Le 2 mars 2022 restera une date douloureuse dans l’histoire de la télévision française et dans le cœur de millions de téléspectateurs : Jean-Pierre Pernaut s’est éteint à l’âge de 71 ans, emporté par un cancer du poumon contre lequel il luttait depuis plusieurs mois. La nouvelle a bouleversé la France entière tant l’homme faisait partie du quotidien des foyers depuis plus de trente ans. Figure incontournable du journalisme télévisé, il avait présenté le 13 heures de TF1 de 1988 à 2020, offrant chaque jour un rendez-vous chaleureux, ancré dans les régions, proche des traditions et des réalités locales. Sa disparition a laissé derrière lui une famille aimante : son épouse, Nathalie Marquay, qu’il avait épousée en 2007, leurs deux enfants, Lou et Tom, ainsi que deux grands enfants, Olivier et Julien, nés d’une précédente union. Mais au-delà de sa famille, c’est une nation entière qui s’est sentie orpheline.

Parmi les innombrables hommages, celui d’Évelyne Dhéliat, amie fidèle et collègue de longue date sur TF1, a particulièrement touché les esprits. Dans une lettre ouverte, empreinte de sincérité et de douleur, la présentatrice météo a partagé son chagrin et ses souvenirs communs avec Jean-Pierre. « Pourquoi cette si mauvaise idée, toi qui n’en avais que des bonnes ? Pourquoi es-tu parti ? », écrit-elle avec une émotion palpable. Elle dit à quel point ses collègues et amis se sont sentis dévastés par son départ, comme foudroyés par une absence incompréhensible.

Évelyne Dhéliat anéantie aux obsèques de Jean-Pierre Pernaut : “Je me suis  un peu écroulée”

Évelyne Dhéliat évoque la soirée où toute la rédaction s’était réunie pour célébrer son dernier journal, en décembre 2020. Elle se souvient des ovations, de l’admiration, et du respect unanime que Jean-Pierre inspirait. Elle raconte aussi les témoignages d’amour et de reconnaissance venus de toute la France après son décès : des lettres, des messages, des hommages spontanés de téléspectateurs qui voyaient en lui plus qu’un journaliste, mais un visage familier, presque un membre de la famille.

Dans sa lettre, elle exprime ses regrets, comme beaucoup : « Comme j’aimerais pouvoir rembobiner le film de la vie et t’empêcher d’allumer cette foutue clope », écrit-elle avec une franchise désarmante. Car Jean-Pierre Pernaut, malgré son énergie, son optimisme et sa passion pour le travail, avait ce talon d’Achille : le tabac, qui l’a finalement conduit à cette maladie fatale. Mais au lieu de s’attarder sur les regrets, Évelyne choisit de se souvenir des moments heureux. Elle raconte les « casse-croûte matinaux » dans le bureau de Jean-Pierre, lorsque les correspondants régionaux apportaient des produits locaux ; elle se remémore les déjeuners pris au self de TF1 après le 13 heures, moments de convivialité, de rires et de complicité. Elle évoque aussi ce rire particulier, « rock et joyeux », qui résonnait dans les couloirs de la chaîne et qui, désormais, manque cruellement.

L’hommage d’Évelyne Dhéliat illustre parfaitement ce que représentait Jean-Pierre Pernaut : un homme profondément humain, accessible, drôle et passionné, qui avait su créer un lien unique avec ses collègues et ses téléspectateurs. Sa vision du journalisme, parfois critiquée par certains, reposait sur une conviction forte : mettre en valeur les régions, les savoir-faire, les traditions, et donner la parole à ceux que l’on n’entendait pas ailleurs. C’est ce choix qui a fait son succès et qui explique pourquoi son journal de 13 heures a longtemps été le plus regardé d’Europe.

Jean-Pierre Pernaut a marqué de son empreinte l’histoire de la télévision française. Son style, mélange de rigueur journalistique et de proximité chaleureuse, a fait école. Mais au-delà de sa carrière, ce sont ses qualités humaines qui resteront gravées dans les mémoires. Père et mari attentionné, ami fidèle, collègue respecté, il laisse derrière lui une image de simplicité et d’authenticité rare dans un monde médiatique souvent critiqué pour son cynisme.

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Aujourd’hui encore, plus de deux ans après sa disparition, le souvenir de Jean-Pierre Pernaut demeure vivace. Les hommages continuent de fleurir, que ce soit lors d’émissions spéciales, dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Sa femme Nathalie Marquay, très affectée, s’efforce de perpétuer sa mémoire tout en protégeant leurs enfants. Ses collègues rappellent souvent ses conseils, son professionnalisme et son sens de l’humour.

En relisant la lettre d’Évelyne Dhéliat, on comprend à quel point la perte a été immense. Elle conclut son message en affirmant que Jean-Pierre restera « gravé à jamais dans nos cœurs », une formule qui résonne chez tous ceux qui l’ont aimé et admiré. Oui, Jean-Pierre Pernaut manque, et son absence laisse un vide. Mais son héritage, lui, est intact : celui d’un journaliste qui a su parler de la France aux Français, sans artifice, avec passion et sincérité.

À travers ses reportages sur les terroirs, ses prises de parole franches, son rire communicatif et son regard bienveillant, il a laissé une trace indélébile. Jean-Pierre Pernaut n’était pas seulement le présentateur du 13 heures de TF1, il était devenu un symbole d’authenticité et de proximité. Et c’est peut-être cela, plus que tout, qui explique l’onde d’émotion suscitée par son départ : l’impression d’avoir perdu non pas une star de la télévision, mais un ami.