Sinclair : de la lumière des plateaux télé à la renaissance discrète dans le sud de la France

J'avais besoin de blé", "c'était horrible" : cet ancien juré regrette sa  participation à "Danse avec les stars" - Public

Il fut l’une des figures emblématiques de la télévision musicale française. Juré redouté mais apprécié de La Nouvelle Star entre 2007 et 2009, Sinclair a marqué le public par son franc-parler, son exigence et sa connaissance profonde de la musique. Pourtant, après avoir occupé le devant de la scène, il a choisi de s’effacer, lassé par le rythme effréné de la notoriété et par une expérience télévisuelle qu’il considère aujourd’hui comme une véritable erreur : sa participation à Danse avec les stars. Dans une récente interview accordée au Parisien, l’artiste de 55 ans revient sans détour sur ce passage de sa vie, ses regrets, mais aussi sur la nouvelle existence qu’il s’est construite loin de Paris.


Une carrière musicale respectée avant la télévision

Sinclair, de son vrai nom Mathieu Blanc-Francard, n’est pas un inconnu dans le paysage musical français. Auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, il s’est fait remarquer dans les années 1990 avec des albums au groove marqué par la funk et la soul. Son style chaleureux et ses mélodies accrocheuses lui permettent de séduire un public fidèle et d’être reconnu comme un musicien accompli.

Mais c’est surtout son rôle de juré dans La Nouvelle Star qui lui ouvre une notoriété grand public. Aux côtés d’André Manoukian, de Lio ou encore de Philippe Manœuvre, Sinclair impose une personnalité tranchée, entre exigence et sincérité, qui en fait l’un des piliers du programme. Pendant deux saisons, il contribue à révéler des talents et à façonner l’image d’un télé-crochet qui marquera toute une génération.


L’aventure malheureuse de Danse avec les stars

Après cette parenthèse télévisuelle réussie, Sinclair accepte en 2017 de rejoindre la huitième saison de Danse avec les stars sur TF1. L’idée paraît séduisante : montrer une autre facette de sa personnalité et toucher un nouveau public. Pourtant, cette expérience va rapidement tourner au désenchantement.

Associé à la danseuse Denitsa Ikonomova, habituée à mener ses partenaires très loin dans la compétition, Sinclair est éliminé dès les premières semaines. Une sortie rapide qui laisse un goût amer à l’artiste. Avec le recul, il n’hésite pas à qualifier cette participation d’« erreur ».

« J’étais tellement transparent à l’époque, raconte-t-il. Au bout de ma vie, je l’ai fait pour les mauvaises raisons, parce que j’avais besoin d’argent. Tout le monde a été déçu : moi, la production, le public… »

Il confie que la chaîne attendait beaucoup plus de lui, certains allant même jusqu’à imaginer qu’il pourrait remporter l’édition. Mais l’artiste ne parvient pas à se sentir à l’aise dans ce rôle d’apprenti danseur. « Se mettre à nu, danser, alors que je suis dyslexique, c’était horrible », avoue-t-il sans détour.

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Un tournant personnel : quitter Paris

Cette mauvaise expérience télévisuelle n’est pas isolée. Elle survient dans une période de fragilité personnelle pour Sinclair, déjà marqué par un profond sentiment de lassitude. Ses concerts entre 2015 et 2019 attirent de moins en moins de monde, et il peine à retrouver la connexion qui l’unissait auparavant à son public.

« J’avais perdu l’envie. Je sortais de la télé, et les gens m’identifiaient à ça. Mais je n’arrivais plus à transmettre, à partager. Mon énergie était mauvaise. Je me suis tapé un long hiver : ça s’appelle la dépression », confie-t-il.

Face à ce constat, l’artiste prend une décision radicale : quitter Paris, la ville où il a construit sa carrière, pour repartir de zéro. Il s’installe dans le sud de la France, comme un exil volontaire. « J’y suis arrivé il y a six ans, après un crash. Je ne savais plus qui j’étais ni où j’allais. En quelques semaines, j’ai réussi à redevenir moi-même », explique-t-il avec sincérité.


Une renaissance loin des projecteurs

Installé loin du tumulte parisien, Sinclair se réinvente. Il fonde un label indépendant avec des amis, organise des événements, et se lance même comme DJ amateur. Cette effervescence créative lui redonne goût à la musique. « J’ai produit un artiste génial, Aïssa Malouk, et petit à petit, je suis revenu à mon premier amour », raconte-t-il.

Cet éloignement de la capitale n’est pas seulement géographique. C’est aussi une manière pour lui de se détacher de l’image médiatique qui lui collait à la peau. Il ne cherche plus la reconnaissance par la télévision ou les grandes salles, mais privilégie des projets qui lui ressemblent, plus intimes, plus sincères.


Un témoignage honnête sur la dépression

Ce qui rend l’entretien de Sinclair particulièrement marquant, c’est sa lucidité face à ses épreuves. Contrairement à d’autres artistes qui taisent leurs difficultés, il parle ouvertement de sa dépression et de ses erreurs. « La machine s’est grippée. Et là, soit je continuais à creuser ma tombe, soit je quittais Paris », dit-il avec franchise.

Il reconnaît que ce choix a été douloureux, notamment parce qu’il a dû laisser derrière lui sa fille, devenue adulte. Mais cette décision, aussi radicale soit-elle, lui a permis de se reconstruire. Aujourd’hui, il se décrit comme un « workaholic », un accro au travail, mais dans un cadre plus apaisé qui lui permet de s’épanouir.


Leçons d’une carrière

Le parcours de Sinclair est celui d’un artiste qui a connu les sommets mais aussi les creux, et qui a su se réinventer pour continuer à avancer. Son témoignage résonne comme une mise en garde contre les pièges de la notoriété et de la télévision. Derrière l’image glamour des plateaux et des paillettes, il rappelle que la fragilité humaine n’épargne personne.

Mais il offre aussi un message d’espoir : il est possible de rebondir, de se reconstruire et de retrouver du sens, même après une traversée du désert. Sa renaissance dans le sud de la France illustre qu’un autre chemin est toujours possible, loin des attentes et des pressions du show-business.

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Aujourd’hui et demain

À 55 ans, Sinclair ne regrette pas son choix de s’être éloigné des caméras et du tumulte parisien. Il travaille chaque jour, porté par une énergie retrouvée, et multiplie les projets. Moins exposé qu’à l’époque de La Nouvelle Star ou de Danse avec les stars, il n’en est pas moins actif et créatif.

L’histoire de Sinclair montre qu’une carrière n’est jamais linéaire. Elle connaît des éclats, des accidents de parcours, mais aussi des renaissances. Et si l’artiste a un jour regretté de s’être laissé tenter par les sirènes de la télévision, il semble aujourd’hui avoir trouvé l’équilibre qu’il cherchait depuis longtemps.