Patrick Sébastien : l’animateur qui assume tout… sauf l’injusticeBeauf, blaireau, inculte : Patrick Sébastien, après 50 ans d’insultes, sa réponse sans détour

Patrick Sébastien n’a jamais été homme à faire dans la langue de bois. Fidèle à sa réputation de bon vivant au franc-parler légendaire, l’ex-animateur du “Plus Grand Cabaret du Monde” a de nouveau fait entendre sa voix, ce 3 juin, dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Loin de fuir les étiquettes qu’on lui colle depuis des décennies, il choisit d’y répondre, avec cœur, sincérité et un zeste d’ironie.

Pendant plus de 40 ans, Patrick Sébastien a incarné la joie, la fête et la bonne humeur sur le petit écran français. D’abord sur TF1 avec des émissions cultes comme Le Grand Bluff, Carnaval ou Sébastien c’est fou !, puis sur France 2 où il a régné en maître de cérémonie avec Le Plus Grand Cabaret du Monde et Les Années Bonheur. Chanteur, imitateur, auteur, producteur… L’homme aux multiples casquettes n’a jamais caché son amour pour le spectacle populaire. Pourtant, ce goût pour le divertissement léger lui vaut régulièrement d’être perçu comme un “beauf”, voire “inculte”. Une image qui lui colle à la peau, mais qu’il juge injuste.

Une culture bien plus solide qu’on ne le croitBeauf, blaireau, inculte : Patrick Sébastien, après 50 ans d’insultes, sa réponse sans détour

“Alors inculte ?” rétorque-t-il presque avec amusement dans les colonnes de La Dépêche. “Je dois être le seul mec qui a gagné trois fois Question pour un champion ! J’ai une culture générale assez costaud.” Difficile, en effet, de faire mieux comme preuve de savoir. Passionné de littérature, de politique et de musique, Patrick Sébastien revendique une curiosité insatiable pour les choses de la vie. Il lit, il apprend, il observe. S’il chante Le Petit Bonhomme en mousse ou Les Sardines, ce n’est pas par manque de profondeur, mais par choix artistique assumé. Il veut faire rire, danser, oublier les tracas du quotidien. Et pour lui, cela n’a rien de honteux.

“Le beauf ? Je vous le souhaite à tous”

L’image du “beauf” ? Patrick Sébastien l’analyse avec lucidité, voire une pointe de sarcasme. “Je ne bois pas, je ne me drogue pas, je ne suis pas violent”, martèle-t-il. “Je suis un humaniste, je soutiens la cause LGBT. Toute ma vie, j’ai essayé de faire du bien aux gens.” Et de poursuivre : “Le cul, j’en parle, je le vis comme beaucoup de gens, sans plus. C’est ça être un beauf ? Je vous le souhaite à tous.” Pour lui, ce qualificatif, souvent employé avec mépris, cache en réalité une forme de snobisme. Un mépris de classe à peine voilé. Car aimer faire la fête, parler franchement, aimer les chansons à boire ou les blagues potaches, cela ne veut pas dire être stupide ou dangereux. Cela veut juste dire être libre.

La blessure derrière le masqueBeauf, blaireau, inculte : Patrick Sébastien, après 50 ans d’insultes, sa réponse sans détour

Mais derrière son éternel sourire et son costume de clown joyeux, Patrick Sébastien avoue aussi ses blessures. “Cette image-là, des fois elle me blesse, elle m’a blessé souvent par rapport à mes enfants”, confie-t-il, plus touchant que jamais. Car si l’homme de scène a toujours su faire bonne figure, le père de famille, lui, n’est pas insensible aux jugements. Être perçu comme un amuseur public, pourquoi pas. Mais être réduit à cela, sans voir l’homme derrière l’artiste, c’est une douleur que peu imaginent.

Un artiste libre et populaire

À 71 ans, Patrick Sébastien n’a plus rien à prouver. Il a fait rire des millions de Français, a chanté dans toutes les fêtes de village, a donné une place sur le petit écran à des dizaines d’artistes venus du monde entier. Il a su parler à tous les publics, sans jamais tricher. Son parcours est celui d’un homme libre, qui n’a pas peur d’être aimé pour des choses simples. Ses chansons comme Tournez les serviettes, Ah… Si tu pouvais fermer ta gueule ou Pourvu que ça dure sont devenues des hymnes festifs, repris en chœur dans toutes les générations. Pas si mal pour un soi-disant “beauf”, non ?

L’homme derrière le personnageBeauf, blaireau, inculte : Patrick Sébastien, après 50 ans d’insultes, sa réponse sans détour

Et si, au fond, ce que Patrick Sébastien dérange, c’est justement sa liberté ? Sa manière de ne jamais se plier aux codes de la bienséance médiatique ? Il n’a jamais cherché à entrer dans les cases. Il est lui-même, entier, parfois excessif, souvent généreux. Loin des poses intellectuelles ou des discours lisses, il préfère la sincérité, même brute. Un homme qui a choisi la lumière non pas pour flatter son ego, mais pour éclairer celui des autres.

Aujourd’hui, s’il n’est plus quotidiennement à l’antenne, Patrick Sébastien continue de faire entendre sa voix, de monter sur scène, d’écrire, de chanter. Et surtout, il continue de défendre une idée rare et précieuse : celle que le bonheur n’est pas une faute de goût.


Patrick Sébastien n’est peut-être pas un académicien, mais il est assurément un homme de cœur. Et cela, dans un monde souvent cynique, vaut bien tous les diplômes.