C’était la fille la plus paresseuse de son village

 

Alima était connue comme la fille la plus paresseuse du village. Elle ne travaillait jamais, ne vivait qu’au crochet de sa mère et rêvait seulement d’argent facile. Un jour, un mystérieux homme lui proposa un marché étrange échanger son eau de bain contre une fortune. Alima accepta sans hésiter.

 Mais ce qui lui arriva ensuite est si inimaginable que personne dans le village n’avait jamais vu pareille souffrance. Restez bien jusqu’à la fin, car la leçon que vous en tirez pourrait changer à jamais votre regard sur l’argent facile et vous évitez de tomber dans les mêmes pièges qu’alima. Le soleil se levait lentement au-dessus des collines rouges qui entouraient le petit village. Les coques avaient chanté depuis longtemps et déjà les femmes s’afféraient au champs.

 Les enfants couraient après les chèvres et les hommes préparaient leurs outils pour aller travailler. Tout le village s’éveillait dans l’activité, sauf une maison, celle où vivait Alima. À l’intérieur, tout était silencieux. Pas le silence apaisant du repos, mais celui pesant de loisiveté.

 Dans une chambre au mur en bancau, une jeune femme s’étirait non chalam sur une nat épaisse. Ses cheveux noirs, soigneusement tressé la veille par une voisine complaisante s’éparpillait autour d’elle comme une couronne. Son visage était lumineux. C’est très harmonieux, ses yeux sombres brillants. On disait qu’elle était l’une des plus belles filles du village.

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 Mais derrière cette beauté se cachait un défaut que tout le monde connaissait. Alima était paresseuse tandis que ses camarades se levaient à l’aube pour aller puiser de l’eau, laver les habits ou aider leurs parents au champ. Alima, elle restait couchée jusqu’au soleil brûlant du matin. Elle ne touchait presque jamais une calebasse, ne transportait pas de fagot et encore moins une S mains fines n’avaient jamais connu la dureté du travail.

 Ce matin-là, sa mère mari et tout la plais. Laima, le soleil est déjà haut. Lève-toi donc. Aide-moi à préparer le petit-déjeuner. Un soupir paresseux s’échappa de la chambre. Maman, laisse-moi encore dormir un peu. Je suis fatiguée. Fatiguée ? C’était le mot qu’elle répétait le plus souvent alors même qu’elle ne faisait rien.

 Marié tout, une femme robuste au dos voûtée par les années de laabeur secoua la tête avec désespoir. Elle aimait sa fille mais son comportement l’épuisait. Pendant que la mère allumait le feu et pilait le mil, Alima se levait enfin non pas pour aider mais pour se contempler. Devant un petit miroir fêé accroché au mur, elle arrangea ses tresses, lissa sa robe usé propre et posa des colliers colorés autour de son cou.

 Elle sortit enfin en baillant et se laissa tomber sur un tabouret à l’ombre. Tu aurais pu m’aider à piler le 1000, murmura sa mère. Maman, regarde mes mains. Tu veux que je les abîme ? Répondit Alima avec un sourire vaniteux. Dans les ruelles de terre battues, tout le monde connaissait Alima. Certains la regardaient avec envie car sa beauté attirait les yeux des hommes. D’autres la méprisaient car sa paresse faisait honte à sa mère.

 Un jour, alors qu’elle passait devant un groupe de femmes en train de laver le linge au Marigot, elle chuchotèrent en la voyant. Regarde-la, encore habillée comme une princesse, mais elle ne fait rien de ses journées. Si seulement elle mettait sa beauté au service du travail, elle aurait tout pour réussir.

Délas, la paresse finira par la détruire. Alima fit mine de ne pas entendre. Elle marcha en balançant ses hanches, fière de son allure. Les hommes la saluèrent mais beaucoup riait dans leur barbe. Il savaient bien que derrière ce charme, il n’y avait que vie d’éparisse. Chaque soir, c’était Mariétou qui préparait la nourriture, lavait les habits de sa fille et réparait ses vêtements. Alima, elle ne faisait que profiter.

 Quand elle voulait une nouvelle robe, elle suppliait sa mère de vendre une poule. Quand elle voulait des perles, elle faisait semblant de tomber malade et sa mère cédait, pensant lui faire plaisir. Un soir, excédé, Marie tout éclata. Ma fille, tu es belle. Oui. Mais que vaut ta beauté si tu ne sais pas travailler ? Quand je ne serai plus là, qui prendra soin de toi ? Alima ossa les épaules insouciante. Maman, je trouverai un mari riche.

 Tu verras. Ma beauté et ma richesse. Pourquoi me fatiguer ? Ces mots furent comme un couteau dans le cœur de la vieille femme. Elle comprit que sa fille s’égarait dans un rêve dangereux. Ce qui obsédait à Lima, ce n’était pas le travail, ni l’honneur, ni même l’amour véritable. Ce qu’elle désirait c’était l’argent mais sans effort.

 Chaque fois qu’elle voyait les femmes du marché compter leurs pièces après une journée de sueur, elle pensait : “Moi aussi, je veux beaucoup d’argent, mais pas en me salissant les mains. Il doit bien exister un moyen plus simple.” Cette pensée revenait comme un refrain dans son esprit. Elle en parlait parfois à ses amis. Lalima, tu devrais apprendre à tresser. Au moins, tu gagnerais quelques pièces, lui disait Satou, une voisine.

Non, je ne vais pas passer mes journées à tirer les cheveux des autres. Je suis faite pour plus grand que ça. Ses amis la regardaient m’y amusé, m’y inquiète. Elle savait qu’elle m’a cherchait un raccourci dangereux. Pendant que le village s’activait, une rumeur courait. Un étranger mystérieux avait été aperçu non loin. Certains disaient qu’il cherchait quelqu’un.

 D’autres affirmaient qu’il apportait des richesse. Personne ne savait vraiment. Mais ce qui est certain, c’est qu’au moment où Alima rêvait encore d’argent facile, son chemin s’apprêtait à croiser celui de cet homme et ce croisement allait tout changer. Le soleil s’inclinait lentement derrière les collines, teintant le ciel d’orange et de pourpre.

 Le village s’emplissait des bruits familiers du soir. Les enfants rient en courant derrière les chèvres. Les femmes terminaient de préparer le taux et les hommes rentraient des champs. Le pas lourd mais satisfait du travail accompli. Dans la cour de Marietou, l’ambiance était différente.

 Alima, paraît d’une robe colorée que sa mère avait racommodé 1000 fois, était assise à l’ombre, le regard dans le vide. Elle rêvait. Son esprit s’égarait encore une fois dans ce monde imaginaire où elle vivait entourée de bijoux, d’or et de serviteurs. “Si seulement je pouvais devenir riche d’un seul coup”, murmura-t-elle. Ce soir-là, son vœu allait prendre une tournure inattendue.

 Alors que le crépuscule tombait, un silence étrange s’abattit un instant sur la rue. Les chiens, d’ordinaire bruyant, cessèrent d’aboyer. Même les enfants s’interrompirent dans leur jeu. Au bout du chemin, une silhouette apparut. C’était un homme qu’on avait jamais vu auparavant. grand, vêtu d’un boubou sombre qui brillait légèrement malgré la poussière, il marchait avec une lenteur calculée.

Ses yeux semblaient briller dans la pénombre et son sourire était à la fois séduisant et inquiétant. Les villageois l’observaient à distance, personne n’osait l’approcher, mais lui, sans hésiter, avança droit vers la maison de Marietou et s’arrêta devant la cour où Alimaassait. “Une belle jeune femme”, dit-il d’une voix grave et douce à la fois. J’ai entendu parler de toi. Alima sursuta.

Elle leva les yeux et croisa son regard. Il y avait quelque chose de fascinant en lui comme une force invisible qui la captivait. Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle un peu méfiante. Je suis un voyageur, répondit-il avec un sourire. Mais je ne suis pas venu pour ton village. Je suis venu pour toi. Le cœur d’Alli battait vite.

 Était ce enfin ce destin riche et grandiose qu’elle attendait ? L’homme sortit alors de sa poche une petite bourse qui l’ouvrit légèrement. Une lueur dorée jaillit, reflétant des pièces d’or qui cliquaient doucement. Regarde, dit-il. Une richesse que tu n’as jamais vu. Les yeux d’Alima brillèrent aussitôt. Elle se pencha hypnotisée.

 Tout cela pour moi demanda-t-elle d’une voix tremblante. Oui, mais en échange, je veux quelque chose de très simple. Il fit une pause comme pour savourer son effet. Demain après ton bain, je veux que tu me donnes ton eau. Rien de plus. Tu conserves l’eau de ton bain dans une cale basse et tu me la portes. Alim clign des yeux surprise. Mon eau de bain répéta en riant.

 Mais à quoi cela vous servirait-il ? Peu importe à quoi cela sert ? Ce qui compte c’est que toi tu recevras plus d’argent que tu ne pourras en dépenser en une année entière. Le silence tomba un instant. Alima sentit son cœur bondir. L’échange semblait ridicule. Presque trop beau pour être vrai. Mais l’argent Ah, l’argent. Ses doigts picotaient déjà à l’idée de tenir cette bourse.

 Mais si ma mère le découvre ? Demanda-t-elle. Ce sera ton secret, ton destin. Si tu acceptes, demain soir, retrouve-moi sous le grand fromager à la sortie du village. Et sur ces mots, l’homme fit vol face et disparut dans l’obscurité comme s’il s’était fondu dans la nuit. Alima resta figé, le souffle court.

 Sa mère, qui revenait du foyer avec une marmite fumante l’interpella. Laima, qui était cet homme ? Oh, personne, juste un étranger qui demandait son chemin répondit-elle rapidement. Mais dans sa chambre, plus tard, elle ne trouva pas le sommeil. Les paroles de l’homme raisonnaient dans sa tête comme un champ envoûant.

donne-moi ton eau et je te donnerai l’or. Elle se tournait et se retournait sur sa natte. Elle pensait aux moqueries des villageoisees, aux robes qu’elle rêvait de porter, aux bijoux qu’elle voyait parfois sur les commerçantes venues de la ville. Pourquoi hésiter ? Ce n’est qu’un peu d’eau. Si je peux devenir riche en un seul jour, pourquoi refuser ? Se dit-elle enfin.

 Et son choix fut fait. Le lendemain soir, Alima prit son bain comme jamais auparavant. Elle se frotta longuement, parfumée, embellie. Mais cette fois, elle ne jeta pas l’eau au sol comme d’habitude. Avec précaution, elle la versa dans une grande calebasse qu’elle recouvrit d’un tissu. Son cœur battait à tout rompre.

 Elle avait l’impression de préparer un rituel secret, interdit mais irrésistible. À la tombée de la nuit, elle sortit discrètement, la calbas, bien calée sous un pagne. Sous le grand fromager, l’homme était déjà là. Toujours vêtu de son boubou sombre, il semblait l’attendre depuis des heures, immobile comme une statue. “Tu es venu”, dit-il avec ce sourire mystérieux.

 “Oui, voici l’eau”, répondit-elle d’une voix tremblante. Elle posa la calebasse à ses pieds. L’homme l’examina, hoa la tête, puis sortit une grande bourse qu’il plaça dans les mains d’Alima. “Tu as fait un bon choix. À partir d’aujourd’hui, ta vie ne sera plus jamais la même. Al serra la bourse contre elle, un éclat de triomphe dans les yeux.

 “Merci”, murmura-t-elle avant de tourner les talons et de disparaître dans la nuit. De retour dans sa chambre, elle renversa la bourse sur sa natte. Des pièces dorées roulèrent partout, cintillant à la lueur de la lampe à huile. “C’est à moi, tout ça, à moi”, dit-elle, ivre de joie. Elle les caressa, les serra contre elle, rit aux éclats. Les lendemains, elle se présenta au marché dans une robe neuve acheté à prix fort, parit de bijoux étincelants.

 Les villageois la regardèrent boucheb. Mais d’où lui vient tout cet argent ? Chuchotèril. Hier encore, elle n’avait rien. Elle a dû trouver un mari riche. Alima, elle paradait, le menton haut, souriant à tous. Elle se sentait enfin au-dessus des autres. Son rêve d’argent facile était devenu réalité.

 Mais dans l’ombre, quelque chose d’invisible avait déjà commencé à tisser sa toile autour d’elle. Et ce qui semblait être une bénédiction allait bientôt se révéler être une malédiction. Trois jours passèrent depuis l’échange. Trois jours où Alima vécu comme une reine. Elle portait chaque matin une nouvelle tenue, achetait des bijoux clinquants au marché, distribuait des sourires arrogants à ses camarades qui la regardaient avec jalousie.

La nuit, elle dormait avec sa bourse d’or serré contre sa poitrine. Elle rêvait d’un avenir fastueux, d’une maison plus grande que celle de n’importe quel chef, de servant à ses ordres et d’hommes riches se disputant sa main. Mais le quatrième jour, tout bascula. Ce matin-là, Alima prit une calebasse d’eau pour se laver. Comme à son habitude, elle s’installa dans la petite cour sous l’ombre du manguier.

 Sa mère pilait le minon loin et un coq chantait au loin. Tout semblait normal. Elle versa la première gorgée d’eau sur son bras et poussa un cristant. Ah ! La calebasse glissa de ses mains et se renversa à terre. Sa mère a couru aussitôt. Lalima. Qu’est-ce qui t’arrive ? L’eau ? Elle elle m’a brûlé.

 Marie tout toucha le bras de sa fille. Il n’y avait aucune trace visible. Pas de brûlure, pas de blessure. Pourtant, Alima tremblait de tout son corps, les yeux écarquillés. “Mais ce n’est que de l’eau, ma fille !” dit sa mère. Non maman, je t’assure. C’était comme du feu. Marié tout se coouait la tête pensant à un caprice ou une illusion.

Elle reprit son travail mais au fond d’elle une inquiétude naissait. Le soir, Alima essaya de se laver de nouveau. Cette fois, elle demanda à sa mère de lui verser l’eau doucement, pensant que la première fois n’était qu’un accident. Mais dès que la première goutte toucha son coup, elle hurla de douleur. Ah ! Ça brûle.

 Arrête ! Elle repoussa violemment la calbasse, renversant toute l’eau. Sa peau était intacte, mais son corps était parcouru de spasme. Qu’est-ce que c’est que ça ? Murmura marié tout, désemparé. Le lendemain, les choses empirèrent. Quand Alima porta une gorgée d’eau à ses lèvres, elle cria encore. Sa gorge s’embrasa comme si elle avait avalé des braises. Elle cracha aussitôt, suffoquant, incapable de boire.

 La panique s’installa dans la maison. Très vite, les voisins remarquèrent que quelque chose clochait. Ils entendirent les cris d’Alim à chaque fois que l’olé fleurait. Un après-midi, alors qu’elle tentait de s’essuyer avec un linge humide, ses hurlements attirèrent une foule devant la cour.

 Mais que lui arrive-t-il ?” demanda une femme. “On dirait qu’elle est maudite”, répondit une autre. “Peut-être qu’elle a fait un pact. On ne devient pas riche du jour au lendemain sans payer un prix.” Les rumeurs circulèrent comme un feu de brousse. Alima ne supporte plus l’eau. Même boire, elle ne peut plus. C’est une punition des esprits. Les enfants se mirent à chanter en riant. Alima, la paresseuse n’aime pas l’eau.

Maintenant l’eau la brûle comme du feu chaud. La honte s’abattit sur Marie tout. Mais plus encore, c’était l’inquiétude pour sa fille qui la consumait. Privé d’eau, Alima dépérissait rapidement. Ses lèvres se craqulèrent. Sa peau devint sèche éterne. Ses beaux cheveux brillants tombèrent par mèche.

 Ses yeux, autrefois éclatants, devin rouge et gonflé. Elle passait ses journées à gémir dans un coin de la chambre, suppliant sa mère. “Maman, aide-moi, je vais mourir.” Marie tout, impuissante, essayait tout. Elle humidifiait des linges pour les poser sur son front, préparait des infusions qu’elle espérait moins douloureuses, mais rien n’y faisait.

 Dès qu’une goutte touchait son corps, c’était comme un brasiier. La maison raisonnait de ses cris et chaque nuit les voisins n’osaient plus dormir. Certains affirmentaient même entendre des voix étrange mêlé à ses hurlements. Désespéré, mari tous se souvint de l’homme mystérieux aperçu devant sa cour.

 Elle comprit que tout venait de là. Elle parcourut le village, interrogea chaque passant. Avez-vous vu un grand homme vêtu d’un boubou sombre ? et personne ne put de réponses claires. Certains disaient qu’il avait pris la route du nord. D’autres juraient l’avoir vu disparaître dans la forêt. Marie tout marcha des jours entiers, demandant de l’aide aux commerçants, aux voyageurs.

 En 20, l’homme semblait s’être volatilisé. Pendant ce temps, Alima dépérissait. Un matin, épuisé par la soif, Alima sortit entitubant dans la cour. Ses habits pendaient sur son corps àigri, sa beauté envolée. Les enfants la suivirent en riant, lançant des colibets. Les femmes chuchotaient entre elles. Voilà donc où mène l’apparisse.

Elle a voulu l’argent facile. Elle récolte le feu. Pauvre mère, quel malheur pour elle. Alima tomba à genoux, les mains tremblantes et regarda le ciel avec des yeux pleins de larmes. Pourquoi ? Cria-t-elle. Pourquoi moi ? Mais le ciel resta muet. De retour dans la chambre, Marie tout prit sa fille dans ses bras. Ses larmes coulaient sans fin.

 Si je pouvais prendre ta douleur à ta place, je le ferais, ma fille. Alima, faible, murmura. Pardonne-moi maman. Je croyais que tout serait facile. Ces mots brisèrent le cœur de mariet. Elle comprit que sa fille avait enfin saisi le prix de son choix, mais il était trop tard pour les regrets. Les jours suivants, la situation devint insoutenable.

Alima ne pouvait plus se lever. Ses cris raisonnaient dans tout le village. Ses rêves d’or et de richesse s’étaient transformés en cauchemar brûlant. Et plus les jours passaient, plus la mort semblait roder autour d’elle. Les villageois commençaient à dire qu’elle n’allait pas survivre.

 Mais quelque part, dans l’ombre du village, une vieille prêtresse observait de loin. Elle avait entendu parler de la malédiction d’Alima et bientôt, elle allait entrer en scène. Les nuits étaient devenues interminables. Dans la petite chambre, les cris d’Alima avaient laissé place à un gémissement faible, presque imperceptible.

 Elle n’avait plus la force de hurler, plus la force de pleurer. Sa peau était sèche comme la terre en saison sèche. Ses lèvres craquel saignaient. Ses beaux yeux, jadis éclatant, était terne et vitreux. Marie tout veillait jour et nuit, assise à son chevet. Elle essuyait la sueur de son front avec un tissu sec, lui carsait les cheveux qui tombaient en mèche brisée et murmurait des prières. L’esprit des ancêtres, protégé ma fille, ne la laissait pas mourir ainsi.

 Mais plus elle priait, plus son cœur se serrait. Elle sentait que la vie d’Alima s’échappait petit à petit comme du sable glissant entre les doigts. Une nuit, alors que marié tous était assoupi quelques instants, elle entendit frapper à la porte. Toc toc toc, elle sursauta, le cœur battant. Qui pouvait venir à une telle heure ? Elle ouvrit et devant elle se tenait une vieille femme.

 Son visage était marqué de profonde ride. Ses yeux brillaient d’une intensité presque surnaturelle. Elle portait un panne ancien tissé de motifs rouges et noirs et tenait un bâton sculpté de symboles étranges. Tu es la mère d’Alima ? Ce n’était pas une question mais une affirmation. Marie tout resta figé, incapable de répondre. La vieille reprit.

 J’ai entendu les cris de ta fille. Il traverse même les mondes invisibles. Si je suis ici ce soir, ce n’est pas par hasard. Marie tout sentit ses jambes trembler. Ses larmes jaillirent sans retenue. Aidez-la, je vous en supplie. Elle va mourir. Je ferai tout, tout ce que vous demanderez. La vieille posa une main ferme sur son épaule.

 Ce n’est pas à moi que tu dois promettre. C’est aux forces qui régissent la vie. Mais sache ceci, sauver ta fille aura un prix. La prêtresse entra dans la chambre. Dès qu’elle vitima, elle secoua lentement la tête. Elle s’approcha, posa son bâton près du lit et sortit une petite calbasse contenant une poudre blanche. Elle en prit une pincée et souffla doucement sur le corps d’Alima.

Aussitôt, une odeur acre se répandit et Alima se mit à trembler convulsivement. Des sonuturaux s’échappèrent de sa gorge comme si une voix étrangère parlait à travers elle. Marie tout recula terrifié. Qu’est-ce que c’est ? La vieille répondit calmement. Ce n’est pas ta fille qui souffre, c’est l’esprit qui s’est accroché à elle.

 Cet esprit a été attiré par l’échange de son eau de bain. Celui qui lui a proposé cet argent n’était pas un homme ordinaire. C’était un intermédiaire, un serviteur des forces obscures. Marié tout en bas à genoux, ses mains jointes. Alors, il n’y a plus d’espoir. La prêtresse fixa Alim d’un regard perçant.

 L’espoir existe toujours, mais pour la délivrer, il faudra affronter ses forces. Et cela ne se fait pas sans courage. La vieille demanda à marié tout d’allumer un grand feu dans la cour. Les voisins, intrigués, s’approchèrent discrètement. Il chuchotaiit, se demandait si la vieille n’était pas une sorcière. La prêtresse disposa des objets autour du feu, des coris, des herbes sèches, une calebasse d’eau de source et un collier fait de perles anciennes.

Cette eau est pure. Elle vient des profondeurs, là où même les esprits du feu ne peuvent la souiller. Mais si ta fille la touche, l’esprit qui l’habite brûlera d’orage. C’est ainsi que nous saurons à quel point il la possède. Mariet tout aida sa fille, presque inconsciente à s’asseoir près du feu. La vieille trempa un doigt dans l’eau sacrée et en toucha le front d’Alima.

 Un cri inhumain jaillit aussitôt de sa bouche. Son corps se cambra, ses yeux roulèrent en arrière. Ah ! Le sol trembla légèrement et une bourasque soudaine éteignit une partie des flammes. Les voisins reculèrent terrifiés. La prêtresse, impassible continua. Tu vois ? L’eau pure le brûle. Ce n’est pas ta fille qui souffre, c’est l’esprit qui refuse de lâcher prise. La vieille sortit alors le collier.

 Les perles brillaient d’une lumière étrange sous la lueur du feu. Ce collier a été béni par les anciens. Si elle le porte, il repoussera l’esprit. Mais sache ceci, l’esprit ne partira pas facilement. Il luttera, car il croit déjà que ta fille lui appartient. Marie tout prit le collier de ses mains tremblantes et le passa autour du coup d’Alima.

 Aussitôt, Alima poussa un nouveau cri, mais cette fois ses yeux reprent un éclat humain. Elle respira plus fort, comme si un poids énorme venait d’être allégé de sa poitrine. Marie tout éclata en sanglot, serrant sa fille contre elle. Elle vit. Oh, elle vit encore. La vieille posa son bâton au sol. Ce n’est qu’un premier pas.

 Le collier la protège, mais il ne l’a pas encore libéré. Pour rompre complètement la malédiction, il faudra un rituel plus puissant et ta fille devra elle-même reconnaître sa faute. Sinon, l’esprit reviendra toujours. Au lever du soleil, Alima reprit conscience. Ses yeux rencontrèrent ceux de sa mère, plein de larmes et de fatigue. Elle sentit le collier sur sa poitrine et toucha les perles avec hésitation.

 Maman, que s’est-il passé ? marié tout le cœur serré répondit tu as été trompé ma fille cet argent cette facilité ce n’était qu’un piège. L’homme à qui tu as donné ton eau de bain t’a vendu à des forces obscures. Alima, faible se mit à pleurer. Je je voulais juste une vie facile. Je ne voulais pas de mal.

 La prêtresse s’approcha et dit d’une voix grave : “L’argent facile attire toujours l’ombre. Tu as touché à ce qui dépasse les mortels, mais tu as encore une chance de te relever si tu acceptes d’affronter la vérité. Alocha la tête, ses larmes roulant sur ses joues. Pour la première fois, elle semblait prête à affronter la réalité. La prêtresse annonça qu’un grand rituel aurait lieu au clair de lune.

 Marietou et Alima devaient jeûer jusqu’à la cérémonie. Elles passèrent la journée à prier, à méditer, à demander pardon aux ancêtres. Le soir venu, toute la cour fut illuminée par des torchés. Le village entier, curieux et inquiet, s’était rassembler autour.

 Certains chuchotaient que c’était dangereux, d’autres disaient que c’était la seule chance de sauver Alima. La prêtresse traça des symboles au sol avec de la cendre, plaça Alima au centre et ordonna à tout le monde de rester à distance. Cette nuit, l’esprit parlera et c’est à elle de montrer si elle mérite d’être délivrée. Les tambours commencèrent à raisonner doucement comme un battement de cœur. L’air était lourd, chargé d’électricité.

 Marie tous ses ras ses mains, le souffle court. Elle savait que cette nuit déciderait du destin de sa fille. Le ciel s’était couvert d’épain nuage. La lune, pourtant pleine, peinait à percer la brume qui recouvrait le village. Les tambours raisonnaient dans la cour, grave et lent, comme si chaque battement marquait l’approche du destin. Au centre du cercle tracé par la prêtresse, Alima se tenait assise.

Faible, tremblante, mais encore vivante grâce au collier. Marietou était juste derrière, ses mains jointes, les yeux gonflés de larmes. La prêtresse leva son bâton vers le ciel et prononça des paroles guturales. Les flammes des torchées vacillèrent et un silence étrange tomba sur l’assemblée. Ce soir, l’esprit sera confronté.

Ce soir, ta fille devra choisir entre l’ombre et la lumière, déclara la vieille. Les villageois retenaient leur souffle. La prêtresse prit la calebasse d’eau sacrée et en versa quelques gouttes sur le sol du cercle. À peine l’eau eût-elle touché la terre, Kalima se mit à hurler.

 Son corps se cambra violemment, ses yeux devinrent blancs. Une voix guturale étrangère à la sienne sortie de sa bouche. Elle est à moi. Elle a accepté. Elle m’appartient. La foule recula terrifiée. Marie tout. Elle tomba à genou en suppliant. Non, c’est ma fille. Vous ne l’aurez pas. La prêtresse frappa son bâton contre le sol. Tu mens esprit. Ce n’est pas toi qui choisit, c’est elle qui doit décider.

 Alors, elle place à calbas d’eau devant Alima. Alima, si tu veux être libre, tu dois affronter la douleur. Bois cette eau. Montre que tu refuses l’ombre. Les larmes coulaient sur le visage d’Alima. Elle savait ce que cela signifiait. Chaque goutte d’eau était comme du feu sur sa peau. Mais elle comprenait aussi que c’était sa seule chance. Faiblement, elle saisit la calebasse.

Ses mains tremblaient si fort que l’eau failli se renverser. La voix étrangère rugit à travers elle. Si tu bois, tu mourras. Marie tout cria en pleurant. Ma fille, courage, tu n’es pas seule. Alors, Alima porta la calbasse à ses lèvres. La première gorgée fut un supplice. Elle cria sa gorge en feu, mais elle ne lâcha pas.

 Elle but encore et encore jusqu’à ce que la calbasse soit vide. Son corps se convulsa. Une fumée noire s’échappa de sa bouche, s’élevant dans le ciel comme une ombre hurlante. “Va” cria la voix avant de disparaître dans la nuit. Alima s’effondra au sol. Un silence pesant suivi. On aurait dit que le monde entier retenait son souffle.

 Puis doucement, Alima ouvrit les yeux. Ces iris, redevenu clair, brillaient de larmes. Elle toucha son visage, sa peau. Pour la première fois depuis des semaines, elle ne ressentait plus la brûlure. Elle porta ses mains à la terre puis demanda une calbasse d’eau. Marie Tout la lui apporta en tremblant. Alim bu. Pas de cri, pas de douleur, juste l’eau douce et fraîche glissant dans sa gorge assoiffée. Les villageois éclatèrent en exclamation : “Elle est délivrée.

” Les esprits l’ont libéré. Mariet tout se jeta sur sa fille, la serrant contre elle en pleurant de joie. “Oh ma fille, tu es sauvé !” La prêtresse aucha la tête avec gravité. “La est libre ? Oui, mais qu’elle n’oublie jamais ! Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé.

 C’est sa volonté d’affronter la vérité et d’accepter la douleur pour se relever. Quelques jours plus tard, Alima, encore faible mais vivante, sortit de la maison. Les enfants qui se moquaient d’elle baissèrent les yeux. Les femmes du village murmurèrent impressionné. Alors devant tout le monde, Al m’a prit la parole. Sa voix tremblait, mais chaque mot portait une force nouvelle. J’ai cru qu’on pouvait tout avoir sans effort.

 J’ai cru que la facilité était un chemin. Mais j’ai appris que chaque richesse a un prix et que l’argent facile est un piège. J’ai failli perdre ma vie et j’ai fait souffrir ma mère. Elle leva les yeux vers le ciel. Je remercie les ancêtres de m’avoir donné une seconde chance. Désormais, je travaillerai de mes propres mains. Je ne chercherai plus jamais la facilité.

 Marie tout en larme posa une main sur son épaule. Les villageoischèrent la tête. Certains applaudissaient, d’autres chantaient des prières. Les jours passèrent. Alima, autrefois paresseuse, se leva désormais à l’aube pour aider sa mère au champ. Elle portait encore le collier protecteur, non comme un bijou, mais comme un rappel de sa chute et de sa délivrance.

 Et chaque fois que des jeunes du village parlaient de raccourci ou de richesse facile, Marie tout leur racontait l’histoire de sa fille. On l’appelait encore la fille la plus paresseuse du village, mais plus comme une moquerie, plutôt comme une légende, un avertissement. Car tout le monde avait compris à travers elle une vérité que nul ne pouvait oublier. Rien n’est facile dans la vie. Et quand c’est trop facile, c’est souvent un piège.