Que devient Noam, l’interprète de “viens maman, on va danser” et de goldorak?

Que devient Noam, l'interprète de "viens maman, on va danser" et de  goldorak?

L’Enfant Prodige d’Israël à la Voix de Goldorak – Une Carrière Entre Tubes Planétaires et Rebondissements Inattendus

Dans le panthéon des voix qui ont marqué notre enfance, un nom résonne avec une nostalgie particulière : Noam. Pour toute une génération, il est indissociable du cri emblématique de “Goldorak, le grand !”. Mais derrière ce succès fulgurant se cache une carrière riche, étonnante, jalonnée de tubes, de défis linguistiques, de coups du destin et de rebondissements inattendus. De son enfance en Israël à son statut de compositeur international, la vie de Noam est un véritable roman musical, mêlant talent précoce, intuition artistique et une incroyable capacité à se réinventer.

L’Enfant Prodige d’Israël : Une Voix Révélée à Huit Ans

L’histoire de Noam commence bien avant les robots géants et les génériques cultes. Noam Kaniel est né le 18 août 1962 à Tel Aviv, en Israël. À l’âge de huit ans, alors qu’il achète un journal pour connaître les résultats d’un match de football, son regard est attiré par une annonce : un festival de chant. Poussé par son intuition, il supplie son père de le laisser y participer. C’est sur cette scène qu’il interprète “Gally”, une chanson qui deviendra un classique en Israël.

Son talent est immédiatement repéré. Le directeur du festival, conscient du potentiel du jeune garçon, contacte ses parents et devient son producteur. Noam, encore un jeune écolier, enregistre rapidement ses premiers succès en Israël, dont “Ima Sheli” et bien sûr, “Gally”. Il devient une véritable star dans son pays natal, mais son destin est sur le point de prendre une toute autre dimension.

La Rencontre Qui Change Tout : Mike Brant et le Départ pour la France

L’année 1973 marque un tournant majeur. Pendant la guerre du Kippour, Noam chante en compagnie de la superstar Mike Brant devant les soldats israéliens, dans les camps militaires et les hôpitaux. Mike Brant est profondément impressionné par la voix du jeune Noam. Il confie à Hayim Saban, son producteur : “Il pourrait faire une belle carrière en France”. Ces quelques mots scellent le destin du jeune artiste.

Sur les conseils de Mike Brant, Noam s’installe à Paris. Les enfants chanteurs sont alors très en vogue en France dans les années 70, avec des figures comme les Poppys ou Roméo. Noam arrive à l’âge de 10 ans, ne parlant pas un mot de français. C’est un défi immense, mais sa voix plaît au public français. Il enchaîne les succès, son premier tube en français étant “Difficile de choisir” en 1974. Suivent d’autres titres qui marqueront l’époque : “Viens maman, on va danser”, “Lollipop”, “Seule”, des chansons entraînantes qui le propulsent au rang de jeune vedette.

Noam Kaniel - YouTube

Le Phénomène Goldorak : Quand une Voix Mue Devient Légendaire

Mais en 1978, un événement naturel et inéluctable menace sa carrière : sa voix mue. On pense alors que son parcours de chanteur de variétés est terminé. Noam rejoint Hayim Saban, son producteur, qui est parti s’installer à Los Angeles. C’est là que Saban, avec une intuition géniale, rachète les droits d’un manga japonais alors inconnu en France : Goldorak.

Il demande à Noam de chanter la chanson du générique. Le soir de l’enregistrement, Noam ne se sent pas bien, il est grippé et, pour être honnête, il ne croit pas vraiment au projet. C’est dans ces conditions plus que défavorables que Noam enregistre “Goldorak, le grand !”. Mais contre toute attente, le titre se vend à plus de 4 millions d’exemplaires. C’est un succès phénoménal qui marquera toute une génération et fera la fortune du producteur Hayim Saban.

“Goldorak” est le premier feuilleton animé japonais à être diffusé en France, à partir de juillet 1978, dans l’émission “Récréa 2” sur la deuxième chaîne. Le succès est tel que, dans les années 1980, Noam enchaîne les génériques de séries animées et télévisées : “Albator”, “L’Agence Tous Risques”, “Les Entrechats”. Sa voix, devenue adulte, continue d’accompagner les moments préférés des enfants et des adolescents.

Des Drames Personnels aux Tubes Mondiaux : Une Capacité de Rebondir Hors Norme

La vie de Noam n’est pas qu’une succession de succès. En 1988, il sort “My Butterfly”, un hommage poignant à sa femme, décédée deux ans plus tôt à l’âge de 23 ans d’une grave maladie. Ce drame le pousse à abandonner la chanson et à partir travailler aux États-Unis en tant qu’ingénieur du son.

Mais la musique est inscrite dans son ADN. En 1994, il revient à Paris et compose des chansons pour de grands noms de la chanson française comme Hélène Ségara, Lorie, ou Mireille Mathieu. Cependant, il revient vite à la composition de génériques de dessins animés, toujours en collaboration avec Hayim Saban, qui, entre-temps, a produit d’autres succès planétaires comme “Power Rangers” ou “Digimon”.

Noam : de Goldorak à Miraculous

Le véritable coup de maître intervient en 2011. Une chanson qu’il avait composée avec Louis Léman, “Vamos a la playa”, refait surface en étant reprise par la chanteuse Luna. Le titre rencontre un succès mondial, se classant numéro 1 des hits radio partout en Europe et dans le reste du monde. C’est la consécration internationale pour le compositeur, preuve de son talent intemporel et de sa capacité à créer des mélodies accrocheuses.

Noam Aujourd’hui : Un Artiste Intemporel

Noam a récemment fêté ses 60 ans. Loin des feux de la rampe en tant qu’interprète, il continue de composer avec passion et de se produire, notamment en France et en Israël. Son parcours est une source d’inspiration, démontrant qu’avec du talent, de la persévérance et une bonne dose d’adaptabilité, on peut traverser les époques et laisser une empreinte durable dans le cœur du public. La voix de Goldorak, qu’elle soit celle de l’enfant prodige ou du compositeur accompli, continue de résonner, rappelant que la musique est un langage universel, capable de toucher toutes les générations