Zaz, « Sains et saufs » : le retour d’une artiste plus forte et apaisée

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Après trois années de silence discographique, Zaz revient ce vendredi 19 septembre avec son sixième album, Sains et saufs. Une sortie très attendue, tant par ses fans que par le public curieux de découvrir l’évolution intime et artistique de la chanteuse, désormais âgée de 45 ans. Derrière sa voix reconnaissable entre mille et son énergie toujours vibrante, l’interprète de Je veux et d’On ira dévoile un visage plus personnel, marqué par des épreuves, des remises en question et une quête de sérénité.


Une artiste au tempérament de feu

Dans un entretien accordé à Télé 7 Jours, Zaz reconnaît sans détour le caractère intense qui la définit depuis toujours. « Tout n’est pas réglé, j’ai un tempérament intense, c’est ma nature, je ne serai jamais lisse et calme, mais je sais mieux me jauger et anticiper mes réactions », confie-t-elle avec une sincérité désarmante. Loin d’avoir gommé son énergie débordante, la chanteuse explique avoir appris à apprivoiser ses élans et à transformer cette intensité en force créatrice.

Ce nouvel album témoigne justement de ce travail intérieur. Sains et saufs n’est pas seulement une collection de chansons, c’est une plongée dans l’intimité d’une femme qui a traversé des tempêtes et en ressort grandie. À travers ses textes, Zaz assume ses failles, ses contradictions et ses blessures, et les transforme en matière poétique et musicale.


Des blessures profondes mises en lumière

Ce disque marque aussi une étape importante : celle où l’artiste ose mettre des mots sur ses douleurs les plus anciennes. Elle évoque ainsi son addiction à l’alcool, ses relations toxiques, les deuils qui l’ont marquée, ou encore sa relation parfois difficile avec son père. « J’ai vécu des événements traumatisants dès l’enfance. J’ai connu des relations toxiques au cours de mon adolescence. Plus tard, quand je suis devenue célèbre, j’ai été beaucoup attaquée. À un moment donné, j’ai décidé d’être maîtresse de mon bonheur et de ne plus être une victime », explique-t-elle.

Cette déclaration illustre un véritable tournant : après avoir longtemps subi ses démons, Zaz a choisi de s’en libérer et de reprendre les rênes de sa vie. Le résultat est un album d’une authenticité rare, qui parle autant à celles et ceux qui l’écoutent qu’à elle-même, comme une forme de thérapie partagée.


La quête d’apaisement et le choix de la sincérité

Au fil de l’interview, Zaz apparaît lucide : elle ne se décrit pas comme une personne totalement « guérie » ou « apaisée », mais comme une femme qui a trouvé un nouvel équilibre. Sa musique, toujours empreinte de chaleur et de vitalité, résonne désormais avec une profondeur supplémentaire. C’est cette sincérité, parfois brute, qui a fait sa force depuis ses débuts et qui s’exprime plus que jamais dans ce sixième opus.

En mai 2025, cette authenticité et ce parcours hors norme ont d’ailleurs été salués par la République française, qui l’a décorée de l’Ordre national du mérite. Une reconnaissance officielle qui vient souligner l’impact de sa carrière artistique, mais aussi son rôle comme figure inspirante, capable de transformer ses fragilités en force.


Le désir de maternité : une facette intime révélée

Si Zaz a longtemps gardé une certaine pudeur sur sa vie privée, elle a choisi cette fois d’ouvrir davantage son cœur. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche le 14 septembre, elle a évoqué un aspect très personnel de son parcours : son désir de maternité. « Tout juste avant le Covid, j’avais décidé de faire une pause. À 40 ans, je venais de rencontrer mon mari, je rêvais de fonder une famille », raconte-t-elle. Mais la pandémie est venue bouleverser ces projets : « Et là, tout s’est mis à l’arrêt alors que je devais repartir en tournée ! Mais voilà que je chope le virus : plus d’odorat et de goût pendant quatre mois. Le flip, et je me replonge dans mes excès : je fume et je bois plus que de raison. »

Cette épreuve, aussi inattendue que déstabilisante, a marqué un point de bascule. Confrontée à ses dépendances et à ses fragilités, Zaz a pris conscience qu’elle devait opérer un changement radical.

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Une renaissance par la sobriété et un mode de vie repensé

Comme beaucoup de Français durant la période de confinement, l’artiste a été amenée à regarder en face ses habitudes de consommation. « Je m’étais construite autour d’addictions. Ces substances étaient mes béquilles. J’ai alors décidé de tout arrêter : la cigarette, l’alcool, même la viande. À quoi sert d’en manger si on prétend aimer les animaux ? » confie-t-elle.

Cette décision a ouvert la voie à un véritable renouveau. Elle s’initie alors au jeûne, commence par trois jours, puis renouvelle l’expérience un mois plus tard pendant dix jours. Le résultat est saisissant : « Je me suis sentie hyper bien », raconte-t-elle. Cette discipline nouvelle, alliée à une hygiène de vie plus respectueuse de son corps et de ses convictions, se reflète aussi dans sa voix : plus nuancée, plus posée, mais toujours vibrante.


Une nouvelle forme d’épanouissement

Aujourd’hui, si Zaz n’a pas eu d’enfants biologiques, elle s’épanouit pleinement dans son rôle de belle-mère auprès des enfants de son compagnon, professeur de kung-fu. Elle décrit cette expérience comme une joie nouvelle, qui lui permet de goûter à une forme de maternité qu’elle n’avait pas anticipée, mais qu’elle accueille avec gratitude.

Cette transformation personnelle nourrit également son art. Dans Sains et saufs, chaque morceau est le reflet d’un parcours où se mêlent ombres et lumières. La chanteuse y célèbre la résilience, l’amour et la liberté, tout en restant fidèle à cette identité musicale qui a fait son succès : une voix éraillée, pleine d’émotion, et des mélodies qui mêlent variété française, jazz manouche et influences du monde.


« Sains et saufs » : un album comme une renaissance

Avec ce sixième album, Zaz signe un retour attendu et courageux. Plus qu’un simple projet musical, Sains et saufs est le témoignage d’une renaissance, le fruit d’un long cheminement intérieur. Il reflète à la fois la vulnérabilité et la force de son autrice, capable de transformer ses blessures en chansons universelles.

Son public, fidèle depuis ses débuts en 2010, découvrira une artiste plus posée, plus apaisée, mais toujours animée par cette énergie unique. Ce nouvel opus, profondément intime, vient enrichir une discographie déjà riche et confirme que Zaz occupe une place singulière dans le paysage musical français.


Un message universel

En se livrant sans fard sur son passé, ses excès, ses deuils et ses désirs, Zaz offre à son public bien plus qu’un album : un message d’espoir. Celui qu’il est possible de se relever, de se réinventer, et de trouver sa propre voie vers la sérénité, même après les tempêtes.

« J’ai décidé d’être maîtresse de mon bonheur et de ne plus être une victime », dit-elle. Une phrase qui résonne comme un mantra, à la fois personnel et universel. Avec Sains et saufs, Zaz ne se contente pas de revenir : elle inspire, elle rassemble, et elle rappelle que la musique peut être une force de guérison.