Florent Pagny remet le couvert : le chanteur cash sur les impôts et les riches, risque-t-il le bad buzz ?

Florent Pagny : vingt ans après sa condamnation, il pense toujours que taxer  les riches, « c'est des conneries » - Public

Florent Pagny, toujours aussi direct, revient sur le devant de la scène médiatique, mais cette fois, ce n’est pas uniquement pour son nouvel album. Le chanteur français, connu pour sa voix puissante et son franc-parler, jette une nouvelle fois un pavé dans la mare en évoquant le sujet sensible des impôts et de la fiscalité des plus riches en France. En pleine promotion de son dernier opus, Grandeur nature, l’artiste ne mâche pas ses mots et s’exprime sans détour sur ce qu’il considère comme une erreur politique majeure : la chasse aux riches. Une prise de position qui risque de faire réagir… et potentiellement de provoquer un bad buzz.

2003 : déjà sur le terrain glissant de la fiscalité

Le débat autour de la fiscalité des plus riches n’est pas nouveau pour Florent Pagny. En 2003, il abordait déjà le sujet dans l’un de ses titres emblématiques, Ma liberté de penser, écrit par le duo Lionel Florence et Pascal Obispo. Dans ce morceau, le chanteur racontait ses démêlés avec le fisc français avec une franchise rare dans le paysage musical français. La chanson, rapidement devenue incontournable, contient des paroles fortes, comme : « J’peux vider mes poches sur la table, ça fait longtemps qu’elles sont trouées », résumant à la fois sa colère et sa lucidité face au système fiscal.

Depuis, le parcours fiscal de Florent Pagny a été mouvementé. Il a été condamné pour fraude fiscale et a choisi de vivre une grande partie de l’année en Patagonie, en Argentine. Pourtant, il continue à régler ses impôts en France, démontrant ainsi une certaine ambivalence entre ses critiques du système et son attachement au pays. Son discours, lui, reste constant : il n’a jamais changé fondamentalement sa position sur la taxation des plus riches.

Une déclaration choc sur RTL

Le 12 septembre 2025, Florent Pagny était l’invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL. L’entretien a rapidement dévié vers des sujets politiques brûlants, notamment après la chute du gouvernement Bayrou, destitué à la suite d’un vote de confiance le 10 septembre. Cette déstabilisation politique a été suivie de mouvements sociaux, comme l’initiative « Bloquons tous ! » portée par plusieurs groupes, dont La France Insoumise.

Face à ces turbulences, Florent Pagny n’a pas hésité à donner son avis. Sans détour, il a exprimé son scepticisme quant aux politiques de taxation des riches : « C’est une mauvaise direction », a-t-il affirmé, ajoutant : « Le riche, quand on vient le taxer, il s’en va. » Pour l’artiste, taxer davantage ceux qui ont réussi serait non seulement contre-productif, mais aussi dangereux pour l’économie.

« La chasse aux riches, c’est des conneries »

Florent Pagny n’a pas tourné autour du pot : selon lui, la chasse aux riches est une idée absurde. « La chasse aux riches, c’est des conneries », a-t-il lancé, sans la moindre ambiguïté. L’artiste explique que les personnes fortunées jouent un rôle essentiel dans l’économie : elles consomment, investissent et entretiennent de nombreux emplois. Pour lui, il est donc contre-productif de les effrayer par des mesures fiscales trop contraignantes.

Il va même plus loin : « Le truc du riche, c’est qu’il consomme, il dépense, il entretient beaucoup de gens et il fait vivre beaucoup de monde. » Dans son esprit, ceux qui ont réussi et disposent de moyens importants sont des acteurs économiques clés, et les pousser à quitter le pays serait un mauvais calcul pour l’économie nationale.

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Une vision économique assumée

Florent Pagny ne se contente pas de critiquer la fiscalité actuelle : il propose une vision alternative. Selon lui, il vaudrait mieux concentrer les efforts sur d’autres types d’aménagements plutôt que de chercher à taxer les plus riches de manière excessive. « Et des gens qui ont réussi, qui ont des moyens, et qui d’un seul coup sont dans un pays à les utiliser, on ne les fait pas fuir », a-t-il souligné.

Le chanteur pousse la réflexion encore plus loin en suggérant qu’une gestion plus judicieuse des ressources pourrait rapporter bien plus à l’État que des impôts punitifs : « Si on réduisait pas mal de choses, peut-être qu’on gagnerait beaucoup plus que ce qui est en train de se passer. » Cette approche, bien que controversée, s’inscrit dans une logique pragmatique : mieux vaut encourager la prospérité des riches que les pénaliser au point qu’ils quittent le pays, entraînant avec eux emplois et investissements.

Une position qui divise

Comme souvent avec Florent Pagny, ses déclarations ne laissent personne indifférent. Pour certains, il a raison : les personnes fortunées génèrent de la richesse et des emplois, et une fiscalité trop punitive peut avoir des effets pervers. Pour d’autres, sa position semble déconnectée des réalités sociales et économiques françaises, où le débat sur les inégalités et la justice fiscale reste brûlant.

Dans le contexte actuel, où les mouvements sociaux se multiplient et où le gouvernement fait face à de fortes contestations, ses propos risquent d’attirer autant de critiques que de soutien. La question se pose : la franchise de Florent Pagny, appréciée par ses fans, peut-elle se transformer en un véritable bad buzz médiatique ? La réponse dépendra sans doute de la manière dont le public et les médias interprètent ses mots.

Entre musique et militantisme fiscal

Florent Pagny est un artiste qui a toujours parlé cash. Que ce soit dans ses chansons ou dans ses interventions médiatiques, il n’a jamais cherché à ménager son auditoire. Cette transparence et cette authenticité sont une partie essentielle de son image. Mais elles peuvent aussi être un double tranchant. Dans un climat politique tendu, les propos sur la fiscalité et la richesse touchent des sensibilités profondes, et le risque de controverse est réel.

Pourtant, le chanteur ne se contente pas de critiquer. Il engage également le débat et invite à réfléchir à des solutions plus constructives. Plutôt que de taxer les riches de manière punitive, il propose de revoir la gestion des ressources et de chercher des alternatives qui pourraient bénéficier à l’ensemble de la société. C’est une approche qui, si elle est comprise dans son esprit, peut enrichir le débat public.

Le poids de l’exemple

Il faut aussi rappeler que Florent Pagny parle avec l’expérience de quelqu’un qui a vécu les complexités du système fiscal français. Ses démêlés avec le fisc et son choix de vivre en partie à l’étranger lui confèrent une légitimité particulière lorsqu’il évoque la fuite des capitaux et des talents. Il ne s’agit pas simplement d’une opinion abstraite, mais d’une observation concrète basée sur son parcours personnel et professionnel.

En ce sens, ses propos peuvent être perçus comme une mise en garde : une fiscalité mal pensée peut décourager les talents et les investisseurs, alors qu’un équilibre réfléchi pourrait stimuler l’économie et l’emploi.

Conclusion

Florent Pagny, fidèle à lui-même, continue de provoquer et de faire réfléchir. Ses déclarations sur RTL, en pleine promotion de Grandeur nature, réaffirment son franc-parler et son engagement dans les débats économiques et sociaux. Que l’on soit d’accord ou non avec lui, une chose est certaine : ses propos sur la fiscalité des riches ne laisseront personne indifférent et pourraient bien relancer la polémique.

Dans un contexte politique et social tendu, où les discussions sur les impôts et les inégalités sont plus que jamais d’actualité, la voix de Florent Pagny résonne comme celle d’un artiste qui ose dire ce que beaucoup pensent tout bas. Entre avertissement économique et critique sociale, son message est clair : taxer les riches à outrance pourrait se retourner contre l’ensemble du pays, et une réflexion plus pragmatique sur la gestion des ressources s’impose.

Le risque de bad buzz est donc réel, mais la prise de position de Florent Pagny illustre surtout une chose : l’art et l’engagement social peuvent se croiser, parfois avec fracas, mais toujours avec authenticité.