Véhicules Mythiques Des Années 80 – Que Sont Ils Devenus?

205 GTI, Renault 30… les voitures mythiques des années 80 et 90, stars du  salon Rétromobile 2019 - Capital

Les années 80. Une décennie de contrastes, de couleurs fluo, de musique synthétique et d’une confiance en l’avenir presque insolente. Cette époque a laissé une empreinte indélébile sur notre culture, et l’industrie automobile n’y a pas échappé. Loin de la morosité post-choc pétrolier des années 70, les années 80 ont vu naître une génération de véhicules audacieux, performants et pleins de caractère. Des petites bombes sportives aux supercars extravagantes, ces voitures ont fait rêver des millions de personnes, leurs posters ornant les murs des chambres d’adolescents. Mais plus de trois décennies plus tard, que reste-t-il de ces mythes roulants ? Ont-ils survécu à l’épreuve du temps ? Enquête sur le destin de quelques-unes des icônes les plus emblématiques de cette décennie dorée.

 

La Peugeot 205 GTI : Le Sacré Numéro, Toujours Sacré ?

 

À l’époque : En 1984, lorsque Peugeot lance la 205 GTI, la marque de Sochaux ne se doute pas qu’elle vient de créer une légende. Légère, agile, dotée d’un châssis joueur et d’un moteur rageur (d’abord un 1.6L de 105 ch, puis 115 ch, et enfin le fameux 1.9L de 130 ch), la 205 GTI devient instantanément la coqueluche de la jeunesse et la référence absolue des “bombinettes”. Elle incarne la sportivité à la française : efficace, amusante, un peu brute, et capable de donner des sueurs froides aux conducteurs trop optimistes avec son train arrière “virevoltant”. Elle est la voiture de sport du peuple, celle qui rend la performance accessible et le plaisir de conduire une priorité.

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Aujourd’hui : La 205 GTI a connu une traversée du désert. Longtemps considérée comme une simple voiture d’occasion bon marché, souvent victime de tuning douteux ou d’accidents, elle a failli disparaître. Mais depuis une dizaine d’années, elle connaît une résurrection spectaculaire. Devenue une icône du mouvement “youngtimer”, sa cote s’est envolée. Trouver un exemplaire en parfait état d’origine relève aujourd’hui de la quête du Graal, et les prix atteignent des sommets autrefois inimaginables, dépassant souvent les 20 000€, voire plus pour les modèles rares et peu kilométrés. Posséder une 205 GTI aujourd’hui, c’est préserver un morceau du patrimoine automobile français, une machine à sensations pures que la production moderne, aseptisée et alourdie, ne sait plus offrir.

La Volkswagen Golf GTI : La Référence Allemande

À l’époque : Si la 205 est la reine française, la Golf GTI est l’impératrice allemande, celle qui a inventé le segment. La Golf 2 GTI, lancée en 1984, capitalise sur le succès de sa devancière. Plus grande, plus confortable et mieux finie, elle perd un peu de la légèreté de la première génération mais gagne en polyvalence et en rigueur. Avec ses versions 8 soupapes puis, surtout, la mythique 16S de 139 ch, elle représente la “Deutsche Qualität” appliquée à la petite sportive. Elle est moins exubérante que la 205, plus sérieuse, mais redoutablement efficace. C’est la voiture du jeune cadre dynamique, aussi à l’aise en ville que sur une route de montagne.

Aujourd’hui : Tout comme sa rivale française, la Golf 2 GTI est devenue un collector très recherché. Sa robustesse légendaire lui a permis de mieux traverser les années que beaucoup de ses contemporaines. Les modèles 16S, avec leurs logos spécifiques et leur caractère moteur plus pointu, sont les plus convoités. Le marché est très actif, soutenu par une communauté de fans extrêmement fidèles. Sa valeur a grimpé en flèche, car elle incarne un équilibre parfait entre performance, fiabilité et plaisir de conduite. Elle reste une valeur sûre, un classique intemporel dont le design sobre et fonctionnel de Giugiaro continue de séduire.

 

La Ferrari Testarossa : Le Rêve inaccessible

 

À l’époque : Aucune voiture ne symbolise mieux l’opulence et l’exubérance des années 80 que la Ferrari Testarossa. Présentée en 1984 au Lido à Paris, elle choque et fascine. Immense (près de 2 mètres de large), spectaculaire avec ses flancs striés par d’immenses grilles de radiateur, et animée par un magistral moteur 12 cylindres à plat de 390 ch, elle est la supercar de tous les superlatifs. Immortalisée dans la série “Miami Vice”, elle devient le poster ultime, le rêve automobile absolu. Elle n’est pas seulement une voiture, c’est une déclaration, un symbole de réussite ostentatoire.

Aujourd’hui : Après avoir vu sa cote chuter lourdement dans les années 90 et 2000, la Testarossa a retrouvé ses lettres de noblesse. Les collectionneurs ont redécouvert son design unique, véritable sculpture de l’ère Pininfarina. Sa valeur est repartie à la hausse de manière spectaculaire, la plaçant à nouveau dans la catégorie des investissements automobiles sérieux. Son entretien reste cependant un gouffre financier, avec des opérations complexes comme le remplacement de la courroie de distribution qui nécessitent de déposer le moteur. La conduire est une expérience unique, un voyage dans le temps où l’on se sent immédiatement transporté sur Ocean Drive, avec le son envoûtant du “Flat 12” en bande-son.

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La DeLorean DMC-12 : L’Échec Devenu Mythe

À l’époque : L’histoire de la DeLorean DMC-12 est celle d’un fiasco industriel. Conçue par le visionnaire John DeLorean, elle devait être la voiture de sport éthique et durable. Avec sa carrosserie en acier inoxydable non peint et ses portes papillon spectaculaires, elle avait tout pour plaire. Malheureusement, son moteur V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo) anémique, son poids excessif et sa finition aléatoire en ont fait un échec commercial retentissant. La production s’arrête en 1982 après moins de 9000 exemplaires. La voiture semblait condamnée à l’oubli.

Aujourd’hui : C’était sans compter sur Hollywood. En 1985, le film “Retour vers le futur” choisit la DMC-12 comme machine à voyager dans le temps, la propulsant instantanément au rang d’icône de la pop culture. Ce qui était un échec est devenu une légende. Aujourd’hui, la DeLorean n’est pas jugée sur ses performances (qui restent médiocres) mais sur son statut d’objet culte. Une communauté de passionnés extrêmement dévoués la maintient en vie, et une société a même racheté les stocks de pièces pour assurer sa pérennité. Sa cote est stable et élevée, non pas pour ce qu’elle est en tant que voiture, mais pour ce qu’elle représente : un rêve, une machine à remonter le temps, et un des plus beaux paradoxes de l’histoire automobile.

 

La Renault 5 GT Turbo : Le Coup de Pied aux Fesses

 

À l’époque : La réponse de Renault à la 205 GTI fut aussi brutale que spectaculaire : la Supercinq GT Turbo. Là où Peugeot misait sur un châssis affûté, Renault a choisi la magie du turbocompresseur. Le “GTT” était connu pour son caractère “on/off” : rien ne se passait à bas régime, puis le turbo se réveillait d’un coup, projetant la voiture en avant dans une accélération foudroyante et addictive. Moins raffinée et moins équilibrée que la 205, elle était une machine à sensations fortes, exigeant un certain talent de pilotage pour être maîtrisée.

Aujourd’hui : La “GT Turbo” a payé le prix de son tempérament de feu. Beaucoup d’exemplaires ont fini dans le décor ou ont été modifiés à l’extrême. Par conséquent, trouver une GTT en état d’origine est encore plus difficile que pour ses rivales. Mais sa réputation sulfureuse et son caractère unique en font un objet de culte. Sa cote a logiquement suivi la tendance générale à la hausse. Les passionnés louent son moteur explosif et son charme authentique, un vestige d’une époque où l’on n’avait pas peur des voitures au caractère bien trempé.

En conclusion, les mythes des années 80 sont bien vivants. Passés du statut de simples voitures d’occasion à celui d’objets de collection, ils sont aujourd’hui entretenus avec amour par une nouvelle génération de propriétaires passionnés. Ils nous rappellent une époque où l’automobile était synonyme de liberté, de performance et d’identité. Conduire l’une de ces machines, c’est bien plus que se déplacer ; c’est s’offrir une dose de nostalgie pure, retrouver des sensations de conduite brutes et directes, et comprendre pourquoi, même après toutes ces années, la magie opère toujours.