Mort de Jacques Charrier : retour sur l’affaire qui a fait couler tant d’encre autour de son histoire avec Brigitte Bardot et sur son combat acharné pour défendre son fils

Jacques Charrier s’en est allé. L’acteur et producteur, connu pour avoir partagé une brève mais tumultueuse union avec Brigitte Bardot, et père de son fils unique, Nicolas, s’est éteint à l’âge de 88 ans, dans la soirée du 3 septembre 2025 à Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine). Une nouvelle qui a bouleversé le monde artistique français et ravivé le souvenir d’un chapitre mouvementé de la vie privée de l’icône B.B.

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Né en 1936 à Montpellier, Jacques Charrier fait ses premiers pas au cinéma grâce à Marcel Carné, qui lui offre un rôle dans Les Tricheurs (1958). Avec son charme de jeune premier et la rigueur acquise à la Comédie-Française, il attire rapidement l’attention. En 1959, il rencontre Brigitte Bardot sur le tournage de Babette s’en va-t-en guerre. Le coup de foudre est immédiat et mène à un mariage très médiatisé. Un an plus tard, naît Nicolas. Mais derrière les flashes et la célébrité, les fissures apparaissent vite. En 1963, le couple divorce et Jacques obtient la garde de leur fils, tandis que Bardot poursuit sa carrière d’actrice et son mode de vie d’artiste libre.

On aurait pu croire que cette histoire resterait derrière eux. Mais en 1996, tout resurgit lorsque Brigitte Bardot publie son autobiographie Initiales B.B.. Dans l’ouvrage, elle n’hésite pas à confier son désintérêt pour la maternité et emploie des mots d’une dureté glaçante envers Nicolas, allant jusqu’à le qualifier de “tumeur” et à raconter des gestes violents envers l’enfant qu’elle portait. Ces révélations choquent l’opinion, mais les plus atteints sont Jacques Charrier et leur fils.

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Peu après la sortie du livre, Jacques et Nicolas intentent un procès à Bardot pour “atteinte à la vie privée” et diffamation. L’affaire attire aussitôt l’attention, car elle met à nu une facette obscure de la vie de la star. La justice tranche en faveur de Charrier et Nicolas, condamnant Bardot à verser environ 36 200 dollars de dommages et intérêts.

Mais Jacques Charrier ne s’arrête pas là. En 1997, il publie à son tour un ouvrage intitulé Ma réponse à Brigitte Bardot. Dans ce texte, il exprime son point de vue, réfute les propos de Bardot et défend l’image de son fils. Sans être écrivain de métier, il utilise le livre comme une manière de rétablir sa vérité et de réclamer justice

Ce témoignage montre qu’il ne voulait pas seulement répondre à l’opinion publique, mais aussi réaffirmer sa place dans une histoire que Bardot avait livrée de façon unilatérale. Aux yeux du public, il apparaît alors comme un père dévoué, celui qui a assumé seul la responsabilité d’élever Nicolas lorsque Bardot s’est éloignée de son rôle maternel. Ses mots oscillent entre fermeté et tristesse : il insiste sur l’indestructible lien filial et juge inacceptable la façon dont Bardot a décrit Nicolas.

Quant à Bardot, habituée aux polémiques, cette affaire a laissé une tache indélébile sur son image publique. Pourtant, elle n’a jamais exprimé de regret pour ses écrits, accentuant encore la distance entre les deux anciens époux.

Jacques Charrier a mené le procès jusqu’au bout pour défendre son fils.

Jacques Charrier a mené le procès jusqu’au bout pour défendre son fils.

Pour Jacques Charrier, cet épisode illustre sa personnalité déterminée et sa volonté de protéger coûte que coûte sa famille. Son parcours au cinéma n’a pas été flamboyant, mais il a su se construire une vie discrète, se consacrant à la peinture et à la sculpture. Toutefois, lorsqu’il s’agissait de défendre son fils, il n’a pas hésité à affronter une star de renommée mondiale.

La disparition de Jacques Charrier, le 3 septembre, ne marque donc pas seulement la fin de la vie d’un artiste de sa génération. Elle referme aussi un chapitre singulier dans l’histoire de Brigitte Bardot – celui d’un mariage, d’un amour, d’une rupture et de blessures restées béantes.

Pour le grand public, Charrier restera à jamais l’homme lié à l’une des plus grandes icônes du XXe siècle. Mais pour ceux qui ont suivi son parcours, il fut surtout un artiste en quête de son propre chemin, et un père qui a su protéger son fils des cruautés du destin

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À 88 ans, Jacques Charrier s’en va, laissant derrière lui peu d’œuvres cinématographiques majeures, mais assez pour marquer les spectateurs des années 1960. Plus encore, il laisse le récit d’une vie riche en contrastes : amour, perte, combat et, finalement, le silence d’un dernier repos au bord de la mer, à Saint-Briac, là où s’achève son voyage.