Tout commença un matin au marché de Koutaba, quand une femme s’évanouit brutalement après avoir mangé un beignet acheté chez Mam Grass, la vendeuse la plus populaire du quartier. Les gens crièrent, certains commencèrent à vomir, d’autres déposèrent leur beignets en tremblant. Une odeur étrange s’élevait du panier de mamie grasse, une odeur froide, métallique.

Quand les hommes ouvrirent sa marmite encore chaude, l’eau au fond avait une couleur trouble. Une rumeur se répandit en quelques minutes. Ce n’est pas de l’eau normale, ça vient de la morque. Mamie grâce resta immobile, les yeux baissés. Le secret qu’elle cachait depuis des mois venait d’être dévoilé.

 Quelques mois plus tôt, Mamie Grass vivait dans une pauvreté extrême. Veuve, mère de deux enfants affamés, elle vendait des beignets mais n’avait jamais assez d’eau pour la pâte. Le quartier souffrait d’une longue pénurie. Chaque jour, elle revenait avec seulement quelques francs pendant que ses enfants pleuraient de faim.

 Un soir, alors qu’elle rentrait du marché, elle s’arrêta devant la morgue de Coutabas. Elle regarda le gardien versé de l’eau sale après avoir lavé un corps. À cet instant, une pensée sombre traversa son esprit et elle n’eut pas la force de la repousser. La lune pâle illuminait les rues poussiéreuses de Coutabas cette nuit-là.

 Mamig grâce, le cœur battant comme un tambour de fête, s’approcha de la morgue avec des pas légers. comme une ombre fugitive. Le bâtiment, un cube de béton gris au mur couvert de mousse humide, se dressait au bout d’une ruelle oubliée, entouré de grillage rouillé qui grinçait au vent. L’air était lourd, chargé d’une humidité qui collait à la peau et un silence au pressant régnait, seulement brisé par le champ distant des grillons.

Elle avait attendu ce moment toute la journée, rongée par les cris de ses petits qui commmandaient un repas chaud. Juste une fois, se répétait-elle, les larmes aux yeux pour chasser la voix de la raison qui hurlait en elle. Devant la porte entrouverte, elle s’arrêta net. Le gardien, un homme trapu nommé Papa Étienne, ronflait sur sa vieille chaise en bois, la tête inclinée contre le mur.

 Son chapeau de paille avait glissé sur ses yeux et une bouteille vide gisée à ses pieds, vestige d’une veille solitaire. Mamie grâce retint son souffle, jetant des regards nerveux à gauche et à droite. La ruelle était déserte, même les chiens verrand semblaient éviter cet endroit maudit. Elle glissa à l’intérieur comme un fantôme, ses sandales usaient effleurant à peine le sol carelé, froid et glissant sous ses pieds nus.

 La salle des eaux se trouvait au fond, une pièce étroite au mur taché de moisissure ou des sauts en plastique et bréchés s’alignait contre le mur. L’un d’eux, rempli à rabord d’un liquide troublé jaunâtre, luisé faiblement sous la lueur d’une ampoule nuquy pendaiit du plafond. C’était l’eau utilisé pour rincer les dépouilles, imprégné de savon bon marché et d’une odeur acre qui piquait les narines, mélange de formoles et de terre humide.

 Ces mains, rugueuses des années de lessive et de cuisine tremblèrent en saisissant la louche rouillée. Chaque goutte qu’elle versait dans son propre récipient produisait un ploc discret comme un reproche murmuré. Pardonne-moi, Seigneur”, chuchota Thel, la gorge nouée, en pensant à ses enfants endormis sur une nat trouée. L’eau semblait plus lourde que l’ordinaire, presque visqueuse et une vague nausée la submergea quand une goutte éclaboussa sa jupe.

 Une fois le saut au tr plein, elle recula lentement, évitant les flaques sombres qui jonchaient le sol. Dehors, le vent se leva soudain, faisant claquer une tôle lointaine et elle sursauta, manquant de lâcher sa charge. Papa Étienne remua dans son sommeil. Marmonant des mots inintelligibles, mais il ne se réveilla pas. Mamie grâce s’enfuit dans la nuit, le saut serré contre sa poitrine comme un trésor volé, le poids de sa décision alourdissant chaque pas.

 À la maison, une hute de ta ondulée au toit percé, elle posa le récipient dans un coin sombre de la cuisine extérieure. L’eau pointait à peine quand elle se mit à l’œuvre. Farine de manioc, levure usé et cette eau interdite. La pâte leva plus vite que jamais, gonflé d’une vigueur étrange et l’odeur qui s’en dégagea n’était pas la fragrance sucrée habituelle, mais quelque chose de plus primal, terreux, presque vivant.

Au marché, le soleil au chassait les ombres quand elle alluma son feu de bois. Les baignets frient dans l’huile bouillante, prenant une teinte dorée parfaite, croustillante à l’extérieur, moelleuse à l’intérieur. Les premiers clients, des femmes en panne coloré portant des bassines sur la tête, s’arrêtèrent, attiré par cette apparence irrésistible.

“Mamie, qu’est-ce que tu as mis aujourd’hui ?” “C’est divin ?” s’exclama une voisine mordant dans la friandise chaude. Bientôt, une fille se forma etcolliée en uniforme, marchant pressé, même le vieux tailleer born du coin. À midi, tout était vendu et pour la première fois depuis des lunes, Mam Grass compta assez de pièces pour acheter du riz, des bananes et un peu de poisson séché.

 Ses enfants, en rentrant de l’école, mangèrent à leur faim, leurs yeux brillants de joie oubliés. Pourtant, au fond d’elle, une graine de doute germait. Cette nuit-là, allongée sur sa paillasse, elle entendit un goutte à goutte imaginaire comme s’il refusait de se taire. Était ce le prix d’un repas volé à la mort ? Elle chassa l’idée, se tournant vers le mur de terre.

 Demain serait un autre jour et la fin ne toquait plus à sa porte. Mais dans l’ombre, le saut attendait son contenu immobile, gardant ses secrets froids. Les jours suivants transformèrent la vie de mamie grâce en un tourbillon inattendu. Au levé du soleil, elle se attait vers la morgue, répétant son rituel nocturne avec une précision grandissante.

Le gardien dormait toujours profondément, bercé par son alcool de palme, ignorant les ombres qui dansaient autour de ses rêves. Chaque saut rapporté gonflait sa pâte d’une énergie secrète et les baignets sortaient de la marmite comme des joyaux frits, gonflés, brillants, avec une croûte qui craquait sous la dent en libérant un arôme enivrant, ni sucré ni épicé, qui attirait les narines comme un appel irrésistible.

Bientôt, son étale devint le point de ralliment du marché de Koutaba. Les comères arrivaient en troupeau, panier au bras, échangeant des potins sur les prix du mil ou les mariages à venir, tout en dévorant ses créations. Mamie grâce, autrefois courbée par le poids des dettes, se redressa. Avec les premiers gains, elle troca sa jupe à piée contre un pagne neuf au motif flamboyant, horné de perles qui teintent à chacun de ses mouvements.

 Sa case, jadis un de brique à brac sous une toiture qui fuyait, s’embellit d’un lit en fer pour les enfants et d’une étagère pour ranger les ustensiles. Elle acheta une grande bassine en aluminium luisante comme un miroir et des sacs de farine en quantité stockés dans un coin sec. Les repas du soir s’allongère.

 Inignam bouillit arrosé de sauce arachide, poulet grillé les dimanches et même des fruits frais cueillés au bord de la rivière. Ses fils, maigres comme des roseaux, reprirent des jours rondes, courant après un ballon de chiffon dans la cour, tandis que la petite, avec ses tresses nouées de ruban, chantait des contines apprises à l’école.

Le quartier entier chantait ses louanges. “Mamie, grâce à le don des ancêtres”, disaient les anciens assis sous le manguier central, sirotant leur thé à les jeunes mères venaient en secret pour des beignetts spéciaux censés porter chance au nouveau né. Un jour, le chef du village, un homme bedonnant en chemise àidonnée, passa commande pour une fête sans pièces pour honorer les récoltes.

 Elle livra et la célébration fut un succès avec des danses jusqu’à l’aube sous les étoiles. L’argent coulait comme une source intarissable, lui permettant d’épargner pour l’avenir, un terrain au bord du chemin, peut-être une petite boutique. Pour la première fois, elle se sentait forte, invulnérable, comme si le destin avait enfin tourné en sa faveur.

 Mais sous cette façade radieuse, des fissures apparaissaient. Les nuits quand le village s’endormait sous le voile de la lune, Mam Grass luttait contre un sommeil agita. Dans ses rêves, des visions assaillaient son esprit, des tables d’acier froides dans une pièce au mur blanc ou des formes immobiles gizaient enveloppées de dragonis.

Leurs yeux grands, ouverts et vitreux la fixaient sencillé comme des puissants fonds. Pourquoi nous ? Pourquoi nous as-tu pris ? semblait-il demander d’une voix portée par un vent glacé qui traversait les songes. Elle se réveillait en sueur, le cœur cognant et allumait une bougie de suivre pour chasser les ténèbres.

 Une fois, elle crut voir une main pâle au doigt fin comme des branches mortes, se tendre vers elle depuis le saut vide dans la cuisine. Pire encore, une voix émergeait parfois du silence, basse et insistante comme un écho venu des profondeurs. Nous voulons notre part, notre part du festin, murmure réelle, indistinte mais persistante, se mêlant au crissement des terites dans les poutres.

Mam grâce secoua la tête, se signant avec de l’eau bénite rapportée de la chapelle du dimanche. “Ce n’est que le vent ou la fatigue”, se convainquait elle en comptant ses pièces sous la lampe à huile. La pas du gain était trop doux, trop enivrant pour s’arrêter. Les clients revenaient exigeant plus et elle obéissait, remplissant son saut sous le couvert de l’obscurité.

Chaque succès effaçait un peu plus les murmures comme un baum sur une plie ouverte. Elle acheta un radio à pile pour les enfants, diffusant des airs joyeux de Makossa qui emplissait la case de rire. Pourtant, au marché, des regards en coinse multipliaent. Une vieille herboriste horride comme des cartes anciennes fronçait les sourcils en humant les retours de l’étale.

 “Sa le passage, pas la vie”, gromlait elle à ses voisines qui haussait les épaules en mordant dans la pâte chaude. Mamie Grace ignorait ses signes, se concentrant sur le clicit des pièces dans sa bourse. La prospérité l’aveuglait, la rendant sourde aux avertissements du monde invisible. Elle continua nuit après nuit, saut après saut, tissant sa toile de triomphe sur un fil fragile.

 Bientôt, les rêves s’intensifier, les voix se firent plus claires, mais elle pressa le pas, refusant de voir l’ombre qui grandissait derrière elle. L’aube se levait sur cou avec une lumière terne filtrée par des nuages bas qui pesaient sur les toits de tôle. Mam grass, les paupières lourdes de nuit haché préparaient son thé dans la cour quand un cri perçant déchira le calme.

C’était son fils aîné Koffy âgé de 8 ans qui se tordait sur sa natte le front brûlant et moite. Son petit corps si vif la veille encore gisait inerte. La paup est glacée comme si on l’avait plongé dans un bain de glace. Maman, j’ai froid, si froid dedans ! J’ai mis-il d’une voix chevrotante, ses lèvres bleus y tremblants.

 Elle le serra contre elle, sentant son cœur battre faiblement comme un oiseau prisonnier. Les remèdes du quartier feuille de Nimbouilli, décoction d’écorse ne firent rien. La fièvre montait et descendait sans raison, laissant des traces sombres sous ses yeux. Les guérisseurs du village avec leur colliers de coquillage et leurs incantations varinent tour à tour.

 L’un voûté aux main noueuses, palpa le ventre de l’enfant et secoua la tête. Ce n’est pas une maladie des vivants. Quelque chose de plus ancien le ronge. Mamie Gras paya en baigna frais, mais le doute s’insinuait en elle comme une trouble. Au marché, elle força un sourire pour les clients, mais ses gestes étaient mécaniques, son esprit ailleurs.

 La petite adjo 5 ans et curieuse comme un châon, changea aussi. La nuit quand la famille s’allongeait sous la moustiquaire déchirée, elle se redressait d’un bon, les yeux écarquillaient dans l’ombre. Maman, ils reviennent. Les gens sans peau, il marchent sans bruit et il pue la terre mouillée.

 Balbuci elle, les doigts crispés sur le drapin. Mamie grâce la berçait, murmurant des berceuses en bassa, mais les mots sonnaient faux à ses oreilles. Dehors, le monde visible se troublait à son tour. Les chats du quartier, ses gardiens errants au pelagir sut commençaient à roder autour de la case. pas les félins espiègles d’habitude, mais une meute de noir corbeau aux yeux jaunes nuisants qui s’asseyait sur le seuil en silence, fixant les fenêtres d’un regard fixe.

 Il molait bas, un son r comme un râ d’agonisant et ne touchait pas au reste de poisson qu’elle leur jetait. Les voisins, ces âmes bruyantes du marché, chuchotaient en passant, depuis que ces gâteaux volent si bien, l’air chez elle est lourd comme avant la pluie d’orage. Et ces bêtes, elles sentent le mal. Une odeur subtile s’attardait aussi non plus seulement dans la cuisine mais imprégnant les murs.

 Un relan fade minéral évoquant les sous-sols humide où l’on range les outils rouillés. Mamie grâce tant impossible. Un soir après avoir couché les enfants fiévreux elle puisa de l’eau à la pompe collective claire et vive sous le soleil couchant. La pâte leva mollement. Les baigns sortirent fades mou sans cette croûte magique qui enchantait les palais.

Au marché le lendemain, les acheteurs reniflèrent ossèrent les épaules. Qu’est-ce qui cloche aujourd’hui mamie ? On dirait du parassis. Les ventes chutèrent et la fin revint Rodé. Spectatrice muette. Elle reprit le chemin de la morgue, le sait d’en main, les épaules voûées sous le poids de la culpabilité. Juste encore un peu se justifiait-elle, ignorant les picotements dans sa nuque comme des doigts froids qui effleuraient sa peau.

 Les signes s’accumulaient comme des nuages avant la tempête. Cofi délirait, parlant de l’eau qui chante dans son ventre tandis qu’Ajua dessinait sur le sol avec un bâton, des formes allongées, sans visage, entouré de bulles qui ressemblaient à des pleurs. L’atmosphère de la casse s’alourdissait, l’air stagnant chargé d’une présence invisible comme si les murs respiraient insoufflant et froid.

Mamie Grass, prisonnière de son propre piège, sentait les chaînes se resserrer. Arrêter signifiait la ruine. Continuer, inviter l’inconnu. Elle choisit le silence. Allumant un feu plus grand pour chasser les ombres, mais les flammes dansaient bizarrement, projetant des silhouettes torsadées sur les parois de terre.

 Le quartier, indifférent en surface, percevait le malaise. Les enfants évitaient de jouer près de la case et les anciens recommandaient des offrandes aux esprits des rivières. Pourtant, elle persistait, les yeux rivaient sur l’horizon trouble où le succès et la danation se confondaient.Le soleil se couchait tôt ce soir-là sur Coutaba, peignant le ciel en teinte de sang et d’orange fané.

 Papa Étienne, le gardien de la morgue, frotta ses yeux fatigués après une journée à balayer les couloirs froids. À 50 ans passés, son corps massif portait les marques d’une virude, d’eau courbé par les sa lourds, main caleuses marqué de cicatrices pâle. Il avait vu trop de fin accident de moto sur la route poussiéreuse, fièvre qui emportait les vieux sans un mot.

 Ce soir, une intuition le tarodit. Né d’un détail anodin, les niveaux d’eau baissaient plus vite qu’avant, comme si un fantôme s’abreuvait en secret. Pas question de laisser les rou voler”, grenata-il en verrouillant la grille extérieure, mais il décida de veiller, cachant sa silhouette derrière un buisson épineux près de l’entrée.

 La nuit envelopage d’un manteau noir, ponctué par les aboiements lointains et le bourdonnement des moustiques. Étienne s’installa, une lampe tempête à ses pieds, son bâton de garde en travers des genoux. L’air était épais, imprégné de cette humidité mortelle qui collait aux vêtements. Vers minuit, un craquement subtil brisa le calme des pas feutrés sur le gravier.

 Il plissa les yeux dans l’ombre et distinga une forme familière mamie grasse voilée d’un chalâle sombre se faufilant comme une voleuse. Son sa vide teinttait légèrement et son visage, éclairé par un rayon de lune, trahissait une paleur maladive. Les traits tirés par l’angoisse. Elle jeta un regard autour, croyant la place déserte et poussa la porte avec une prudence exagérée.

Étienne retint son souffle, le cœur cognant. Il la suivit à distance, ses sandales silencieuses sur le sol irrégulier. À l’intérieur, la salle des eaux baignait dans une pénombre verdâtre, l’ampoule clignotant comme un œil mourant. Mamie grâce s’agenouilla près du saut principal, ses doigts tremblant plongeant la louche dans le liquide stagnant.

Le glouglou régulier emplit l’espace, un son intime et profane qui fit frissonner le gardien. Non, pas elle, par avec ça, pensa-t-il, la bile montant à sa gorge. Elle remplissait son récipient, les gouttes tombant comme des perles maudites. Quand il bondit de sa cachette, la lanterne levait haut. Tu es folle.

 Tu utilises l’eau des morts pour donner aux vivants hurlil d’une voix qui raisonna contre les murs nus, éveillant les échos comme un cri primal. Mamie grâce sursauta violemment. La louche échappant à sa main et s’écrasant au sol dans une éclaboussure sinistre. Son saut bascula à moitié, répandant un filet trouble qui rampa vers les pieds des tiennes comme un serpent vivant.

 Elle recula, les yeux écarquillés de terreur pure, le visage déformé par la panique. Papa, je c’est pour survivre balbuciatel. La voix brisé mais il n’écoutait pas la rage le submergeant comme une vauque. Les employés de la morgue alertés par le vacarme surgir des quartiers adjacents de sépulturiers en chemise froissée, un jeune stagiaire aux cheveux en bataille.

Il formait une équipe disparate habitué aux routines lugubres, lavé, embaumé, enterré sans poser de questions. Qu’est-ce qui se passe ici ? demanda le plus âgé, un colosse nommé Jonas, brandissant une pelle comme une arme. Étienne, le doigt pointé comme une accusation divine, cracha lesffits. Cette femme vole notre sacré, celle qui touche les âmes parties.

 Elle nourrit le marché avec la crass des défunts. Les mots planèrent, lourd horreur et un silence glacial s’abattit. Les hommes s’avancèrent, leur visage passant de la stupeur à la fureur. Tu vas attirer les esprits sur nous. Sors d’ici sorcière, gronda Jonas, la poussant vers la sortie d’une main ferme sur l’épaule. Mamie grasse trébuch, son saut se renversant complètement, formant une flaque qui reflétait leurs ombres tordues.

 Elle courut dans la nuit, pied n sur les pierres coupantes, les larmes coulant chaudes sur ses joues. Derrière elle, les cri fusaient ne revient jamais où les morts te suivront jusqu’au bout. La porte claqua verrouillé pour de bon et Étienne s’effondra sur une chaise le souffle court. “Dieu nous protège”, murmura-til, sentant un froid surnaturel s’infiltrer dans ses os.

 Au village, la nouvelle se répandit comme un feu de brousse, chuchotement au puit, regards obliqu au marché. Mamie Grasse rentra chez elle, tremblante, barricadant sa porte avec une planche branlante. Ses enfants dormaient ignorant, mais elle savait que le voile était déchiré. Le mal tapis attendait son heure. Étienne lui passa la nuit à purifier l’eau restante avec du sel et des prières mais l’odeur persistait.

 Un rappel tenace. Le lendemain il raconta tout au prêtres local et des rites protecteurs furent organisés. Fumé d’herbes à mer champ pour apaiser les âmes errantes. Pourtant dans l’ombre de la morgue un goutte à goutte invisible repris moqueur. La découverte n’avait pas arrêté le cycle, elle l’avait libéré.

Le marché de Koutaba s’éveillait dans un tumulte joyeux ce matin-là avec l’écrit des vendeurs de fruits, le teintement des balances et l’odeur en tête du poisson fumé. Mamie grâce à Rivato, les traits creusés par une nuit sans repos, son panier chargé de pâte préparé à la hâte avec l’eau volée une dernière fois avant la confrontation. Elle alluma son brasseraot de terre cuite, jetant des branches sèches qui crépitèrent en flammes vives.

 L’huile chauffait dans la poêle large, bouillonnant doucement, prête à accueillir les boules de farine gonflée. Autour d’elle, les étales s’animaient. La boutiquière au pagne voyant disposait ses tissus. Un garçonnet offrait des arachides grillées et les femmes en gros riait de blagues sur les maris paresseux. Personne ne remarqua encore son air àar ni la façon dont ses mains serraient le bord de la table comme un ancrage.

 Elle plongea la première louche de pâte dans l’huile chaude. Un geste machinal dès l’enfance. Les baignés s’étalairent grésillant prenant forme en sphère parfaite qui flottait à la surface. Mais au lieu de la danse habituelle quelque chose clochait. L’une des masses se convulsa légèrement comme animé d’un sous-bresseau intérieur et un filet d’huile noircit autour d’elle.

 Mamie grass cligna des yeux. attribuant cela à une bulle d’air piégée, elle remua avec sa cuillère de bois et en sortit la friandise dorée en surface qu’elle posa sur une feuille de bananier pour égûter. Les clients approchaient déjà, attiré par la fumée montante. Donnement cinq, mamie pour les petits lança une mère au tablier taché tendant des pièces ternies.

 Soudain, l’horreur éclata. Dans la poêle, une autre boule se mit à remuer franchement, ondulant comme un verre sous la peau de la pâte. Puis avec un pop sinistre, elle éclata, projetant une bulle rougeâtre qui crépita dans l’huile, libérant une odeur métallique presque animal. Mamie grasse recula, la cuillère tombant au sol dans un claquement.

Qu’est-ce que murmura-t-elle, mais avant qu’elle puisse réagir, d’autres suivirent des craquements humides, des fissures d’eau suinté un liquide clair, froid qui se mélangeait à l’huile entraînée lause. Sur la feuille, le premier beignet, apparemment intact, se fendut en son centre, laissant couler des gouttes translucides, pareil à des pleurs salées, qui formaient une petite marluisante.

L’air se chargea d’un rel glacial coupant à travers les parfums du marché. Les femmes hurlèrent, un cœur stridant qui figa l’assemblée. C’est de la sorcellerie. Regardez, il saigne. L’eau des morts la poursuit, s’écria la boutiquière, pointant un doigt accusateur, son visage déformé par la peur.

 La mère aux pièces lâcha sa monnaie qui roula sous les pieds et recula en trébuchant, renversant un panier de mangue pourri. La panique se propagea comme une étincelle. Les acheteurs jetèrent leurs achats, piétinant les feuilles de banané gluantes. Un enfant pleura agrippé à la jambe de sa mère. Les anciens sous le manguier se signèrent, marmonant des formules en languéondo pour repousser le mal. Fuyez, c’est maudit.

Les esprits cuisent avec nous voossif un homme balayant l’étal d’un revers de manche. Mamie grasse pétrifié vit sa marmite bouillonner seule les formes de dents se tordant en une danse macabre éclatant en gerbes qui aspergeit les alentours. Une goutte à tennis à main brûlante cuit glaciale gravant une marque invisible.

Elle s’enfuit à travers la foule en folie bousculant des corps paniqués son pagne déchiré aux ourlets. Derrière elle poêle crépita une dernière fois. Avant que le feu ne s’éteigne de lui-même, comme étouffé par une main invisible, le marché se vida en minute, laissant un chaos de victill piétiné et de murmure terrifié.

Les anciens déclarèrent les tales souillés, interdisant qu’on y vende à nouveau. Mamie grasse courut jusqu’à la rivière, s’aspergeant d’eau vive pour laver l’odeur qui collait à sa peau, mais les pleurs des beigners raisonnaient encore dans sa tête. un écho unid pleintif ce mid-là Koutaba changea les comérages enflair on accusait les ancêtres offensés les maris jaloux mais tous convergent vers la morgue ce lieu tabu mamie grâce se cacha chez une cousine lointain le corps secouait de frisson sachant que le voile entre les mondes

s’était déchiré pour de bon les ben n’étaient plus des ma ils étaient des messagers réclamant justice dans leur silence larmoyant la nuit tomba sur coutabas comme un linceol épais étouffant les bruits du jour sous un voile d’encre. Mamie grâce recroquevillé dans sa case au mur de bout craquelé écoutait le vent sifflé à travers les fissures portant des murmures indistinctes.

Les enfants dormaient d’un sommeil agité leur respiration courte entrecoupée de sanglot. Elle avait barricadé la porte avec une lourde pierre et les fenêtres avec des nappes tendues, mais l’air semblait plus dense, chargé d’uneprésence qui pesait sur la poitrine. Assise sur le sol, les genoux ramenaient contre elle.

 Elle serrait un talisman en bois sculpté. héritait de sa mère un petit fétiche censé repousser les ombres. Pourtant, ses doigts moites glissaient sur la surface lisse et une sueur froide perlait à son front. Soudain, des coups raisonnèrent toc toc toc. Lent, méthodique comme des ongles grattant le bois. Provenant de la porte, il vibrait dans l’air, faisant trembler la poussière accumulée sur les poutres.

Mamie grâce se figea, le cœur galopant, osant à peine respirer. “Qui est là ?” murmura-telle d’une voix chevrotante, mais seul le silence répondit, amplifié par l’absence de tout. Les cours reprent, plus insistant et elle rampa vers l’entrée, écartant un coin de natte pour jeter un œil.

 Dehors, la cour était déserte, baignée dans la lueur argentée de la lune qui filtrait à travers les branches du mangue. Pas un chat, pas une ombre mouvante, rien. Soulagé un instant, elle se releva mais son pied glissa sur quelque chose d’humide. Au sol, traînant depuis le seuil jusqu’à la cuisine, des empreintes d’eau luisaient sombre et nettes, comme si un corps dégoulinant avait marché là, laissant une piste sinueuse.

 Une nausée la saisit et elle suivit les traces malgré elle, qui n sur le sol inégal. Elle menait droit au coin où reposait le dernier saut, vite depuis l’incident du marché. L’odeur frappa alors fade, minéral avec un souton de chair lavé à la hâte. La lumière de la lune entrant par une fente s’éteign d’un coup plongeant la case dans un noir absolu plus profond que la tombe.

 Mamie grâce tatonna heurtant un tabouret qui bascula avec un bruit mat. Puis une voix profonde émergea des ténèbres roqu et multiple comme un cœur venu des habis. Tu nous as fait avaler par les vivants. Nous sommes venus te réclamer. Les mots s’enroulèrent autour d’elle froid comme des chaînes et un souffle glacé effleura sa nuque portant un relant de terre humide et de savon ran.

 Avant qu’elle puis sur l’éit, des silhouettes se matérialisèrent dans le vide. Trois formes élancées hautes et immobile se dressèrent devant elle découpé contre l’ombre. Leur peau, pâl et luisante, goûtait encore, formant des flaques qui clapotaient doucement. Pas de visage distincts, seulement des contours flou, des yeux creux comme des puits et des membres pendant qu’il ne bougeaient pas au rythme de la vie.

 L’intendait une main au doigt long, et fil des racines, tandis qu’un autre inclinait la tête, laissant couler un filet d’eau de son crâne rasé. “Ton festin nous a dérangé”, siffla la voix, émanant de nulle part et partout. “Maintenant, partage notre repos.” Mam gra sur la enfin, un cri primal qui déchira la nuit, réveillant les chiens du quartier en un concert d’aboiement frénétique.

Elle bâtit en retraite vers le centre de la pièce, trébuchant sur les nates, les mains levées en bouclier fut-il. Les silhouettes avancèrent d’un pas synchronisé, leur pas produisant un chintement mouillé et l’air se remplit d’un bourdonnement bas comme des âmes piégées qui gémissent. Une main frôla son bras et un froid paralysant remonta jusqu’à son épaule engourdissant les muscles.

 “Non, pitié, c’était pour eux”, implora Telle, désignant les lits des enfants qui s’agitaient dans leur sommeil. Mais les formes ignoraient, se rapprochant en un cercle inexorable. Dehors, des voisins allumèrent des lampes attirés par le tumulte, mais aucun nous a approché, sentant l’atmosphère chargée d’interdit. Mam grass acculé saisit le talis et le lança vers les ombres qui s’évaporèrent dans un tourbillon d’humidité, laissant derrière elle une brume qui s’accrochait au mur.

 Le silence revint pesant, mais les empreintes persistaient et l’eau du sol ne s’évapora pas tremblante. Elle ralluma une bougie dont la flamme vacciailla faiblement, projetant des danses inquiétantes. Les enfants se calmèrent mais elle savaient les morts n’avaient fait qu’un passage. Il reviendrai patient pour régler leur compte dans l’obscurité.

Quand le coq chanta l’aube, Kutaba s’éveilla sous un ciel voilé de brume comme si la nuit refusait de céder. Les villageois, encore secoués par les cris nocturnes, se rassemblèrent en petit groupe près du puit et changeant des regards inquiets. C’est elle, la beignettière. Les esprits l’ont visité, murmura une lavandière et se rendant son linge avec des gestes nerveux.

Personne n’osa se porter volontaire pour vérifier, mais le chef du quartier, un homme droit aux cheveux grisonnants, envoya son neveu, un adolescent l’est, frappé à la porte de la case. Pas de réponse. Il poussa le battant et ce qu’il vit le fit reculer. Mam grâce assise par terre, au milieu de la pièce, le regard fixe sur un point invisible.

Son corps, autrefois robuste, semblait ratatiné, enveloppé dans un panne fripé qui pendait comme un suer. Ses cheveux, noir et épais la veille, était devenud’un blanc spectral, cascadant en mèche sèche sur ses épaules voûées. Le visage, figé en une grimace d’horreur pétrifiée, arborait des yeux grands ouverts injectés de veines bleues comme si elle assistait encore à un spectacle effroyable.

À ses côtés, le saugis renversé, mais son contenu défiait la logique, l’eau qu’elle avait vidé. Rempliss à nouveau le récipient, agitait de remouses internes comme si une créature invisible y nagait en cercle lent. Des bulles montaient à la surface, éclatant en silence et une odeur accresant dégageait mélange de sel et de pourriture ancienne.

 Le neveu du chef hurla, alertant le village entier. Bientôt, une foule se massa dehors, mais aucun entra, les retours de la case vibraient d’une énergie repoussante, un bourdonnement sour qui faisait vibrer les tympant. Les anciens, avec leur bâton noueux, formèrent un cercle protecteur, saupoudrant du sel de mer et psalmodien des invocations pour confiner le mal.

 Elle a ouvert la porte aux erans. Maintenant, il la garde, déclara l’un d’eux, un sage aux paupières lourdes, en agitant un rameau de palmier béni. Mamie Grass ne bougea pas de la journée. Les femmes compatissantes laissèrent des offrandes à l’extérieur bol de les cahiers. Inignam Rit, mais elle ne toucha à rien.

 Quand le soleil déclina, le prêtre arriva de la chapelle voisine, crucifiant en main, aspergeant d’ lustral le seuil. Il tenta de la faire parler, posant des questions douces. Ma sœur, que t’est-il arrivé ? Confesse-toi pour trouver la paix. Mais lorsqu’elle entrouvrit les lèvres craquel et pâle, un filet d’eau froide encoula clair et glacial formant une petite flaque qui s’étendit vers ses pieds nu.

 Pas un mot, seulement ce liquide qui goûtait rythmiquement comme un robinet déréglé dans une maison vide. Le prêtre recula le signe de Croatif, sentant une présence qui le toisait depuis les coins sombres. Elle est scellée. Les morts l’ont marqué pour l’éternité, conclut-il ordonnant qu’on la laisse en paix. Les jours suivants confirmèrent la malédiction.

Mamie Grâce ne mangeait plus, son corps s’amenuisant comme une ombre au soleil couchant. Les enfants terrifiés furent emmenés chez Gintante compatissante qui les nourrit de récits adoucis pour masquer l’horreur. Au marché, son étale fut rasé, les cendres dispersaient dans la rivière pour emporter la souillure.

Pourtant, la nuit, des lumières vaccillantes illuminaient parfois les fenêtres de la case et des murmures aquatiques filtraient à travers les murs, évoquant des conversations noyées. Le village apprit à contourner l’endroit plant des de plantes protectrices forbes épineuses à l’oest aux feuilles charnues pour ériger une barrière vivante.

 Les anciens comptaient l’histoire autour des feux avertissant les mers. Ne touchez pas à ce qui appartient aux ombres où elles vous tiendront compagnie. Bientôt on oublia son nom la réduisant à la gardienne de l’eau. Une figure errante qui enait les sentiers oubliés. Le saut source de sa ruine devint son gardien fidèle se remplissant seul à chaque lune nouvelle.

 Et elle, nuette sentinelle veillait sur son secret froid. La vengeance de la morgue n’était pas la mort, mais une vie suspendue où chaque souffle aspirait un peu de l’au-delà. Koutaba, marqué à jamais, appris la leçon dans le silence des gouttes. Depuis cette funeste affaire, la morgue de Koutaba s’est muée en un sanctuaire interdit, un monolite de béton que les ombres semblent caresser au crépuscule.

Les jeunes, curieux comme des singes, évitent ses abords la nuit, guidés par les comptes des aînés qui se transmettent autour des brasser crépitants. Si tu entends un ruissellement derrière toi, surtout près des étales du marché, garde tes yeux fixés devant. Retourner la tête invite les laveurs invisibles à te suivre, avertissent-ils d’une voix grave, les flammes dansant sur leur visagent.

Le vent, porteur de secret charit parfois un efflux subtil, terreux et salin, rappelant que les frontières entre chair et esprit sont poreuses comme une pâte mal levée. Au fil des saisons, l’histoire de Mam Grâce s’est tissé en légende vivante, embellie de détails qui grandissent avec chaque récit.

 On dit que son ombre est lancé et pâle et encore les ruelles étroites, cherchant un saut oublié pour apaiser sa soif éternelle. Les mèes en pétrissant leur manioc surveillent la couleur de l’eau, jetant un regard suspicieux sur toute flaque inattendue. Les enfants, pour effrayer leur père lors des jeux au clair de lune, initent les pleurs des beignets, un chuintement humide suivi d’un éclat fin provoquant des fuites s perdu vers les casses éclairées.

 Mais sous les rire, une vérité persiste. Le marché jadis joyeux carrefour porte une cicatrice. Les anciens refusent d’y vendre après le déclin du soleil, préférant regagner leur foyer avant que les étoiles ne percent le voile. Et puis il y a cesmatins brumeux quand la rosée saint sur les feuilles. Près de l’ancien emplacement de l’étal, un coin vite balayé par les pluies où pousse désormais des herbes sauvages au tiges torsadées, on découvre parfois une trace insolite.

 Un beignet solitaire posé comme une offrande sur une pierre plate encore tiède au touché. Sa surface luisante d’une humidité qui n’est pas celle de la condensation. Il exhale un parfum envoûtant midoui métallique tentant les passants matinaux, le balayeur matinal, la vendeuse de condiment ou le pâtre rentrant ses chèvres.

 Mais aucun ose le ramasser. C’est le cadeau des noyés chuchoton et la main se retire tremblante laissant la friandise au fourmis qui l’encercle sans la consumeur. Cette relique éphémère alimente les veillers. Certains jurent qu’en la frôant du bout du pied, on sent un pou faible comme un cœur piégé dans la pâte. D’autres rapportent des rêves partagés ou des banquets infinies s’offrent sous des tables froides servies par des autres aux sourires aquatiques.

Le chef du village pour apaiser les âmes organisa jadis un rituel annuel, des prières au bord de la rivière, des danses masquées pour honorer les défunts et l’abandon d’un panier de pains ordinaire lesté de pierres coulé dans les eaux vives. Pourtant le baigner réapparaît tenace comme un clin d’œil moqueur du destin.

 Les voyageurs de passage, attirés par les rumeurs s’arrêtent pour écouter, repartant avec une mise en garde à Coutaba, la fin peut dévorer l’âme avant le corps. Aujourd’hui, la légende unit le village en impact tacite. On cultive des jardins communautaires pour que plus personne ne cède à la disette et les puits sont entretenus avec ell, source de vie pure.

Mais dans les nuits sans lune, quand le silence enveloppe tout, un échodistant monte, un fric qui grésille, un goutte à goutte insistant. Les anciens sourisent alors sachant que les beignets mauditive veillent gardien d’une morale gravée dans l’humide ce qui est pris aux ombres doit être rendu où il vous englouti sans pitié.

 Coutabas prospère mais avec une oreille tendue vers l’invisible éternelle leçon d’une pâte ensorcelée. La pauvreté peut pousser au péché mais le mal n’apporte jamais la bénédiction. Ce qu’on prépare avec la mort finit toujours par tuer l’âme du vivant. Et toi, mangerais-tu encore un baigner si tu savais d’où venait l’eau ? Abonne-toi maintenant pour d’autres histoires vraies, mystiques et pleines de leçons africaines.