L’amour, dans sa plus pure expression, est censé être un havre de paix, une confiance inébranlable entre deux âmes. Pour Sumto, il l’était, jusqu’à ce que le simple bruit d’une clé tournant dans une serrure, chaque nuit, installe un frisson d’inconnu dans son cœur. Sa femme, Adaï, une femme qu’il croyait connaître parfaitement, avait une étrange habitude : après chaque moment intime, elle verrouillait la porte de leur chambre. Un geste anodin en apparence, mais qui a peu à peu creusé un gouffre d’incertitude. Que cachait-elle derrière cette habitude ? Quelles peurs inavouées la poussaient à ériger un mur de solitude dans l’intimité même de leur foyer ?

L’étau du doute se resserrait chaque jour un peu plus sur Sumto. Il n’avait aucune raison de ne pas faire confiance à sa femme. Adaï était une femme pieuse, une “guerrière de la prière” comme on l’appelait, réputée pour ses prières qui aidaient les femmes stériles à concevoir. Il l’avait rencontrée par l’intermédiaire de son ami Chik, qui l’avait dépeinte comme une femme vertueuse et respectable. Pourtant, le vernis de cette façade parfaite commençait à craquer. La première fissure est apparue sous ses pieds, littéralement, lorsqu’il découvrit un mot gravé dans le carrelage de leur maison : “Retour”. Une simple inscription qui a fait basculer son monde.

Ma femme verrouille toujours la chambre après avoir fait l'amour, mais un jour  tout a basculé. - YouTube

Sumto, l’âme en tourmente, décide de confronter son ami Chik. Il espère y trouver une explication rationnelle, une solution à ce puzzle déroutant. La rencontre, cependant, ne fait qu’ajouter des pièces manquantes au mystère. Chik admet n’avoir jamais vraiment connu Adaï et n’avoir fait que la présenter à Sumto en se fiant à sa réputation de femme de foi. Les certitudes de Sumto s’effritent, il se sent trahi non par son ami, mais par une réalité qui lui échappe. Le besoin de comprendre devient une obsession.

Décidé à découvrir la vérité, Sumto prend la route vers Enugu, le village natal d’Adaï. C’est un voyage rempli d’espoir et d’appréhension. Mais il n’arrivera jamais à destination. En chemin, le destin semble s’acharner sur lui. Le moteur de sa voiture surchauffe de manière inexplicable, et alors qu’il tente de trouver une solution, son téléphone sonne. C’est un numéro inconnu. À l’autre bout du fil, une voix déformée lui ordonne de faire demi-tour. Un frisson d’effroi le parcourt lorsque, juste après l’appel, une bougie noire, identique à celles qu’Adaï utilise, apparaît sur le siège passager de son véhicule. C’est un signe, une mise en garde. Une force surnaturelle semble le surveiller et le dissuader de poursuivre sa quête. Terrorisé, il rebrousse chemin, incapable de défier cet avertissement venu d’un autre monde.

De retour chez lui, l’atmosphère est lourde, chargée de non-dits. Adaï l’accueille avec un regard qui trahit la connaissance de son voyage avorté. “Tu ne me fais pas confiance ?” lui demande-t-elle, une tristesse palpable dans sa voix. C’est le début d’une confrontation inévitable, un moment de vérité qui allait changer leur vie pour toujours. Face au mur de sa méfiance, Adaï ne peut plus se cacher. Elle commence alors à dévoiler un secret familial, un fardeau qu’elle porte depuis sa naissance. Elle est la dernière fille d’une lignée soumise à un serment ancestral : la première fille de chaque génération doit rester célibataire. Un esprit, un être surnaturel, est désigné pour la protéger et veiller à ce qu’elle n’épouse jamais personne. Si elle s’unit à un homme, cet esprit revient pour le réclamer. Après chaque acte d’amour, il réclame son dû, une partie de son âme, d’où le besoin de se séparer de Sumto en verrouillant la porte.

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Pour appuyer ses dires, Adaï lui tend un foulard. À l’intérieur, un miroir. Mais un miroir qui ne reflète pas leurs visages. Il montre une pièce sombre, éclairée par des bougies, peuplée de femmes et d’un bébé. C’est une vision du passé, un passé qui hante et qui explique tout. Sa mère lui avait dit de ne jamais tomber amoureuse, lui promettant que “l’amour lui coûterait plus que la solitude”. Un avertissement tragique qui résonne désormais dans l’esprit de Sumto.

Loin de le rejeter, cette révélation renforce l’amour de Sumto pour sa femme. Il ne voit plus une étrange, mais une victime, une femme piégée par un sort qui n’est pas le sien. Il la persuade de ne pas abandonner, de se battre pour leur amour. Ensemble, ils décident de retourner dans le village d’Adaï, Obanique, pour y chercher de l’aide auprès de ceux qui connaissent les secrets de leur lignée.

Leur voyage est différent cette fois-ci. Ils sont unis par l’adversité. Ils y rencontrent Mama Emma, une vieille femme aveugle dont la sagesse et la spiritualité dépassent la vision. Mama Emma, sans même les voir, comprend la nature de leur problème. Elle confirme la malédiction : une première fille dans chaque génération de la famille d’Adaï doit rester célibataire. Pour briser le serment, elle leur donne des instructions précises, une épreuve de courage et de foi. Adaï doit se rendre seule au “ruisseau du silence”, y jeûner pendant plusieurs jours, s’y baigner et, enfin, brûler le foulard de sa mère sur ses rives.

Adaï affronte cette épreuve avec la force d’une femme poussée par l’amour. Elle se rend au ruisseau, affronte la solitude et l’angoisse, et accomplit les rituels prescrits. Chaque jour, un peu plus de lumière s’installe en elle, tandis que le monde extérieur perd de son emprise. Le dernier jour, elle jette le foulard dans les flammes, symboliquement, et par-dessus tout, elle rejette le passé qui l’a tenue captive.

Le retour d’Adaï est un moment de soulagement. La chaîne du serment est brisée. L’esprit est parti. La porte de leur chambre reste ouverte désormais. Leurs vies peuvent enfin reprendre leur cours, libérées de la peur et de la superstition. Et la plus belle des confirmations de leur victoire est l’annonce d’Adaï, qui porte en elle une nouvelle vie, leur enfant. L’amour a triomphé du destin, de la malédiction, et de l’obscurité. Leur histoire est un témoignage que même les secrets les plus sombres peuvent être vaincus par la confiance, le courage et la foi.