Robert Redford s’éteint à 89 ans : retour sur la carrière et les anecdotes d’un géant du cinéma

Le 16 septembre 2025 restera une date sombre pour les amoureux du septième art. Robert Redford, monument du cinéma américain, s’est éteint à l’âge de 89 ans, chez lui dans l’Utah, “dans son sommeil”, selon un communiqué relayé par le New York Times. Les causes exactes de son décès n’ont pas été précisées, mais la nouvelle a immédiatement suscité une vague d’émotion à travers le monde. Acteur, réalisateur, producteur et fondateur du festival de Sundance, Robert Redford laisse derrière lui un héritage artistique colossal et une influence indélébile sur plusieurs générations de cinéphiles.
Une carrière légendaire
Né à Santa Monica en 1936, Redford débute au théâtre et à la télévision avant de s’imposer sur grand écran dans les années 1960. Sa beauté solaire et son charisme magnétique séduisent rapidement le public, mais c’est son intelligence artistique et son exigence dans ses choix de rôles qui font de lui un acteur respecté.
Les années 1970 marquent son apogée. On se souvient notamment de son rôle dans L’Arnaque de George Roy Hill (1973), chef-d’œuvre récompensé par sept Oscars, dont celui du meilleur film. L’acteur y incarne, aux côtés de Paul Newman, un escroc élégant et attachant. Un an plus tard, il prête ses traits à Gatsby dans Gatsby le Magnifique de Jack Clayton (1974), adaptation du roman culte de F. Scott Fitzgerald, où son regard mélancolique reste gravé dans les mémoires.
En 1976, il brille dans Les Hommes du président d’Alan J. Pakula, interprétant le journaliste Bob Woodward, aux côtés de Dustin Hoffman. Ce film, retraçant l’enquête sur le scandale du Watergate, symbolise à la fois l’engagement artistique et politique de Redford, qui n’a cessé de mêler art et conscience citoyenne.
Par la suite, il passe avec succès derrière la caméra. Son premier long-métrage en tant que réalisateur, Des gens comme les autres (1980), remporte quatre Oscars, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Une prouesse qui consacre son talent de metteur en scène et sa sensibilité.

Ses dernières apparitions
Si Robert Redford avait annoncé en 2018 qu’il prenait sa retraite d’acteur, il a néanmoins offert à ses admirateurs une ultime apparition au cinéma dans Avengers : Endgame (2019), où il reprenait son rôle d’Alexander Pierce dans l’univers Marvel. Un clin d’œil à une carrière jalonnée de personnages marquants.
À la télévision, il n’avait pas totalement disparu des écrans. Cette année encore, il avait surpris ses fans avec une apparition discrète mais remarquée dans la série Dark Winds sur Prime Video, où il incarnait un joueur d’échecs mystérieux. Preuve que, jusqu’au bout, Redford a conservé ce goût pour le jeu et la création.
Un homme qui inspirait les journalistes
En France, l’annonce de sa mort a immédiatement réveillé des souvenirs précieux, notamment un moment touchant partagé avec le journaliste Laurent Delahousse. Le 28 avril 2013, Redford était invité du JT de France 2 pour présenter son film Sous surveillance.
À la fin de l’entretien, Delahousse lui avait confié une anecdote personnelle : “Vous savez que c’est grâce à vous, en partie, que je suis ici.” Surpris, Redford lui avait demandé pourquoi. Le journaliste avait alors expliqué qu’adolescent, il avait été marqué par Les Hommes du président : “J’ai gardé une photo de ce film pendant près de 15 ans dans ma chambre et lorsque j’étais étudiant. C’est ce film qui m’a donné envie de faire ce métier.” Redford avait accueilli cette confidence avec une simplicité et une chaleur caractéristiques de sa personnalité.
⚫️ En avril 2013, @LaurentDelahous remerciait personnellement Robert Redford en fin d’interview dans le #JT20H de #France2 pic.twitter.com/ZaORaI4P7r
— Nicolas Malaboeuf (@NMalaboeuf) September 16, 2025
Le charme intemporel de Redford
Mais Robert Redford, au-delà de son talent, c’était aussi une présence charismatique et un charme qui ne laissait personne indifférent. En 2015, lors d’une interview accordée à Arthur Charron et diffusée dans l’émission C à vous sur France 5, une séquence mémorable a marqué les téléspectateurs.
Alors que le journaliste lui montrait une photo d’Anne-Sophie Lapix, qui animait l’émission à l’époque, Redford, amusé et visiblement séduit, avait lâché dans un sourire : “Qui est-ce ? Votre patronne ? Amenez-la moi ! Elle est très belle.” Une réplique spontanée et élégante qui avait fait rire le plateau, et qui avait beaucoup touché la journaliste. Un “joli cadeau”, comme elle l’avait qualifié plus tard, qui témoignait du charme intact de l’acteur, même à un âge avancé.
Un homme engagé
Au-delà du cinéma, Redford restera dans l’histoire comme un homme profondément engagé. Défenseur de l’environnement bien avant que le sujet ne devienne une priorité mondiale, il avait mis sa notoriété au service de la cause écologique, notamment à travers le Sundance Institute, qu’il avait fondé en 1981. Ce festival a permis de révéler des générations de cinéastes indépendants, contribuant à renouveler le paysage cinématographique mondial.
Son engagement politique et social était également constant. De la dénonciation des abus de pouvoir dans Les Hommes du président à ses prises de parole publiques sur les droits civiques, Redford incarnait une figure de l’artiste citoyen, refusant de se contenter du simple statut de star hollywoodienne.
Un héritage éternel
Aujourd’hui, alors que les hommages affluent du monde entier, c’est toute une époque qui s’éteint avec Robert Redford. Mais son héritage demeure vivant. Ses rôles iconiques, ses films engagés, son regard bleu devenu légendaire, et sa capacité à inspirer – que ce soit des spectateurs, des journalistes ou de jeunes cinéastes – font de lui une figure immortelle du cinéma.
Qu’il s’agisse du sourire complice échangé avec Paul Newman, de la silhouette élégante de Gatsby face à Daisy, ou du journaliste opiniâtre de Les Hommes du président, Redford restera dans nos mémoires comme l’incarnation du cinéma américain à son sommet : populaire, exigeant, et profondément humain.
Robert Redford n’était pas seulement une star. Il était un conteur, un passeur d’émotions et un homme qui a su mêler glamour et engagement, rêve et lucidité. À 89 ans, il s’en est allé “dans son sommeil”, mais son cinéma, lui, ne s’endormira jamais.
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