Mort d’Claudia Cardinale : Avec des fleurs et des larmes, adieu à la légende du cinéma français.

Je crève de peur. Je suis déjà morte. Je suis momifiée. L’idée que dans de semaines, je vais être là-bas quoi. Ouais. Le 23 septembre 2025, le ciel du cinéma européen s’est assombri. Claudia Cardinal, l’icône éternelle, la beauté qui avait enchanté le monde entier, a rendu son dernier souffle à Nemour à l’âge de ans.

 Elle s’est éteinte auprès de ses enfants, mais c’est bien des millions de cœurs qui se sont brisés à l’annonce de sa mort. À peine un mois après la disparition d’Alain Delon, voilà que sa partenaire mythique dans le guépard s’en va à son tour. Deux étoiles immenses, deux symboles d’un âge d’or se sont éteints presque en même temps.

 La nouvelle a raisonné comme un séisme. Les unes des journaux se sont couvertes de noir. Les écrans se sont emplis d’images d’archives et dans la mémoire des cinéphiles, une douleur sourde s’est installée. On a murmuré son nom avec des larmes, comme si prononca Claudia suffisait à raviver un monde révolu. Ses yeux profonds, son sourire mystérieux, sa voix rque inoubliable, tout cela semblait encore vivant et pourtant tout venait de s’éteindre.

Claudia Cardinale, la fille chérie de La Goulette, s'est éteinte à 87 ans

 La disparition de Claudia Cardinal n’est pas seulement la perte d’une actrice. C’est la fin d’une époque, la disparition d’une part d’âame du 7e art. Et nous, témoins de sa splendeur, nous ne pouvons que nous recueillir en silence dans une douleur infinie en rendant hommage à une légende qui, même absente, continuera de briller à jamais.

Claudia Cardinal n’était pas seulement une actrice, elle était une présence, une silhouette gravée dans l’imaginaire collectif. Elle possédait ce quelque chose d’inexplicable, ce magnétisme naturel qui faisait qu’à chaque apparition, l’écran se transformait. Elle entrait dans le champ et soudain, le film prenait une autre dimension.

 Sa voix rque, accident de jeunesse qui devint sa signature, ses yeux profonds et insondables, son sourire entre pudeur et insolence, tout en elle composait une aura que rien ni personne n’a jamais pu égaler. Pendant plus de 60 ans, Claudia Cardinal a incarné le rêve et la force du cinéma européen. Ces rôles sont autant de pierres précieuses dans l’histoire du 7e art.

Dans le guépard de Visconti, elle fut l’incarnation de la grâce et de la noblesse, illuminant chaque plan de sa présence souveraine. Dans 8 et demi de Félini, elle devint Muse et Mirage, figur onirrique qui hante encore la mémoire des spectateurs. Dans était une fois dans l’ouest de Sergio Leone.

 Elle bouleversa les codes en offrant au western une héroïne de chair et de sang, sensuelle, vulnérable mais d’une détermination implacable. Son nom se lit au côté des plus grands. Alain Delon, Jean-Paul Belmondau, Marcelo Mastroyani, Bertlancaster, Omar Shariff. Elle ne fut jamais écrasée par ses géants. Elle les égalait. parfois même les éclipsaient.

Là où d’autres actrices restites prisonnières de leur beauté, Claudia su la transcender. Elle imposa des personnages complexes, fières, libres, des femmes qui n’étaient pas de simples faire valoir, mais des êtres de passion et de contradiction. Sa carrière fut aussi une preuve de courage. Dans un univers souvent impitoyable, dominé par les hommes pour lesat par les stéréotypes, Claudia Cardinal refusa d’être enfermé.

Elle choisit ses rôles avec exigence, évita les pièges des images faciles et construisit une filmographie d’une richesse inouie. En cela, elle fut plus qu’une star. Elle fut une pionnière, une femme qui, par son art et sa volonté ouvrit la voix à une représentation plus forte et plus authentique des femmes au cinéma.

 Aujourd’hui, à l’annonce de sa mort, c’est cette dualité qui bouleverse. Claudia était intouchable par sa splendeur et son statut de légende, mais elle restait proche par ses failles, par cette fragilité. qui affleurait derrière chaque rôle. Elle appartenait à la fois au panthéon du cinéma et au cœur de chacun.

 Elle n’était pas seulement un visage sur l’écran, elle était une émotion, une mémoire vivante. Perdre Claudia Cardinal, c’est perdre bien plus qu’une actrice. C’est voir s’éteindre une partie de la lumière du cinéma. Une lumière qui avait guidé des générations de spectateurs et d’artistes. Et pourtant, cette lumière ne disparaît pas vraiment.

 Elle demeure incrustée dans chaque bobine, dans chaque image, dans chaque regard échangé avec ses partenaires. Claudia Cardinal est morte, mais Claudia Cardinal est immortelle. Avant devenir l’icône que le monde entier pleure aujourd’hui, Claudia Cardinal fut une enfant du soleil. Né le avril 1938 à Tunis, dans une famille d’origine italienne installée en Afrique du Nord, elle grandit dans un univers de lumière, de parfums et de contrastes.

Les ruelles animées de la Medina, les marchés bruissants de voix, la mer méditerranée à perte de vue. Tout dans son enfance portait déjà l’empreinte de ce métissage qui allait forger sa singularité. Claudia n’était pas une enfant exubérante, timide, presque réservée. Elle se rêvait enseignante, loin des feux de la rampe.

 Personne n’aurait imaginé que cette jeune fille discrète, toujours en retrait, deviendrait l’une des femmes les plus admirées du monde. Et pourtant, le destin veillait. En 195, alors qu’elle n’avait que ans, elle fut poussée par son entourage à participer à un concours de beauté. À contre-cœur, elle accepta. Le verdict fut immédiat.

Elle fut sacrée. La plus belle italienne de Tunisie. Ce titre qui aurait pu n’être qu’une anecdote bouleversa sa vie car le prix associé à ce concours n’était autre qu’un voyage à la Mostra de Venise. Et là, sous les projecteurs du plus prestigieux festival de cinéma d’Italie, la magie Opéra, les producteurs la remarquèrent immédiatement.

Parmi eux, Franco Crystaldi qui deviendrait l’un des premiers à croire en elle. et à lui ouvrir les portes de Sina, le Hollywood italien. Claudia, qui jusque-là n’avait jamais pensé au cinéma, se retrouva soudain projeté dans un univers inconnu, fascinant et terrifiant à la fois. Elle n’avait aucune formation, aucune ambition artistique, mais elle possédait quelque chose d’encore plus rare, une intensité brute, une vérité qui transparaissait dans chaque geste, dans chaque regard.

Dès 1958, elle fit ses débuts devant les caméras dans Goha au côté d’Omar Sharifff. Le film passa presque inaperçu, mais un détail marqua les spectateurs et les critiques. Cette jeune femme, qui n’avait encore rien prouvé éclipsait déjà ses partenaires par sa présence. Claudia ne jouait pas, elle existait et cette vérité bouleversa ceux qui croisèrent son chemin.

 À Rome, Sincita vibrait alors au rythme d’un cinéma en pleine effervescence. Fellini, Visconti, Antonioni, Léon. Tous cherchaient de nouveaux visages pour incarner leur vision. Claudia Cardinal s’imposa immédiatement comme une évidence. Elle avait tout ce que le cinéma désirait et ce que le public n’avait jamais vu.

L'actrice franco-italienne Claudia Cardinale est morte à l'âge de 87 ans

 Une beauté charnelle, mystérieuse, mais aussi une dignité farouche, une pudeur qui la rendait insais. Contrairement à beaucoup d’actrices de son époque, elle refusait d’être simplement l’objet du désir. Elle voulait exister autrement. Cette singularité devint sa force. Les caméras semblaient l’aimer d’instinct, mais ses savoir né d’un accident de jeunesse qui abîma ses cordes vocales qui fidèle une actrice immédiatement reconnaissable.

Là où d’autres cultivaient la perfection, Claudia incarnait l’imperfection sublime. Elle portait en elle cette vérité brute que le public ressentait sans pouvoir la définir. En l’espace de quelques années, la jeune fille de Tunis, timide et presque réticente à devenir actrice, devint la nouvelle muse du cinéma italien et français.

Sa trajectoire était lancée, irrésistible, portée par une grâce qui dépassait le simple talent. Car Claudia Cardinal n’était pas seulement une actrice en devenir, elle était déjà une légende en formation. Claudia Cardinal n’a jamais été une actrice comme les autres. Sa beauté foudroyante, sa voix envoûtante, sa force tranquille attirait les regards, mais elle gardait toujours une distance.

 une pudeur qui la rendait insais. Dans sa vie, elle croisa les plus grands noms du cinéma européen, des hommes qui tous succombèrent à son magnétisme. Mais si beaucoup l’aimèrent, bien peu purent réellement franchir la barrière invisible qui protégeait son cœur. Le premier fut Marcelo Mastroyani, l’éternel séducteur italien.

 Ensemble, ils tournèrent. Le pigeon, le bel Antonio, puis l’inoubliable et demi de Fellini. Sur ses plateaux, Marcelo ne tarda pas à lui avouer ses sentiments. Claudia, espiègle, éclata de rire. Elle ne le prit pas au sérieux, pensant à une plaisanterie. Mais Mastroyan, blessée dans son orgueil, répétait souvent : “J’étais amoureux de toi.

 Pourquoi n’as-tu jamais voulu me croire ?” Derrière ces mots se cachait une vérité douce, amère. Claudia avait marqué son cœur mais jamais accepté son amour. Puis vint Lucino Visconti, le maître du cinéma italien, aristocrate de l’art et des passions. Avec lui, Claudia partagea une complicité unique. Dans le guépard, il su révéler toute sa grâce, toute sa noblesse.

Visconti était pour elle plus qu’un réalisateur, un mentor, presque un frère d’âme. Il la faisait rire, la rassurait, la guidait. Certains croyaient à une romance secrète, mais la vérité était qu’il s’aimait d’une autre manière, dans le langage de l’art, de la confiance et de l’admiration réciproque.

 Avec Alain Delon, ce fut une rencontre d’une intensité particulière. La première fois qu’elle le vit, sur une gondole à Venise, elle pensa “Quel beau mec !” Quelques années plus tard, ils partagèrent laaffiche de Roco et ses frères. puis le guépard. À l’écran, leur alchimie était évidente. Les spectateurs y voyaient la promesse d’un amour.

 Mais dans la vie, ce fut une amitié forte, un lien mystérieux fait de regards complices, d’une admiration muette. Claudia ne céda jamais, mais leur duo reste l’un des plus beaux de l’histoire du cinéma. Et puis il y eut Jean-Paul Belmondau, l’insoumis, le farceur, le roi du panache. Avec lui, Claudia partagea des tournages mémorables.

 La Viaxia, cartouche, la SUM, mais surtout elle partagea des fourires. Belmondo avait ce don de la faire redevenir une adolescente joyeuse, loin des projecteurs et des pressions. On raconte qu’un soir, lors d’un dîner, ils se livrèrent à une bataille improvisée de boulettes de couscous sous les yeux médusés de leurs collègues.

 Leur lien ne fut jamais amoureux, mais d’une complicité rare, un trésor d’amitié que Claudia chérissait. Tous ces hommes, Mastroyani, Visconti, De Lon, Belmondo, virent en Claudia une muse, une énigme, une femme qu’il désirait autant qu’il respectait. Mais tous, à leur manière échouèrent à conquérir son cœur.

 Car Claudia Cardinal, derrière ses sourires et ses regards brûlants, protégeaient farouchement son intimité. Elle refusait d’être prisonnière de la passion des autres. Elle voulait choisir, rester maîtresse de son destin. Ce mystère, loin de l’éloigner, ne fit que renforcer son aura. Elle était cette étoile lointaine que l’on contemple avec fascination mais qu’aucun mortel ne peut atteindre.

Et c’est peut-être cette distance ce refus de se livrer pleinement qui fidèle non seulement une actrice mais une légende. S’il y a un homme qui réussit à percer la carapace de Claudia Cardinal, non pas par la séduction mais par le rire, c’est bien Jean-Paul Belmondau. là ou tant d’autres tentèrent de la conquérir avec des déclarations passionnées ou des regards langoureux.

Bébelle su trouver une autre clé. L’insouciance, la joie, le goût du jeu, leur complicité naquis sur les tournages des années 60. La Vixia, cartouche puis la skumoun les réunirent à l’écran. Dès les premières scènes, une alchimie naturelle s’imposa. Belmondo, avec sa guille et son énergie indomptable, trouvait en Claudia une partenaire idéale.

Elle, d’ordinaire pudique et réservée, se laissait emporter par sa bonne humeur contagieuse. ensemble, il formaient un duo explosif dont l’humour détonnant allégeait les atmosphères parfois lourdes des plateaux. Un souvenir illustre parfaitement cette entente. Lors d’un dîner organisé par une production, après une longue journée de tournage, Belmondo lança une boulette de couscous en direction de Claudia, sourire en coin.

Elle l’éclata de rire et riosta aussitôt. En quelques minutes, les deux comédiens transformèrent le repas en véritable bataille improvisée au grand désarrois des producteurs et à l’amusement général. Ce soir-là, Claudia n’était plus la diva intouchable, mais une complice de jeux, une femme redevenue adolescente le temps d’un instant.

 Cette légèreté Claudia la chérissait. Belmondo avait ce talent rare de désarmer les tensions. Sur un plateau où régnaient parfois les caprices et les rivalité, il suffisait de son rire Tony Truant pour tout apaiser. Claudia, habitué à être scruté, admiré, presque vénérée, trouvait auprès de lui un refuge différent.

 Celui d’une amitié sincère, dénuée de calcul. Elle confia plus tard, “Jean-Paul m’a offert quelque chose que peu d’hommes m’ont donné, le droit d’être simplement moi-même.” Évidemment, la presse s’empara de cette complicité. Les magazines de l’époque, toujours en quête de romance sensationnelle, spéculaires sur une éventuelle idle.

 Mais Claudia resta ferme. Entre eux, il n’y avait rien d’autre que l’amitié. Une amitié rare, précieuse qui survivra aux rumeurs et au temps. Belmondo, de son côté parlait d’elle avec une tendresse indéfectible. Claudia avait cette beauté renversante, mais ce que je retiens, c’est son rire. Avec elle, on ne pouvait pas tricher.

Entre eux, tout était spontanéité. Pas de masque, pas de faux semblant. Ce lien préservé de la passion destructrice se transforma en trésor durable. Aujourd’hui, à l’heure où Claudia a quitté ce monde et où Belmando repose lui aussi depuis 2021, leur souvenir commun raisonne comme un héritage joyeux.

 Le cinéma a immortalisé leur duo, mais derrière les images, il reste la trace d’une complicité humaine, sincère et lumineuse. Dans ce monde, souvent marqué par la rivalité et l’orgueil, Claudia et Jean-Paul offrirent la preuve qu’une amitié pouvait être aussi belle, aussi intense qu’une histoire d’amour. Dans une vie jalonnée d’admirateurs prestigieux et de complices illustres, Claudia Cardinal avait toujours garder son cœur à l’abri.

Mastroyani l’aimait sans retour, Visconti la chérissait comme une muse. De long partageait avec elle une intensité magnétique. Belmondo l’enveloppait de rire. Mais aucun de ces hommes n’avait su franchir la frontière invisible qu’elle traçait autour de son intimité. Jusqu’à ce jour de 194, sur le tournage de Lucia et les Guouap où elle rencontra Pasqual Squitieri.

Squitier n’avait rien du séducteur habituel. Réalisateur italien à la personnalité rugueuse, il accueillit Claudia avec une froideur déconcertante. Là où d’autres l’appelaient, DS lui lança presque dédaigneux, “Tiens, voilà la diva.” Ces mots, dur en apparence piquèrent la curiosité de Claudia. Habitué aux regards admiratifs, elle se retrouva face à un homme qui refusait de se prosterner devant son mythe.

Ce fut précisément cette différence qui bouleversa l’équilibre. Derrière son masque de provocation, Claudia a découvrit un homme sincère, entier qui ne cherchait ni à la flatter ni à la posséder comme une conquête. Squittierry osa la défier là où les autres se contentaient d’admirer. Peu à peu, ce jeu de force contraire se transforma en attraction irrésistible.

 Avec lui, Claudia vécut une passion hors norme. Ce n’était pas une romance lisse et idéalisée, mais une histoire faite d’orage, de confrontation, de réconciliation ardente. Squittier fut le premier à voir la femme derrière la star à comprendre ses blessures, ses silences, ses fellures. Elle, qui avait si longtemps gardé une part d’elle-même inaccessible, se laissa enfin aller.

 De cette union naquit une fille prénommée Claudia comme sa mère. Ce fut un tournant décisif dans la vie de l’actrice. Pour la première fois, elle avait trouvé un ancrage, une famille, une vérité intime plus forte que la gloire. Elle confia plus tard : “Avec Pasqual, j’ai découvert l’amour véritable, celui qui résiste aux tempêtes et aux années.

 Le couple déconcerta le milieu du cinéma. Beaucoup ne comprenaient-je pas ce choix ? Pourquoi cette femme, courtisée par les plus grands, avait-elle choisi cet homme intransigent, parfois provocateur, loin de l’élégance de Delon ou de la fantaisie de Belmondo. Mais c’est précisément dans cette rudesse que Claudia trouve un refuge.

Squittier ne s’adressait pas à la star, il parlait à la femme et c’est cela qui fit toute la différence. Leur histoire dura plusieurs décennies jusqu’à la mort de Pasqual Skitier en 2017. Même après sa disparition, Claudia ne cessa de l’évoquer avec émotion. Pour elle, il fut l’homme de sa vie, le seul qui avait percé ses défenses, le seul qui avait su l’aimer sans condition.

Aujourd’hui, alors que Claudia Cardinal s’est éteinte à son tour, leur amour raisonne comme une vérité éternelle. Au-delà des projecteurs, des tapis rouges et des légendes, il y eut cette passion unique, ce lien indestructible qui révéla la part la plus intime de la femme derrière l’icône. La mort de Claudia Cardinal n’est pas seulement une page qui se tourne, c’est un livre entier qui se referme, celui d’un demi-siècle de cinéma inscrit à l’encre indélébile dans l’histoire culturelle mondiale.

À la nouvelle de son décès, les hommages ont afflué de toutes parts comme un fleuve d’émotion impossible à contenir. Les journaux, les chaînes de télévision, les réseaux sociaux se sont couverts de son image. Partout les mots éternent les mêmes. Légende, icône, immortel. Les spectateurs eux ont ressenti cette disparition comme une perte intime car Claudia Cardinal ne se contentait pas de jouer des personnages.

 Elle incarnait des destins. À travers elle, on voyait des femmes fortes, fragiles, passionnées, blessées. Elle nous parlait de nous-même, de nos désirs, de nos luttes, de nos contradictions. En perdant Claudia, c’est une part de notre propre histoire que nous voyons s’éteindre. Son héritage artistique est immense. Avec plus de 150 films, elle a traversé tous les genres, tous les styles, toutes les époques.

 Elle futur à tour héroïne de fresques historiques, mus du cinéma d’auteur, star des westerns italiens. Elle apportait partout la même intensité, la même vérité. On ne pouvait pas tricher avec Claudia. Elle imposait sa présence, sa dignité, sa profondeur. Elle montrait que la beauté n’était rien sans la force de l’âme, mais son héritage ne se limite pas aux écrans.

 Claudia fut aussi une femme engagée, attentive aux causes sociales et aux droits des femmes. Sa propre histoire, marquée par la douleur et le silence, la rendit sensible aux injustices. Elle savait ce que signifiait porter un fardeau invisible. Et c’est pourquoi elle n’hésitais à soutenir celle qui n’avaient pas de voix.

 Cette dimension intime, discrète mais essentielle fait partie intégrante de ce que l’on retient d’elle. Le deuil collectif, lui a dépassé le cadre du cinéma. Des cinéastes, des acteurs, des critiques, mais aussi de simples admirateurs, ont exprimé une même émotion. Le sentiment d’avoir perdu une présence irremplaçable en Italie, en France, en Tunisie, son pays natal, les hommages officiels se sont multipliés.

Dans les salles obscures, des rétrospectives se sont organisées en urgence comme pour conjurer l’absence en rallumant la magie de ces films. Certains ont parlé d’un vide habissal car Claudia Cardinal n’était pas seulement un visage du passé. Elle restait jusqu’à ses derniers jours un symbole vivant, un repère.

 Sa mort marque un basculement. Le cinéma contemporain perd une part de son ancrage, de sa mémoire et c’est peut-être cette conscience plus encore que la disparition elle-même qui bouleverse autant. Au fond, Claudia Cardinal laisse derrière elle un double héritage, celui éclatant et tangible de ces œuvres immortelles que l’on pourra revoir, admirer, transmettre et celui plus secret d’une leçon de vie.

 celle d’une femme qui, malgré les drames et les tourments, choisit toujours de se tenir debout. Digne, fière, lumineuse. C’est cela que nous pleurons aujourd’hui. Pas seulement une actrice, mais une manière d’être au monde. Une étoile qui, même éteinte, continue d’éclairer la nuit. Après des décennies passées sous les projecteurs, Claudia Cardinal choisit peu à peu le retrait comme une diva referme doucement le rideau.

 Consciente que sa place dans la mémoire collective est déjà assurée, ses apparitions au cinéma et sur les plateaux devinrent plus rares, presque exceptionnelle. Elle ne cherchait plus la gloire. Elle n’avait plus rien à prouver. Elle avait déjà conquis l’éternité. C’est dans la petite ville de Nemour en région parisienne que Claudia trouva son refuge.

 Elle y vécut dans une demeure historique entourée de souvenirs, de livres, de photographies et surtout de la présence bienveillante de ses deux enfants. Loin des tapis rouges et des flashes, elle goûtait à une tranquillité qu’elle avait longtemps attendue. Là, elle pouvait être simplement une mère, une grand-mère, une femme libre sans l’armure de l’icône.

 Ce choix de retrait ne signifiait pas l’oubli. Bien au contraire, chaque fois qu’elle sortait de ce cocon, que ce soit pour un hommage, un festival ou une rare interview, l’émotion était immense. Les spectateurs se levaient, les applaudissements fusèrent comme un peuple rendant hommage à sa reine. Claudia souriait, souvent ému, mais on devinait dans ses yeux la fatigue et le poids des années.

 Elle savait que le temps jouait désormais contre elle. Ses proches racontent qu’elle se montrait lucide, presque sereine face à l’approche de la fin. Elle parlait avec tendresse de ses souvenirs, de ses rencontres, de ses films. Elle évoquait Alain Delon, Belmondo, Mastroyani, Visconti, Léon, tous ces compagnons de route qu’il avait précédé dans la mort.

Il m’attendent quelque part, aurait-elle confié un jour à un ami. Il y avait dans ses paroles une résignation douce, presque une nostalgie lumineuse. Malgré la maladie qui l’arrongeait, Claudia ne voulait pas inspirer la pitié. Elle refusait d’apparaître diminuée. C’est pourquoi elle choisit de rester dans son cercle intime, protégée, entourée d’amour. Son agent en annonçant sa mort.

insista sur ce détail bouleversant. Elle s’est éteinte auprès de ses enfants. Comme si au crépuscule de sa vie, l’actrice flamboyante s’était métamorphosée en ce qu’elle avait toujours désiré être au fond. Une mère apaisée, entourée de ceux qu’elle aimait. La maison de Nemour est désormais orpheline de sa présence, mais ceux qui l’ont connu disent qu’elle y avait trouvé une paix profonde.

 Après une vie fête de drame et de triomphe, de passion et de blessures, Claudia Cardinal avait choisi le silence. Un silence habité, chargé de mémoire. Un silence qui aujourd’hui raisonne comme un adieu. Dans ce retrait discret se trouve peut-être la plus belle des leçons. Claudia ne voulait pas être une légende figée dans la douleur.

 Elle voulait partir dignement à sa manière dans la sérénité. M.