Le football belge vient de perdre l’une de ses figures les plus marquantes, et derrière cette disparition se cache une histoire profondément humaine, faite de passion, de transmission et de liens familiaux parfois complexes. Roger Lukaku, ancien attaquant reconnu en Belgique, mais surtout père des internationaux Romelu et Jordan Lukaku, est décédé à seulement 58 ans. Sa mort laisse un vide immense, aussi bien dans le monde du football que dans sa famille, où son rôle de guide, de protecteur et de repère restera gravé dans les mémoires.

Né au Zaïre, devenu depuis la République démocratique du Congo, Roger Lukaku arrive en Belgique au début des années 1990. Très vite, il se fait remarquer dans le championnat belge grâce à ses qualités de buteur. Il débute sa carrière à Boom, près d’Anvers, avant de s’illustrer sous les couleurs du club de Seraing, en première division. C’est là qu’il connaît ses heures de gloire et qu’il se forge une réputation de véritable renard des surfaces, redouté pour son sens du but et son efficacité. Plus tard, son passage au Germinal Beerschot confirme son statut de buteur respecté du championnat belge. En 135 matchs de division 1, il parvient à inscrire 47 buts, une statistique qui témoigne de son apport considérable au football belge de l’époque.

Mais sa carrière ne se limite pas à la Belgique. Attaquant ambitieux, il tente également une aventure en Turquie, avant de revenir ensuite dans le plat pays, où il évolue notamment à Malines puis dans les divisions inférieures, à l’Oosterwijk. Au niveau international, il défend les couleurs du Zaïre à 11 reprises, représentant fièrement son pays d’origine sur la scène mondiale. Sa trajectoire sportive, riche mais parfois chaotique, le place dans la catégorie de ces joueurs respectés, qui n’ont peut-être pas atteint les sommets du football mondial, mais dont la passion et l’engagement n’ont jamais faibli.

Depuis un incident, Romelu Lukaku ne parle plus avec son père : « Un jour,  cela va rentrer dans l'ordre, je l'espère de tout cœur car ça fait très mal  »

Au-delà des statistiques, ce qui a surtout marqué, c’est la continuité de son héritage à travers ses enfants. Romelu Lukaku, devenu superstar mondiale, attaquant phare de l’Inter Milan et de l’équipe nationale belge, et son frère Jordan, international belge également, n’ont jamais cessé de rappeler l’influence capitale de leur père dans leur parcours. « Romelu, c’est le fils de Roger », entendait-on souvent à ses débuts. Mais avec le temps, le rapport s’est inversé. Aujourd’hui, c’est Roger qui restera dans la mémoire collective comme « le père de Romelu », l’homme qui a transmis non seulement des gènes sportifs, mais aussi une force mentale et une détermination sans faille à ses enfants.

La relation entre Roger et ses fils, cependant, n’a pas toujours été simple. Comme dans de nombreuses familles marquées par la pression du sport de haut niveau, des tensions ont pu apparaître avec les années. L’éloignement, la médiatisation, les choix de carrière et sans doute aussi les blessures personnelles ont contribué à refroidir les liens. Mais malgré ces difficultés, il restait ce ciment indestructible : l’amour paternel, même dans le silence ou la distance. Et cet amour, Romelu l’a exprimé avec une intensité bouleversante au moment d’annoncer le décès de son père.

Sur son compte Instagram, l’attaquant belge a publié un hommage vibrant : « Merci de m’avoir enseigné tout ce que je sais. Tu m’as protégé, guidé comme personne. La douleur est immense mais je trouverai la force. Merci pour tout mon papa. » Derrière ces quelques mots, on sent toute la reconnaissance d’un fils pour celui qui, malgré les épreuves, a toujours incarné la figure du père fondateur, celui qui ouvre la voie, qui soutient et qui inspire. C’est un message universel, qui dépasse le cadre du football et touche à ce qu’il y a de plus essentiel : la transmission entre un père et son fils.

La disparition de Roger Lukaku rappelle aussi combien le destin de certaines familles est marqué par le sport, mais ne se réduit pas à lui. Pour Romelu et Jordan, leur père n’était pas seulement l’ancien attaquant du championnat belge, il était un repère, un modèle de courage et de persévérance. La douleur exprimée publiquement est le reflet d’un deuil intime, mais également d’une reconnaissance partagée avec des millions de supporters. Car en rendant hommage à son père, Romelu a aussi rappelé à tous que derrière chaque grand champion se cache une histoire familiale, faite de sacrifices, d’encouragements et parfois de souffrances.

Belgian football in mourning: Roger Lukaku is dead. - YouTube

Le football belge, de son côté, perd une figure respectée. Roger Lukaku n’était pas le joueur le plus célèbre de sa génération, mais il incarnait parfaitement cette génération d’attaquants africains venus en Europe dans les années 1990, à une époque où les conditions d’intégration n’étaient pas simples et où la reconnaissance passait avant tout par les performances sur le terrain. Sa réussite a ouvert des portes et inspiré de nombreux jeunes joueurs congolais et africains qui rêvaient, eux aussi, d’un avenir dans le football européen.

Aujourd’hui, à travers la peine de la famille Lukaku, c’est toute une communauté qui se sent touchée. Les supporters se souviennent de ses buts, de son charisme, et surtout de ce qu’il a légué à travers ses enfants. Une page se tourne, mais le nom Lukaku continuera à résonner longtemps, porté par Romelu et Jordan, et par l’héritage indestructible d’un père qui, par sa passion, a semé les graines d’un succès planétaire.

La mort de Roger Lukaku, à seulement 58 ans, nous rappelle brutalement la fragilité de la vie. Mais elle nous offre aussi une leçon de mémoire et de gratitude : celle de ne jamais oublier ceux qui nous ont transmis leur force, leur savoir et leur amour. À travers les mots de son fils, une vérité éclate : le lien d’un père à ses enfants ne disparaît jamais. Même au-delà de la mort, il reste vivant, vibrant, éternel.