Le témoignage glaçant d’Angélique Cauchy, «violée près de 400 fois» par son entraîneur de tennis

RECIT. ''Il m'aurait demandé n'importe quoi, je l'aurais fait'' : sous  l'emprise d'un entraîneur de tennis qui l'a violée de 12 à 14 ans, Angélique  Cauchy raconte son calvaire

Dans le monde du sport de haut niveau, où les rêves sont forgés par la sueur, la discipline et une confiance absolue en son mentor, il existe des zones d’ombre terrifiantes que peu osent regarder. Angélique Cauchy, un nom qui promettait autrefois de briller dans le ciel du tennis, est sortie de l’ombre non pas pour célébrer une victoire, mais pour raconter une histoire qu’elle a enfouie pendant des années – une histoire de trahison, d’abus et d’une enfance volée par l’homme qu’elle respectait : son entraîneur. Son témoignage n’est pas seulement une accusation ; c’est un cri déchirant venu des abysses de la douleur, exposant une réalité brutale cachée derrière les services gagnants et les applaudissements.

L’histoire d’horreur d’Angélique a commencé avant même qu’elle ne souffle les bougies de son 13ème anniversaire. L’enfer n’est pas arrivé subitement ; il s’est insinué lentement dans sa vie, à travers l’écran d’un appareil numérique. Le prédateur, sous le masque d’un professeur respectable, a commencé à semer les graines toxiques de l’abus par des messages et des conversations en ligne. C’était une préparation psychologique cruelle, une manière de normaliser les limites qui allaient être franchies. “Tout a commencé par le numérique”, raconte Angélique, sa voix tremblant encore au souvenir de son innocence bafouée.

Peu de temps après, l’abus a dépassé l’espace virtuel. Il a transformé ses paroles toxiques en actes physiques. Le premier baiser n’avait rien de romantique, c’était une agression. Quand la jeune Angélique a protesté, il a balayé son refus d’un argumentaire aussi manipulateur que dangereux : “Ce genre de relations est courant entre entraîneurs et athlètes.” C’était un mensonge éhonté, un outil de manipulation conçu pour isoler la victime et lui faire croire que sa résistance était anormale. Angélique s’est sentie paralysée. À cet instant, la fillette de 12 ans a compris qu’il serait extrêmement difficile d’échapper à ce piège.

Anglet : « Quand j'ai reçu cet appel, tout est remonté ». Victime de  violences sexuelles, Angélique Cauchy explique comment elle s'est relevée

La douleur physique n’était rien comparée aux cicatrices psychologiques. Angélique décrit une réalité déchirante : elle préférait subir la douleur de l’épilation à celle de l’abus, car c’était moins pénible. La torture mentale l’a poussée au bord du désespoir. Elle a envisagé le suicide, consignant sa souffrance dans un carnet qu’elle cachait parmi les autographes de joueurs du PSG, dans une tentative désespérée de dissimuler son sombre secret. Ce carnet est devenu le témoin silencieux d’une âme en train de mourir.

Le prédateur avait un mode opératoire bien calculé. Il emmenait souvent ses victimes à La Baule, loin de chez elles, pour intensifier ses abus. Pendant une période fatidique de 15 jours, Angélique a été violée trois fois par jour. Elle décrit le souvenir atroce de devoir se rendre elle-même dans sa chambre pour subir les agressions, un sentiment d’impureté extrême rongeant son âme. “Je me sentais incroyablement sale”, dit-elle, ses mots peignant un tableau d’humiliation et de dégoût.

Ce qui est encore plus douloureux, c’est qu’Angélique savait qu’elle n’était pas la seule victime. Elle avait entendu parler d’actes encore plus brutaux subis par d’autres, ce qui, par une ironie cruelle, lui donnait l’impression d’être “chanceuse”. L’entraîneur a également menti en prétendant avoir le SIDA, une tactique psychologique qu’il utilisait avec toutes ses victimes pour s’assurer de leur silence et de leur soumission. Angélique se sentait comme une marionnette, une esclave sexuelle, vivant dans une peur constante pour sa vie.

À 36 ans, Angélique est sur le chemin de la guérison. Elle a cessé de répondre à ses appels, mais cela a conduit à une autre tragédie. Il a trouvé une nouvelle victime, Astride, une personne qu’Angélique connaissait. C’est la partie la plus difficile pour elle : le sentiment de culpabilité de ne pas les avoir sauvées. À seulement 12 ans, elle a été confrontée à un choix inimaginable : sauver sa famille ou sauver les autres victimes. “Je devais choisir entre sauver ma famille et sauver les autres”, partage-t-elle en larmes. La pensée que si elle avait parlé plus tôt, d’autres n’auraient pas souffert, continue de la hanter.

Le témoignage intégral d'Angélique Cauchy, victime de viols par son coach  de tennis quand elle avait 12 ans

Malgré son traumatisme profond, Angélique s’efforce aujourd’hui de transformer sa douleur en force. Elle travaille comme professeure d’éducation physique, un rôle qu’elle utilise pour autonomiser les enfants, leur apprenant à résister à la manipulation et au contrôle. Elle espère qu’en aidant les autres, elle pourra expier sa culpabilité de ne pas avoir sauvé ses compagnes d’infortune. Elle reconnaît la force de la fillette de 12 ans qu’elle était, celle qui, bien qu’elle soit “morte un peu” à cet âge, lui a permis d’être ici aujourd’hui.

L’histoire d’Angélique Cauchy est un rappel poignant des dangers qui peuvent se cacher dans les endroits les plus inattendus. Elle montre le courage extraordinaire qu’il faut pour briser le silence et affronter les démons du passé. En partageant son histoire, elle n’entame pas seulement son propre processus de guérison, mais allume aussi une lueur d’espoir pour d’autres qui souffrent en silence. Elle a transformé son enfer en mission, un serment de protéger la prochaine génération des prédateurs qui se cachent sous le masque de mentor.