Affaire Filip Nikolic : la famille porte plainte contre un témoignage controversé sur Paris Match

Un cynisme effarant" : la famille de Filip Nikolic annonce sur RTL une plainte  après une interview de son compagnon supposé

La famille de Filip Nikolic, leader emblématique du groupe 2Be3, sort enfin du silence, après plusieurs années de discrétion. Maître Marc-Olivier Deblanc, avocat de la famille, a annoncé au micro de RTL le dépôt d’une plainte visant à protéger la mémoire de l’artiste. Cette action intervient après la publication d’une interview d’Arnaud, présenté comme le compagnon supposé de Filip Nikolic, dans le magazine Paris Match.

Arnaud, aujourd’hui âgé de 52 ans, affirme avoir partagé une relation intime avec le chanteur pendant plusieurs années. Selon ses déclarations, leur histoire aurait débuté en 1999 aux États-Unis, lorsqu’ils se seraient rencontrés dans un contexte d’amitié, avant de vivre une relation qualifiée de “platonique” par Arnaud. Il confie avoir vécu avec Filip dans un appartement de la rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris. Pour justifier cette cohabitation auprès du public, il explique qu’ils avaient décidé de le présenter comme le “conseiller immobilier ou financier” du chanteur. Arnaud assure également avoir été “adoubé” par les parents de Filip Nikolic, ce qui, selon lui, légitimerait son témoignage.

Toutefois, ces déclarations sont vivement contestées par la famille. Selon Maître Deblanc, certains éléments avancés par Arnaud sont factuellement incorrects et relèvent d’une manipulation de la réalité. L’avocat précise à RTL : “Il prétend avoir vécu huit ans en colocation avec Filip. Ce n’est pas vrai. La cohabitation n’a duré que quelques mois, probablement trois, où, à un moment donné, Filip Nikolic cohabitait avec Arnaud.”

Une ambiguïté sur la nature de la relation

Au-delà de la durée de leur cohabitation, c’est surtout la nature de la relation qui pose problème à la famille. Arnaud décrit tour à tour leur lien comme une “bromance” et, simultanément, comme une relation amoureuse. “Il dit que c’est platonique, puis il se réfère à lui comme ‘mon compagnon’. Il veut faire comprendre qu’il s’agissait d’une relation amoureuse”, dénonce l’avocat. Pour Maître Deblanc, ce flou volontaire constitue une atteinte à la vie privée de l’artiste.

L’avocat tient cependant à souligner que la question de l’orientation sexuelle de Filip Nikolic n’est pas en cause. “La bisexualité, ce n’est pas un délit”, précise-t-il. “Le véritable sujet, c’est la vie privée. Si Filip Nikolic n’a jamais dévoilé cette information de son vivant, c’est qu’il ne souhaitait pas qu’elle soit rendue publique. Que l’information soit exacte ou non n’est pas l’essentiel. Le point central, c’est la manière dont elle est exposée.”

Le timing, point de tension

Le contexte de cette révélation semble également accentuer la polémique. L’entretien d’Arnaud est paru sur le site de Paris Match juste avant la diffusion d’un téléfilm consacré à Filip Nikolic, intitulé Filip, diffusé sur TF1 le lundi 15 septembre. Ce téléfilm adapte le livre de Valérie Bourdin, Filip pour la vie, publié en 2010, qui retraçait la vie et la carrière du chanteur, père de son enfant.

Selon Maître Deblanc, le calendrier de cette publication est particulièrement problématique : “Le secret est tellement lourd à porter qu’il décide opportunément de le révéler au moment de la diffusion du téléfilm, la veille de l’anniversaire de la mort de Filip. Il s’agit d’une forme de cynisme et d’opportunisme effarants.”Photo : Filip Nikolic en famille à Paris, le 30 novembre 2007. - Purepeople

Une action judiciaire imminente

Face à ces révélations jugées mensongères et intrusives, la famille de Filip Nikolic a décidé de réagir. Maître Deblanc annonce : “Nous allons prendre des mesures très claires. Une plainte va être déposée pour violation de la vie privée, atteinte à la vie privée et allégation mensongère.”

Cette démarche judiciaire pourrait ouvrir un débat sur la protection de la vie privée des célébrités décédées, un sujet sensible dans le paysage médiatique français. L’affaire soulève plusieurs questions : jusqu’où peut-on publier des témoignages posthumes sans le consentement de la personne concernée ? Quel est le rôle de la famille et de l’entourage pour protéger l’image d’un défunt ?

Les familles et la mémoire des artistes

Les cas de publications posthumes, souvent motivées par des témoignages ou des mémoires, ne sont pas rares. Cependant, la manière dont ces révélations sont faites peut créer des tensions, voire des conflits juridiques. La famille de Filip Nikolic semble vouloir faire valoir le droit au respect de la mémoire de l’artiste, en distinguant clairement la curiosité médiatique de la protection de la vie privée.

Selon l’avocat : “Il ne s’agit pas d’un sujet d’homosexualité ou d’orientation sexuelle. Nous sommes en 2025, ce n’est plus un tabou. Il s’agit de protéger la sphère intime de Filip Nikolic, qui n’a jamais souhaité que ces aspects de sa vie soient exposés publiquement.”

Un hommage qui se transforme en polémique

Le parcours de Filip Nikolic, comme celui des 2Be3, a marqué toute une génération dans les années 1990. Les hommages posthumes, comme le livre de Valérie Bourdin ou le téléfilm diffusé récemment, cherchent à célébrer sa carrière et sa vie personnelle. Mais lorsqu’un témoignage personnel contredit la version officielle de la famille ou introduit des informations non vérifiées, le résultat peut rapidement devenir polémique.

Dans le cas présent, l’histoire racontée par Arnaud mélange éléments personnels et anecdotes de vie, mais la famille y voit une manipulation opportuniste. La plainte annoncée vise à établir clairement la vérité, à protéger la mémoire de Filip Nikolic et à rappeler que la vie privée, même après le décès, reste un droit fondamental.Filip Nikolic : qu'est devenue sa fille Sasha ?

Vers un débat sur le respect de la vie privée

Au-delà du cas spécifique de Filip Nikolic, cette affaire pourrait relancer le débat sur le traitement médiatique des célébrités décédées. Les artistes, une fois disparus, perdent la possibilité de contrôler leur image, et les proches deviennent les gardiens de leur mémoire. Les publications posthumes, qu’il s’agisse d’interviews, de mémoires ou de documentaires, doivent donc naviguer entre hommage et respect des limites personnelles.

Maître Deblanc conclut sur un point essentiel : “La question n’est pas de savoir si Filip Nikolic était bisexuel ou homosexuel, ce qui est totalement secondaire. Le problème est la manière dont ces informations sont révélées, souvent pour un effet médiatique, sans considération pour la douleur ou le respect de la mémoire.”

La plainte déposée pourrait donc faire jurisprudence en matière de protection de la vie privée posthume. Elle pose aussi une question éthique : peut-on tout dire au nom de l’information ou de la curiosité, au risque de travestir la mémoire d’une personne disparue ?

Pour la famille de Filip Nikolic, la réponse est claire : la mémoire de l’artiste mérite respect, dignité et vérité. Et toute tentative de manipulation médiatique, même après plusieurs années, devra désormais répondre de ses actes devant la justice.