Anny Duperey, 78 ans, “otage” de son domaine de 4 hectares dans la Creuse : “Tous mes revenus y sont passés”

À 78 ans, Anny Duperey partage sa vie entre Paris et la Creuse, un choix coûteux mais essentiel qui raconte son attachement à cette terre.
À 78 ans, Anny Duperey vit toujours à cheval entre deux mondes : Paris, où elle conserve un pied-à-terre dans le 14e arrondissement, et la Creuse, où elle s’est enracinée depuis plus de quarante-cinq ans. Connue pour son rôle emblématique dans Une famille formidable, l’actrice a peu à peu ralenti le rythme des tournages, mais elle n’a jamais renoncé à ce double ancrage qui structure désormais son quotidien.
C’est à Châtelus-Malvaleix, en plein cœur de la Creuse, qu’elle a trouvé refuge dès la fin des années 1970. La maison, d’abord acquise par Bernard Giraudeau avant qu’elle n’en devienne propriétaire, est entourée d’un parc de quatre hectares. Au fil du temps, ce domaine s’est transformé en un vaste terrain de jeu pour ses passions : jardin japonisant, potager immense, étang, plantations multiples… La propriété est devenue pour elle un espace à la fois exigeant et apaisant, dans lequel elle a investi sans compter.
Anny Duperey face au coût de son domaine en Creuse

Cet attachement profond n’a pas été sans conséquences financières. Dans son dernier livre Respire, c’est de l’iode (et autres évocations libres), paru le 11 avril 2025 (Seuil), l’actrice confie sans détour : “Tous mes revenus ou presque y sont passés”. Un aveu qui traduit le poids de cette demeure devenue une charge autant qu’un refuge. Mais malgré le coût, elle n’a jamais songé à l’abandonner, tant ce lieu s’est confondu avec son identité et son histoire personnelle.
Si le domaine a longtemps occupé toutes ses pensées, il a aussi fini par l’épuiser. Elle le reconnaît elle-même : “Ce jardin me possédait, j’en étais devenue l’otage“. Cette passion dévorante, faite de journées entières passées à cultiver, aménager, modifier, a fini par se tempérer avec l’âge. Aujourd’hui, elle a choisi de transmettre une partie de ce patrimoine à ses enfants, Gaël et Sara, fruits de son histoire avec Bernard Giraudeau.
© C8
Anny Duperey a englouti sa fortune dans sa maison creusoise, à la fois fardeau et refuge, qu’elle transmet désormais en partie à ses enfants
Anny Duperey et la Creuse, un attachement viscéral
Pourtant, il ne s’agit pas d’un simple lieu de villégiature. La Creuse représente pour Anny Duperey une terre de mémoire. Elle l’explique avec des mots marquants : “J’ai eu une sorte de coup de foudre lent. Moi, l’orpheline, avec un champ de morts derrière moi, j’y ai retrouvé la présence du passé (…) Il y avait un rappel à l’enfance, à cette rusticité que j’avais connue avec ma grand-mère dans les faubourgs miséreux de Rouen”. Ce rapport viscéral à la terre nourrit son lien à la région et l’empêche d’envisager un départ.
Dans un portrait dressé par Le Figaro, on la décrivait encore récemment quittant ses tournages ou ses représentations théâtrales pour filer retrouver son jardin. Elle y passait des heures, rentrant à Paris les mains couvertes de terre, comme si ce retour régulier à la Creuse était une nécessité vitale. Les années ont calmé cette ardeur, mais l’attachement reste entier.

Un attachement forgé par le drame familial pour Anny Duperey
Ce lien profond s’enracine dans son histoire familiale. Ses parents sont morts tragiquement dans un accident domestique alors qu’elle n’avait que huit ans. Et c’est au contact direct de la terre qu’elle a ressenti le plus vivement cette absence. Elle se souvient avec intensité : “La première fois que j’ai posé ma botte sur une bêche pour retourner la terre, je me suis écroulée en pleurs durant deux heures. Effectivement, c’est dans la terre que sont mes parents, le réaliser fut une déflagration”.
Aujourd’hui encore, Anny Duperey ne dissocie pas sa vie de cette maison creusoise. Elle l’a façonnée autant qu’elle l’a façonnée elle-même, y a englouti ses économies et y a trouvé une forme d’ancrage essentiel. Entre Paris et la Creuse, elle continue ainsi de mener une existence partagée, fidèle à ses choix, même coûteux, et à ce besoin viscéral de rester connectée à la terre
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