Thomas Sotto vole au secours de Léa Salamé : “Lâchez-lui la grappe !”Lâchez-lui la grappe !" : Léa Salamé incendiée pour ses débuts au 20h de France  2, Thomas Sotto vole à son secours - Public

Depuis la rentrée 2025, le visage du 20 heures de France 2 a changé. Après plusieurs saisons marquées par la présence d’Anne-Sophie Lapix, c’est désormais Léa Salamé qui a pris les rênes du journal télévisé le plus regardé de la chaîne publique. Une nomination qui a immédiatement fait couler beaucoup d’encre et suscité un flot de réactions, entre curiosité, scepticisme et critiques parfois virulentes.

La journaliste franco-libanaise, connue pour son franc-parler et son style incisif dans l’interview politique, n’a jamais laissé indifférent. Mais en endossant le costume de présentatrice du JT de 20h, elle s’expose à un exercice bien différent, où chaque mot, chaque regard, chaque bourde est scruté à la loupe. Or, depuis ses débuts dans ce nouveau rôle, Léa Salamé a connu quelques accrocs qui n’ont pas échappé aux observateurs et aux réseaux sociaux.


Des débuts sous haute surveillance

On le sait : succéder à Anne-Sophie Lapix, qui avait réussi à installer une ligne éditoriale solide malgré des critiques régulières, n’est pas une mission facile. Dès son arrivée, Léa Salamé a été confrontée à une pression énorme, liée non seulement aux audiences, mais aussi à son image déjà clivante.

Très vite, ses prestations ont été décortiquées, et certains couacs ont pris une ampleur inattendue.

Le premier épisode qui a fait parler est survenu le 15 septembre 2025, lorsque la journaliste recevait Marion Cotillard sur le plateau du JT. Souhaitant aborder l’actualité de l’actrice, elle a choisi d’évoquer un sujet très personnel : sa séparation avec Guillaume Canet, annoncée l’été dernier après 18 ans de vie commune.

“Ma question était qu’on a appris cet été votre séparation après 18 ans de vie commune. Vous êtes un des couples qui a fait le plus rêver les Français. Je voulais juste savoir comment vous alliez ?”, a lancé Léa Salamé face à une Marion Cotillard visiblement gênée. Et comme si cela ne suffisait pas, la journaliste a insisté : “Est-ce que vous allez bien, Marion Cotillard ?”

La réponse de l’actrice, un brin sèche, a rapidement mis fin au malaise : “Merci, ça va. Et vous, vous allez bien ?” De quoi provoquer quelques sourires, mais surtout relancer le débat sur la pertinence de ce type de question dans un JT d’information.


Une confusion qui fait réagir

Quelques jours plus tard, le 25 septembre, une nouvelle “boulette” de la présentatrice a alimenté les critiques. Cette fois, Léa Salamé recevait Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, lorsqu’elle l’a malencontreusement appelé… Claude Guéant, l’ex-ministre de l’Intérieur.

“Claude Guéant, encore un mot sur cette condamnation”, a-t-elle déclaré, avant d’être aussitôt corrigée par son invité, un brin amusé : “Ça tombe bien, ce n’est pas moi.” Gênée, la journaliste s’est excusée : “Henri Guaino, pardonnez-moi.”

Un lapsus, certes, mais largement commenté dans la presse et sur les réseaux sociaux, où certains ont dénoncé un manque de rigueur pour un poste aussi symbolique que celui de présentateur du 20 heures.

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Un lynchage jugé disproportionné

Si ces “erreurs” ont alimenté la chronique, elles ont aussi déclenché une vague de critiques parfois virulentes à l’égard de Léa Salamé. Son ton jugé parfois trop direct, ses maladresses et même sa vie privée – elle partage la vie de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann – sont devenus des sujets de discussion incessants.

C’est précisément ce climat hostile qui a poussé Thomas Sotto, son ami et ancien collègue, à prendre la parole pour la défendre. Invité du Buzz TV du Figaro, le journaliste, aujourd’hui aux commandes de la matinale de France Inter et de “Télématin” sur France 2, n’a pas mâché ses mots.

“J’ai vu un papier qui disait, je crois, la nouvelle boulette de Léa Salamé. Ça va, tu confonds Henri Guaino et Claude Guéant, ça peut tous nous arriver”, a-t-il expliqué. Pour appuyer son propos, il a donné un exemple personnel : “Moi, ce matin, j’avais Sébastien Chenu. Je me suis dit depuis hier, il ne faut pas que je l’appelle Sébastien Lecornu, ça aurait pu m’arriver.”

Pour Thomas Sotto, les critiques se transforment en véritable acharnement, ce qu’il juge profondément injuste : “On a le droit d’aimer ou de ne pas aimer un journal, d’aimer ou de ne pas aimer un présentateur. On a le droit de regarder ou pas de regarder, mais on n’a pas le droit de défoncer, on n’a pas le droit de lyncher, on n’a pas le droit de détruire l’humain.”

Et de conclure avec une formule sans équivoque : “Léa, je veux dire, on n’a rien inventé ce matin en disant qu’elle s’est présentée un journal, qu’elle s’est animée. Lâchez-lui la grappe, quoi.”


Un soutien précieux dans la tourmente

Ces mots de soutien ne sont pas anodins. Léa Salamé et Thomas Sotto ont partagé l’affiche de L’Émission politique sur France 2, une collaboration marquée par une forte complicité professionnelle. Leur amitié remonte à plusieurs années et se traduit aujourd’hui par une solidarité publique qui résonne fortement dans le débat médiatique.

Dans un univers télévisuel où les critiques peuvent se transformer en véritables tempêtes numériques, recevoir le soutien d’un confrère respecté est un atout de taille. En rappelant que l’erreur est humaine et que chacun peut se tromper, Thomas Sotto invite à relativiser et à juger Léa Salamé sur la durée, et non sur quelques incidents isolés.


Une carrière sous tension

Il faut rappeler que Léa Salamé n’en est pas à son premier défi. Arrivée en France à l’âge de 5 ans après avoir fui la guerre du Liban, elle s’est imposée comme l’une des intervieweuses politiques les plus redoutées du paysage audiovisuel français. Passée par i>Télé, France 24, puis France 2 et France Inter, elle s’est distinguée par son ton direct, parfois dérangeant, mais toujours assumé.

Son arrivée au 20 heures s’inscrit dans cette trajectoire ambitieuse. Mais si elle incarne un pari audacieux pour la chaîne publique, c’est aussi une prise de risque : en remplaçant Anne-Sophie Lapix, la rédaction de France 2 a choisi une personnalité clivante, exposée à la critique.

Or, les audiences ne sont pas encore à la hauteur des espérances. Certains observateurs y voient un signe de fragilité, d’autres rappellent qu’il faut du temps pour installer une nouvelle figure dans un rôle aussi emblématique.


Vers une accalmie ?

Les prochaines semaines seront décisives pour Léa Salamé. Sa capacité à trouver son ton, à éviter les faux pas et à convaincre le public fera la différence. Mais une chose est certaine : elle pourra compter sur des soutiens solides, à commencer par celui de Thomas Sotto.

Dans un paysage médiatique souvent impitoyable, son intervention rappelle une vérité essentielle : derrière le rôle de présentateur, il y a une personne, avec ses forces et ses faiblesses. Et si l’on attend d’un journaliste une exigence sans faille, il n’est pas interdit non plus de faire preuve d’un peu d’indulgence.

Comme le résume avec justesse Thomas Sotto : “Lâchez-lui la grappe.” Une invitation à juger Léa Salamé non pas sur quelques bourdes, mais sur l’ensemble de son travail, et à redonner au journalisme télévisé la place qui doit rester la sienne : celle de l’information, et non du règlement de comptes permanent.