Hantée par le suicide de son père, Cathy de “L’amour est dans le pré” vend son vignoble pour survivre

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Elle a marqué la saison 2020 de “L’amour est dans le pré” par sa douceur, sa résilience et son amour profond pour sa terre. Mais derrière le visage souriant de Cathy, la viticultrice du Médoc, se cachait une douleur sourde, un traumatisme qui a fini par rendre l’impossible nécessaire. Aujourd’hui, elle a pris une décision radicale, un choix de survie : vendre le vignoble familial, cet héritage pour lequel elle s’est tant battue, mais qui est aussi le théâtre d’un drame personnel insoutenable.

Le point de rupture remonte à 2016. Une journée gravée au fer rouge dans sa mémoire, celle où elle a découvert le corps de son père, qui avait mis fin à ses jours. “C’est moi qui l’ai trouvé au milieu des vignes. Ça a été vraiment atroce,” confie-t-elle la voix brisée par l’émotion. Ce drame, tabou dans le monde agricole où les difficultés financières et psychologiques pèsent comme une chape de plomb, est devenu le fardeau de Cathy.

Dans un premier temps, elle a puisé dans une force insoupçonnée pour faire face. Reprendre l’exploitation était une évidence, une manière d’honorer la mémoire de son père et de ne pas laisser son sacrifice être vain. Elle s’est battue, a modernisé, a réussi à faire revivre le vignoble. Mais les fantômes du passé ne l’ont jamais vraiment quittée. Chaque rang de vigne, chaque cep, chaque grappe de raisin lui rappelait l’absence et les circonstances tragiques de cette perte. “Aujourd’hui que j’ai réussi, je me dis : bon, il faut vraiment que ça s’arrête, parce que psychologiquement, je ne peux plus,” avoue-t-elle.

Cathy, l’ancienne candidate de « L’Amour est dans le pré », ouvre son cœur

La décision de vendre est hantée par une conversation prémonitoire, glaçante, qu’elle a eue avec son père seulement quinze jours avant sa mort. Il lui avait annoncé son intention de “se foutre en l’air”. Avec l’énergie du désespoir, elle avait tenté de le raisonner : “Non papa, la vigne, c’est que du matériel. Si on le perd, on le perd, et notre vie est bien plus importante.” Des mots qui résonnent aujourd’hui avec une puissance tragique et qui guident sa propre quête de survie. “Je préfère tout vendre plutôt que de me foutre en l’air, parce que cela laisserait un mauvais souvenir à ceux qui restent.”

Si l’émission de M6 ne lui a pas permis de trouver l’amour, elle lui a offert un soutien inattendu et précieux. Loin des caméras, une véritable solidarité s’est nouée avec les autres agriculteurs de sa saison et la production. “J’ai trouvé une grande famille”, explique-t-elle. Ce réseau est devenu sa bouée de sauvetage, un espace de parole où les problèmes sont partagés sans jugement. “Ça me donne du courage, ça me booste. On se retrouve plusieurs fois par an, on parle de nos soucis et on se rend compte qu’on a tous les mêmes problèmes.”

Ce soutien l’a aidée à mûrir sa décision et à envisager l’avenir avec une nouvelle perspective. Loin de se voir comme une défaite, la vente du domaine est le premier chapitre d’une renaissance. Cathy a des projets plein la tête, des rêves d’évasion pour enfin respirer. “Si j’arrive à vendre la propriété, je pense que je vais prendre un an sabbatique. Je ferai un tour du monde et un Tour de France à vélo.”

Ce voyage ne sera pas seulement une quête personnelle, mais aussi une mission : celle de promouvoir l’agriculture française, ce secteur qu’elle aime passionnément malgré les blessures. Pour autant, elle ne compte pas quitter sa région. Profondément enracinée, elle restera près de sa famille et n’exclut même pas de continuer à travailler la terre qui l’a vue grandir, mais différemment. Avec une humilité déconcertante, elle se dit prête à devenir salariée agricole pour les futurs propriétaires du domaine, si le besoin s’en fait sentir.

Le parcours de Cathy est une leçon de courage bouleversante. Il met en lumière la détresse silencieuse qui ronge le monde paysan, mais il est aussi un puissant message d’espoir. En choisissant la vie plutôt que la terre, elle brise un cycle de souffrance et s’autorise enfin à penser à elle. Une nouvelle page s’ouvre, blanche et pleine de promesses, loin des vignes du chagrin.