Florent Pagny : confidences sans filtre sur sa santé, le cannabis et son rapport à la mémoire

"Je ne peux pas chanter sans..." : Une habitude de Florent Pagny a-t-elle  entraîné des conséquences irréversibles ? Le chanteur reste dubitatif

Florent Pagny n’a jamais eu peur de parler vrai. Depuis plus de quarante ans de carrière, le chanteur français s’est imposé comme une figure populaire, à la fois respectée et aimée du public, notamment grâce à sa franchise et à sa capacité à assumer ses choix de vie. À 63 ans, alors qu’il poursuit son combat contre le cancer du poumon diagnostiqué en 2022, l’artiste s’est confié dans le podcast Addiktion de France Télévisions, animé par le psychiatre Laurent Karila. Un échange intime, dans lequel il revient sur son état de santé, mais aussi sur un sujet souvent tabou : sa consommation de cannabis.

Une santé fragile mais stabilisée

Dès le début de l’entretien, Florent Pagny a tenu à rassurer : « La santé va bien », a-t-il affirmé. Après deux récidives de son cancer du poumon, il reste toutefois placé sous étroite surveillance médicale. Si les traitements lourds appartiennent désormais au passé, il ne néglige pas le suivi nécessaire. Loin d’un discours de déni, le chanteur reconnaît l’importance de la vigilance.

Pour pallier les effets secondaires qu’il a connus lors de la chimiothérapie, Pagny explique avoir eu recours à des méthodes alternatives, notamment la médecine chinoise. « Les plantes m’ont toujours fait du bien », souligne-t-il, insistant sur la place essentielle qu’ont eu les traitements naturels dans son parcours.

Un rapport assumé au cannabis

Parler de drogue reste encore délicat en France, surtout pour une personnalité publique. Mais Florent Pagny n’a jamais cherché à cacher sa consommation de cannabis. Bien avant son cancer, cette pratique faisait partie de son quotidien. Il le confie avec humour : « On me sentait avant de me voir ».

C’est seulement au début de l’année 2022, peu avant son diagnostic, qu’il décide d’arrêter de fumer, en raison d’une toux devenue trop importante. Pourtant, l’arrêt n’a pas marqué une rupture définitive avec le THC, la principale molécule active du cannabis. Pagny a choisi une autre voie : les gélules.

Selon lui, leur utilisation pendant son traitement contre le cancer a eu des effets bénéfiques indéniables. « Cet ajout qui mélange les sensations et qui t’emmène un peu ailleurs, qui te soulage et enlève beaucoup de douleurs et qui t’ouvre l’appétit alors que normalement la chimio te l’enlève, et te fait dormir », détaille-t-il. Pour le chanteur, le cannabis, loin d’être une simple drogue récréative, est devenu un véritable soutien thérapeutique.

Il ajoute : « On vous parle d’une plante qui pousse au soleil et qui a des vertus. […] Ils me regardaient tous et ne comprenaient pas vraiment comment je vivais tout ça aussi positivement. C’est ce qui m’a permis de continuer d’être en activité ». Pour lui, le cannabis était « presque plus un médicament ».

Le déni d’un lien avec son cancer

L’artiste refuse cependant d’associer sa maladie à sa consommation passée. « Je ne pense pas. Pour moi, 40 ans de fumette ça laisse des traces s’il doit y avoir des traces, pas une tumeur, et je n’ai pas ces traces-là », affirme-t-il. Un point de vue qui suscite débat, mais qui traduit surtout sa conviction personnelle : sa tumeur ne serait pas liée au cannabis.

Les troubles de la mémoire : cannabis ou âge ?"Je ne peux pas chanter sans..." : Une habitude de Florent Pagny a-t-elle  entraîné des conséquences irréversibles ? Le chanteur reste dubitatif

Au fil de l’échange, un autre sujet sensible est abordé : la mémoire. Interrogé par Laurent Karila sur l’impact possible du cannabis sur ses capacités cognitives, Florent Pagny reste prudent. Oui, il reconnaît avoir aujourd’hui des « trous de mémoire ». Oui, il est contraint d’utiliser des prompteurs sur scène pour pallier ces absences. Mais il refuse d’imputer la responsabilité uniquement au cannabis.

« Après, ton âge impacte tout. Tes cellules se réduisent, d’un coup ta vue se réduit, elle change, etc. Je ne peux pas dire que c’est la conséquence d’un produit extérieur », explique-t-il.

L’artiste se montre lucide : ses difficultés actuelles peuvent avoir de multiples causes, dont le vieillissement naturel. Il admet néanmoins que le cannabis a pu jouer un rôle, notamment en créant, selon ses mots, des « ruptures de mémoire » assez précoces. D’où sa dépendance aux prompteurs lors de ses concerts : « Je peux vraiment avoir des trous et c’est très désagréable pour tout le monde, donc pour éviter, tu mets les prompteurs ».

Une relation libre avec la consommation

Un point essentiel ressort de ses confidences : Florent Pagny ne s’est jamais considéré comme dépendant. « Je n’ai jamais été addict », assure-t-il. À ses yeux, il a toujours eu la capacité d’arrêter quand il le souhaitait. Preuve en est : il a cessé de fumer sans difficulté particulière lorsqu’il a ressenti que son corps en avait besoin.

Cependant, il insiste sur une nuance importante : chacun vit et assimile différemment la consommation de cannabis. Ce qui a fonctionné pour lui ne doit pas servir d’exemple généralisable. « Mon cas n’est pas forcément celui des autres », avertit-il, conscient de la portée de ses propos.

Un témoignage qui brise les tabous

Ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la sincérité de Florent Pagny. Alors que la question de l’usage thérapeutique du cannabis continue de diviser en France, le chanteur apporte son expérience personnelle, vécue de l’intérieur, sans chercher à convaincre ni à faire la morale.

Il raconte comment une plante, souvent diabolisée, a pu l’aider à traverser l’une des épreuves les plus difficiles de sa vie. Mais il n’idéalise pas pour autant le produit. Il en reconnaît les limites, notamment sur sa mémoire, et refuse toute forme de discours prosélyte.

La force de continuer

Au-delà du cannabis, ce qui ressort de cette prise de parole, c’est la résilience de Florent Pagny. Malgré la maladie, malgré les traitements et leurs effets secondaires, malgré les trous de mémoire, l’artiste continue d’avancer, de chanter et de partager avec son public.

Ses mots traduisent une philosophie de vie : transformer l’épreuve en force, trouver dans chaque difficulté une ressource, et ne jamais cesser d’être actif.

Une parole précieuse dans le débat

À l’heure où la France débat de la légalisation du cannabis à usage médical, les propos de Florent Pagny résonnent comme un témoignage précieux. Loin des discours théoriques ou politiques, il incarne l’expérience concrète d’un patient qui a trouvé un soulagement grâce à cette plante.

Sans prétendre détenir la vérité, il met en lumière une réalité vécue par de nombreux malades à travers le monde. Une réalité qui mérite d’être entendue, au-delà des clichés et des jugements.


En conclusion

Florent Pagny ne se cache pas et ne cherche pas à plaire. Il parle de sa santé, de sa consommation passée et présente de cannabis, de ses failles, de ses forces. Son témoignage n’est ni une confession ni une provocation, mais une parole libre, fidèle à ce qu’il a toujours été : un artiste entier, sans filtre.

Et si, derrière ses confidences, il nous transmettait surtout un message universel ? Celui de rester maître de son parcours, de ne jamais baisser les bras face à la maladie, et de trouver dans les ressources – qu’elles soient médicales, naturelles ou intérieures – l’énergie pour continuer d’avancer.