Anne-Sophie Lapix évincée du 20h de France 2 : entre amertume et renaissance, l’ombre d’un départ forcéAnne-Sophie Lapix toujours amère après son éviction du JT de France 2 ? Cette  réaction au sujet de Léa Salamé qui en dit long

Le monde de l’information télévisée est souvent impitoyable. Les changements à la tête des grands journaux télévisés marquent des tournants médiatiques qui suscitent autant d’intérêt du côté du public que d’émotions chez les journalistes concernés. La rentrée télévisuelle de 2024 n’échappe pas à cette règle : le départ d’Anne-Sophie Lapix du 20h de France 2, après huit années de présentation, et l’arrivée de Léa Salamé à ce poste emblématique, continuent de faire couler beaucoup d’encre.

Un passage de relais symbolique

Le lundi 1er septembre, Léa Salamé faisait ses premiers pas aux commandes du journal télévisé le plus regardé du service public. Un défi de taille pour la journaliste franco-libanaise, déjà connue pour son franc-parler et son énergie, qui conserve par ailleurs la présentation de Quelle époque !, talk-show diffusé le samedi soir et devenu un rendez-vous incontournable.

Pour France Télévisions, ce choix marque une volonté de renouvellement. Offrir un nouveau visage au 20h, c’est aussi tenter d’ouvrir une nouvelle page éditoriale et de séduire un public diversifié. Mais malgré la fraîcheur des débuts de Léa Salamé et les critiques globalement positives, l’ombre d’Anne-Sophie Lapix plane encore sur le plateau et dans l’imaginaire des téléspectateurs.

Après huit ans passés à incarner la rigueur et le professionnalisme du JT, son départ forcé laisse un vide que même la meilleure transition peine à combler.

L’amertume d’un départ non choisi

Contrairement à ce que certains auraient pu penser, Anne-Sophie Lapix n’a pas tourné la page de France 2 aussi facilement. Dans une interview accordée à Diverto, la journaliste a tenu à exprimer à la fois son estime pour sa consœur et son malaise face à la décision de la direction.

« C’est quelqu’un que j’aime énormément. C’est une très bonne journaliste, drôle, sympathique. Mais le choix de France Télé, je ne le commente pas », a-t-elle déclaré. Derrière cette formule polie mais tranchante se cache une blessure encore vive.

Loin d’un départ volontaire, la présentatrice l’a confirmé dans TV Mag : elle a été écartée par décision de Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions. « C’est vrai que je n’ai pas décidé de partir du 20 heures et, sur le moment, ce n’est jamais très agréable d’être écartée. C’est Delphine Ernotte qui m’a dit qu’elle voulait du changement. C’est la raison qu’elle m’a donnée », a-t-elle révélé avec franchise.

Ces mots soulignent la brutalité d’une réalité souvent occultée : dans le petit monde de l’audiovisuel, la longévité est fragile, et même les figures emblématiques ne sont pas à l’abri d’un remaniement.Anne-Sophie Lapix s'exprime sur son éviction du JT de France 2 : "Ce n'est  jamais agréable d'être écartée" - parismatch.be

Une carrière loin de s’éteindre

Si la page du 20h s’est tournée sans son accord, Anne-Sophie Lapix n’est pas restée longtemps sans projets. À peine sortie de France Télévisions, elle a su rebondir en rejoignant RTL pour la rentrée, avant d’annoncer son arrivée prochaine sur M6.

Sur cette chaîne, elle prépare un grand rendez-vous dominical, un entretien au long cours avec une personnalité de premier plan, en prise directe avec l’actualité. Ce nouveau format pourrait bien devenir sa marque de fabrique et lui offrir un espace d’expression plus libre que le carcan du JT.

Cette transition illustre la résilience de la journaliste. Plutôt que de s’effacer, elle choisit d’explorer d’autres terrains, confirmant sa capacité à se réinventer et à rester une voix incontournable du paysage médiatique français.

Léa Salamé, une succession délicate

Pour Léa Salamé, succéder à Anne-Sophie Lapix n’est pas une mission facile. Journaliste reconnue, figure déjà populaire du service public, elle a l’avantage d’être familière du grand public. Mais endosser le rôle de présentatrice du 20h suppose de composer avec la comparaison inévitable.

La compagne de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann n’est pas une novice en matière de pression médiatique. Elle a su imposer son style incisif dans des interviews politiques, notamment sur France Inter et dans l’émission On n’est pas couché. Mais au JT, l’exercice est différent : il faut incarner à la fois la neutralité, la crédibilité et la proximité avec les téléspectateurs.

Les premiers retours de la rentrée semblent encourageants, mais la journaliste sait que le défi est de taille. Elle doit écrire sa propre histoire sans rester dans l’ombre de sa prédécesseure.Léa Salamé au JT de 20h sur France 2 : Anne-Sophie Lapix lui adresse un  message surprenant qui pourrait… la refroidir (photo)

Une éviction qui interroge

Le cas Anne-Sophie Lapix n’est pas isolé. Depuis plusieurs années, France Télévisions multiplie les changements à la tête de ses journaux et émissions phares, souvent au nom du « renouvellement ».

Pour autant, on peut s’interroger sur les raisons profondes de ces choix. Est-ce uniquement une question de stratégie éditoriale, de chiffres d’audience, ou bien une volonté d’imposer de nouveaux visages sans réelle justification ?

Delphine Ernotte a toujours assumé vouloir féminiser et diversifier les antennes, et en ce sens, placer Léa Salamé à ce poste s’inscrit dans une continuité. Mais le traitement réservé à Anne-Sophie Lapix, poussée vers la sortie malgré ses années de bons et loyaux services, pose la question de la reconnaissance et de la loyauté institutionnelle.

L’épreuve de l’image publique

Pour une journaliste comme Anne-Sophie Lapix, qui a bâti sa carrière sur le sérieux et la constance, être remerciée ainsi est une épreuve d’image autant que de carrière. Le public, attaché à ses habitudes, peine souvent à comprendre ces décisions.

Toutefois, cette situation lui offre paradoxalement une nouvelle liberté. Libérée des contraintes d’un format quotidien très codifié, elle peut désormais proposer des entretiens plus personnels, approfondis et orientés sur l’analyse plutôt que sur la stricte actualité.

Vers une nouvelle ère ?

L’avenir dira si Léa Salamé parvient à s’imposer durablement comme la nouvelle figure du 20h de France 2. Pour l’instant, elle bénéficie d’une curiosité bienveillante du public, mais le temps et les audiences seront les seuls juges.

Quant à Anne-Sophie Lapix, sa capacité à rebondir est déjà prouvée. Son passage à M6 pourrait inaugurer une nouvelle ère de sa carrière, plus libre et plus audacieuse. Et si l’amertume de son départ reste palpable, elle semble déterminée à transformer cette page douloureuse en tremplin.Léa Salamé au 20h de France 2 - "On regrette déjà Anne-Sophie Lapix", "Un  sans-faute", "C'est un flop immense", "Elle se débrouille trop bien" : le  premier JT de la journaliste divise


Conclusion

Le remplacement d’Anne-Sophie Lapix par Léa Salamé au 20h de France 2 illustre à quel point la télévision reste un univers en perpétuelle mutation, où les carrières se font et se défont au gré des décisions de la direction.

Si l’une débute un nouveau chapitre sous le feu des projecteurs, l’autre tente de réinventer sa voix ailleurs, sans jamais perdre de vue sa passion pour l’information. Entre amertume et renaissance, ce chassé-croisé entre deux grandes figures féminines du journalisme français témoigne de la vitalité, mais aussi de la dureté, du monde médiatique.