Pascal Krug, alias “Le Petit Prince” : une étoile filante de la chanson française s’est éteinte

Le 28 juillet 2025 restera gravé dans la mémoire des amateurs de musique française comme le jour où l’un de ses plus jeunes talents disparus a définitivement tiré sa révérence. Pascal Krug, plus connu sous le pseudonyme de « Le Petit Prince », est décédé à l’âge de 73 ans, laissant derrière lui un souvenir doux-amer d’une célébrité précoce, d’un destin brisé, mais aussi d’un espoir renaissant.

Pascal Krug - L'ascenceur (doc TSR)

Dans les années 60, il n’était encore qu’un enfant lorsque sa voix cristalline et émotive bouleversa le public français. À seulement 11 ans, en 1963, il se fait remarquer avec les titres “C’est bien joli d’être copain” et “Tout sauf une rose”, des chansons qui évoquent la tendresse et l’innocence de l’enfance. Sa voix particulière et sa candeur touchent alors le cœur de Claude François, véritable icône de l’époque, qui décide de le prendre sous son aile. Ensemble, ils effectuent quatre tournées, durant lesquelles Pascal assure les premières parties du spectacle.

Le succès est immédiat. Pascal chante également en duo avec Franck Alamo, un autre chanteur populaire des yéyés, et il devient choriste pour Eddie Mitchell. Le petit garçon timide devient rapidement une figure incontournable du paysage musical français. En 1966, il apparaît sur la célèbre « photo du siècle » publiée par le magazine « Salut les Copains », entouré des plus grandes stars de la scène yéyé comme Johnny Hallyday, Sheila ou Sylvie Vartan.

Mais derrière cette ascension fulgurante se cache une réalité plus dure. Le conte de fées s’arrête brutalement lorsqu’il perd sa voix d’enfant à l’adolescence. Ce changement physiologique met fin à sa carrière artistique. De vedette applaudie, il devient un inconnu, sombrant peu à peu dans l’anonymat, puis dans la dépression. Pendant plus de 40 ans, Pascal Krug lutte dans l’ombre, en proie à ses démons. L’alcool, la maladie, l’isolement et l’invalidité marquent son quotidien.

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Sur son site personnel, il évoquait sans détour cette période sombre de sa vie. « Nous avons eu cinq enfants que nous aimons. Puis le divorce, puis l’isolement, l’invalidité, pardon, dépression, alcool et j’en passe. » Le ton est résolument mélancolique, voire amer. Le « Petit Prince » qui faisait rêver la France vivait désormais loin des projecteurs, abîmé par la vie et la célébrité trop tôt acquise.

Et pourtant, malgré cette longue traversée du désert, un souffle d’espoir renaît dans les dernières années de sa vie. Il enregistre deux nouveaux albums, renouant doucement avec la musique. Bien que sa voix n’ait plus rien à voir avec celle de son enfance, il y met une émotion nouvelle, nourrie par l’expérience et les cicatrices du passé. Son rêve ultime restait de remonter sur scène, de goûter à nouveau à cette adrénaline si particulière du contact avec le public.

Malheureusement, le destin ne lui en a pas laissé l’occasion. Son décès à l’âge de 73 ans met un point final à une existence faite de lumière et d’ombre. Une icône des années 60 disparaît, mais l’empreinte qu’il a laissée dans le cœur de ceux qui l’ont connu enfant reste intacte. Ceux qui ont grandi avec ses chansons se souviennent de cette voix si pure, de ce regard timide et de cette présence attachante.

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Son histoire rappelle aussi la cruauté du monde du spectacle, surtout pour ceux qui y entrent très jeunes. Derrière les paillettes, les sourires et les applaudissements, il y a parfois l’oubli, la solitude et la douleur. Pascal Krug a connu ces deux extrêmes : la gloire à 11 ans, l’anonymat à 20 ans. Peu d’artistes peuvent se targuer d’une telle trajectoire, et encore moins de réussir à se relever après autant d’épreuves.

Aujourd’hui, le Petit Prince repose en paix, mais sa mémoire continue de chanter. Elle vit dans les souvenirs des baby-boomers, dans les archives des émissions de variétés, dans les vinyles jaunis et dans les vidéos partagées sur Internet. Elle vit surtout dans les cœurs de ceux qui, même après tant d’années, peuvent encore fredonner « C’est bien joli d’être copain » avec un sourire ému.

Pascal Krug n’a peut-être pas eu la carrière longue qu’on lui prédisait, mais il a marqué son époque. Et cela, aucun oubli, aucune dépression, aucune disparition ne pourra l’effacer.