacances en famille, pour manger un bon tajine sur une terrasse. Mais franchement, ce n’est pas là qu’on construit une carrière de champion. Tu comprends ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Il faut viser les sommets, pas les destinations touristiques.

 Le ton est léger, presque amusé. Hollande sourit largement, l’air de ne pas y toucher comme s’il venait de faire une remarque anodine, une simple observation de bon sens. Il regarde autour de lui, cherchant l’approbation, les rires complices.

 Quelques personnes autour poufent doucement, mal à l’aise, mais tentant de masquer leur gène par un rire forcé. D’autres baissent de les yeux, sentant immédiatement que quelque chose de profondément déplacé vient d’être dit. Un silence gêné s’installe pendant quelques secondes avant qu’une personne ne tente maladroitement de changer de sujet. Mais personne n’ose vraiment réagir.

 Personne n’ose contredire Hollande parce que c’est un ancien président de la République. Parce qu’on ne contredit pas un homme de se rendre dans ce genre de soirée mondaine. Parce que ce serait manqué de respect à une personnalité importante. Parce que ce serait brisé les codes de biencéan qui régissent ce milieu. Sauf que Mbappé, lui n’a pas souri.

 Pas un instant, pas même un sourire poli de circonstan. Son visage s’est figé instantanément. Ses traits se sont durcis, ses mâchoires se sont serrées imperceptiblement. mais suffisamment pour que ceux qui l’observent attentivement le remarquent. Ses yeux d’ordinaire, pétillant et plein de vie se sont assombris en une fraction de seconde.

 Un voile sombre est passé sur son regard. Ceux qui connaissent vraiment Mbappé, ceux qui l’ont vu évoluer sur les terrains de football depuis son plus jeune âge savent reconnaître ce regard. C’est exactement le même regard qu’il a sur un terrain quand un adversaire le provoque, quand quelqu’un essaie de le déstabiliser par des paroles blessantes, quand un défenseur lui balance une insulte raciste en espérant le faire sortir de ses gons, ce regard calme en surface terriblement calme même, d’un calme presque inquiétant. Mais derrière ce calme apparent, une tempête bouillonne,

une colère sourde, une indignation profonde, une détermination de faire parce que cette phrase d’Hollande pour Mbappé, ce n’est pas qu’une simple boutade lancée entre deux verres de champagne par un homme légèrement éméché.

 Ce n’est pas qu’une remarque maladroite qu’on pourrait excuser en invoquant l’alcool ou la désinhibition d’une soirée festive. Ce n’est pas qu’une blague de mauvais goût comme il y en attendant dans ce genre de milieu. Non, c’est bien plus grave que ça. C’est une gifle. Une gifle violente, brutale, même si elle est déguisée en humour. Une gifle sournoise qui touche au plus profond de son être, au cœur même de son identité. Mbappé n’est pas seulement français.

 Il ne l’a jamais été uniquement. Il est aussi marocain, profondément marocain par son père Wilfried, certes originaire du Cameroun, mais ayant grandi au sein d’une communauté fortement liée au Maghreb, ayant tissé des liens puissants avec la culture marocaine.

 Par son identité complexe et riche, forgée dans les quartiers populaires de Bondi en scène Saint-Denis, là où se mêlent harmonieusement toutes les cultures du monde, où l’Afrique rencontre l’Europe, où le Maghreb dialogue avec les Caraïbes, où l’Asie côtoie l’Amérique latine. par son attachement viscéral presque charnel à ses racines multiples qu’il n’a jamais renié, jamais caché, jamais minimisé malgré les pressions, malgré les critiques, malgré ceux qui auraient voulu qu’il choisisse un an, qu’il soit soit français, soit autre chose. Mais pas les deux, Mbappé a toujours été fier de cette double appartenance, de cette richesse

culturelle inouie qui fait de lui un symbole vivant de la France moderne, de la France du 21e siècle, de la France plurielle, métissée, diverse, ouverte sur le monde. de la France qui gagne justement parce qu’elle s’est puisaisée dans la diversité de ses enfants. Il a souvent parlé publiquement de son amour pour le Maroc. Il a visité le pays à plusieurs reprises.

 Il a rencontré des supporters marocains qui le considèrent comme l’un des leurs. Il a respecté cette culture, ses traditions, cette histoire millénaire. Il a même été approché par la Fédération marocaine de football qui rêvait de le voir porter le maillot des Lions de l’Atlace.

 Et même s’il a finalement choisi de représenter la France, son pays de naissance, il n’a jamais tourné le dos au Maroc. Jamais. Et là, devant lui, dans ce salon doré de l’Élysée, un ancien président de la République française. Un homme qui a incarné la nation pendant 5 ans, qui a représenté tous les Français, qui aurait dû être le garant de l’unité nationale et du respect de toutes les composantes de la société, vient de réduire le Maroc à une carte postale, à une destination de vacances pour Européens en quête de dépaysement, à un pays de second rang voire de 3è rang où on va se reposer mais où on ne construit rien de sérieux,

rien d’important, rien qui va vraiment la peine. C’est méprisant, profondément méprisant, c’est insultant, gravement insultant. C’est inacceptable. Totalement inacceptable. Cette phrase d’Hollande charit un imaginaire colonial, toute une hiérarchie implicite des peuples et des nations, toute une vision du monde où l’Occident serait au centre, au sommet et où le reste, particulièrement l’Afrique et le monde arabe, serait à la périphérie en bas de l’échelle. Bon, pour le folklore, le tourisme exotique, mais pas pour les choses sérieuses. C’est exactement ce

genre de mépris ordinaire de racisme à peine voilé, de condescendance post-coloniale qui pourrit encore trop souvent les relations entre la France et ses anciennes colonies entre l’Europe et l’Afrique, Mbappé sans la colère montée en lui. Une colère froide, une colère maîtrisée, mais une colère bien réelle. Il aurait pu se taire.

 Il aurait très bien pu sourire poliment, serrer la main d’Hollande en le remerciant pour la conversation et s’éclips discrètement vers un autre groupe, vers un autre salon, loin de cet homme et de ses propos nausés à bon. Il aurait pu laisser passer, comme on laisse passer tant de remarques déplacées, tant de pics racistes à peine voilé, tant de condescendan ordinaire qui émaillent le quotidien de millions de Français issus de l’immigration.

 Il aurait pu faire comme tous ces autres invités présents qui ont entendu la remarque mais qui préfèrent détourner le regard, changer de sujet, faire comme si de rien n’était par l’acheter, par conformisme social, par peur de créer un escandre. Mais non, pas cette fois, pas ce soir, pas sur ça, pas sur un sujet aussi fondamental, pas quand il s’agit de son identité, de ses racines, de son histoire familiale, de la dignité d’un peuple entier.

 Mbappé a trop de respect pour lui-même, trop de respect pour son père, trop de respect pour tous ces marocains et ses Français d’origine marocaine qui le considère comme un modèle pour laisser passer une telle insulte. Il sait que s’il se tait maintenant, il le regrettera. Il sait que s’il ne réagit pas, il trahira tout ce quoi il croit.

 Il sait que ce moment est important, qu’il dépasse sa simple personne en qu’il a une portée symbolique énorme. Alors Mbappé inspire profondément. Une longue inspiration qui remplit ses poumons d’air qui lui donne de l’énergie qui le prépare à ce qu’il va faire.

 Il ferme brièvement les yeux comme pour se recentrer, pour rassembler ses pensées, pour choisir ses mots avec soin. Car il sait que tout ce qu’il va dire maintenant sera scruté, analysé, commenté, répété. Il sait qu’il est en train de vivre un de ces moments charnières qui peuvent définir une vie. Il pose délicatement son verre de champagne sur une table basse à proximité. Un geste lent, mesuré qui attire l’attention de tous.

 Il se redresse légèrement, grandissant encore dans la posture, les épaules en arrière, le menton relevé. Il a cette prestance naturelle des grands champions. Cet aura qui impose le respect sans qu’il ait besoin de hausser le ton. Et il regarde Hollande droit dans les yeux avec une intensité qui fait froid dans le dos.

 Un regard qui ne sile pas, qui ne baisse pas, qui ne fuit pas. Un regard qui dit “Attention, vous venez de franchir une ligne et vous allez devoir assumer.” Autour d’eux, les conversations se sont arrêtées nettes. Tout le monde sent que quelque chose d’inhabituel est en train de se passer.

 Quelque chose d’important, quelque chose d’inattendu dans ce genre de soirée où tout est normalement policé, contrôlé, asceptisé. Les vers s’immobilisent à mi-chemin des lèvres, les sourires se figent. Les regards convergents vers Mbappé et Hollande, un silence pesant, presque palpable, envahit le salon et Mbappé parle. d’une voix posée, d’une voix claire, d’une voix ferme, sans agressivité mais sans l’on d’une faiblesse.

 Chaque mot est pesé, chaque phrase est construite, chaque argument est solide. C’est un homme qui a réfléchi, qui sait ce qu’il veut dire, qui a la conviction chevillée au corps. Monsieur le président, avec tout le respect que je vous dois et croyez-moi, j’ai énormément de respect pour la fonction que vous avez occupé, pour l’institution que vous avez représenté pendant 5 ans. Je ne peux pas 

laisser passer ce que vous venez de dire. Je ne peux pas. Ce serait me trahir moi-même. Ce serait trahir mon père. Ce serait trahir des millions de personnes. Le Maroc, monsieur le président, ce n’est pas juste un lieu de vacances. Ce n’est pas juste une destination exotique où on va bronzer sur une plage de sable fin en sirotant un cocktail.

 Ce n’est pas juste un décor de carte postale pour touristes européens en quête de dépaysement bon marché. Mbappé marque une pause. Il laisse ses premiers mots raisonner dans le silence du salon. Autour de lui, personne ne bouge, personne n’ose l’interrompre. Tous sentent qu’ils sont en train d’assister à quelque chose d’historique, à un de ces moments rares où quelqu’un ose dire tout haut ce que tant d’autres pense tout bas. Mbappé reprend sa voix gagnant en intensité sans pour autant hausser le ton.

 Le Maroc, c’est un pays qui a une histoire, une histoire millénaire, monsieur le président. Une histoire qui remonte à l’antiquité bien avant que nos nations européennes modernes n’existent. Le Maroc, c’est l’héritier de civilisations brillantes.

 C’est la terre des berbères, ces peuples amaziges qui ont su préserver leur culture à travers les siècle. C’est la terre qui a vu naître des dynasties puissantes comme les Almoravides, les Almohades, les Mérinides. Des dynasties qui ont régné sur des territoires immenses, qui ont construit des villes magnifiques, qui ont fait rayonner la culture, les sciences, les arts. Mbappé sans qu’il a capté l’attention de tous.

 Même Hollande, malgré son embarras visible, l’écoute sans l’interrompre. Le jeune footballeur continue sa passion transparaissant dans chaque mot. Le Maroc, monsieur le président, c’est le pays qui abrite Fess, l’une des plus anciennes universités du monde. L’université Alquaraoin, fondée en 859, reconnue par l’UNESCO et le Guinness des records comme la plus ancienne université en activité continue dans le monde. Pendant que l’Europe médiévale sortait à peine des invasions barbares, Fess était déjà un centre intellectuel

rayonnant où on enseignait les mathématiques, l’astronomie, la médecine, la philosophie. Le Maroc, c’est Marrakech, la ville rouge, avec sa place GMA Elfna inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, son jardin majorel, ses palais somptueux, c’est Casablanca et son architecture harddeco unique.

 C’est Rabata, capitale moderne et historique à la fois. C’est Tessa Essaira, perle de l’Atlantique. C’est chef Chawin, la ville bleue nichée dans les montagnes du RIF. Mbappé voit que certains invités hochent discrètement la tête approuvant ses propos. Il sent qu’il n’est pas seul, que son message raisonne. Il poursuit avec encore plus de conviction.

 Le Maroc, c’est une culture riche, diverse, profonde. C’est une tradition d’hospitalité légendaire connue dans le monde entier. C’est une gastronomie raffinée qui va bien au-delà du simple tajine que vous évoquiez. C’est une musique envoûtante du gnawa au shahabi en passant par l’Andalou. C’est un artisanat d’exception.

 Des tapis berbères au poterie de sa fille, des cuirs de fesses au bijoux berbère. C’est une littérature riche avec des auteurs reconnus internationalement comme Tahar Benelun Prix goncour. C’est un cinéma émergent qui fait parler de lui dans les festivals internationaux. La voix de Mbappé se fait plus personnelle, plus intime. Il touche maintenant au cœur de son identité.

 Le Maroc, monsieur le président, c’est le pays d’origine de mon père. C’est une partie de moi. C’est dans mes veines, dans mon cœur, dans mon identité. Quand je regarde mon père, je vois le Maroc. Quand je pense à mes racines, je pense au Maroc. Quand je réfléchis à ce que je suis, le Maroc est là, présent, indissociable de mon être.

 Et réduire tout ça, toute cette richesse, toute cette histoire, toute cette culture, toute cette dignité, à une simple blague de comptoir, à une destination touristique sans importance, c’est manqué de respect. C’est manqué profondément de respect. Mbappé sent l’émotion montée, mais il la contrôle parfaitement.

 Il ne veut pas paraître trop émotif, ce qui pourrait être interprété comme une faiblesse. Il veut rester dans l’argumentation rationnelle tout en laissant transparaître sa conviction profonde. Pas seulement à moi, monsieur le président, pas seulement à Kylian Mbappé, le footballeur que vous avez devant vous, mais à des millions de personnes.

 Des millions de Marocains qui sont fiers de leur pays, de leur histoire, de leur culture. Des millions de Français d’origine marocaines qui vivent dans ce pays, qui contribuent à sa richesse, à son dynamisme, à sa diversité. Des millions d’êtres humains qui méritent la considération, le respect, la dignité. Des gens qui travaillent dur, qui élèvent leurs enfants, qui perd leurs impôts, qui participent à la vie de la nation française sans jamais renier leurs origines, sans jamais tourner le dos à leur culture première.

 Le silence qui suit ses paroles est écrasant, pesant comme du plomb. On pourrait entendre une mouche voler dans ce salon d’ordinaire s’y animé. Les visages se sont figés dans des expressions variées. Certains invités affichent une mine grave conscient de la portée des mots qu’ils viennent d’entendre.

 D’autres détournent le regard embarrassé d’être témoin de cette confrontation. Quelques-uns osent des hochements de tête discrets approuvant silencieusement Mbappé. D’autres encore fixent leurs chaussures ne sachant où se mettre. Personne ne s’attendait à ça. Absolument personne. Dans ce genre de soirée mondaine, on ne contredit pas un ancien président. On ne lui tient pas tête.

 On ne le remet pas à sa place publiquement. Ce n’est tout simplement pas dans les codes. Et pourtant là, sous leurs yeux, un jeune homme de 25 ans, certes une star mondiale du football, mais qui reste un jeune homme issu d’un quartier populaire, vient d’oser l’impensable. Il vient de tenir tête à François Holland.

 Il vient de lui donner une leçon de dignité et de respect. Hollande, visiblement pris complètement au dépourvu par cette réaction qu’il n’avait absolument pas anticipé, tente maladroitement de détendre l’atmosphère devenue électrique. Son visage a pris une teinte rosée, mélange d’embarras et peut-être aussi d’alcool.

 Il lève la main dans un geste d’apaisement qu’il veut rassurant. Un sourire gêné aux lèvres qui ressemble plus à une grimace qu’à une expression de bonne volonté. Oh, Kilian, voyons, ne te fâche pas comme ça. C’était juste une boutade, tu sais bien. Une simple plaisanterie entre nous. Je ne voulais absolument pas, mais Mbappé ne le laisse pas finir sa phrase.

 Il coupe la parole à l’ancien président avec une assurance déconcertante, une autorité naturelle qui surprend tout le monde. Parce que Mbappé n’est plus le jeune homme timide qui se contentait de jouer au football. Il est devenu un homme conscient de sa valeur, de son influence, de sa responsabilité sociale. Non, monsieur le président, non, ce n’était pas une boutade.

 Et je vais vous expliquer pourquoi. Parce qu’une vraie boutade, elle fait rire tout le monde. Elle est légère, bienveillante. Elle crée du lien au lieu de le détruire. Elle ne blesse personne, elle ne rabaisse personne. Elle ne méprise personne. Elle rassemble au lieu de diviser. Là, ce que vous avez dit, regardez autour de vous.

 Regardez les visages de ces gens. Vous voyez quelqu’un qui rit ? Vous voyez quelqu’un qui trouve ça drôle ? Vous voyez de la joie sur ses visages ? Non, vous ne voyez que de la gêne, de l’embarras, du malaise. Parce que tout le monde ici, absolument tout le monde, a compris que ce que vous venez de dire franchissait la ligne, que ce n’était pas de l’humour, mais du mépris.

 Mbappé marque une nouvelle pause, laissant le poids de ses paroles faire effet. Il observe Hollande qui se tortille maintenant, cherchant visiblement une issue à cette situation embarrassante, mais Mbappé n’a pas l’intention de lui faciliter les choses, pas après ce qu’il vient d’entendre, parce que derrière vos mots, monsieur le président, derrière cette soi-disant plaisanterie, il y a autre chose.

 Il y a quelque chose de plus profond, de plus sombre, de plus problématique. Il y a un mépris. Un mépris que beaucoup trop de gens dans ce pays et ailleurs ressentent au quotidien. Un mépris qu’on a trop longtemps laissé passer sous prétexte que c’était juste de l’humour. Juste des blagues, juste du second degré.

 Ce mépris qui dit qu’il y a des pays qui comptent et d’autres qui ne comptent pas. Des cultures qui méritent le respect et d’autres qu’on peut rabaisser tranquillement autour d’un verre sans conséquence. Des peuples qui ont de la valeur et d’autres qu’on peut mépriser impunément. Des gens qui sont dignes et d’autres qui sont juste bons pour servir, pour divertir, pour être exotique.

 La voix de Mbappé monte légèrement mais reste parfaitement contrôlée. Il ne crie pas, il ne s’emporte pas mais l’intensité de son propos est palpable. Chaque mot raisonne comme un coup de marteau. Moi, je refuse ça, monsieur le président. Je refuse ce mépris. Je refuse cette hiérarchie implicite des dignités humaines.

 Je refuse cette vision du monde où l’Europe serait au centre, au sommet et où le reste du monde, particulièrement l’Afrique et le monde arabe, serait à la périphérie en bas de l’échelle. Je refuse cette mentalité post-coloniale qui persiste encore aujourd’hui en 2024 alors que nous devrions avoir dépassé tout ça depuis longtemps parce que personne, absolument personne sur cette terre, ne mérite d’être réduit à un cliché, à un stéréotype, à une caricature.

 Chaque pays a sa dignité, chaque culture a sa valeur, chaque peuple mérite le respect. Autour d’eux, l’atmosphère est devenue presque irrespirable tant la tension est forte. Certains invités commencent à hocher la tête plus franchement, n’essayant plus de cacher leur approbation. Un ministre d’origine algérienne a les larmes aux yeux, ému par le courage de Mbappé.

 Une actrice franco-marocaine célèbre applaudit silencieusement. Un entrepreneur camerounais sourit, fier de voir un jeune défendre ainsi ses valeurs. D’autres affichent une mine grave, conscient qu’ils assistent à un moment historique parce que Mbappé n’est plus en train de défendre simplement le Maroc.

 Il est en train de dénoncer quelque chose de plus vaste, de plus systémique, de plus structurel. Il est en train de mettre des mots sur ce racisme ordinaire, sur ce mépris de classe, sur cette arrogance post-coloniale qui imprègne encore trop souvent les élites françaises, qui se transmet de génération en génération, qui se perpétuent dans les dîners mondins, dans les cercles de pouvoir, dans les décisions politiques.

 Hollande, le visage maintenant franchement rouge, tente encore une fois de minimiser la situation. Il balbussit, cherche ses mots, essaie de se rattraper aux branches. Sa voix a perdu de sa superbe de son assurance habituelle. Kylian, je je comprends ta réaction vraiment, mais je t’assure, je ne voulais vraiment vraiment pas te blesser. Ce n’était absolument pas mon intention.

 Tu dois me croire. J’ai le plus grand respect pour le Maroc, pour sa culture, pour son peuple. J’ai moi-même visité le pays plusieurs fois. J’ai Mais Mbappé l’interrompt une nouvelle fois et cette fois il élève légèrement la voix. Pas pour crier, pas pour agresser, mais pour marquer le coup, pour que ces mots portent encore plus loin, pour que personne ne puisse prétendre ne pas avoir entendu.

 Vous ne vouliez pas me blesser, alors pourquoi le faire ? Pourquoi utiliser des mots qui rabaissent, qui humilien, qui exclutent, qui méprisent ? Si vous ne vouliez pas blesser, il fallait réfléchir avant de parler, monsieur le président. Il fallait mesurer vos mots. Il fallait penser aux conséquences. Parce que les mots, monsieur le président, les mots ont un pouvoir immense.

 Les mots peuvent construire ou détruire. Les mots peuvent élever ou abaisser. Les mots peuvent rassembler ou diviser. Les mots peuvent te guérir ou blesser. Mbappé sans qu’il touche à l’essentiel de son message. Il veut que cette leçon serve, qu’elle marque les esprits, qu’elle fasse réfléchir, qu’elle change peut-être quelque chose dans les mentalités.

 Vous savez, monsieur le président, j’ai grandi à Bondi dans un quartier populaire de scène Saint-Denis dans ce qu’on appelle pudiquement les quartiers défavorisés mais qui sont en réalité des quartiers riches. Riches de diversité, riches de culture, riches d’humanité. Là-bas, dans mon quartier, on m’a appris des valeurs essentielles.

 Des valeurs qui me guident encore aujourd’hui, qui font de moi l’homme que je suis. On m’a appris le respect, le respect de l’autre, le respect de ses origines, le respect de son histoire, le respect de ses différences. On m’a appris que peu importe d’où tu viens, peu importe la couleur de ta peau, peu importe ta religion ou ton origine, tu mérites le respect.

 C’est la base, c’est le minimum, c’est ce qui permet de vivre ensemble, de construire ensemble, d’avancer ensemble. Mbappé voit que son message passe, que les gens l’écoutent vraiment, que même Hollande, malgré son embarras, ne peut qu’acquiisser silencieusement. Il continue, sa voix se faisant plus personnelle encore, “Mon père m’a toujours dit : “Ne laisse jamais personne te manquer de respect, ni t’en manquer.

 Reste digne quoi qu’il arrive.” Et là, monsieur le président, ce que vous avez dit, ce n’est pas respectueux. C’est même profondément irrespectueux. Alors, je vous demande devant tous ces gens qui nous écoutent, devant tous ces témoins, de mesurer vos mots à l’avenir, de réfléchir avant de parler, de penser aux conséquences de ce que vous dites.

 Parce que des mots, ça peut faire mal, vraiment mal. Des mots, ça peut blesser profondément. Des mots, ça peut détruire des vies, briser des âmes. Des mots, ça peut alimenter la haine, le racisme, la discrimination. Des mots, ça peut légitimer le mépris, normaliser l’inacceptable.

 Et un homme de votre stature, un homme qui a dirigé ce pays pendant 5 ans, un homme qui a représenté la France aux yeux du monde, se doit d’être exemplaire, se doit d’être irréprochable, se doit d’incarner les valeurs de la République que nous aimons tous. Mbappé marque une dernière pause, laissant le temps à son message de bien s’imprégner dans les esprits. Puis il assène sa conclusion comme un coup final.

 Liberté, égalité, fraternité. Monsieur le président, ce sont nos valeurs républicaines, nos valeurs fondamentales, mais ces valeurs ne peuvent pas être sélectives. On ne peut pas dire liberté, égalité, fraternité, sauf pour certains. On ne peut pas brandir ces beaux principes en façade tout en pratiquant le mépris en coulisse.

 On ne peut pas prêcher le respect tout en rabaissant des peuples entiers. C’est de l’hypocrisie. Et cette hypocrisie, elle fait des dégâts, elle crée des ressentiments, elle alimente les divisions, elle fracture notre société. Alors oui, monsieur le président, je vous demande de faire attention à vos mots pour vous, pour moi, pour tous ceux qui nous écoutent, pour tous ceux que vos paroles peuvent de blesser, pour tous ceux qui méritent mieux que le mépris.

 Le dernier mot claque dans le silence du salon comme un coup de fouet, un coup de fouet magistral. Mbappé vient de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas depuis si longtemps. Il vient de briser l’omerta qui règne dans ses cercles de pouvoir.

 Il vient de dénoncer cette hypocrisie qui consiste à brandir les valeurs républicaines en façade tout en pratiquant le mépris en coulisse. Il vient de mettre des mots sur ce racisme systémique qui imprègne encore trop souvent les élites françaises. Et surtout, il vient de prouver qu’il est possible de tenir tête au pouvoir, qu’il est possible de dire non, qu’il est possible de défendre sa dignité sans baisser les yeux.

 Hollande, complètement déstabilisé, le visage cramoisie, ne trouve plus ses mots. Il bredouille quelques phrases incohérentes, des excuses maladroites qui sonnent creux, des tentatives pathétiques de sauver la face, mais personne ne l’écoute vraiment.

 Tous les regards sont rivés sur Mbappé, sur ce jeune homme qui vient de grandir d’un coup, qui vient de montrer qu’il n’est pas qu’un footballeur talentueux, qu’il est aussi un homme de conviction, un homme de valeur, un homme courageux. Parce que ce jeune homme de 25 ans vient de donner une leçon magistrale, une leçon de dignité, une leçon de courage, une leçon d’humanité, une leçon que personne dans ce salon n’oubliera de si tôt.

 Un vieux diplomate, témoin, silencieux de toute la scène, s’approche discrètement de Mbappé quelques minutes plus tard. Alors que la tension commence légèrement à retomber, l’homme a passé sa vie dans les couloirs du pouvoir, à côtoyé président et ministres, a assister à des milliers de réceptions officielles, mais jamais il n’a vu quelque chose de tel.

Il glisse à l’oreille de Mbappé, sa voix trahissant une émotion sincère. Merci jeune homme. Merci infiniment d’avoir eu le courage de dire ce que beaucoup d’entre nous pensent depuis longtemps mais n’osent jamais exprimer. Vous venez de faire quelque chose d’important, d’historique même. Mbappé le regarde légèrement surpris par cette reconnaissance inattendue.

 Il répond simplement avec cette humilité qui le caractérise. Ce n’est pas du courage, monsieur, c’est juste de la dessence, de la dignité humaine élémentaire. On ne devrait pas avoir besoin de courage pour défendre le respect. Ça devrait être naturel. D’autres personnes s’approchent également.

 L’actrice franco-marocaine vient serrer la main de Mbappé, les yeux encore humides. Tu nous as rendu fier. Tu as dit ce qu’on n’ose pas dire. Merci. L’entrepreneur camerounais lui donne une accolade chaleureuse. Tu es un exemple jeune homme. Continue comme ça. Même certains politiques se présent, pourtant habitués à la langue de bois et aux compromissions, viennent discrètement féliciter Mbappé pour son courage. Vers minuit, Mbappé décide de quitter la soirée. L’incident a jeté un froid.

 L’ambiance festive a laissé place à une atmosphère pesante, chargée de tension et de gène. Il n’a plus envie de rester dans ce lieu parmi ces gens. Il salue poliment quelques personnes, vite soigneusement Hollande qui l’aperçoit dans un coin entouré de quelques fidèles, tentant maladroitement de le réconforter et se dirige vers la sortie.

 Tête haute, regard fier, démarche assurée. Il ne cherche pas les applaudissements, il ne cherche pas la reconnaissance médiatique, il ne cherche pas à capitaliser sur cet incident. Il a juste fait ce qu’il devait faire, ce que sa conscience lui dictait de faire, défendre ce qui lui est cher.

 Rappeler à tous que le respect ne se négocie pas, que la dignité n’a pas de prix, que personne, absolument personne, n’a le droit de mépriser l’identité d’autrui. Dans les heures qui suivent, l’histoire commence à filtrer. Malgré le caractère privé de la soirée, plusieurs invités racontent l’incident à leurs proches qui eux-mêmes le partagent, créant un effet domino.

 Quelqu’un a discrètement filmé une partie de l’échange avec son téléphone portable. La vidéo d’abord partagée sur WhatsApp se retrouve rapidement sur Twitter puis sur toutes les plateformes sociales. En quelques heures, elle devient virale. Des millions de vues, des centaines de milliers de partages, des dizaines de milliers de commentaires.

 L’algorithme fait son œuvre propulsant l’incident au sommet des tendances. Les réactions explosent de toutes parts. Sur les réseaux sociaux, c’est le feu. Des milliers de commentaires enflammés s’accumulent à chaque seconde. Mbappé légende et ne respecte absolu. Voilà un homme, il a osé dire ce que personne n’ose dire. Bravo Kylian, tu nous rends fier.

 Les hashtags Mbappé V Zollande et respect dignité mes prix post-colonial envahissent Twitter. Des mêmes circulent transformant l’incident en phénomène culturel. Des débats enflammés se déroulent sur tous les plateaux télé. Les chaînes d’information continuent n’ont que ça à la bouche.

 Des experts en communication sont invités pour analyser chaque mot, chaque geste, chaque expression faciale. Les politiques se divisent évidemment à gauche. On applaudit majoritairement le courage de Mbappé. Il a mis le doigt sur un problème réel de notre société, déclare un député de la France insoumise. Mbappé a raison de dénoncer le mépris postcolonial qui imprègne encore nos élites ajoute une écologiste.

 À droite, les réactions sont plus nuancées. Certains défendent Hollande argant que c’était effectivement juste une blague qui a mal tourné. On ne peut plus rien dire dans ce pays. Ce lament un éditorialiste conservateur. Mbappé est trop susceptible, renchérit un chroniqueur réactionnaire.

 À l’extrême droite, évidemment, on critique violemment Mbappé, l’accusant de communautarisme et de victimisation. Mais ces voix sont minoritaires et largement condamnées. Les éditorialistes s’en donnent à cœur joie. Des tribunes enflammées paraissent dans tous les grands journaux.

 Quand Mbappé donne une leçon de République à Hollande, titre libération, “Le football enseigne le respect à la politique”, écrit le monde. Mbappé, héros d’une génération en quête de dignité, analyse l’OBS. Même les journaux étrangers s’emparent de l’affaire. Le New York Times consacre un long article à l’incident. La BBC en fait son sujet principal. Al Jazzira diffuse largement les images.

 Le monde entier découvre ce moment où un jeune footballeur a tenu tête à un ancien chef d’État du Maroc. Les réactions sont unanimes et enthousiastes. Mbappé devient instantanément un héros national vénéré comme jamais. Les médias marocains ne parle que de ça pendant des jours. Les images de sa réponse à Hollande sont diffusées en boucle.

 Des émissions spéciales sont organisées pour analyser l’incident. Sur les réseaux sociaux marocains, c’est l’explosion. Mbappé défend le Maroc. Un vrai lion. Il est des nôtres. Respect éternel. Le roi du Maroc lui-même envoie un message de remerciement par voie diplomatique saluant son courage et sa fidélité à ses racines.

 Des supporters marocain organise des rassemblements de soutien devant les ambassades de France. Mais les réactions viennent aussi d’ailleurs. D’Afrique sub-saharienne où tant de pays ont connu la colonisation française et subissent encore ce même mépris. D’Algérie, de Tunisie, de Mauritanie, du Mali, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, les messages de soutien afflu.

 Mbappé reçoit des milliers de messages d’encouragement. Des personnalités africaines prennent la parole pour le remercier. Des intellectuels africains saluent de son courage. Des artistes lui déditent des chansons. Il devient le symbole d’une génération africaine qui refuse le néocolonialisme, qui refuse d’être méprisé, qui exige le respect.

 Et dans les quartiers populaires de France abondit évidemment, mais aussi à Marseille, à Lyon, à Toulouse, à Lille, à Strasbourg, partout où vivent ces jeunes Français issus de l’immigration, Mbappé devient un symbole encore plus puissant qu’il ne l’était déjà. Le symbole d’une génération qui refuse de se taire, qui refuse de baisser les yeux devant le pouvoir, qui refuse d’accepter l’inacceptable, qui exige sa place dans la société française sans avoir à renier ses origines.

 Dans les cités, son nom devient synonyme de fierté et de résistance. Des fresques murales à son effigie apparaissent. Des jeunes le prennent en modèle, non plus seulement pour ses exploits sportifs, mais pour son courage moral. Quelques jours plus tard, lors d’une conférence de presse programmée avant un match important, Mbappé est évidemment interrogé sur l’incident devenu l’événement médiatique de la semaine.

 Les journalistes se bousculent, c’est pour poser leurs questions. Mbappé, calme comme toujours face au médias, répond avec cette même assurance tranquille qu’il avait au palais de l’Élysée. Écoutez, je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit ce soir-là. Je reste entièrement sur mes positions. Le respect des personnes, le respect des cultures, le respect des identités, c’est non négociable.

 Ce n’est pas quelque chose qui se marchande. Ce n’est pas quelque chose sur quoi on peut faire des compromis. Et je continuerai toujours, toute ma vie à défendre ses valeurs, quoi qu’il m’en coûte. Même si ça doit me valoir des critiques, même si ça doit me créer des problèmes, même si ça doit me fermer certaines portes, peu m’importe.

 Il y a des choses plus importantes que le confort social ou la tranquillité. Il y a la dignité, il y a l’intégrité, il y a la cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. Je ne changerai jamais là-dessus, un journaliste insiste. Certains disent de que vous avez été trop dur avec François Hollande que vous auriez pu régler ça en privé plutôt que publiquement. Mbappé le regarde droit dans les yeux avant de répondre.

 Quand quelqu’un vous manque de respect publiquement, vous avez le droit de répondre publiquement. Hollande n’a pas eu de scrupule à faire sa remarque devant tout le monde. Pourquoi aurais-je dû me taire et aller le voir en privé ? Pour préserver son confort ? Pour éviter de le mettre mal à l’aise ? Non.

 Le temps où on demandait aux victimes de racisme et de mépris de se taire pour ne pas déranger et révolu. Terminé, cette époque est derrière nous. Une autre journaliste demande : “Pensez-vous que François Hollande vous doit des excuses ?” Mbappé réfléchit quelques secondes avant de répondre : “Ce n’est pas à moi qu’il doit des excuses, c’est à tous les Marocains, c’est à tous les Africains.

 C’est à tous ceux qui l’a offensé avec ses propos. Moi, je n’ai été que le porte-voie. J’ai juste dit ce que des millions de personnes pensent mais ne peuvent pas toujours exprimer faute de plateforme médiatique. Cette phrase, aussi simple soit-elle, résume parfaitement tout. Mbappé ne se vit pas comme un héros. Il ne cherche pas la gloire personnelle dans cet incident.

 Il s’est simplement comporté comme un relais, comme un amplificateur de voix qui ne sont pas toujours entendu. Il a utilisé sa notoriété, sa plateforme et son influence pour dire ce qui devait être dit. Et c’est précisément cette humilité, cette conscience de son rôle social qui le rend encore plus admirable.

 Dans les semaines qui suivent, l’incident continue de faire parler. Des universitaires s’en emparent pour analyser les questions de racisme post-colonial dans les élites françaises. Des sociologues y voient un symptôme des tensions identitaires qui traversent la société française.

 Des historiens replacent l’événement dans le contexte plus large des relations franco-africaines et franco-maghébines. Des livres sont même commandés pour explorer en profondeur les questions soulevées par cette confrontation. Hollande de son côté finit par présenter des excuses publiques dans une tribune publiée dans le monde. Des excuses tardives, un peu forcées, mais des excuses quand même.

 J’ai eu des propos malheureux qui ont pu blesser. Ce n’était pas mon intention, mais je comprends que l’impact de mes mots dépasse mes intentions. Je présente mes excuses à tous ceux que j’ai pu offenser. Des excuses qui ne satisfont pas grand monde. sujet trop minimisante, tropé sur ses intentions plutôt que sur l’impact réel de ses propos, mais qui ont au moins le mérite d’exister.

 Et l’histoire retiendra qu’un soir de mars 2024 au palais de l’Élysée lors d’une soirée de gala réunissant l’élite française, un jeune homme de 25 ans a tenu tête à un ancien président de la République qu’il l’a fait avec une classe rare, avec une fermeté impressionnante, avec une éloquence qui a surpris tout le monde, qu’il a défendu l’honneur d’un pays, la dignité d’une culture, le respect d’une identité, qu’il a rappelé à tous et particulièrement au puissant qui se croi tout permis que le vrai courage, ce n’est pas de dominer les faibles, ce

n’est pas d’exercer son pouvoir sans contrainte. Ce n’est pas de mépriser ceux qui ne peuvent pas se défendre. Non, le vrai courage, c’est de défendre ceux qui n’ont pas de voix. C’est de refuser l’injustice même quand elle ne vous touche pas directement.

 C’est de rester fidèle à ses valeurs, même quand tout vous pousse à vous taire, à vous conformer, à accepter l’inacceptable pour préserver votre tranquillité. Mbappé ce soir-là n’a pas seulement marqué les esprits. Il n’a pas seulement créé un buzz médiatique qui a duré des semaines. Il n’a pas seulement gagné l’admiration de millions de personnes à travers le monde.

 Non, il a fait quelque chose de plus profond, de plus durable, de plus important. Il a marqué l’histoire avec un grand H. Il a montré qu’il est possible de réussir au plus haut niveau tout en restant fidèle à ses racines, à ses valeurs, à son identité. Il a prouvé qu’on peut être une star mondiale sans renier d’où l’on vient.

 Il a démontré que la célébrité peut être mise au service de cause justes, qu’elle peut amplifier des voix qui ne sont pas entendues, qu’elle peut faire bouger les lignes. Et pour des millions de jeunes français issus de l’immigration, pour tous ces enfants et adolescents des quartiers populaires qui le regardent comme un modèle, Mbappé est devenu bien plus qu’un footballeur exceptionnel.

 Il est devenu un symbole de dignité, de fierté, de résistance face au mépris. Un exemple vivant qu’il est possible de s’affirmer sans s’excuser, de réussir sans s’assimiler, de briller sans trahir. Cette nuit-là, au palais de l’Élysée, Kyan Mbappé a inscrit son plus beau but.

 Pas sur un terrain de football, pas dans une compétition sportive, mais dans le match bien plus important de la dignité humaine, du respect mutuel, de la justice sociale. Un but que personne n’oubliera. Un but qui raisonnera longtemps dans les mémoires. Un but qui peut-être aura contribué à faire évoluer les mentalités, à combattre le racisme ordinaire, à construire une société plus juste et plus respectueuse.

 Voilà l’histoire de cette soirée de mars 2024 où Hollande s’est moqué du Maroc devant Mbappé et où la réponse du jeune footballeur a surpris, ému et inspiré le monde entier.