Madrid. Dans le silence feutré de son bureau, seulement troublé par le tic-tac d’une vieille horloge, Zinedine Zidane a appris une nouvelle qui allait profondément le bouleverser. Biyuna, immense figure de l’art algérien, femme libre, comédienne, chanteuse, humoriste et symbole d’audace, venait de s’éteindre. Pour l’ancien numéro 10 des Bleus, ce n’était pas seulement une artiste qui disparaissait, mais une voix, une conscience, une amie.

Peu de gens connaissaient l’intensité du lien qui unissait Zinedine Zidane à Biyuna. Leur rencontre, survenue quelques mois plus tôt lors d’un gala caritatif en faveur des victimes du séisme en Algérie, avait immédiatement dépassé le cadre protocolaire. Ce soir-là, dans les coulisses d’un théâtre parisien, deux destins se sont reconnus. Deux enfants d’Algérie devenus, chacun à sa manière, des ponts entre les cultures, entre les peuples, entre les mémoires.

« Nous sommes des ambassadeurs malgré nous », lui avait confié Biyuna ce soir-là, avec ce sourire malicieux qui masquait déjà la fatigue de la maladie. Zidane, habitué aux projecteurs et aux honneurs, avait été frappé par la lucidité et l’humilité de cette femme qui avait marqué des générations sans jamais renoncer à sa liberté.

Mais c’est lors de leur dernière conversation téléphonique, trois semaines avant sa mort, que Biyuna allait confier à Zidane ce qui résonne aujourd’hui comme un véritable testament spirituel. Sa voix, affaiblie par la maladie, n’avait pourtant rien perdu de sa force.

« Restez libre, restez digne et surtout n’oubliez jamais de rire. Le rire, c’est la plus belle résistance contre tout ce qui veut nous abattre. »

Ces mots, Zidane les répète encore avec émotion. Ils ne sont pas une simple phrase, mais une philosophie de vie. Une leçon transmise par une femme qui, jusqu’à son dernier souffle, a refusé l’amertume, la peur et la résignation.

Biyuna savait que la fin approchait. Elle n’en faisait pas un drame. À Zidane, elle parlait de gratitude, de transmission, d’héritage. « Quand on a eu la chance de faire rire les gens, de leur donner un peu de bonheur, on n’a pas le droit de partir dans la colère. On part en souriant », lui avait-elle confié.

Ce rapport apaisé à la mort a profondément marqué l’ancien champion du monde. Lui qui a toujours incarné la combativité et l’exigence, découvrait une autre forme de courage : celui de l’acceptation sereine. « Elle m’a appris que la vraie force n’est pas de lutter contre l’inévitable, mais de transformer la douleur en beauté », confiera-t-il plus tard à ses proches.

Au fil de leurs échanges, Biyuna avait également insisté sur un message qui lui tenait particulièrement à cœur : l’identité multiple n’est pas une faiblesse, mais une richesse. « J’ai aimé l’Algérie et j’ai aimé la France. Ces deux amours ne se sont jamais opposés. Ils se sont nourris l’un l’autre », disait-elle. Une phrase qui fait écho au parcours même de Zidane, souvent érigé en symbole de cette double appartenance assumée.

Consciente de l’aura et du respect dont jouit Zidane à travers le monde, Biyuna l’avait choisi pour porter ses dernières paroles. « Quand vous parlez, les gens écoutent », lui avait-elle dit avec une gravité douce. Elle voulait que son message dépasse sa propre disparition, qu’il inspire les jeunes, les artistes, les femmes, tous ceux qui doutent.

Le lendemain de l’annonce de son décès, Zidane a pris une décision forte : organiser une conférence de presse exceptionnelle. Pas pour parler de football, mais pour honorer la mémoire de celle qu’il décrira comme « une héroïne de la vie ». Devant des journalistes venus du monde entier, l’émotion était palpable. Certains avaient les larmes aux yeux en entendant Zidane relayer les mots de Biyuna, fidèlement, sans emphase inutile.

« Elle ne voulait pas qu’on se souvienne d’elle comme d’une victime de la maladie, mais comme d’une femme qui a vécu intensément jusqu’au bout », a-t-il déclaré. Une phrase qui résume parfaitement l’esprit de l’artiste.

Depuis cette prise de parole, les réactions se multiplient. En France, en Algérie, mais aussi bien au-delà, les réseaux sociaux se sont emparés de ces paroles devenues virales. Artistes, anonymes, jeunes créateurs, sportifs, tous saluent la dignité de l’hommage et la puissance du message.

Pour beaucoup de femmes algériennes, Biyuna reste une pionnière. Elle a osé être libre dans un monde qui ne l’était pas toujours, directe dans une société conservatrice, authentique dans un univers souvent formaté. Zidane n’a jamais cessé de le rappeler : « Elle a donné une dignité immense aux femmes, simplement en restant elle-même. »

Lors de ses funérailles à Alger, une foule immense s’est rassemblée. Et lorsque ses dernières paroles ont été reprises en chœur — « Restez libre, restez digne et n’oubliez jamais de rire » — beaucoup ont compris que Biyuna avait gagné son pari : laisser derrière elle bien plus que des œuvres, mais une trace humaine indélébile.

Pour Zinedine Zidane, cette rencontre restera l’une des plus marquantes de sa vie. « Elle m’a appris que la vraie grandeur ne se mesure pas aux trophées, mais à l’héritage humain que l’on laisse », confiera-t-il en privé.

Biyuna est partie. Mais son rire, comme elle l’avait promis, continue de résonner. Et grâce à celui qu’elle avait choisi pour porter sa voix, son message traverse désormais les frontières, le temps et les générations.