Une femme riche engage une domestique timide et un soir, elle la surprend en train de chanter avec exactement la voix de sa sƓur dĂ©cĂ©dĂ©e. Une nuit pluvieuse dans une grande villa au cƓur de la gosse, une femme riche et puissante, [musique] LĂ©onie, Ă©tait en train de parcourir les pages de son ordinateur dans son bureau, absente comme souvent depuis la mort tragique de sa sƓur jumelle, Camille.

 Depuis ce drame, il y avait un vide dans sa vie qu’aucune richesse ne pouvait combler. LĂ©onie, [musique] bien qu’entourĂ© de domestiques et de gens Ă  son service, vivait dans une solitude immense. Pour allĂ©ger un peu son quotidien, elle avait engagĂ© InĂš, une jeune [musique] domestique timide venant d’un village Ă©loignĂ©. Iness avait l’air rĂ©servĂ©, effacĂ©, mais LĂ©onie, qui observait les moindres dĂ©tails des gens qui l’entouraient, remarqua en elle une sensibilitĂ© particuliĂšre.

 [musique] Un soir, alors que la pluie martelait le toit de la maison, LĂ©onie entendit une voix douce s’Ă©levait [musique] du salon. Ce n’Ă©tait pas un chant ordinaire. C’Ă©tait une mĂ©lodie envoĂ»tante, presque [musique] divine, qui semblait lui percer le cƓur. LĂ©on s’arrĂȘta net. Un frisson d’inquiĂ©tude lui parcourut les chines. C’Ă©tait la voix de Camille.

 Sa sƓur disparut depuis 3 ans dans un accident de voiture. Elle s’Ă©lança hors du bureau, se prĂ©cipitant dans le salon d’oĂč Ă©manait cette voix [musique] cĂ©leste. InĂš, seule dans la piĂšce, chantait en fermant les yeux. Une douceur infinie dans chaque note. LĂ©onie se figea sur le seuil, incapable [musique] de prononcer un mot.

 Les larmes lui montĂšrent instantanĂ©ment aux yeux. C’Ă©tait la mĂȘme voix, le mĂȘme timbre qu’elle avait entendu des milliers de fois dans sa jeunesse. Mais comment cela Ă©tait-il possible ? [musique] Camille Ă©tait morte, enterrĂ©e. InĂš, la jeune domestique, avait-elle un lien cachĂ© avec elle ? LĂ©onice [musique] avança, mais Ines, rĂ©alisant la prĂ©sence de sa maĂźtresse, cessa immĂ©diatement de chanter, rougissant [musique] et baissant les yeux.

Je je suis dĂ©solĂ© madame”, murmura-t-elle [musique] toute tremblante. LĂ©onie se teint lĂ , pĂ©trifiĂ© avant de dire d’une voix presque brisĂ©e. “InĂš, [musique] d’oĂč viens-tu ? Pourquoi cette voix ? Cette voix, c’est celle de ma sƓur.” Inessva les yeux, luttant pour cacher son trouble. Je je n’ai pas choisi ma voix, madame”, rĂ©pondit-elle, [musique] les mains jointes.

 “C’est juste que parfois quand je suis seul, je chante sans rĂ©flĂ©chir.” LĂ©on s’assit lentement dans le fauteuil du salon, les yeux Ă©carquillĂ©s, [musique] ne sachant que penser. “Ma sƓur, Camille, elle chantait toujours quand elle Ă©tait triste. Toujours. C’est c’est comme si elle Ă©tait encore lĂ .” Iness les yeux rivĂ©s au sol [musique] semblaient prise dans un tourment intĂ©rieur.

 LĂ©onie attendit un moment ses pensĂ©es se bousculant [musique] puis dit d’une voix douce mais fermement posĂ©e : “Je veux entendre Ă  nouveau ta voix Iness et cette fois je ne partirai pas.” InĂš [musique] hĂ©sita, son regard fuyant celui de sa maĂźtresse, mais finalement elle reprit doucement son champ. Les premiĂšres [musique] notes, timide, puis une mĂ©lodie plus fluide.

 presque hypnotique, envahira la piĂšce. Chaque parole semblait s’infuser dans l’air, imprĂ©gnant la piĂšce [musique] de l’Ă©motion pure et poignante que LĂ©onie avait connue dans sa jeunesse. Mais cette fois, la chanson raisonnait avec une douleur supplĂ©mentaire, [musique] une douleur que LĂ©onie connaissait bien. C’Ă©tait celle de la perte.

 La voix [musique] d’Ines, en dĂ©pit de sa puretĂ©, avait un cĂŽtĂ© tragique qui frappa LĂ©onie droite au cƓur. “C’est comme si Camille Ă©tait encore ici”, murmura LĂ©onie, les larmes coulant sur ses joues. “Ma sƓur, mais pourquoi [musique] toi Iness ? Pourquoi est-ce que toi tu as cette voix ?” Iness s’arrĂȘta brusquement, son regard [musique] fuyant.

 Elle recula d’un pas tremblante. Madame, je ne sais pas, je ne sais rien. LĂ©onnie la fixa intensĂ©ment. Une question qui brĂ»lait ses lĂšvres mais qu’elle [musique] n’osait pas poser. Pourtant, elle savait qu’elle ne pourrait jamais oublier cette voix. Cette voix d’ange qui faisait ressurgir des souvenirs enfoui et une douleur ancienne.

 Elle se leva soudainement, [musique] brisĂ©e et se tourna vers la fenĂȘtre, fixant la nuit noire qui enveloppait la maison. Il y a quelque [musique] chose que tu ne me dis pas, Iness. quelque chose que tu caches et je vais le dĂ©couvrir. [musique] Peu importe ce que cela coĂ»te. Les jours suivants, la situation devint de plus en plus [musique] Ă©trange.

 LĂ©on ne cessait de penser Ă  Iness et Ă  la voix qu’il avait tant bouleversĂ©e. Les nuits Ă©taient en pire car chaque fois qu’elle [musique] s’endormait, les mĂ©lodies chĂšres Ă  Camille revenaient en rĂȘve, toujours chantĂ© par la voix d’Inelle [musique] y pensait, plus des questions inquiĂ©tantes se formĂšrent dans son esprit.

 Il y avait quelque chose de tropmystique dans cette voix, quelque chose d’inĂ©onie, [musique] dĂ©jĂ  consumĂ© par la douleur de la perte de sa sƓur, commençait Ă  douter de la puretĂ© d’Ins. Comment une jeune [musique] fille si modeste pouvait-elle possĂ©der un don si rare, si puissant ? Était-ce une simple coĂŻncidence ou y avait-il quelque chose de plus profond Ă  dĂ©couvrir ? Un soir, aprĂšs avoir entendu Inesso, LĂ©onie dĂ©cida qu’elle ne pouvait plus [musique] attendre.

 Elle devait dĂ©couvrir toute la vĂ©ritĂ©, mĂȘme si cela signifiait s’aventurer dans un territoire obscur qu’elle n’avait jamais explorĂ©. Elle fit appel Ă  Gabriel, son avocat et ami de longue date, un homme de confiance, mais Ă©galement quelqu’un qu’elle savait assez perspicace pour l’aider Ă  dĂ©couvrir ce qui [musique] se cachait derriĂšre ce mystĂšre.

 Gabriel arriva dans la villa en dĂ©but de soirĂ©e aprĂšs une journĂ©e particuliĂšrement chargĂ©e. Il n’Ă©tait pas du genre Ă  se laisser facilement impressionner, mais il remarqua d’emblĂ© la lourdeur dans l’air [musique] comme si la maison elle-mĂȘme Ă©tait habitĂ©e par quelque chose d’invisible. LĂ©onnie l’accueillit dans le grand salon [musique] oĂč les rideaux Ă©taient tirĂ©s et une lumiĂšre tamisĂ©e baignait la piĂšce.

Gabriel, [musique] je t’ai demandĂ© de venir parce que il y a quelque chose de trĂšs Ă©trange qui se passe ici”, expliqua-t-elle [musique] s’ans tourner autour du pot. “Tu connais l’histoire de ma sƓur, Camille ? Elle est morte il y a 3 ans dans cet accident de voiture. Mais je t’assure, il y a quelque chose de surnaturel qui se [musique] passe avec Iness.

” Gabriel la regarda avec une lĂ©gĂšre inquiĂ©tude dans le regard. “Tu veux dire [musique] que tu penses qu’elle a un lien avec ta sƓur ? Un lien mystique ?” LĂ©onie acquessa [musique] puis raconta tout ce qu’elle avait observĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent de la voix d’inse qui ressemblait Ă  [musique] celle de Camille, Ă  ses comportements Ă©tranges, comme si la jeune domestique cachait [musique] un secret qu’elle n’avait pas voulu rĂ©vĂ©ler.

 Gabriel resta silencieux un moment puis aprĂšs avoir rĂ©flĂ©chi, [musique] dit d’une voix calme : “LĂ©onie, tu sais que ce genre de situation ne se rĂ©sout pas par de simples suppositions. Si ce que tu dis est vrai, il pourrait y [musique] avoir des choses plus sombres Ă  l’Ɠuvre et je te conseille de rester prudente.” Mais LĂ©onie [musique] Ă©tait dĂ©terminĂ©e.

 “Je dois savoir, il y a quelque chose dans cette maison, dans cette fille qui me dit qu’elle sait plus qu’elle ne [musique] laisse paraĂźtre.” Ce soir-lĂ , aprĂšs que Gabriel soit reparti, LĂ©onie attendit que la maison se calme. Iness, [musique] comme d’habitude, avait terminĂ© ses tĂąches et se prĂ©parait Ă  se coucher.

 Mais LĂ©onie, prise d’une impulsion irrĂ©sistible, [musique] dĂ©cida de la suivre discrĂštement. Elle attendit que la lumiĂšre dans le couloir s’Ă©teigne, puis se glissa silencieusement derriĂšre Iness. Elle la suivit jusqu’Ă  l’aile plus Ă©loignĂ©e de la maison, lĂ  oĂč se trouvĂšrent les chambres du personnel. Lorsqu’in entra dans sa petite chambre [musique] sous les toits, LĂ©onie s’arrĂȘta, retenant son souffle derriĂšre la porte.

 LĂ , [musique] dans l’obscuritĂ©, Ines s’assit au bord de son lit et d’une voix tremblante commença Ă  chanter Ă  voix basse. Cette fois, [musique] ce n’Ă©tait pas la mĂ©lodie douce et divine qu’elle avait chantĂ© dans le salon. C’Ă©tait plus intime, plus douloureux, [musique] presque une sorte de priĂšre dĂ©sespĂ©rĂ©e. LĂ©onie Ă©couta fascinĂ© et horrifiĂ© en entendant les mots du champ se mĂȘler Ă  des murmures incomprĂ©hensibles.

Puis [musique] soudainement, une ombre apparut dans l’encadrement de la porte. LĂ©onie sursauta et se tourna pour voir Samuel, [musique] le jardinier de la maison, debout dans le couloir. Il avait l’air nerveux, ses [musique] yeux scrutant la porte fermĂ©e de la chambre d’InĂšes.

 LĂ©onie s’approcha de lui Ă  pas de loup. “Samuel, que fais-tu ici ?” demanda-t-elle [musique] un peu surprise par sa prĂ©sence. Samuel baissa la tĂȘte, visiblement gĂȘnĂ©e. Je ne voulais pas dĂ©ranger, madame, mais je suis je [musique] suis inquiet. Je l’ai vu, madame, je l’ai vu. Il y a quelque chose de bizarre avec cette fille. LĂ©onie le fixa intensĂ©ment.

 [musique] Tu sais quelque chose, Samuel ? Parle. Samuel hĂ©sita, son regard fuyant avant de murmurer d’une voix tremblante. Elle elle n’est pas normale, [musique] madame. J’ai j’ai vu des choses, des choses [musique] que je ne peux pas expliquer. Cette fille, elle n’est pas elle n’est pas comme les autres. Les paroles de Samuel firent naĂźtre une nouvelle vague de terreur chez LĂ©onie.

Elle se prĂ©cipita dans la chambre d’In sans un mot, [musique] ouvrant brusquement la porte. Ines se leva d’un coup, son visage marquĂ© par la surprise et la peur. Madame, [musique] je suis dĂ©solĂ©e, je ne voulais pas. LĂ©onie s’approcha d’elle, [musique] son regard noir et dĂ©terminĂ©. Iness, qu’est-ce que tu sais ? Qui es-tu vraiment [musique] ?Pourquoi chantes-tu comme ça ? Pourquoi est-ce que ta voix c’est celle de ma sƓur ? Iness Ă  trembler.

 Je je ne peux pas vous dire. Je ne veux pas. Je suis je suis perdu madame. Je suis perdu. LĂ©onie, [musique] malgrĂ© sa colĂšre et sa douleur, sentait qu’elle approchait de quelque chose de trĂšs important. Iness alors tomber Ă  genou, les mains jointes en priĂšre. Je suis la fille de Je suis la fille de votre sƓur, madame Camille.

Camille m’a laissĂ© avant de mourir, mais je n’ai jamais voulu que vous sachiez. Je suis je suis la fille cachĂ©e de votre sƓur. LĂ©onie Ă  bazourdi, recula de plusieurs [musique] pas. La rĂ©alitĂ© de ce qu’iness venait de rĂ©vĂ©ler s’abattit sur elle comme un coup de tonner. “Tu es ma niĂš”, [musique] demanda-t-elle la voix brisĂ©e.

 Inessa lentement la tĂȘte, les yeux remplis de larmes. “Oui [musique] madame, je suis sa fille mais je ne sais pas qui m’a fait ça. Pourquoi ma mĂšre a disparu si vite ? Pourquoi j’ai Ă©tĂ© sĂ©parĂ© d’elle ? Je ne comprends [musique] rien. Le silence s’installa lourdement dans la piĂšce. LĂ©onie, les bras croisĂ©, observa la jeune fille Ă  ses pieds, sa niĂš [musique] qu’elle ne savait mĂȘme pas exister avant ce moment.

Iness, tremblante, [musique] semblait sur le point de s’effondrer sous le poids de sa propre confession, ses yeux cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment un semblant de rĂ©confort dans le regard de LĂ©onie. Mais LĂ©onie, [musique] bouleversĂ© par cette rĂ©vĂ©lation, n’Ă©tait plus capable de rĂ©flĂ©chir clairement. La pensĂ©e de sa sƓur Camille, vivante Ă  travers Inessaiit la [musique] percuter de plein fouet, mais il y avait aussi une peur irrationnelle qui la tordait de l’intĂ©rieur.

 “Comment cela a-t-il pu se produire ?” murmura-t-elle, [musique] ses pensĂ©es tournant en rond, incapable de trouver une rĂ©ponse logique. Inessidement les yeux, cherchant Ă  expliquer, Ă  dĂ©voiler ce qu’elle semblait avoir gardĂ© secret pendant des annĂ©es, mais sa voix se brisa avant mĂȘme de commencer. Je je n’ai jamais voulu vous faire de mal, madame LĂ©onie.

 J’ai Ă©tĂ© placĂ©e dans un orphelina dĂšs que ma mĂšre est morte. On m’a dit que ma mĂšre Ă©tait une Ă©trangĂšre, [musique] qu’elle avait abandonnĂ© son enfant, mais j’ai toujours su que ce n’Ă©tait pas vrai. Je suis je suis la fille de Camille, mais je ne sais pas comment ni pourquoi je suis arrivĂ© ici. Elle se leva alors [musique] se dirigeant vers la fenĂȘtre comme si l’air frais de la nuit pouvait apaiser son tourment.

 LĂ©on l’a suivi du regard, ses pensĂ©es bouillonnantes, des [musique] vagues de questions l’assaillant. Alors, pourquoi es-tu ici, Iness ? [musique] Pourquoi m’as-tu cachĂ© ton identitĂ© ? Et pourquoi dis-moi, pourquoi as-tu cette voix ? Iness se tourna vers elle, la [musique] gorge serrĂ©e, les yeux brillants de larme. Je je crois que c’est ma mĂšre qui m’a donnĂ© cette voix, madame.

 Camille m’a chantĂ© des berceuses quand [musique] j’Ă©tais toute petite. Elle me disait toujours que la musique me protĂ©gerait. Mais mais aprĂšs [musique] sa mort, je n’ai plus eu aucun souvenir d’elle, sauf sauf la voix. Je suis je suis comme un instrument qu’on ne peut pas [musique] accorder, LĂ©onie. Je suis Ă  la fois son souvenir et un fantĂŽme, un reflet de ce qui n’aurait jamais dĂ» exister.

 LĂ©onie se sentait de plus [musique] en plus dĂ©stabilisĂ©. La rĂ©vĂ©lation d’InĂšes n’apportait aucune clartĂ©, [musique] seulement plus de mystĂšre et de confusion. Mais ce qu’iness Nesses venait de dire semblait trop vrai, trop intime pour ĂȘtre inventĂ©. LĂ©onie s’approcha d’elle et sans un mot la prit dans ses bras. La jeune femme, surprise par ce geste de douceur, [musique] se laissa aller Ă  pleurer contre elle.

 “Pourquoi m’as-tu cachĂ©, Iness ?” [musique] demanda LĂ©onie, la voix brisĂ©e. “Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu Ă©tais ma niĂše, que tu Ă©tais ma famille ?” Inessa, la [musique] tĂȘte, les larmes coulantes. “J’avais peur, madame, peur de vous perdre Ă  nouveau. Vous m’avez vu ! Vous avez entendu ma voix, [musique] mais je ne voulais pas vous faire souffrir davantage.

 Vous avez perdu votre sƓur [musique] et si vous dĂ©couvriez que j’Ă©tais la fille de Camille, vous pourriez vous pourriez me haĂŻr. Peut-ĂȘtre que vous me haĂŻsiez dĂ©jĂ  Ă  cause de ma ressemblance avec elle. LĂ©onie secoua la tĂȘte, [musique] l’esprit trop encombrĂ© pour trouver les mots. Mais elle savait que tout ça dĂ©passait l’entendement.

 [musique] Sa propre chair, sa propre famille vivait dans sa maison depuis des mois sans qu’elle [musique] le sache. Mais ce n’Ă©tait pas tout. Il y avait ce champ, cette voix qui semblait avoir un pouvoir mystique, [musique] une voix qui naiss ne comprenait visiblement pas elle-mĂȘme. LĂ©onie se souvent des jours passĂ© Ă  observer sa sƓur chantĂ© avec cette douceur angĂ©lique qui apaisait ses peines, ses propres angoisses.

 Camille avait toujours eu cette capacitĂ© Ă  transporter les autres dans un autre monde avec sa voix et il Ă©tait Ă©trangede penser que maintenant c’Ă©tait cette mĂȘme voix, cette mĂȘme mĂ©lodie qui Ă©manait de la jeune Inesse, comme si la fille et la mĂšre Ă©taient liĂ©e par un fil invisible. Mais pourquoi toi Iness ? Demanda LĂ©onie sa voix tremblant de plus en plus.

[musique] Pourquoi cette voix ? Pourquoi ce don ? Iness se tourna lentement vers elle, la gorge [musique] nouĂ©e. Je ne le sais pas. C’est comme si j’Ă©tais nĂ© pour porter cette [musique] voix, mais je n’ai jamais compris ce qu’elle signifiait. Ma mĂšre, Camille, elle m’a chantĂ© pour me guider, mais elle ne m’a jamais dit pourquoi.

 Et tout a basculĂ© aprĂšs sa mort, aprĂšs que je sois devenue orpheline. Je me suis toujours senti seule, [musique] un peu comme un miroir brisĂ©, LĂ©onie. Et parfois, quand je chante, c’est comme si un autre monde me parlait Ă  travers ma voix. LĂ©onie s’assit lentement sur une chaise, ses mains crispĂ©es sur ses genoux. L’atmosphĂšre devenait de plus en plus oppressante, presque [musique] irrĂ©elle.

Les piĂšces de ce puzzle Ă©trange se mettaient lentement en place, mais chaque piĂšce soulevait encore plus de questions. Iness avait grandi sans savoir qui [musique] elle Ă©tait et aujourd’hui, LĂ©onie se retrouvait face Ă  la vĂ©ritĂ©, une vĂ©ritĂ© qu’elle n’Ă©tait [musique] pas prĂȘte Ă  accepter. La prĂ©sence de sa sƓur dans la voix d’In la bouleversait d’une maniĂšre qu’elle ne [musique] pouvait pas dĂ©crire.

 Mais cette rĂ©vĂ©lation n’Ă©tait que la surface d’un ocĂ©an profond et sombre. Soudain, un bruit sourd raisonna Ă  l’extĂ©rieur, attirant leur attention. LĂ©onie se leva brusquement, [musique] prĂȘte Ă  faire face Ă  ce qui se passait, son instinct de mĂšre et de protectrice prenant le dessus. “Qu’est-ce [musique] que c’est ? Qui est lĂ  ?” cria-t-elle.

Un frisson d’angoisse traversant son corps. Iness, qui semblait aussi prise de panique, [musique] se dirigea vers la fenĂȘtre, scrutant l’obscuritĂ© de la nuit. “Je ne sais pas, madame, [musique] mais je crois qu’on n’est pas seul.” Un Ă©clat de lumiĂšre illumina soudain le jardin.

 LĂ©onie et Iness Ă©changeĂšrent un regard [musique] inquiet. LĂ©onie se prĂ©cipita vers le couloir, mais avant qu’elle puisse ouvrir la porte, un cri perça la nuit. Un cri d’agonie, [musique] un cri qui glaça le sang. C’Ă©tait un cri humain mais qui semblait se dĂ©former, se perdre dans une tonalitĂ© Ă©trange, [musique] presque surnaturelle. Les deux femmes se figĂšrent, immobiles, Ă©coutant avec terreur.

 [musique] Iness s’approcha de LĂ©onie, le regard effrayĂ©. C’est c’est la voix de ma mĂšre”, murmura-t-elle [musique] presque inaudible. “Non, ce n’est pas possible”, dit LĂ©onie secouant la tĂȘte comme pour chasser cette idĂ©e. Mais son cƓur battait la chamade. [musique] Elle le savait. Ce cri ne venait pas d’in ni de Camille.

 C’Ă©tait quelque [musique] chose d’autre, quelque chose qu’elle n’arrivait pas encore Ă  comprendre mais qui semblait de plus en plus rĂ©el Ă  chaque seconde. LĂ©onie se rua hors de la chambre, suivit d’inures effrainĂ© les menant Ă  la porte du jardin. LĂ , dans l’ombre, elles aperçurent une silhouette qui se mouvait lentement, comme portĂ©e par une force surnaturelle.

 Un frisson glacĂ© parcourut le dos de LĂ©onie. “Qui ĂȘtes-vous ?” cria-telle, sa voix tremblant sous l’effet de la terreur. La silhouette s’arrĂȘta [musique] et dans la lumiĂšre de la lune, une figure familiĂšre apparut. C’Ă©tait Camille, mais pas Camille, pas comme elle l’avait connu. La silhouette se tourna lentement vers elle et la voix qu’elle [musique] Ă©mit Ă©tait Ă  la fois celle de Camille et celle de quelque chose de bien plus ancien, un murmure qui semblait sortir des tĂ©nĂšbres elle-mĂȘmes.

 “Vous ne m’avez pas oubliĂ©, n’est-ce pas ?” [musique] murmura-t-elle. Vous m’avez laissĂ© partir mais je suis revenu. LĂ©onie sentit ses jambes se dĂ©rober [musique] sous elle lorsqu’elle vit ce visage Ă©clairĂ© par la lune. Un visage identique Ă  celui qu’elle avait tant aimĂ©, [musique] tant pleurĂ©, mais vidĂ© comme figĂ© dans un souvenir brisĂ©.

 Iness [musique] Ă  ses cĂŽtĂ©s reculait lentement, ses yeux Ă©carquillĂ©s fixĂ©s sur cette apparition qui semblait surgir d’un cauchemar. Son souffle se bloquant dans sa gorge alors que la silhouette s’avançait. Le vent agitant ses cheveux d’une maniĂšre presque [musique] irrĂ©elle, comme si l’air lui-mĂȘme obĂ©issait Ă  sa prĂ©sence.

 LĂ©onie Balbucia, la voix tremblante. [musique] Camille, ce n’est pas possible, tu es morte. Mais la silhouette esquissa un [musique] sourire froid, un sourire qu’elle n’avait jamais vu sur les lĂšvres de sa sƓur. Et sa voix, lourde et caverneuse raisonna comme un Ă©cho venu d’un autre monde. Morte, oui, mais pas [musique] parti, pas tant que quelque chose me retient ici.

 Iness se mit Ă  trembler violemment, [musique] ses mains crispĂ©es contre sa poitrine comme si elle tentait de retenir un cƓur prĂȘt Ă  exploser. [musique] Puis elle murmura : “Je la sens. Je sens une force. Elle me fait mal. LĂ©onie se tourna vers ellealarmĂ©e, mais dĂ©jĂ  la [musique] silhouette, Camille ou ce qui prĂ©tendait ĂȘtre Camille, posait son regard noir sur Iness.

 [musique] Et ce regard n’Ă©tait pas celui d’une mĂšre retrouvant son enfant. Non, c’Ă©tait un regard dur, lourd de reproche, de colĂšre, [musique] de manque. Tu as pris ce qui m’appartenait. Tu chantes avec ma voix. Tu vis avec ce qui aurait dĂ» ĂȘtre Ă  moi ? [musique] Iness Ă©touffa un sanglot, reculant encore, les mains tremblantes. Non maman, je ne t’ai rien pris.

 Je ne comprends rien. Je ne voulais rien voler. Mais la silhouette avança de plus belle, [musique] sa forme ondulant comme de l’eau sous la lune et chaque pas semblait glacer l’air autour d’elle. LĂ©onie, rassemblant tout son courage, s’interposa [musique] brusquement, le cƓur battant Ă  tout rompre. Tu n’es pas Camille, je le sens, je le vois dans tes yeux.

 Ma sƓur ne ferait jamais peur Ă  sa propre fille. La silhouette s’arrĂȘta net. Puis, [musique] lentement, son visage se dĂ©forma, passant de la douceur de Camille Ă  quelque chose de plus sombre, de plus ancien, de plus monstrueux, [musique] comme si un masque tombait. Tu as raison, LĂ©onie. Camille est partie, mais moi, je suis restĂ©.

 Je suis ce qu’il a suivi lorsque son Ăąme s’est brisĂ© dans la douleur. [musique] La voix raisonna dans tout le jardin, vibrante, lourde, comme plusieurs voix parlant Ă  l’unisson. et Ines [musique] tomba Ă  genou, poussant un cri de douleur terrifiant, posant ses mains sur ses oreilles [musique] comme si la voix la transperçait.

 “ArrĂȘte ! ArrĂȘte !” hurla LĂ©onie, se penchant pour soutenir InĂš, [musique] la serrant contre elle. La silhouette pencha la tĂȘte, son regard dĂ©sormais entiĂšrement vide et murmura. Elle porte en elle un fragment de la voix de Camille, un fragment arrachĂ© au monde des vivants quand elle a criĂ© pour la derniĂšre fois. [musique] et je veux le rĂ©cupĂ©rer.

 À ces mots, un vent violent se leva, tourbillonnant autour des trois femmes comme un cyclone invisible, faisant ployer les arbres, faisant claquer les portes de la villa au loin. Et LĂ©onie sentit la terre vibrer sous ses pieds. Le visage d’In se tordit de douleur. Son corps secouait de spasme comme si quelque chose tentait d’arracher sa voix de l’intĂ©rieur.

“Maman, arrĂȘte ! S’il te plaĂźt !” parvint-elle Ă  murmurer, mais la silhouette [musique] Ă©clata d’un rire dĂ©formĂ©. Un rire qui fit se hĂ©risser les cheveux de LĂ©onie. Maman, je ne suis plus ta mĂšre. Je suis ce [musique] qui reste de ce qu’elle n’a jamais pu abandonner. Sa souffrance, sa peur, son attachement.

 Mais toi, toi, tu es nĂ© avec la voix des deux mondes [musique] et cette voix m’appartient. LĂ©onie, paniquĂ©, chercha autour d’elle quelque chose, n’importe quoi, qui pourrait cesser cette horreur. [musique] Et soudain, ses yeux se posĂšrent sur un petit mĂ©daillon que Camille portait autrefois, accrochĂ© Ă  une branche comme s’il avait Ă©tĂ© dĂ©posĂ© lĂ  [musique] intentionnellement.

 Elle s’en empara, le tenant fermement dans sa main, puis se tourna vers la silhouette. Camille, [musique] si quelque chose de toi est encore lĂ , Ă©coute-moi. Tu ne voudrais pas voir ta fille souffrir. Tu ne voudrais pas [musique] la blesser. Reviens Ă  toi. La silhouette sembla vaciller un instant, [musique] son visage reprenant fugacement les traits doux de Camille, des larmes glissant sur ses joues.

 Puis elle recula d’un pas comme si une force invisible la repoussait. [musique] Iness Ă  le tente leva les yeux vers sa mĂšre, la voix brisĂ©e. Maman, je suis lĂ . Je suis vivante. Je suis [musique] ta fille. Et pendant un instant, un seul, la silhouette [musique] semble attendre la main vers elle comme pour la toucher. Mais au mĂȘme moment, une ombre sombre encore surgit derriĂšre le visage comme un voile [musique] de tĂ©nĂšbres et la voix sinistre reprit le dessus.

 Non, elle est Ă  moi. La terre se mit Ă  trembler encore plus fort. Ines cria. LĂ©oni la serra davantage contre elle, refusant de la lĂącher malgrĂ© la violence de la force qui tentait de l’arracher de ses bras. Et la silhouette dĂ©formĂ©e hurla. Donnez-moi sa voix. Avant de fondre sur elle comme une tempĂȘte noire. Le vent noir fondit sur elle comme une bĂȘte affamĂ©e.

 [musique] Mais au mĂȘme instant, LĂ©onie, mut par un instinct qu’elle ne s’Ă©tait jamais connue, brandit le mĂ©daillon de Camille devant elle, serrant [musique] Iness contre son cƓur comme si sa vie en dĂ©pendait. Une lumiĂšre douce, dorĂ©e, jaillit alors du bijou, [musique] si pure, si vive, qu’elle fendit l’ombre en deux, stoppant net la tempĂȘte.

 La silhouette [musique] hurla, un hurlement sans visage, sans corps, sans identitĂ©, puis se dissipa dans un souffle emportĂ© comme de la cendre au vent. Le froid se retira d’un coup. Le jardin retrouva son silence. La prĂ©sence [musique] obscure avait disparu dĂ©finitivement, effacĂ©e, sans retour possible.

 Iness s’effondra en larme dans les bras de LĂ©onie, Ă©puisĂ©e, tremblante mais vivante. LĂ©onie caressa doucementses cheveux, son propre cƓur battant encore sous l’effet du choc. C’est fini, c’est terminĂ© mon enfant. Personne ne te fera plus de mal. Iness la tĂȘte sans pouvoir parler, ses sanglots noyant ses mots. [musique] Elle s’accrochait Ă  LĂ©onie comme Ă  la seule bouĂ©e de son existence et LĂ©onie, dans un Ă©lan de protection presque maternelle, la souleva lentement pour la ramener Ă  l’intĂ©rieur.

 Une fois dans la villa, elle l’installa dans le grand salon, alluma les [musique] lumiĂšres et resta Ă  ses cĂŽtĂ©s, refusant qu’elle soit seule. Samuel arriva affolĂ© par les bruits qu’il avait entendu plus tĂŽt. “Madame, est-ce que tout va bien ?” demanda-t-il, [musique] les yeux entre LĂ©on et Iness. LĂ©onie posa une main rassurante sur son Ă©paule.

 Tout va bien, Samuel, [musique] nous avons traversĂ© une grande Ă©preuve, mais c’est fini maintenant. Ilcha la [musique] tĂȘte, soulagĂ© et repartit s’assurer que la propriĂ©tĂ© Ă©tait sĂ©curisĂ©e. Iness resta silencieuse longtemps [musique] jusqu’Ă  ce que sa respiration se calme enfin. Ses yeux rougis se posĂšrent sur LĂ©onie avec une immense douceur, un mĂ©lange de gratitude [musique] et de peur. Merci.

Merci de m’avoir protĂ©gĂ©. Je croyais que j’allais disparaĂźtre. LĂ©onie [musique] prit sa main, la serra avec tendresse. Tu es mon sang, InĂš, ma famille. Si tu [musique] Ă©tais parti, j’aurais perdu une part de Camille Ă  nouveau et je n’aurais pas supportĂ© ça. Iness sentit ses yeux se remplir de larmes, [musique] mais cette fois des larmes lumineuses, des larmes d’amour retrouvĂ©es.

 Les jours passÚrent et la maison retrouva une paix nouvelle, [musique] presque sacrée. Léonie avait pris une décision définitive. Elle ne laisserait plus jamais Inessique [musique] dans sa propre maison. Elle était sa niÚ, sa seule famille directe. Elle méritait une vie digne, stable, [musique] aimée. Léonie organisa tout.

 Des cours privĂ©s, un accompagnement psychologique, un mĂ©decin spĂ©cialisĂ© pour vĂ©rifier que la jeune fille n’avait subi aucun traumatisme physique et surtout, [musique] elle ouvrit grand les portes de son cƓur. Un matin, dans le grand salon baignĂ© de soleil, LĂ©onie s’assit Ă  cĂŽtĂ© d’Ines. “Je dois te dire [musique] quelque chose”, commença-t-elle doucement.

 Inessourna vers elle, attentive. Tu vas rester [musique] ici mais pas comme domestique. Tu ne l’as jamais Ă©tĂ© Ă  mes yeux. Tu vas vivre ici comme ma fille, ma vraie fille. [musique] Je vais t’adopter lĂ©galement si tu le veux. Je veux que tu aies ma maison, mon nom, ma protection [musique] et tout l’amour que j’ai encore Ă  donner.

 Iness porta les mains Ă  sa bouche, bouleversĂ©. Vous vous voulez vraiment que je sois votre fille ? LĂ©onie lui sourit, les yeux brillants d’Ă©motion. Tu l’es dĂ©jĂ  dans mon cƓur. Iness fondit en larme mais cette fois de bonheur et se jeta dans les bras de LĂ©onie. Merci. Merci tante. Maman ! Murmura-t-elle. Le mot maman surprit LĂ©onie mais elle le reçut comme un cadeau prĂ©cieux.

[musique] une seconde chance que la vie lui offrait aprĂšs des annĂ©es de deuil et de solitude. Elle la serra [musique] fort, sentant un nƓud au fond de sa gorge. Les semaines suivantes furent remplies de douceur. On rĂ©nova la chambre d’In pour en faire un espace digne d’elle. LĂ©onie lui acheta de nouveaux vĂȘtements, des livres, des instruments de musique car la voix d’Inombre, [musique] Ă©tait plus belle que jamais.

Non pas comme un Ă©cho de camille, mais comme un don unique, une voix pure qui [musique] appartenait Ă  Iness. Un soir, sur la terrasse illuminĂ©e par des lanternes, LĂ©onie demanda timidement : “Tu peux chanter pour moi ?” In sao [musique] cha, posa une main sur sa poitrine, inspira profondĂ©ment puis laissa s’Ă©chapper une mĂ©lodie douce et lumineuse qui envahit la nuit [musique] chaude.

 LĂ©onie sentit des larmes lui monter aux yeux, mais cette fois ce n’Ă©tait plus des larmes de douleur. C’Ă©tait de la paix, de la gratitude, [musique] un amour immense et inexplicable. Quand la derniĂšre note s’effaça, Inessour timidement. [musique] Vous allez bien ? LĂ©onie prit sa main, l’embrassa doucement. Je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi bien depuis des annĂ©es.

 Ta voix ne me rappelle plus Camille. Elle me rappelle [musique] toi. Tu es toi Iness et je suis fier de toi. Le vent du soir caressa leur [musique] visage comme une bĂ©nĂ©diction. Plus aucune ombre, plus aucun murmure, plus aucun cri. La maison, [musique] autrefois remplie de souvenirs douloureux, vibrait dĂ©sormais d’une Ă©nergie nouvelle, celle d’un foyer reconstruit.

 Et alors [musique] qu’elle restait lĂ , main dans la main, contemplant un ciel calme, LĂ©onie murmura : “On a vĂ©cu l’enfer, [musique] mais dĂ©sormais, c’est toi et moi toujours.” Ines posa sa tĂȘte sur l’Ă©paule de LĂ©onie et rĂ©pondit d’une voix douce : [musique]