Brigitte Bardot, figure mythique du cinéma français, a toujours eu une relation compliquée avec son fils Nicolas, né en 1960 de son mariage avec l’acteur Jacques Charrier. Après la mort de ce dernier à 88 ans, retour sur un épisode marquant de leur histoire familiale : le procès qui a opposé Brigitte Bardot à son fils et à son ex-mari.

Disparition. L'acteur et peintre Jacques Charrier, ex-mari de Brigitte  Bardot et père de son fils, est mort

Il existe, dans la vie des grandes icônes, des chapitres plus sombres que la lumière des projecteurs ne peut masquer. Brigitte Bardot, symbole absolu de la féminité des années 50 et 60, star mondiale adulée, en a connu plusieurs. Mais l’un des épisodes les plus marquants – et aussi les plus douloureux – reste sans doute sa relation compliquée, voire chaotique, avec son unique enfant, Nicolas Charrier, né en janvier 1960 de son mariage avec l’acteur Jacques Charrier.

Ce mariage, célébré en grande pompe et perçu à l’époque comme un conte de fées moderne, s’est rapidement mué en désillusion. L’union des deux jeunes comédiens, que la presse romantisait à outrance, fut en réalité minée par les incompréhensions, les jalousies et des caractères inconciliables. À peine trois ans plus tard, en 1962, le couple divorçait déjà, laissant un enfant au milieu de rancunes profondes et d’un fossé familial qui ne cessera de se creuser.

Brigitte Bardot, qui n’a jamais fait mystère de son désintérêt pour la maternité, a, dès les premiers instants, vécu la naissance de son fils comme une épreuve plus que comme un accomplissement. Dans l’imaginaire collectif, la venue au monde de Nicolas aurait dû symboliser la concrétisation d’un bonheur familial.

Mais pour Bardot, elle représentait au contraire un carcan, une privation de liberté et une confrontation brutale avec une réalité dont elle ne voulait pas. Sa carrière flamboyante, sa soif d’indépendance et son tempérament rebelle ne s’accommodaient pas d’un rôle maternel qu’elle jugeait étouffant. Déjà à cette époque, elle confiait volontiers dans ses interviews qu’elle n’était « pas faite pour être mère », suscitant à la fois incompréhension et critiques.

Toutefois, ce n’est véritablement qu’en 1996, lors de la publication de ses mémoires intitulées Initiales B.B., que l’affaire prit une ampleur considérable. Brigitte Bardot y livrait un témoignage sans fard sur sa grossesse et ses sentiments vis-à-vis de son fils. Mais au lieu d’une confidence intime empreinte de pudeur, le lecteur découvrit des propos crus, choquants, d’une brutalité qui heurta profondément l’opinion publique et, plus encore, les principaux concernés.

L’ancienne star y décrivait ses neuf mois de grossesse comme « un cauchemar », allant jusqu’à comparer l’enfant qu’elle portait à une « tumeur » dont elle aurait voulu se débarrasser. Elle avouait avoir souhaité mettre au monde « un petit chien » plutôt qu’un bébé, et, plus grave encore, elle confiait s’être infligé des coups au ventre dans l’espoir d’interrompre cette gestation non désirée.

Ces révélations, brutales et sans détour, provoquèrent un séisme médiatique. La presse se déchaîna, l’opinion se divisa, oscillant entre ceux qui défendaient la sincérité désarmante d’une femme refusant les tabous et ceux qui dénonçaient une cruauté indigne, une insensibilité de mère jugée impardonnable. Mais le plus violent fut sans conteste le choc ressenti par Nicolas Charrier et par son père, Jacques.

Se sentant humiliés, exposés au mépris public et trahis dans leur intimité, ils décidèrent de saisir la justice. En 1997, tous deux assignèrent Brigitte Bardot et son éditeur Grasset pour atteinte à la vie privée et préjudice moral. Ils réclamaient alors la somme considérable de 11 millions de francs de dommages et intérêts, estimant que la star avait franchi une ligne rouge.

Le procès, largement médiatisé, remit sur le devant de la scène une tragédie familiale étalée au grand jour. Les avocats plaidèrent avec vigueur, soulignant que de tels propos ne pouvaient qu’anéantir la dignité d’un fils et raviver des blessures jamais refermées. La justice finit par trancher : Brigitte Bardot fut condamnée à verser 250 000 francs de dommages et intérêts à son fils et à son ex-mari. Une sanction symbolique comparée aux millions réclamés, mais qui consacrait néanmoins la reconnaissance d’un tort. Les passages polémiques du livre, eux, ne furent pas retirés, demeurant pour toujours imprimés dans la mémoire collective et dans l’ouvrage.

En réaction, Jacques Charrier, meurtri dans son honneur et désireux de rétablir sa version de l’histoire, publia à son tour un récit intitulé Ma réponse à Brigitte Bardot. Dans ce livre, il entendait laver l’affront, livrer sa vérité et défendre l’image d’un père protecteur, opposé au cynisme glaçant de la star. Ce contre-récit ajouta un nouvel épisode à ce feuilleton douloureux, contribuant à nourrir l’impression d’un déchirement familial irrémédiable.

Brigitte Bardot in mourning: death of her ex-husband Jacques Charrier,  father of her only son - YouTube

Pour Nicolas Charrier, l’affaire fut un traumatisme supplémentaire. Déjà marqué par une enfance loin de sa mère – il fut élevé par son père et ses grands-parents – il dut désormais affronter le poids public d’un rejet réaffirmé dans les médias. Sa relation avec Brigitte Bardot, déjà fragile, fut durablement compromise. Pourtant, au fil des années, certains signes ont laissé croire qu’une forme de réconciliation était possible. Le temps, en atténuant les rancunes, ouvrit quelques brèches. Les observateurs notèrent des gestes timides, des rapprochements discrets, comme une volonté de dépasser les blessures passées. Mais la cicatrice, elle, resta indélébile.

Cet épisode, qui mêle l’intime au spectaculaire, demeure l’un des plus marquants de la vie de Brigitte Bardot. Il illustre les contradictions d’une femme à la fois adorée et honnie, célébrée pour sa liberté et critiquée pour son absence de conformisme.

En osant briser les tabous autour de la maternité, elle s’exposait certes comme une figure de vérité, mais au prix de la souffrance de son fils. Aujourd’hui encore, ce chapitre de son existence est perçu comme une tache, un stigmate qui ne s’efface pas. Si Brigitte Bardot a assumé toute sa vie ses choix, elle a aussi, peut-être sans le vouloir, condamné son fils à porter le poids d’un rejet public.

Ainsi, derrière les projecteurs, les photos glamour et les airs de légende, il reste l’ombre d’une histoire familiale complexe, douloureuse et inachevée. Une histoire où l’amour maternel, loin d’être instinctif, se transforma en rejet, où les mémoires servirent de champ de bataille, et où la justice fut appelée à trancher ce que les cœurs n’avaient jamais su apaiser.

Brigitte Bardot in mourning: death of her ex-husband Jacques Charrier,  father of her only son - YouTube

Dans ses mémoires publiées en 1996, BB avait tenu des propos d’une rare brutalité sur sa grossesse, parlant de “tumeur”, de “neuf mois de cauchemar” et avouant qu’elle se frappait le ventre. Des déclarations qui ont profondément blessé son fils et son père, au point de les pousser à attaquer Brigitte Bardot en justice.

Ils réclamaient 11 millions de francs de dommages et intérêts, estimant avoir subi un préjudice moral majeur. Finalement, la star fut condamnée à verser 250 000 francs. Les passages polémiques ne furent pas retirés, et Jacques Charrier répondit dans un livre intitulé Ma réponse à Brigitte Bardot.

Un procès qui illustre toute la complexité de la vie privée de Brigitte Bardot, entre gloire, scandales et drames familiaux.